M10 (amas globulaire)

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M10
Image illustrative de l’article M10 (amas globulaire)
L'amas globulaire Messier 10.
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Ophiuchus
Ascension droite (α) 16h 57m 09,0s[1]
Déclinaison (δ) −04° 05′ 58″ [1]
Magnitude apparente (V) 6,6[2]
Dimensions apparentes (V) 20 [2]

Localisation dans la constellation : Ophiuchus

(Voir situation dans la constellation : Ophiuchus)
Ophiuchus IAU.svg
Astrométrie
Distance environ 4,4 kpc (∼14 400 a.l.)[3],[4]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Amas globulaire
Classe VII [2]
Masse 252 000[4] M [4]
Dimensions 80 ∼[5]
Magnitude absolue -7,48[3]
Âge 11,39 × 109 a [6]
Particularité(s) =
Découverte
Découvreur(s) Charles Messier[7]
Date [7]
Désignation(s) NGC 6254
CGL 49[2]
Liste des amas globulaires

M10 (ou NGC 6254) est un amas globulaire situé dans la constellation d'Ophiuchus à environ 14 350 a.l. (4,4 kpc) du Soleil et à 15 000 a.l. (4,6 kpc) du centre de la Voie lactée[3]. Il a été découvert par l'astronome français Charles Messier en 1764[7].

La vitesse radiale héliocentrique de cet amas est égale à (70,4 ± 0,3) km/s[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cet amas globulaire a été découvert par Charles Messier qui l'a inscrit à son catalogue sous le numéro 10 en le qualifiant, comme la plupart des amas globulaires qu'il a observés, de nébuleuse sans étoiles de forme ronde[8]. En 1774, l’astronome allemand Johann Elert Bode l’appela également « une tache nébuleuse sans étoiles ; très pâle ». Il fut résolu en étoiles par William Herschel. À l'aide d'instruments plus volumineux, l'astronome allemand William Herschel a été en mesure de résoudre le groupe d'étoiles en ses membres individuels. Il l'a décrit comme « un beau groupe d'étoiles extrêmement comprimées[9]. »

John Dreyer a inscrit Messier 10 à son catalogue sous la désignation NGC 6254 en le décrivant comme « objet remarquable, un amas globulaire, brillant très large, rond et graduellement plus brillant vers le centre, bien résolu et clairement constitué d'étoiles de magnitude variant de 10 à 15[7]. »

Harlow Shapley fut le premier à estimer la distance de l'amas à 33 000 années-lumière. Valeur supérieure à celle connue aujourd'hui[9].

Observation[modifier | modifier le code]

En raison de sa magnitude de 6,6 et de sa taille, environ les deux tiers de la pleine lune[5], l'amas est aisément visible avec des jumelles sous la forme d'une tache laiteuse. Il garde le même aspect dans une lunette de 60 mm. Seule la partie centrale la plus lumineuse est visible avec des instruments de taille modeste. À partir d'un instrument de 150 mm de diamètre, l'amas commence à être résolu en étoiles et a alors un aspect granuleux. Un télescope de 200 mm permet d'en avoir une belle vision.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Métallicité, âge et masse[modifier | modifier le code]

Selon Forbes et Bridges, sa métallicité est estimée à −1,25 [Fe/H] et son âge d'environ 11,39 milliards d'années[6].

Selon une étude publiée en 2011 par J. Boyles et ses collègues, la métallicité de l'amas globulaire Messier 10 est égale à -1,56 et sa masse est égale à 252 000 . Dans cette même étude, la distance de l'amas est aussi estimée à environ 4,4 kpc (∼14 400 a.l.)[4].

La métallicité d'un objet céleste est le logarithme du rapport de sa concentration en fer sur celle du Soleil. Une métallicité de −1,56 à −1,25 signifie que la concentration en fer de M10 est comprise entre 2,7 % et 5,5 % de celle du Soleil. Après le Big Bang, l'Univers étant surtout composé que d'hydrogène et d'hélium, la métallicité était pratiquement nulle. L'univers s'est progressivement enrichi en métaux (éléments plus lourds que l'hélium) grâce à la synthèse de ceux-ci dans le cœur des étoiles. La métallicité des amas du halo de la Voie lactée varie d'un centième à un dixième de la métallicité solaire, ce qui signifie que les halos du amas de décomposent en deux sous-groupes, les relativement jeunes et les vieux[10]. Selon sa métallicité, M10 serait donc un amas relativement jeune, âgé de 11,4 milliards d'années[6].

Les étoiles de M10[modifier | modifier le code]

Région centrale de M10 par le télescope spatial Hubble.

Les observations réalisées par le télescope spatial Hubble d'une région couvrant environ 13 années-lumière du centre de l'amas[5] ont permis de constater que Messier 10 contient une population élevée d'étoiles traînardes bleues[11]. Les traînades bleues de cette région se sont formées il y a de 2 à 5 milliards d'années[12].

Entre 1998 et 2015, Messier 10 a fait l'objet d'observation pour y découvrir des étoiles variables. Ces observation ont permis de détecter 40 étoiles variables ou probablement variables. L'étude des mouvements propre réalisée par le projet CASE (Cluster AgeS Experiment)[13] a permis de d'observer 18 nouvelles étoiles variables, dont 14 étaient déjà connues comme membres ou membres probable de l'amas. L'une d'elle était de type RRc, trois de type céphéide II, 14 de type SX Phe pulsante, une étoile binaire à contact et six géantes rouges semi-régulières[14].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Results for object NGC 6254 », NASA/IPAC Extragalactic Database (consulté le ).
  2. a b c et d « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 6200 à 6299 »
  3. a b c et d (en) « CATALOG OF PARAMETERS FOR MILKY WAY GLOBULAR CLUSTERS : THE DATABASE, Compiled by William E. Harris, McMaster University » (consulté le )
  4. a b c et d J. Boyles, D. R. Lorimer, P. J. Turk, R. Mnatsakanov, S. Lynch, S. M. Ransom, P. C. Freire et K. Belczynski, « YOUNG RADIO PULSARS IN GALACTIC GLOBULAR CLUSTERS », The Astrophysical Journal, vol. 742, no 1,‎ , p. 12 pages (DOI 10.1088/0004-637X/742/1/51, Bibcode 2011ApJ...742...51B, lire en ligne [PDF])
  5. a b et c (en) « Globular cluster M 10 » (consulté le )
  6. a b et c Duncan A. Forbes et Terry Bridges, « Accreted versus in situ Milky Way globular clusters », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 404#3,‎ , p. 1203-1214 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2010.16373.x, Bibcode 2010MNRAS.404.1203F, lire en ligne)
  7. a b c et d (en) Courtney Seligman, « Celestial Atlas Table of Contents, NGC 6254 » (consulté le ).
  8. « Messier 10 » (consulté le )
  9. a et b (en) Robert Burnham, Burnham's celestial handbook: an observer's guide to the universe beyond the Solar System. Volume 2, Dover Books on Astronomy, second edition 1978, Courier Dover Publications, (ISBN 978-0486235684), page 1261 « https://books.google.com/books?id=wB9uZ9lH5bgC&pg=PA1261 ».
  10. « Université de Liège, Département d'Astrophysique, Géophysique et Océanographie, Omas globulaire » (consulté le )
  11. (en) « Hubble's MESSIER CATALOG, Messier 10 » (consulté le )
  12. Francesco R. Ferraro, Alison Sills, Robert T. Rood, Barbara Paltrinieri et Roberto Buonanno, « Blue Straggler Stars: A Direct Comparison of Star Counts and Population Ratios in Six Galactic Globular Clusters », The Astrophysical Journal, vol. 588, no 1,‎ , p. 464-477 (DOI 10.1086/374042, Bibcode 2003ApJ...588..464F, lire en ligne [PDF])
  13. (en) « Cluster AgeS Experiment, CASE » (consulté le )
  14. M. Rozyczka, W. Narloch, A. Schwarzenberg - Czerny, I. B. Thompson, R. Poleski et W. Pych, « The Cluster AgeS Experiment (CASE). Variable stars in the field of the globular cluster M10 », Acta Astronomica, vol. 68, no 3,‎ , p. 237-258 (DOI 10.32023/0001-5237/70.4.3, Bibcode 2018AcA....68..237R, lire en ligne [PDF])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Orion Nebula - Hubble 2006 mosaic 18000.jpg     •  NGC 6246  •  NGC 6247  •  NGC 6248  •  NGC 6249  •  NGC 6250  •  NGC 6251  •  NGC 6252  •  NGC 6253  •  NGC 6254  •  NGC 6255  •  NGC 6256  •  NGC 6257  •  NGC 6258  •  NGC 6259  •  NGC 6260  •  NGC 6261  •  NGC 6262