Hommage au capitaine Dreyfus

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Hommage au capitaine Dreyfus
Mitelberg - Hommage au capitaine Dreyfus.jpg
Vue de l'œuvre.
Artiste
Date
Type
Technique
Dimensions (H × L × l)
3,50 × 1 × 0,80 m
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Hommage au capitaine Dreyfus est une statue de l'artiste français Louis Mitelberg dit Tim, située sur la place Pierre-Lafue, dans le 6e arrondissement de Paris.

Description[modifier | modifier le code]

La statue représente Alfred Dreyfus, en pied, tenant son sabre brisé devant le visage. C'est un bronze de 3,50 × 1 × 0,80 m[1] qui a été fondu par l'atelier Clementi à Meudon[2].

Un cartel situé sur le socle mentionne le nom de l'œuvre et de l'artiste, le nom et la date de la commande publique, et le message « Si tu veux que je vive, fais moi rendre mon honneur »[3] (extrait d'une lettre de Dreyfus à sa femme lorsqu'il était détenu sur l'île du Diable).

Une copie en résine de la statue figure dans la cour du musée d'art et d'histoire du judaïsme.

Historique[modifier | modifier le code]

Commande publique du ministère de la Culture et de la Francophonie en 1985, Tim propose d’installer la statue dans la cour de l’École militaire, à l'endroit où fut dégradé Dreyfus en 1895. Le ministre de la Culture de l'époque, Jack Lang donne son accord, mais le ministre de la Défense, Charles Hernu, est contre, arguant que la cour n'est pas accessible au public. À la place, il propose les jardins de la montagne Sainte-Geneviève qui abritent les locaux de l'École polytechnique où Dreyfus a étudié[4]. Le président de la République lui-même, François Mitterrand, est hostile à l'idée d'installer la statue à l'École militaire, estimant qu'« il faut donner aux militaires un exemple, pas un remords »[5].

Un autre emplacement est proposé sur la place Dauphine, en face du Palais de justice où siège la Cour de cassation, qui a réhabilité Dreyfus en 1906, mais cette proposition est également rejetée[6].

Ces tribulations conduisent Norman Kleeblatt (en), en 1987, à comparer la statue de Tim au tableau Le Juif errant de Samuel Hirszenberg (en), qui a connu un sort similaire à l'Exposition universelle de 1900[7].

Il faudra attendre le 9 juin 1988 pour voir l'inauguration de la statue au Jardin des Tuileries, près de la terrasse dite du « bord de l'eau »[8].

L’œuvre est transférée le 16 octobre 1994 à la place Pierre-Lafue, à l’angle de la rue Notre-Dame-des-Champs et du boulevard Raspail, à l’initiative de Jacques Chirac, le maire de Paris de l’époque, pour le centenaire de l'arrestation de Dreyfus[9].

En 2006, à l'occasion du centenaire de la réhabilitation de Dreyfus, Jack Lang et le maire de Paris de l'époque, Bertrand Delanoë, expriment leur souhait de voir la statue transférée dans la cour de l'École militaire[10], mais les militaires, notamment le général Henri Bentégeat, alors chef d'État-Major des armées, continuent de s'y opposer[11].

Artiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tim (dessinateur).

Tim (1919-2002) est un artiste français.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Caroline Cros (dir.) et Laurent Le Bon (dir.), L'art à ciel ouvert : Commandes publiques en France, 1983-2007, Paris, Flammarion, coll. « La création contemporaine », , 271 p. (ISBN 978-2-08-120277-1).
  2. Vincent Duclert, Dreyfus au Panthéon : Voyage au cœur de la République, Paris, Galaade, , 596 p. (ISBN 978-2-35176-029-1), p. 223.
  3. Jack Lang, François Mitterrand, fragments de vie partagée, Paris, Seuil, , 298 p. (ISBN 978-2-02-103793-7), p. 127.
  4. Michel Denis (dir.), Michel Lagrée (dir.) et Jean-Yves Veillard (dir.), L'affaire Dreyfus et l'opinion publique en France et à l'étranger, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 346 p. (ISBN 2-86847-160-9), p. 121.
  5. Jean Daniel dans Le Nouvel Observateur, 5-11 janvier 2006, p. 11.
  6. (en) Dora E. Polachek, « A Witness to Its Time: Art and the Dreyfus Affair: A Review Essay », Modern Judaism, vol. 10, no 2,‎ , p. 205–214 [213] (JSTOR 1396262).
  7. (en) Norman L. Kleeblatt, The Dreyfus Affair: Art, Truth, and Justice, Berkeley, University of California Press, , 315 p. (ISBN 0-520-05939-5 et 0-520-06239-6), p. 20 : « a veritable 'Wandering Jew' of late twentieth century sculptural monument ». Cité par Polachek 1990.
  8. Emmanuelle Réju, « La France célèbre Alfred Dreyfus », La Croix,‎ (lire en ligne).
  9. Marc Olivier Baruch et Vincent Duclert, « La justice dans l'affaire Dreyfus, le sens d'une commémoration », dans Marc Olivier Baruch (dir.) et Vincent Duclert (dir.), Justice, politique et République : De l'affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie, Complexe, coll. « Histoire du temps présent », (ISBN 2-87027-926-4), p. 23-47 [30–31].
  10. « La statue de Dreyfus fait débat », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  11. Jean-Dominique Merchet, « Un beau discours et pas de statue pour le capitaine Dreyfus », Libération,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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