M61 (galaxie)

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M61
Image illustrative de l’article M61 (galaxie)
La galaxie spirale intermédiaire M61 par le Very Large Telescope.
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Vierge
Ascension droite (α) 12h 21m 54,9s[1]
Déclinaison (δ) 04° 28′ 25″ [1]
Magnitude apparente (V) 9,7[2]
10,2 dans la Bande B [2]
Brillance de surface 13,66 mag/am2[3]
Dimensions apparentes (V) 6,5 × 5,9[2]
Décalage vers le rouge 0,005224 ± 0,000007[1]
Angle de position 162°[2]

Localisation dans la constellation : Vierge

(Voir situation dans la constellation : Vierge)
Virgo IAU.svg
Astrométrie
Vitesse radiale 1 566 ± 2 km/s[4]
Distance 21,9 ± 1,5 Mpc (∼71,4 millions d'a.l.)[5]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale intermédiaire
Type de galaxie SAB(rs)bc[1] SABbc?[6] SBbc[2],[7]
Dimensions 135 000 a.l.[8]
Découverte
Découvreur(s) Barnaba Oriani[6]
Date [6]
Désignation(s) NGC 4303
PGC 40001
UGC 7420
MCG 1-32-22
CGCG 42-45
VCC 508
IRAS 12194+0444
NGC 4303A [2]
Liste des galaxies spirales intermédiaires

M61 (NGC 4303) est une galaxie spirale intermédiaire vue de face et située dans la constellation de la Vierge à environ 71 millions d'années-lumière de la Voie lactée. Elle a été découverte par l'astronome italien Barnaba Oriani en 1779. Six jours plus tard, Charles Messier a observé la même galaxie, mais il l'a confondue avec une comète[9]. Elle est devenue la 61e entrée de son catalogue.

NGC 4303 a été utilisé par Gérard de Vaucouleurs comme une galaxie de type morphologique SAB(rs)bc dans son atlas des galaxies[10],[11].

M61 est l'une des plus vastes galaxies de l'amas de la Vierge. Avec un diamètre apparent de 6,5 minutes d'arc, cela lui confère une taille maximale d'environ 135 000 années-lumière, ce qui est comparable à celle de la Voie lactée.

La classe de luminosité de NGC 4303 est II-III et elle présente une large raie HI. Elle renferme également des régions d'hydrogène ionisé. M61 est aussi une galaxie active de type Seyfert 2[1].

Plusieurs mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 14,623 ± 7,322 Mpc (∼47,7 millions d'a.l.),[12] ce qui est à l'intérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage [5].

M61, une galaxie à sursaut de formation d'étoiles et trou noir supermassif[modifier | modifier le code]

M61 est un type de galaxie connue sous le nom de galaxie à galaxie à sursaut de formation d'étoiles. Ces galaxies connaissent un taux de formation d'étoiles incroyablement élevé, utilisant avidement leur réservoir de gaz en très peu de temps (en termes astronomiques). Mais ce n'est pas la seule activité dans cette galaxie, car une source de rayons X a été détectée au plus profond de son cœur, amenant les astronomes à croire qu'un trou noir supermassif s'y loge[13].

D'ailleurs,selon une étude réalisée auprès de 76 galaxies par Alister Graham en 2008, le bulbe central de M61 renfermerait un trou noir supermassif dont la masse estimée serait comprise entre 600 000 et 16 millions de (masses solaires).[14] Selon une autre étude publiée 2007, la masse de ce trou noir serait de 5 millions de masses solaires.[15]

Un disque entourant le noyau[modifier | modifier le code]

Grâce aux observation du télescope spatial Hubble, on a détecté un disque de formation d'étoiles autour du noyau de NGC 4303. La taille angulaire de son demi-grand axe est de 3,2 secondes d'arc ce qui correspond à 560 pc (~1140 années-lumière) à la distance estimée de cette galaxie[16].

Supernova[modifier | modifier le code]

Huit supernovas ont été découvertes dans M61 : SN 1926A, SN 1961I, SN 1964F, SN 1999gn, SN 2006ov, SN 2008in et SN 2014dt[17]. Une dernière supernova s'est ajoutée au sept découvertes avant 2020 au mois de mai, la supernova SN 2020jfo[18].

Position de la supernova SN 2008in dans M61.
Position de la supernova SN 2020 jfo dans M61.

SN 1926A[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 9 mai par l'astronome allemand Max Wolf. Cette supernova était de type II.[19]

SN 1961I[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 3 juin par l'astronome américain Milton Humason. Cette supernova était de type II.[20]

SN 1964F[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 1er juin par l'astronome italien Leonida Rosino (it). Cette supernova était de type II.[21]

SN 1999gn[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 17 décembre par l'astronome amateur italien Alessandro Dimai (it). Cette supernova était de type II.[22]

SN 2006ov[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 24 novembre à Yamagata au Japon par l'astronome japonais Koichi Itagaki. Cette supernova était de type II.[23]

SN 2008in[modifier | modifier le code]

Cette supernova a aussi été découverte par Koichi Itaki le 26 décembre à Yamagata au Japon. Cette supernova était de type IIP.[24]

SN 2014dt[modifier | modifier le code]

C'est la troisième supernova découverte par Koichi Itagaki dans M61 le 29 octobre. Cette supernova était de type Ia-pec.[25]

SN 2020jfo[modifier | modifier le code]

Cette supernova a été découverte le 6 mai par J. Nordin, V. Brinnel, M. Giomi, J. van Santen, A. Gal-Yam, O. Yaron, S. Schulze[18] dans le cadre du programme Zwicky Transient Facility. Cette supernova était de type II.[26]

Groupe de M61, de M60 et l'amas de la Vierge[modifier | modifier le code]

Selon A.M. Garcia, M61 est la principale galaxie d'un groupe qui porte son nom. Le groupe de M61 comprend au moins 32 membres, dont NGC 4255, NGC 4301 (NGC 4303A dans l'article), NGC 4324, NGC 4420, NGC 4527, NGC 4533, NGC 4536, NGC 4581, NGC 4599, IC 3267 et IC 3474, de même que la galaxie NGC 4496A qui est en réalité NGC 4496[27].

D'autre part, toutes les galaxies du New General Catalogue de ce groupe apparaissent dans une liste de 227 galaxies d'un article publié par Abraham Mahtessian en 1998. Les autres galaxies de ce groupe n'y figurent pas[28]. Cette liste comporte plus de 200 galaxies du New General Catalogue et une quinzaine de galaxies de l'Index Catalogue. On retrouve dans cette liste 11 galaxies du Catalogue de Messier, soit M49, M58, M60, M61, M84, M85, M87, M88, M91, M99 et M100.

Toutes les galaxies de la liste de Mahtessian ne constituent pas réellement un groupe de galaxies. Ce sont plutôt plusieurs groupes de galaxies qui font tous partie d'un amas galactique, l'amas de la Vierge. Pour éviter la confusion avec l'amas de la Vierge, on peut donner le nom de groupe de M60 à cet ensemble de galaxies, car c'est l'une des plus brillantes de la liste. L'amas de la Vierge est en effet beaucoup plus vaste et compterait environ 1300 galaxies, et possiblement plus de 2000[29], situées au coeur du superamas de la Vierge, dont fait partie le Groupe local[30],[31].

De nombreuses galaxies de la liste de Mahtessian se retrouvent dans onze groupes décrits dans l'article d'A.M. Garcia [27], soit le groupe de NGC 4123 (7 galaxies), le groupe de NGC 4261 (13 galaxies), le groupe de NGC 4235 (29 galaxies), le groupe de M88 (13 galaxies, M88 = NGC 4501), le groupe de NGC 4461 (9 galaxies), le groupe de M61 (32 galaxies, M61 = NGC 4303), le groupe de NGC 4442 (13 galaxies), le groupe de M87 (96 galaxies, M87 = NGC 4486), le groupe de M49 (127 galaxies, M49 = NGC 4472), le groupe de NGC 4535 (14 galaxies) et le groupe de NGC 4753 (15 galaxies). Ces onze groupes font partie de l'amas de la Vierge et ils renferment 396 galaxies. Certaines galaxies de la liste de Mahtessian ne figurent cependant dans aucun des groupes de Garcia et vice versa.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 4303 (consulté le 21 juin 2020)
  2. a b c d e et f « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 4300 à 4399 »
  3. La brillance de surface (S) se calcule à partir de la magnitude apparente (m) et de la surface de la galaxie selon l'équation
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a et b On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho.
  6. a b et c (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 21 juin 2020)
  7. (en) « NGC 4303 sur HyperLeda » (consulté le 21 juin 2020)
  8. On obtient le diamètre d'une galaxie par le produit de la distance qui nous en sépare et de l'angle, exprimé en radian, de sa plus grande dimension.
  9. (en) « Messier 61, SED » (consulté le 20 juin 200)
  10. Atlas des galaxies de Vaucouleurs sur le site du professeur Seligman, NGC 4303
  11. (en) « The Galaxy Morphology Website, NGC 4303 » (consulté le 24 septembre 2020)
  12. « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 21 juin 2020)
  13. (en) « Hubble's Messier Catalog, M61 » (consulté le 21 juin 2020)
  14. Alister W. Graham, « Populating the galaxy velocity dispersion – supermassive black hole mass diagram: A catalogue of (Mbh, σ) values », Publications of the Astronomical Society of Australia, vol. 25#4,‎ , p. 167-175, table 1 page 174 (DOI 10.1088/1009-9271/5/4/002, Bibcode 2005ChJAA...5..347A, lire en ligne)
  15. G. Pastorini, A. Marconi, A. Capetti et al., « Supermassive black holes in the Sbc spiral galaxies NGC 3310, NGC 4303 and NGC 4258 », Astronomy and Astrophysics, vol. 469#2,‎ , p. 405-423 (DOI 10.1051/0004-6361:20066784, Bibcode 2007A&A...469..405P, lire en ligne)
  16. S. Comerón, J. H. Knapen, J. E. Beckman, E. Laurikainen, H. Salo, I. Martínez-Valpuesta et R. J. Buta, « AINUR: Atlas of Images of NUclear Rings », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 402#4,‎ , p. 2462-2490 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2009.16057.x, Bibcode 2010MNRAS.402.2462C, lire en ligne [PDF])
  17. (en) « Central Bureau for Astronomical Telegrams » (consulté le 20 juin 2020)
  18. a et b (en) « TRANSIENT NAME SERVER, SN 2020jfo » (consulté le 20 juin 2020)
  19. (en) « Other Supernovae images » (consulté le 20 juin 2020)
  20. (en) « Other Supernovae images » (consulté le 20 juin 2020)
  21. (en) « Other Supernovae images » (consulté le 20 juin 2020)
  22. (en) « Bright Supernovae - 1999 » (consulté le 20 juin 2020)
  23. (en) « Bright Supernovae - 2006 » (consulté le 20 juin 2020)
  24. (en) « Bright Supernovae - 2008 » (consulté le 20 juin 2020)
  25. (en) « Bright Supernovae - 2014 » (consulté le 20 juin 2020)
  26. (en) « Latest Supernovae, Perdue University, Rochester Astronomy » (consulté le 20 juin 2020)
  27. a et b A.M. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement Series, vol. 100 #1,‎ , p. 47-90 (Bibcode 1993A&AS..100...47G)
  28. Abraham Mahtessian, « Groups of galaxies. III. Some empirical characteristics », Astrophysics, vol. 41 #3,‎ , p. 308-321 (DOI 10.1007/BF03036100, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2018)
  29. (en) « Cosmos, Virgo Cluster » (consulté le 22 avril 2020)
  30. (en) P. Fouque, E. Gourgoulhon, P. Chamaraux, G. Paturel, « Groups of galaxies within 80 Mpc. II - The catalogue of groups and group members », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 93,‎ , p. 211-233 (Bibcode 1992A&AS...93..211F, lire en ligne)
  31. (en) Tully, R.B., « The Local Supercluster », Astrophysical Journal, vol. 257,‎ , p. 389-422 (DOI 10.1086/159999, Bibcode 1982ApJ...257..389T, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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