M58 (galaxie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

M58
Image illustrative de l’article M58 (galaxie)
La galaxie spirale intermédiaire M58
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Vierge
Ascension droite (α) 12h 37m 43,5s[1]
Déclinaison (δ) 11° 49′ 05″ [1]
Magnitude apparente (V) 9,7[2]
10,5 dans la Bande B [2]
Brillance de surface 13,35 mag/am2[3]
Dimensions apparentes (V) 6,0 × 4,8[2]
Décalage vers le rouge 0,005060 ± 0,000002[1]
Angle de position 95°[2]

Localisation dans la constellation : Vierge

(Voir situation dans la constellation : Vierge)
Virgo IAU.svg
Astrométrie
Vitesse radiale 1 517 ± 1 km/s[4]
Distance 21,2 ± 1,5 Mpc (∼69,1 millions d'a.l.)[5]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale intermédiaire
Type de galaxie SAB(rs)b[1],[6] SBb[2],[7],[1]
Dimensions 121 000 a.l.[8]
Découverte
Découvreur(s) Charles Messier[6]
Date [6]
Désignation(s) NGC 4579
PGC 42168
UGC 7796
MCG 2-32-160
IRAS 12351+1205
CGCG 70-197
VCC 1727 [2]
Liste des galaxies spirales intermédiaires

M58 (NGC 4579) est une galaxie spirale intermédiaire située dans la constellation de la Vierge à une distance d'environ 69 millions d'années-lumière de la Voie lactée. Elle a été découverte par l'astronome français Charles Messier en 1779 dans la même nuit que M88. Plusieurs considère cependant cette galaxie comme une spirale barrée[2],[7],[9],[10],[11], car une barre est nettement visible sur plusieurs photographies de M58.

NGC 4579 a été utilisé par Gérard de Vaucouleurs comme une galaxie de type morphologique SAB(rs)ab dans son atlas des galaxies[12],[13].

La classe de luminosité de M58 est II et elle présente une large raie HI. C'est aussi une galaxie LINER, c'est-à-dire une galaxie dont le noyau présente un spectre d'émission caractérisé par de larges raies d'atomes faiblement ionisés. De plus, c'est une galaxie active de type Seyfert 1.9[1].

M58 (NGC 4579) faisait partie des galaxies étudiées lors du relevé de l'hydrogène neutre de l'amas de la Vierge par le Very Large Array. Les résultats de cette étude sont sur cette page du site du VLA[14].

M58 présente un disque tronqué[15],[16] et en raison de son mouvement dans le milieu intergalactique dans l'amas de la Viege, elle subit une pression dynamique qui la dépouille de ses gaz, mais elle présente un taux normal de formation d'étoiles[15].

Plus d'une vingtaine de mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 18,404 ± 3,073 Mpc (∼60 millions d'a.l.)[17], ce qui est à l'intérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage[5].

Observation de M58[modifier | modifier le code]

Les premières observations[modifier | modifier le code]

Certaines sources[11] (dont Wiki, anglais) indiquent Charles Messier a découvert M58 et deux autres galaxies elliptiques de l'amas de la Vierge, soit M59 et M60, dans la nuit du 15 avril. Il a bel et bien observé ces deux galaxies, mais elles avaient été découvertes quatre jours plus tôt par Johann Gottfried Koehler. Messier a été indiqué M58 sur la carte de la comète de C/1779 A1 (Bode)[18],[19]. Messier a décrit M58 comme une très pâle nébuleuse situé presque sur le même parallèle que l'étoile Epsilon Virginis que la lumière très faible utilisée pour illuminer le récitule de son télescope faisait disparaitre[20]. John Herschel a observé M58 le [6],[21] et ses notes contredisent un peu celles de Messier, car il écrit que c'est une galaxie très brillante spécialement en son centre, observation également partagée par John Dreyer[21].

Observation dans un télescope amateur[modifier | modifier le code]

Dans un petit instrument elle ressemble aux galaxies elliptiques de l'amas de la Vierge, laissant voir seulement son noyau brillant. Si les conditions sont bonnes, un instrument de 10 cm (ou plus) permet de distinguer un halo d'inégale brillance, avec des condensations qui semblent coïncider avec les régions lumineuses des bras spiraux. A partir de 20 cm un télescope peut laisser deviner la barre de M58 comme une "extension du noyau central dans la direction EW" (Kenneth Glyn Jones, Messier's Nebulae and Star Clusters (Practical Astronomy Handbooks))[11].

Un disque entourant le noyau[modifier | modifier le code]

Grâce aux observation du télescope spatial Hubble, on a détecté un disque de formation d'étoiles autour du noyau de NGC 4579. La taille angulaire de son demi-grand axe est de 1,6 secondes d'arc ce qui correspond à 170 pc (~555 années-lumière) à la distance estimée de cette galaxie[22].

Trou noir supermassif[modifier | modifier le code]

Selon une étude publiée en 2009 et basée sur la vitesse interne de la galaxie mesurée par le télescope spatial Hubble, la masse du trou noir supermassif au centre de M58 serait comprise entre 43 millions et 230 millions de .[23]

Supernova[modifier | modifier le code]

Deux supernovas ont été découvertes dans M58 : SN 1988A et SN 1989M[24].

SN 1988A[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 18 janvier par l'astonome amateur japonais Kaoru Ikeya et indépendamment par l'astronome amateur australien Robert Evans[25]. Cette supernova était de type II[26].

SN 1989M[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 28 juin par G. N. Kimeridze[27],[28]. Cette supernova était de type Ia[29].

Groupe de M87, de M60 et l'amas de la Vierge[modifier | modifier le code]

Selon A.M. Garcia, M58 (NGC 4579) est membre du groupe de M87 (NGC 4486). Ce groupe de galaxies comprend au moins 96 membres, dont 53 apparaissent au New General Catalogue et 17 à l'Index Catalogue[30].

D'autre part, la plupart des galaxies du New General Catalogue, dont M58, et seulement quatre de l'Index Catalogue du groupe de M87 apparaissent dans une liste de 227 galaxies d'un article publié par Abraham Mahtessian en 1998. [31] Cette liste comporte plus de 200 galaxies du New General Catalogue et une quinzaine de galaxies de l'Index Catalogue. On retrouve dans cette liste 11 galaxies du Catalogue de Messier, soit M49, M58, M60, M61, M84, M85, M87, M88, M91, M99 et M100.

Toutes les galaxies de la liste de Mahtessian ne constituent pas réellement un groupe de galaxies. Ce sont plutôt plusieurs groupes de galaxies qui font tous partie d'un amas galactique, l'amas de la Vierge. Pour éviter la confusion avec l'amas de la Vierge, on peut donner le nom de groupe de M60 à cet ensemble de galaxies, car c'est l'une des plus brillantes de la liste. L'amas de la Vierge est en effet beaucoup plus vaste et compterait environ 1300 galaxies, et possiblement plus de 2000[32], situées au coeur du superamas de la Vierge, dont fait partie le Groupe local[33],[34].

De nombreuses galaxies de la liste de Mahtessian se retrouvent dans onze groupes décrits dans l'article d'A.M. Garcia [30], soit le groupe de NGC 4123 (7 galaxies), le groupe de NGC 4261 (13 galaxies), le groupe de NGC 4235 (29 galaxies), le groupe de M88 (13 galaxies, M88 = NGC 4501), le groupe de NGC 4461 (9 galaxies), le groupe de M61 (32 galaxies, M61 = NGC 4303), le groupe de NGC 4442 (13 galaxies), le groupe de M87 (96 galaxies, M87 = NGC 4486), le groupe de M49 (127 galaxies, M49 = NGC 4472), le groupe de NGC 4535 (14 galaxies) et le groupe de NGC 4753 (15 galaxies). Ces onze groupes font partie de l'amas de la Vierge et ils renferment 396 galaxies. Certaines galaxies de la liste de Mahtessian ne figurent cependant dans aucun des groupes de Garcia et vice versa.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 4579 (consulté le 3 septembre 2020)
  2. a b c d e f et g « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 4500 à 4599 »
  3. La brillance de surface (S) se calcule à partir de la magnitude apparente (m) et de la surface de la galaxie selon l'équation
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a et b On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho.
  6. a b c et d (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 3 septembre 2020)
  7. a et b (en) « NGC 4579 sur HyperLeda » (consulté le 3 septembre 2020)
  8. On obtient le diamètre d'une galaxie par le produit de la distance qui nous en sépare et de l'angle, exprimé en radian, de sa plus grande dimension.
  9. (en) « M58 - Barred Spiral Galaxy in Virgo » (consulté le 7 septembre 2020)
  10. (en) « Messier 58 - M58 - Barred Spiral Galaxy » (consulté le 7 septembre 2020)
  11. a b et c « Obersvatoire de Paris, Galaxie Spirale M58 (NGC 4579), type SBc, dans la Vierge » (consulté le 7 septembre 2020)
  12. Atlas des galaxies de Vaucouleurs sur le site du professeur Seligman, NGC 4579
  13. (en) « The Galaxy Morphology Website, NGC 4579 » (consulté le 19 septembre 2020)
  14. (en) « VLA Imaging of Virgo in Atomic Gas, NGC 4561 » (consulté le 31 août 2020)
  15. a et b Rebecca A. Koopmann et Jeffrey D. P. Kenney, « Hα Morphologies and Environmental Effects in Virgo Cluster Spiral Galaxies », The Astrophysical Journal, vol. 613, no 2,‎ , p. 866-885 (DOI 10.1086/423191, Bibcode 2004ApJ...613..866K, lire en ligne [PDF])
  16. « disque galactique - Galactic disc » (consulté le 8 septembre 2020)
  17. « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 7 septembre 2020)
  18. René Bourtembourg, « Messier's Missed Discovery of Pallas in April 1779 », Journal for the History of Astronomy, vol. 43, no 2,‎ , p. 209-214 (DOI 10.1177/002182861204300205, lire en ligne [html])
  19. (en) « Messier's Comet Observations » (consulté le 7 septembre 2020)
  20. (en) « Charles Messier's Catalog of Nebulae and Star Clusters » (consulté le 7 septembre 2020)
  21. a et b (en) « Messier 58, Observations and Descriptions » (consulté le 7 septembre 2020)
  22. S. Comerón, J. H. Knapen, J. E. Beckman, E. Laurikainen, H. Salo, I. Martínez-Valpuesta et R. J. Buta, « AINUR: Atlas of Images of NUclear Rings », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 402#4,‎ , p. 2462-2490 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2009.16057.x, Bibcode 2010MNRAS.402.2462C, lire en ligne)
  23. A. Beifiori, M. Sarzi, E.M. Corsini, E. Dalla Bontà, A. Pizzella, L. Coccato et F. Bertola, « UPPER LIMITS ON THE MASSES OF 105 SUPERMASSIVE BLACK HOLES FROM HUBBLE SPACE TELESCOPE/SPACE TELESCOPE IMAGING SPECTROGRAPH ARCHIVAL DATA », The Astrophysical Journal, vol. 692#1,‎ , p. 856-868 (DOI 10.1088/0004-637X/692/1/856, lire en ligne)
  24. (en) « Central Bureau for Astronomical Telegrams » (consulté le 7 septembre 2020)
  25. (en) « Central Bureau for Astronomical Telegrams (UAI), IAUC 4533: 1988A; Poss. SN IN NGC 3191; N Vul 1987; 1986 III » (consulté le 7 septembre 2020)
  26. (en) « Other Supernovae images » (consulté le 7 septembre 2020)
  27. (en) « Central Bureau for Astronomical Telegrams (UAI), IAUC 4802: 1989M; 3C 279; 1989L » (consulté le 7 septembre 2020)
  28. (en) « Research Gate, G. N. Kimeridze's scientific contributions » (consulté le 7 septembre 2020)
  29. (en) « Other Supernovae images » (consulté le 7 septembre 2020)
  30. a et b A.M. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement Series, vol. 100 #1,‎ , p. 47-90 (Bibcode 1993A&AS..100...47G)
  31. Abraham Mahtessian, « Groups of galaxies. III. Some empirical characteristics », Astrophysics, vol. 41 #3,‎ , p. 308-321 (DOI 10.1007/BF03036100, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2018)
  32. (en) « Cosmos, Virgo Cluster » (consulté le 22 avril 2020)
  33. (en) P. Fouque, E. Gourgoulhon, P. Chamaraux, G. Paturel, « Groups of galaxies within 80 Mpc. II - The catalogue of groups and group members », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 93,‎ , p. 211-233 (Bibcode 1992A&AS...93..211F, lire en ligne)
  34. (en) Tully, R.B., « The Local Supercluster », Astrophysical Journal, vol. 257,‎ , p. 389-422 (DOI 10.1086/159999, Bibcode 1982ApJ...257..389T, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Orion Nebula - Hubble 2006 mosaic 18000.jpg     •  NGC 4571  •  NGC 4572  •  NGC 4573  •  NGC 4574  •  NGC 4575  •  NGC 4576  •  NGC 4577  •  NGC 4578  •  NGC 4579  •  NGC 4580  •  NGC 4581  •  NGC 4582  •  NGC 4583  •  NGC 4584  •  NGC 4585  •  NGC 4586  •  NGC 4587