Jean-Frédéric Poisson

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Jean-Frédéric Poisson
Illustration.
Jean-Frédéric Poisson en 2016.
Fonctions
Président du Parti chrétien-démocrate
En fonction depuis le
(4 ans, 7 mois et 5 jours)
Élection
Prédécesseur Charles-Henri Jamin (intérim)
Christine Boutin
Député français

(5 ans)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 10e des Yvelines
Législature XIVe
Prédécesseur Anny Poursinoff
Successeur Aurore Bergé

(7 mois et 22 jours)
Élection 27 septembre 2009
Circonscription 10e des Yvelines
Législature XIIIe
Prédécesseur Lui-même (indirectement)
Successeur Anny Poursinoff

(2 ans et 4 jours)
Élection 17 juin 2007
Circonscription 10e des Yvelines
Législature XIIIe
Prédécesseur Christine Boutin
Successeur Lui-même (indirectement)
Président de la communauté d'agglomération Rambouillet Territoires

(8 ans et 8 jours)
Prédécesseur Gérard Larcher
Successeur Marc Robert
Maire de Rambouillet

(2 ans, 11 mois et 10 jours)
Prédécesseur Gérard Larcher
Successeur Gérard Larcher
Biographie
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Belfort (Territoire de Belfort)
Nationalité française
Parti politique UMP
PCD
Diplômé de université Paris-Sorbonne
Profession chef d'entreprise
Religion catholique

Jean-Frédéric Poisson, né le à Belfort, est un homme politique français.

Il est maire de Rambouillet (Yvelines) de 2004 à 2007 et député entre 2007 et 2017.

Depuis 2013, il préside le Parti chrétien-démocrate (PCD), après en avoir été vice-président. À ce titre, il se présente à la primaire de la droite de 2016, où il finit en sixième position sur sept candidats.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean-Frédéric Poisson a grandi dans un quartier HLM de Villeneuve-la-Garenne. Il est l'aîné d'une famille de quatre enfants, ses parents sont agnostiques et divorcent alors qu'il a 10 ans, en 1973. Selon ses dires, il connaît une jeunesse chaotique et est « élevé à la bagarre de rue »[1].

Décrocheur scolaire, sa découverte de la philosophie en terminale modifie totalement sa vie. Il se convertit notamment au catholicisme en plein cours de philosophie, en janvier 1982[1]. « Ce jour-là, ni apparition, ni illumination, j’ai juste eu la conviction d’être aimé de Dieu, j’ai éprouvé une grande sérénité » dit-il[1]. Il se rapproche alors de l'abbaye de Fontgombault, où il effectue de nombreuses retraites.

Il obtient en 2001 un doctorat en philosophie de l'université Paris Sorbonne, sous la direction de Pierre Magnard, avec le sujet « Bioéthique, éthique et humanisme : les lois françaises de 1994 »[2].

Il est aussi diplômé de la faculté libre de philosophie de Paris (IPC), et titulaire d'un master 2 de droit social, obtenu en 2011 à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Après une expérience de DRH dans la métallurgie, il dirige une entreprise de conseil en ressources humaines et dialogue social[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre de l'UMP, il est élu maire de Rambouillet (Yvelines) après l'entrée de Gérard Larcher au gouvernement Raffarin III. Celui-ci redevient maire de la ville en juin 2007 et Jean-Frédéric Poisson son adjoint.

Il est suppléant de Christine Boutin, députée sortante pour la 10e circonscription des Yvelines, lors des élections législatives de 2007. Elle l'emporte en obtenant 58,37 % des voix au second tour. À la suite de sa nomination dans le gouvernement Fillon II, il devient député, le . Jean-Frédéric Poisson siège au sein du groupe UMP et à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, où il devient l'un des spécialistes des questions d'emploi (cf. ci-dessous rapports parlementaires). Il est nommé secrétaire national de l'UMP chargé de l'emploi[4].

À la suite du départ de Christine Boutin du gouvernement et de son choix de ne pas reprendre son siège de députée, une élection partielle est organisée[5]. Jean-Frédéric Poisson est élu député le , face à la candidate écologiste Anny Poursinoff, avec 50,01 % des suffrages, soit cinq voix d'avance[6]. Le taux d'abstention avait été particulièrement élevé : 77,2 % au premier tour et 74,0 % au second. Le , le Conseil constitutionnel annule l'élection au motif de la distribution d'un tract à la veille du scrutin et du faible écart de voix (réduit par eux dans leurs deux premiers considérant de cinq à une seule voix à la suite d'erreurs dans le décompte des suffrages)[7].

Une nouvelle élection législative partielle a lieu les 4 et 11 juillet 2010. Jean-Frédéric Poisson est battu au second tour par Anny Poursinoff (Europe Écologie), qui l'emporte avec 51,72 % des voix, toujours dans un contexte de forte abstention (70,58 %)[8].

Jean-Frédéric Poisson est élu aux élections législatives de juin 2012 sur la 10e circonscription des Yvelines avec le soutien de l'UMP, du Parti chrétien-démocrate, du Parti radical, du Mouvement pour la France, du CNIP, du Nouveau Centre, du Parti libéral démocrate et de France écologie. Il est élu au second tour face à la députée sortante Anny Poursinoff, avec 53,65 % des voix[9].

Il fait partie des 17 députés UMP à voter en octobre 2012 contre le projet de loi autorisant la ratification du Pacte budgétaire européen[10]. En juin 2013, il est élu vice-président de la commission des lois à l'Assemblée nationale,

Logo de Jean-Frédéric Poisson pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016 avec le symbole d'un ichtus vertical.

À la suite de la démission de Christine Boutin de son poste de présidente du PCD le , il se présente à l'élection du 9 au 14 novembre du nouveau président du PCD. Il est élu président du PCD le 16 novembre en obtenant 73,28 % des suffrages face à Frédéric Delaitre[11].

À l'Assemblée nationale, en 2015, il est nommé vice-président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances » (dite Loi Macron), puis co-rapporteur de la mission de contrôle sur l'application de l’état d’urgence. Il est porteur d'une proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête relative à la participation de fonds français au financement de Daech[12], Jean-Frédéric Poisson est choisi pour présider la mission d’information « portant sur les moyens dont bénéficie l’organisation terroriste Daech (État islamique) » dont l'Assemblée nationale a décidé la création le .

En tant que président du PCD, il se présente à la primaire de la droite et du centre de 2016, organisée pour désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2017.

En octobre 2016, Jean-Frédéric Poisson dénonce, dans Nice-Matin, la « proximité » d'Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine, avec les super-financiers de Wall Street » et sa « soumission aux lobbies sionistes ». Ces déclarations conduisent le Conseil représentatif des institutions juives de France à dénoncer des « propos abjects » méritant une « sanction exemplaire »[13]. Saisie par son adversaire Nathalie Kosciusko-Morizet[14], la Haute autorité de la primaire estime qu'il n'y avait pas lieu de donner suite à la demande d'exclusion[15].

Terminant 6e à l'issue du premier tour où il obtient 1,5  % des voix, il soutient François Fillon pour le second tour[16].

Pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017 entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, il refuse le « front républicain »[17].

Lors du premier tour élections législatives de 2017, la candidate soutenue par La République en marche !, Aurore Bergé, arrive en tête avec 46,63 % des voix contre 19,12 % pour Jean-Frédéric Poisson, investi par LR[18]. Au second tour, Aurore Bergé est élue avec 64,3 % des voix contre 35,7 % pour Jean-Frédéric Poisson[18].

En octobre 2017, il co-fonde, avec Nicolas Dupont-Aignan, la plateforme des « Amoureux de la France », destinée à rassembler la droite au-delà des clivages partisans[19].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Le politologue Pascal Perrineau situe Jean-Frédéric Poisson dans la famille conservatrice[20].

Il appelle à « en finir avec le cordon sanitaire autour du FN »[21] et se dit « plus proche sur certains sujets de Marion Maréchal-Le Pen que de Nathalie Kosciusko-Morizet ». Il est cependant défavorable à « des alliances politiques avec le Front national »[22] mais favorable à un rapprochement avec Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan en vue des élections législatives de 2017[23].

Il soutient la candidature de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine de 2016, « pour les intérêts français et pour l’équilibre international » ; concernant Hillary Clinton, il estime que « sa dépendance avec Wall Street n’est pas une bonne nouvelle pour notre économie »[24],[25]. Il critique ensuite Donald Trump en raison de « ses frasques personnelles »[26].

Il présente par ailleurs sur le site de SOS éducation un projet de modification du statut des enseignants[27].

Dans une interview donnée au média légitimiste Vexilla Galliae, il affirme que « la France est un pays profondément monarchiste », expliquant également souhaiter l'abrogation du « mariage pour tous », l'inscription des racines chrétiennes de la France dans la Constitution, ou encore l'acquisition de la nationalité française par le droit du sang[28].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Travaux et publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Mythe bioéthique (ouvrage collectif), Bassano, Paris, 2000.
  • Pierre Magnard (dir.), Le Mouvement bioéthique et les Conditions de possibilité de l'éthique : l'exemple des lois françaises de 1994 (thèse de doctorat en philosophie), Paris, université Paris-4, .
  • Bioéthique, éthique et humanisme : les lois françaises de 1994 (thèse de doctorat remaniée), Bordeaux, Les Études hospitalières (LEH), coll. « Thèses », , 412 p. (ISBN 978-2-84874-001-0).
  • Bioéthique, éthique et humanisme, LEH, Bordeaux, 2004.
  • La Dignité humaine, Bordeaux, LEH, 2005.
  • Bioéthique : l'homme contre l'Homme? Presses de la Renaissance, Paris, 2007.
  • Rapport sur la négociation collective et les branches professionnelles, La Documentation française, 2009.
  • Personne ne doit mourir seul, Éditions universitaires, 2015 (ISBN 978-2-7113-0553-7).
  • Notre sang vaut moins cher que leur pétrole. La France à l'épreuve du Proche-Orient, Éditions du Rocher, 2016.

Rapports parlementaires[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (novembre 2016)
  • Rapport sur le projet de loi « Rénovation de la démocratie sociale et temps de travail », juin 2008 (loi du 20 août 2008).
  • Rapport « Prévenir et compenser la pénibilité au travail », à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, juin 2008.
  • Rapport de la mission sur la lutte contre les violations de sépultures « Du respect des morts à la mort du respect ? », décembre 2008.
  • Rapport « Faciliter le maintien et la création d'emplois », mai 2009.
  • Rapport sur la « négociation collective et les branches professionnelles », remis au Premier ministre le 28 avril 2009.
  • Rapporteur de la mission COPE sur « la souffrance au travail », décembre 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Olivia Elkaim, « Jean-Frédéric Poisson, l’inconnu de la primaire », La Vie,‎ (lire en ligne).
  2. Thèses.fr - Jean-Frédéric Poisson.
  3. Emmanuel Beretta, « Jean-Frédéric Poisson, le seul souverainiste de la primaire ! », Le Point,‎ (lire en ligne).
  4. Fiche sur le site de l'UMP
  5. « Boutin renonce à son siège de députée », Libération, 23 juillet 2009.
  6. « Législatives à Rambouillet : l'UMP gagne avec cinq voix d'avance », Le Parisien, 27 septembre 2009.
  7. « Décision n° 2009-4534 AN du 20 mai 2010 » sur le site du Conseil constitutionnel.
  8. « La candidate Europe Écologie élue à Rambouillet », dépêche Reuters reprise par Le Point, le 12 juillet 2010.
  9. « Résultats législatives 2012 », sur francetv.fr
  10. http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0030.asp
  11. AFP, « Jean-Frédéric Poisson succède à Christine Boutin à la tête du Parti chrétien-démocrate » sur www.lemonde.fr, 16 novembre 2013 (consulté le même jour).
  12. Note sur le site de l'Assemblée nationale
  13. Olivia Elkaim, « «Lobbies sionistes»: l'interview de Jean-Frédéric Poisson qui fait des vagues », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  14. « Jean-Frédéric Poisson renonce à un meeting commun à Paris avec Robert Ménard », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  15. « Pas de sanction contre Poisson, candidat à la primaire », sur capital.fr, 26 octobre 2016
  16. Anne-Aël Durand, Pierre Breteau, Enora Ollivier et Alexandre Pouchard, « Second tour de la primaire : les parlementaires de droite penchent pour François Fillon », lemonde.fr, 21 novembre 2016.
  17. Victor Dhollande-Monnier, « Nadine Morano refuse le front républicain pour le second tour de l’élection présidentielle », lelab.europe1.fr, 24 avril 2017.
  18. a et b http://elections.interieur.gouv.fr/legislatives-2017/078/07810.html
  19. Hadrien Mathoux, « Dupont-Aignan, Poisson et Emmanuelle Ménard lancent leur union des droites... snobée par les droites », sur marianne.net, (consulté le 26 octobre 2017).
  20. Pascal Perrineau, « Les droites en France à l’horizon de 2017 : fractures, diversités et unité », Le Débat, vol. 4, no 191,‎ (lire en ligne).
  21. Arnaud Folch, « Poisson : “En finir avec le cordon sanitaire autour du FN” », sur valeursactuelles.com, (consulté le 22 octobre 2016).
  22. « "Lobbies sionistes" aux USA : Jean-Frédéric Poisson "demande pardon" à la communauté juive », sur francetvinfo.fr, (consulté le 24 octobre 2016).
  23. Sylvain Chazot, « Jean-Frédéric Poisson envisage désormais un rapprochement avec Nicolas Dupont-Aignan », sur Le Lab, (consulté le 29 avril 2017).
  24. « Jean-Frédéric Poisson était l’invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi 30 juin », sur lepcd.fr, (consulté le 14 octobre 2016).
  25. « Quel bilan pour le premier débat de la primaire de la droite ? Posez vos questions en direct », sur lemonde.fr, (consulté le 14 octobre 2016).
  26. Christian Huault, Karine Michel et Thierry Prudhon, « face à la rédaction, J.F. Poisson: "Je suis d'une grande cohérence" », nice-matin,‎
  27. Finalités de l’instruction publique et statut des enseignants
  28. Jean-Frédéric Poisson est-il d’extrême droite ? Retour sur la polémique

Liens externes[modifier | modifier le code]