Louis-Antoine de Bourbon-Condé

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Louis-Antoine de Bourbon-Condé
Description de cette image, également commentée ci-après
Louis-Antoine de Bourbon-Condé, par Jean-Michel Moreau, château d'Aulteribe.
Biographie
Titulature Duc d'Enghien
Prince du sang
Dynastie Maison de Condé
Distinctions Croix de Saint-Louis
Nom de naissance Louis Antoine Henri de Bourbon
Naissance
Chantilly, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 31 ans)
Vincennes,
Drapeau de la France République française
Père Louis VI Henri de Bourbon-Condé
Mère Bathilde d'Orléans
Conjoint Charlotte de Rohan-Rochefort
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Louis-Antoine de Bourbon-Condé

Description de l'image Blason d'Enghien-les-Bains.svg.

Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, connu dans l'histoire sous son titre de duc d'Enghien, né le à Chantilly et mort fusillé le à Vincennes, est un prince du sang français. Il est le 10e et dernier duc d'Enghien, et l'ultime descendant de la maison de Condé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé naît le à Chantilly. Il est le fils unique de Louis, dernier prince de Condé, et de Louise-Marie-Thérèse-Bathilde d'Orléans. Le jour de sa naissance[1], il est ondoyé par Gérard Billet, curé doyen de la chapelle de Chantilly de 1733 à 1786, en présence de ses deux grands-pères : son grand-père maternel Louis-Philippe d'Orléans et son grand-père paternel Louis V Joseph de Bourbon-Condé[2].

Enfant de constitution délicate, le jeune Louis-Antoine-Henri grandit d'abord avec ses nourrices au domaine de Chantilly, dans le château d'Enghien, un bâtiment construit peu avant sa naissance, en 1769, par l'architecte Jean-François Leroy, et situé face au château de son grand-père.

Le duc d'Enghien, enfant.

Après un début d'union romanesque, ses parents se séparent officiellement en 1781. Sa mère est confinée à Chantilly : elle idolâtre son fils, peint son portrait et s'intéresse à l'ésotérisme en vogue. Mais sa tutelle passe au prince de Condé qui, aidé d'un vétéran, Monsieur de Virieu, aguerrit l'enfant par des exercices physiques (équitation, marche, natation, jeu de paume...), et vise à développer son intérêt pour la chose militaire en lui rappelant notamment l'exemple de leur aïeul, le Grand Condé[3]. Quant à ses études, elles sont confiées à l'abbé Claude-François-Xavier Millot.

C'est âgé de presque 13 ans que Louis-Antoine-Henri est baptisé le , en la chapelle royale du château de Versailles par Armand de Roquelaure (1721-1818), évêque de Senlis et premier aumônier du roi[4] ; son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[5].

L'émigration[modifier | modifier le code]

Le 14 juillet 1789, lors de la prise de la Bastille, le jeune duc d'Enghien, son père le duc de Bourbon, et son grand-père le prince de Condé, gagnent Versailles pour s'entretenir avec le roi des suites à donner à l'événement. Il note dans son journal[6] :

Nanine Vallain, Portrait de Louis-Antoine-Henry de Bourbon-Condé, duc d'Enghien, vers 1788, musée Condé, Chantilly

« Le Roi commençait à céder, soit à l'instigation de Necker, soit entraîné par sa bonté ordinaire. Le peuple n'en devint que plus entreprenant. Toujours enhardi par sa faiblesse, il résolut d'amener le Roi à Paris, seul, sans gardes et comme un prisonnier qui comparaît devant ses juges. Cette humiliation et le refus du Roi qui ne voulut point permettre à mon grand-père de le suivre à Paris décidèrent mes parents à sortir du royaume et à y chercher des remèdes aux maux de la France. »

L'émeute parisienne s'étend très vite aux campagnes environnantes : à Chantilly, des serviteurs des Condé sont malmenés. Trois jours après la chute de la Bastille, ces derniers quittent la France, retrouvent le comte d'Artois à Bruxelles, et s'établissent d'abord à Turin, auprès de la princesse de Piémont Clotilde, sœur de Louis XVI, et du beau-père des comtes de Provence et d'Artois, Victor-Amédée III de Sardaigne. Ils s'installent ensuite à Worms, sur les terres du prince-archevêque Frédéric-Charles Joseph d'Erthal, et enfin à Ettenheim, dans la partie allemande du diocèse du cardinal de Rohan, archevêque de Strasbourg. C'est là que le duc d'Enghien fait la connaissance de celle qui deviendra l'amour de sa vie, Charlotte de Rohan-Rochefort, nièce du cardinal. Cependant, ce premier séjour en pays de Bade ne dure pas, et commencent alors neuf années d'errance à travers l'Europe, au gré des combats de l'armée des princes.

L'armée de Condé[modifier | modifier le code]

Pierre Adolphe Hall, miniature représentant le duc d'Enghien, portant les insignes des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Louis.

Le duc d'Enghien rejoint l'Armée des émigrés qui se forme outre-Rhin sous le commandement de son grand-père, le prince de Condé, et de son père, le duc de Bourbon. Leur but est de marcher sur Paris pour restituer à Louis XVI les pouvoirs que lui a arrachés l'Assemblée nationale constituante.

En 1792, le duc d'Enghien prend la tête de l'« Armée royale française ». Cette dernière s'engage en août dans l'invasion de la France aux côtés des corps autrichiens et prussiens réunis sous le commandement du duc Charles-Guillaume Ferdinand de Brunswick, expédition qui échoue en septembre lors la bataille de Valmy. Malgré cela, Enghien se taille une réputation de chef de guerre : les soldats le surnomment le « duc-va-de-bon-coeur », et, le , il reçoit des mains du comte de Provence la croix de Saint-Louis pour son comportement valeureux[7].

Cependant, avec les années, le duc perd espoir :

« Je ne crois plus à la contre-révolution ; je vois avec chagrin que d'avoir fait toute la guerre dans l'armée de Condé sera avoir perdu mon temps. »

Vie privée[modifier | modifier le code]

Charlotte de Rohan-Rochefort (1767-1841), fiancée du duc d'Enghien

De retour à Ettenheim dans le margraviat de Bade, à quelques lieues de la frontière française, sans ressources autres qu'une modique pension du gouvernement britannique, il s'y établit dans une simple maison, entouré de quelques fidèles tels le marquis de Thumery, le baron de Grünstein, le lieutenant Schmidt et son fidèle serviteur Joseph Calonne.

Ses projets de mariage avec la princesse Caroline de Bade ayant été contrariés par le margrave Charles-Frédéric, il vit ouvertement avec la femme de sa vie, Charlotte de Rohan-Rochefort[8],[9]. Tout projet de mariage paraît impossible, dans la mesure où la jeune femme, si elle est issue d'une des plus prestigieuses familles de France, n'est pas de sang royal. Qui plus est, elle est la nièce du cardinal de Rohan, autrefois compromis dans l'affaire du collier de la Reine.

Selon Charles Lefeuve (1818-1882), historien de la ville de Paris, Charlotte aurait toutefois, en 1794, à la suite de sa liaison avec le duc d'Enghien, accouché de deux filles jumelles, dans l'ancien hôtel Rohan-Rochefort au 19, rue Bonaparte, par le docteur Moulin[10].

L'affaire du duc d'Enghien[modifier | modifier le code]

Le complot royaliste[modifier | modifier le code]

En mai 1803, alors que la paix d'Amiens est rompue, Georges Cadoudal, ancien général en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne, accompagné du général Pichegru et du général Moreau, fomente un projet d'attentat contre Bonaparte, alors Premier Consul, pour restaurer la royauté.

Dès mars 1804, à la suite d'une perquisition chez Armand de Chateaubriand (le cousin du mémorialiste), Bonaparte découvre l'existence du complot et fait arrêter la plupart des conjurés. Cadoudal, arrêté le , reconnaît que le complot attend pour son exécution le retour d'un prince de sang royal, qui doit se mettre à sa tête et qui pourrait, une fois revenu en France, se proclamer lieutenant général du royaume[11] et préparer la restauration des Bourbons.

Louis XVIII séjourne alors en Pologne avec son neveu le duc d'Angoulême, le comte d'Artois est en Angleterre avec son fils cadet le duc de Berry, et les soupçons se portent donc très vite sur le duc d'Enghien, seul à demeurer près de la frontière française. La police consulaire sait par ailleurs qu'Enghien est en relation avec les ennemis du régime, émigrés et royalistes de l'intérieur. Elle croit par ailleurs savoir, mais se trompe, que Charles François Dumouriez lui a rendu visite. Le préfet du Rhin, enfin, signale, en partie à tort, d'importants rassemblements d'émigrés autour d'Ettenheim. La correspondance de l'ambassadeur anglais Sir Francis Drake, qui est portée à la connaissance du Premier Consul vers la même époque, achève de le convaincre : elle fait également état de l'arrivée clandestine d'un Bourbon sur le sol de la République[12].

Arrestation et exécution[modifier | modifier le code]

Pierre Louis Deseine : le tombeau du duc d'Enghien (1825, Sainte-Chapelle du Château de Vincennes).
La Mort du duc d'Enghien (esquisse) par Jean-Paul Laurens (1873)

Dans la nuit du 15 au , le duc est enlevé dans la principauté de Bade par un groupe de soldats conduits par le général Ordener. Avant même son arrivée à Paris, un procès expéditif est préparé.

Le , peu avant minuit, le duc fait face à un premier interrogatoire au château de Vincennes[13] ; à une heure du matin le , il est traduit devant un conseil de guerre présidé par Pierre-Augustin Hulin. Ce conseil a pour ordres de juger rapidement de la cause, et la condamnation à mort est déjà prévue dans l'arrêté pris par Bonaparte. Tout en se déclarant l'ennemi du gouvernement, il rejette les accusations de participation au complot royaliste en cours ; par contre, il précise qu'il attendait à Bade les instructions du gouvernement britannique qui devait sous peu faire appel à ses services dans cette région. En présence de Savary, envoyé par le Premier Consul, le conseil délibère rapidement : à deux heures du matin, le duc est condamné à mort à l'unanimité ; il est fusillé peu après, dans les fossés du château. Son corps est jeté dans une tombe creusée à l'avance au pied du pavillon de la Reine[14]. Les soldats du peloton s'abstiennent de dépouiller le cadavre de ses vêtements et de ses objets de valeur, comme le règlement les y autorise. Après la chute de l'Empire, on retrouvera dans la sépulture des pièces et une montre en or[15].

Colonne mortuaire érigée dans les fossés de Vincennes

Avant de mourir, le prince a eu le temps de confier à un gendarme une enveloppe à l'attention de sa fiancée, Charlotte de Rohan-Rochefort, dans laquelle il a glissé une mèche de ses cheveux et un mot. L'enveloppe ne sera jamais jamais transmise à sa destinataire. Celle-ci, inconsolable, portera le deuil pendant 30 ans, jusqu'à sa mort.

Réactions des contemporains[modifier | modifier le code]

L'exécution soulève des vagues d'indignation dans plusieurs cours européennes. Londres protesta vigoureusement contre la part qu'on lui avait attribuée dans la conspiration, mais le gouvernement britannique ne pouvait nier avoir favorisé plusieurs intrigues contre le Premier Consul. En Russie, le tsar Alexandre Ier dicte ainsi une vive protestation (qui sera tempérée par ses ministres au moment de sa publication) : « Sa Majesté impériale, indignée d'une infraction aussi criante de tout ce que l'équité et le droit des nations peuvent prescrire de plus obligatoire, répugne de conserver plus longtemps des rapports avec un gouvernement qui ne connaît ni frein, ni devoir d'aucun genre et qui, entaché d'un assassinat atroce, ne peut plus être regardé que comme un repaire de brigands ». Le roi de Suède, Gustave IV Adolphe, ami personnel du duc d'Enghien, rompt ses relations diplomatiques avec la France. À Rome, le cardinal Consalvi rapporte que : "Quand le cardinal Fesch vint, de la part du chef de la France, annoncer au Pape l'assassinat de cette grande et innocente victime, le Saint-Père pleura beaucoup et dit que ses larmes coulaient autant sur la mort de l'un que sur l'attentat de l'autre"[16].

Cependant, de manière générale, les cours européennes se montrent prudentes. Naples fit aviser l'ambassadeur Alquier que la cour ne porterait pas le deuil. La Prusse, qui tenait à l'alliance et à la neutralité françaises, n'osa protester et, pour éviter l'embarrassante question du deuil, la Gazette royale de Berlin ne fit aucune allusion au procès et à la condamnation du duc d'Enghien. Le même silence domine en Bavière, en Saxe, au Wurtemberg. L'Autriche, fragilisée par les guerres de la deuxième coalition, se soumet même à l'ordre de Talleyrand d'éloigner "immédiatement, à cinquante lieues des frontières, les émigrés français qui pouvaient rester dans la Souabe et dans le Brisgau"[16]. Quant à l'électorat de Bade, dont l'intégrité territoriale a pourtant été violée, il observe le silence : le baron de Dalberg, ambassadeur de Bade à Paris, ne se décide à informer officiellement sa cour que le 20 mars, au moment de l'exécution. Bonaparte dira d'ailleurs : "C'était au souverain de Bade seul à se plaindre, et il ne l'a pas fait".

Seule l'Espagne de Charles IV, pourtant issu de la maison de Bourbon, montre de la satisfaction auprès de l'ambassadeur Beurnonville : "Le roi a témoigné qu'il aurait désiré que le ci-devant prince ne se fût point compromis ainsi, et le prince de la Paix m'a rajeuni le mot déjà usé, que lorsqu'on a du mauvais sang, il faut le verser".

Depuis son exil, Louis XVIII proteste vivement contre le silence des cours européennes. Il ira jusqu'à renvoyer à son cousin Charles IV ses insignes de chevalier de la Toison d'Or. Les royalistes français accusent Bonaparte de s'être lâchement débarrassé du dernier descendant de la maison de Condé. Jean-Gabriel Peltier s'en fait largement l'écho depuis son exil en Angleterre[17]. Chateaubriand, profondément marqué par l'exécution du duc, présente sa démission à Talleyrand et consacrera au jeune duc de longues pages dans ses Mémoires (1848). Antoine Boulay de la Meurthe (1761-1840) stigmatise cette exécution qui, à ses yeux, est pour l'Empire non seulement un « crime », mais pire une « faute ».

Louis Pierre Deseine, monument au duc d'Enghien dans la Sainte-Chapelle du château de Vincennes

Après la chute de Napoléon, la Restauration fera du duc d'Enghien l'un des martyrs de la royauté. En 1816, Louis XVIII fait transporter ses cendres dans la Sainte-Chapelle de Vincennes, sous un monument d'Alexandre Lenoir. En 1832, le légitimiste Édouard d'Anglemont lui consacre une tragédie.

Comme celui des généraux vendéens, son souvenir reste aujourd'hui vivace dans les milieux royalistes. Le bicentenaire de sa mort a été l'occasion de colloques et de débats.

Titulature et décoration[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

  •  : Son Altesse Sérénissime Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Enghien, prince du sang de France

Décoration dynastique française[modifier | modifier le code]

Ordre du Saint-Esprit Chevalier des ordres du Roi ()
Ordre royal et militaire de Saint-Louis Chevalier de l'ordre de Saint-Louis (2 février 1794)

Écrits du duc d’Enghien[modifier | modifier le code]

  • Correspondance du duc d'Enghien (1801-1804) et documents sur son enlèvement et sa mort (publ. par le comte Alfred Boulay de la Meurthe), Paris, Picard, 1904-1913, 4 vol.
  • [Correspondances originales et inédites des trois derniers princes de la maison de Condé]. Dans : Jacques Crétineau-Joly, Histoire des trois derniers princes de la maison de Condé : prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien..., t. 2, Paris, Amyot, , 514 p. (lire en ligne). — Ce deuxième tome contient la correspondance utilisée par l'auteur pour rédiger l'Histoire des trois derniers princes... qui occupe le premier tome. On y trouve plusieurs lettres du duc d'Enghien.
  • Discours de M. le duc d'Enghien à M. le premier président, s. l., s. n., s. d., 3 p.
  • « Journal de la campagne de 1796 », dans Correspondance du duc d'Enghien : 1801-1804 (publ. par Alfred Boulay de la Meurthe), t. 4, Paris, Alphonse Picard, (lire en ligne), p. 219-280.
  • « Journal du duc d'Enghien écrit par lui-même et dont l'original a été remis au Premier consul le 1er germinal an XII [22 mars 1804] », dans André Dupin, Pièces judiciaires et historiques relatives au procès du duc d'Enghien..., Paris, Baudouin frères, (lire en ligne), p. V-VIII.
  • « Lettre au roi, par M. le prince de Condé, M. le duc de Bourbon et M. le duc d'Eneghin [sic] », dans Lettre de Monsieur et de M. le comte d'Artois, au roi leur frère, avec la déclaration signée à Pilnitz le 27 août 1791, par l'empereur et le roi de Prusse, s. l., s. n., [1791] (lire en ligne), p. 8. — La lettre cosignée par le duc d'Enghien est datée de Worms, le 11 septembre [1791]. Il existe plusieurs éditions de cette lettre ; celle-ci semble être l'une des toutes premières.
  • Mémoire adressé à l'Assemblée nationale par S. A. R. Mgr comte d'Artois et les princes du sang fugitifs, [Paris], Volland, [1790], 8 p. (lire en ligne). — Pièce apocryphe, cosignée par le duc « d'Anguien ».
  • Mémoires et voyages du duc d'Enghien, Moulins, P.-A. Desrosiers, , 462 p. (lire en ligne). — Précédés d'une notice sur la vie et la mort du duc d'Enghien par le comte de Choulot.
  • Une correspondance pendant l'émigration, 1792-1797 : quarante-huit lettres inédites de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, du duc de Berry et du duc d'Enghien (publ. par le père Carlos Sommervogel), Paris, Charles Douniol, , 54 p. (lire en ligne). — Voir les lettres XLIV et XLV.

Références dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • L'histoire du duc d'Enghien est discutée par un groupe d'aristocrates dans la première partie de La Guerre et la Paix de Tolstoï. Pierre Bézoukhov est le seul à défendre l'acte de Napoléon en expliquant : « […] les Bourbons ont fui la Révolution, livrant le peuple à l'anarchie ; Napoléon seul a su comprendre la révolution et la vaincre, et puisqu'il s'agissait du bien général, il ne pouvait reculer devant la mort d'un seul homme. »
  • Le duc est le grand-oncle d’un des personnages principaux de l’œuvre de Marcel Proust À la recherche du temps perdu. Dans Le temps retrouvé, le Baron de Charlus le mentionne lors d’une discussion animée, avec le narrateur, au sujet de la Grande Guerre: « […] des propos qui eussent pu nous faire prendre pour des défaitistes. Je le fis remarquer à M. de Charlus sans réussir qu’à exciter son hilarité. « Avouez que ce serait bien drôle, dit-il. Après tout, ajouta-t-il, on ne sait jamais, chacun de nous risque chaque soir d’être le fait divers du lendemain. En somme pourquoi ne serai-je pas fusillé dans les fossés de Vincennes? La même chose est bien arrivée à mon grand-oncle le duc d’Enghien. La soif du sang noble affole une certaine populace qui en cela se montre plus raffinée que les lions. Vous savez que, pour ces animaux, il suffirait , pour qu’ils se jetassent sur elle, que Mme Verdurin eût une écorchure sur son nez. Sur ce que dans ma jeunesse on eût appelé son pif! » Et il se mit à rire à gorge déployée comme si nous avions été seuls dans un salon. »

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Louise Jacotey, Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé duc D'Enghien 1772-1804 : Ou tragique destinée du duc "Va de bon cœur", Dominique Guéniot, , 162 p. (ISBN 978-2-87825-317-7, lire en ligne)
  2. Jean-Paul Bertaud, Le Duc d'Enghien, Fayard, coll. « Biographies historiques », , 476 p. (ISBN 978-2-213-64778-4, lire en ligne), « Le hibou et l'enfant »
  3. Jean-Paul Bertaud, Le duc d'Enghien, Paris, Fayard, (ISBN 221360987X, lire en ligne)
  4. Christian Bouyer, Les Condé, Pygmalion, , 368 p. (ISBN 978-2-7564-1625-0, lire en ligne)
  5. Jacques de la Faye (pseudonyme de Marie de Sardent), La Princesse Charlotte de Rohan et le Duc d'Enghien : Un roman d'exil, BnF, (1re éd. 1906), 398 p. (ISBN 978-2-346-03966-1, lire en ligne)
  6. « Autour de la mort du duc d' Enghien », sur napoleon.org (consulté le )
  7. « Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien (1772-1804), croix de Saint-Louis », sur www.napoleon-empire.net (consulté le )
  8. Bien qu'issue de la très haute noblesse bretonne, Charlotte de Rohan-Rochefort n'épousera jamais le duc d'Enghien car le prince de Condé, grand-père du duc d'Enghien, aurait désapprouvé cette union
  9. (fr) « Louis-Antoine de Bourbon-Condé, duc d'Enghien (v. 1772 - v. 1804) », sur www.roi-france.com (consulté le )
  10. Charles Lefeuve, Histoire de Paris, rue par rue, maison par maison, Paris, 1875
  11. Éditions Larousse, « Louis Antoine Henri de Bourbon duc d'Enghien - LAROUSSE », sur www.larousse.fr (consulté le )
  12. « Napoléon et les royalistes - L'exécution du duc d'Enghien - Napoleon & Empire », sur www.napoleon-empire.net (consulté le )
  13. Noëlle Destremau, Le Duc d'Enghien : Erreur politique ou assassinat ?, Éditions du Cloître, , 114 p. (ISBN 978-2-37324-054-2, lire en ligne)
  14. Florence de Baudus, Le Sang du Prince : Vie et mort du duc d'Enghien, Editions du Rocher, , 292 p. (ISBN 978-2-268-08195-3, lire en ligne)
  15. « 21 mars 1804 - Exécution du duc d'Enghien - Herodote.net », sur www.herodote.net (consulté le )
  16. a et b « Assassinat du duc d'Enghien - Reactions », sur 1789-1815.com (consulté le ).
  17. Lettre du à M. King, sous-secrétaire d'État au Ministère de l'Intérieur britannique, demandant une aide à la publication de son journal L'Ambigu stigmatisant cet assassinat. National Archives HO 42/75.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi : Affaire du duc d'Enghien (bibliographie)

Publications les plus récentes[modifier | modifier le code]

  • Florence de Baudus, Le Sang du prince : vie et mort du duc d'Enghien, [Monaco et Paris], Éd. du Rocher, , 289 p., 24 cm (ISBN 2-268-04143-3). — Bibliogr. Réédition en 2015 chez le même éditeur.
  • Jean-Paul Bertaud, Le Duc d'Enghien, Paris, Fayard, , 466 p., 22 cm (ISBN 2-213-60987-X). — Bibliogr. p. 437-447. Index.
  • Paul Doynel de La Sausserie et Louis Desvergnes, Une sœur inconnue du duc d'Enghien et sa descendance jusqu'en 1965..., Paris, G. Saffroy, , 7 p., 24 cm.
  • Claude Dugas, Les Cahiers scolaires du duc d'Enghien : l'éducation d'un prince, [Chantilly], Association de sauvegarde de Chantilly et de son environnement, coll. « Études cantiliennes » (no 12), , 12 p., 30 cm.
  • Albert Fagioli, Le Testament du duc d'Enghien ou le Secret du fabuleux trésor de Marthille, Strasbourg, Éd. Coprur, , 223 p., 23 cm (ISBN 978-2-84208-179-9). — Bibliogr. p. 217-223.
  • Marie-Louise Jacotey (préf. de Jean-François Michel), Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé (1772-1804) ou Tragique destinée du duc « Va de bon cœur », Langres, D. Guéniot, , 162 p., 22 cm (ISBN 2-87825-317-5). — Bibliogr.
  • Jacques de Lacretelle, « Le Duc d'Enghien et Charlotte de Rohan », dans La Galerie des amants, Paris, Librairie académique Perrin, , p. 193-199.
  • Bernardine Melchior-Bonnet, Le Duc d'Enghien : vie et mort du dernier des Condé, Paris, Amiot-Dumont, coll. « Présence de l'histoire », , 275 p., in-8°. — Réédition en 1961 (Paris, Le Livre contemporain).
  • Claude Pasteur, L'Amour et la mort du duc d'Enghien, Paris, Hachette, , 253 p., 19 cm.
  • Claude Pasteur, Le Duc d'Enghien ou la Mauvaise destinée, Paris, Tallandier, coll. « Figures de proue », , 283 p., 23 cm (ISBN 2-235-01576-X).

Publications numériques[modifier | modifier le code]

Biographies, documentation[modifier | modifier le code]

  • Alfred Boulay de la Meurthe, Les Dernières années du duc d'Enghien (1801-1804), Paris, Hachette, , VIII-359-8 (lire en ligne). — Cet ouvrage a été analysé par Auguste Fournier, « Note sur Les Dernières années du duc d'Enghien », Revue historique, vol. 36,‎ , p. 96-99 (lire en ligne).
  • Charles de Bouvens (Abbé), Notice historique sur Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien..., suivie de son oraison funèbre, Toulouse, Jean-Matthieu Douladoure [et] Joséphine Vitrac, , 29 p. (lire en ligne).
  • Paul de Lavenne de Choulot, « Notice sur la vie et la mort du duc d'Enghien », dans Louis-Antoine de Bourbon-Condé, Mémoires et voyages du duc d'Enghien, Moulins, P.-A. Desrosiers, (lire en ligne), p. 7-122.
  • Jacques Crétineau-Joly, Histoire des trois derniers princes de la maison de Condé : prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien, d'après les correspondances originales et inédites de ces princes, Paris, Amyot, , 2 vol. — Tome 1er [lire en ligne]. — Tome 2 [lire en ligne]. Les correspondances utilisées par l’auteur ont été réunies dans le deuxième tome.
  • M. de Crotone, « L.-A.-H. de Bourbon, duc d'Enghien », La Semaine des familles, no 51,‎ , p. 808-811, article no 1 (lire en ligne).
  • M. de Crotone, « L.-A.-H. de Bourbon, duc d'Enghien », La Semaine des familles, no 52,‎ , p. 818-821, article no 2 (lire en ligne).
  • Théodore-Paul-Émile Ducos (comte), La Mère du duc d'Enghien : 1750-1822, Paris, Plon-Nourrit, , II-422 p. (lire en ligne).
  • Auguste Fournier, Note sur « Les Dernières années du duc d'Enghien ». Voir plus haut : Alfred Boulay de la Meurthe.
  • Julien-Joseph Guibout, « Les Trois derniers Condé sous la Révolution, l'Empire et la Restauration », dans La Maison de Condé, Rouen, Mégard et Cie, coll. « Bibliothèque morale de la jeunesse », (lire en ligne), p. 362-412.
  • Jacques de La Faye, La Princesse Charlotte de Rohan et le duc d'Enghien : un roman d'exil, Paris, Émile Paul, , 418 p. (lire en ligne).
  • Léon de Lanzac de Laborie, « Le Duc d'Enghien à Ettenheim (1801-1804) : à propos du centième anniversaire de sa mort », Le Correspondant, vol. 214,‎ , p. 846-858 (lire en ligne).
  • Charles Nauroy, « La Femme du duc d'Enghien », dans Les Derniers Bourbons, Paris, Charavay, (lire en ligne), p. 187-222.
  • Sabourin de Nanton, Ettenheim et le duc d'Enghien, Mulhouse, Imprimerie de L. L. Bader, , 31 p. (lire en ligne). — Extrait de la Revue d'Alsace.
  • Wop... (publ. par Louis-Marie Prudhomme), Histoire de la naissance, de la vie privée et militaire et de la fin tragique du duc d'Enghien, écrite en Allemagne en 1805..., Paris, au bureau de Lavater, A. G. Debray [et] Désauges, , 38 p. (lire en ligne).

Littérature, pièces de circonstance[modifier | modifier le code]

  • Édouard d'Anglemont (préf. de Charles d'Assailly), Le Duc d'Enghien : histoire-drame, Paris, Mame-Delaunay, , 298 p. (lire en ligne). — Théâtre.
  • Astanières de Boisserolle (Madame d')), Ode : anniversaire de la mort de L. A. H. de Bourbon-Condé, duc d'Enghien, pour l'année 1819, Paris, Imprimerie de Dondey-Dupré, , 8 p. (lire en ligne).
  • Atterbury (trad. de l'anglais par J. M. V. Au.), Éloge funèbre du duc d'Enghien assassiné par Bonaparte, Lyon, Chambet, [ca. 1814-1815], 15 p. (lire en ligne). — Selon le traducteur, « Atterbury a été l'ami du duc d'Enghien, il a combattu en Allemagne à ses côtés ».
  • Jules de Bourgeon, Éloge de Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien, Paris, L. Hachette, , 32 p. (lire en ligne).
  • Charles Brifaut, « Dialogue entre M. le duc d'Enghien et un général », Annales de la littérature et des arts, vol. 22,‎ , p. 5-14 (lire en ligne). — Lu à la Société royale des Bonnes-Lettres, le 23 décembre 1825.
  • Edme-François-Charles Bruchet, Oraison funèbre prononcée au service expiatoire, célébré en l'église de Saint-Étienne d'Auxerre, le 21 juillet 1814, pour Louis XVI et les quatre autres victimes royales, Auxerre, L. Fournier, , 46 p. (lire en ligne). — Paru sous l'anonymat.
  • Ambroise Bully, Éloge du duc d'Enghien, Meaux, Imprimerie de Dubois-Berthault, , 11 p. (lire en ligne).
  • Claude-Antoine Chambelland, Le Duc d'Enghien : romance dédiée à tous les ennemis du crime, Dijon, Tussa, [1814], 4 p. (lire en ligne).
  • D. F., Discours prononcé lors du service solennel que les volontaires royaux de Rouen ont fait célébrer le 21 mars, jour anniversaire de la mort de monseigneur le duc d'Enghien, Rouen, Imprimerie de F. Mari, , 8 p. (lire en ligne). — Signé : « D. F., volontaire royal. »
  • Louis-François de Dion, Éloge funèbre de S. A. S. Mgr le duc d'Enghien, Londres, Imprimerie de Cox, , 69 p. (lire en ligne). — Paru sous l'anonymat.
  • Joseph de Dulcat, Éloges de S. A. R. Mgr le duc d'Enghien et de M. le maréchal de Mailly, Perpignan, Mlle Tastu, , 62 p. (lire en ligne).
  • Victor-Alphonse Flayol, Éloge du duc d'Enghien : discours qui a obtenu une mention honorable à la Société royale des Bonnes-Lettres, Paris, A. Desauges, , 47 p. (lire en ligne).
  • Louis de Fontanes, « La Mort du duc d'Enghien : ode », dans Œuvres de M. de Fontanes, recueillies pour la première fois..., t. 1er, Paris, L. Hachette, (lire en ligne), p. 60-66.
  • Joseph-Antoine de Gourbillon, Apparition du duc d'Enghien, à Saint-Dizier, ou Rêve de Buonaparte, [Paris], Imprimerie de Charles, [1814], 2 p. (lire en ligne). — Poème paru sous l'anonymat. Il existe une autre édition sous le titre suivant : La Vision, ou le Spectre de Saint-Dizier.
  • J. L. Guillaume, Éloge du duc d'Enghien, Paris, Adrien Égron, , IV-62 p. (lire en ligne).
  • Pierre Hédouin, « La Mort du duc d'Enghien : stances », dans Le Bouquet de lys : recueil de poésies sur les révolutions de 1814 et 1815..., Boulogne, Le Roy-Berger, (lire en ligne), p. 11-12.
  • Léon Hennique (dessins d'Henri Dupray, gravés à l'eau-forte par Louis Muller), La Mort du duc d'Enghien : en trois tableaux, Paris, Tresse et Stock, , 98 p. (lire en ligne). — Théâtre.
  • Eugène Hugo, « La Mort du duc d'Enghien : ode », Recueil de l'Académie des jeux floraux,‎ , p. I-VI (lire en ligne). — Par le frère de Victor Hugo. Dans la Table qui termine le Recueil de 1819, cette ode est attribuée par erreur à « Victor-Marie Hugo ».
  • Chrétien-Siméon Le Prévost d'Iray, La Mort du duc d'Enghien : ode, Paris, Ch. Gosselin, , 11 p. (lire en ligne).
  • Étienne Michelet, La Mort du duc d'Enghien : poëme, Paris, J.-G. Dentu, , 38 p. (lire en ligne).
  • François-Marie-Joseph Noël Des Quersonnières, La Vision : poëme sur la mort tragique de Son Altesse Sérénissime monseigneur le duc d'Enghien..., [Paris], Imprimerie de Me Ve Cussac, [1819], 24 p. (lire en ligne). — Il existe une notice sur cet auteur : Sébastien Guyétant (docteur), Notice historique et biographique sur M. Noël Des Quersonnières, ancien commissaire général des armées françaises, âgé de 116 ans, Paris, chez l'auteur [et chez] Lagny frères [et] Alexandre Ledoyen, , 18 p. (lire en ligne).
  • Roger (curé de Vincennes), Quelques larmes sur le tombeau de monseigneur le duc d'Enghien, Paris, Lebègue, , 18 p. (lire en ligne).
  • Anatole Roux de Laborie, « Éloge du duc d'Enghien », Annales de la littérature et des arts, vol. 28,‎ . — Première partie, p. 53-71 [lire en ligne] ; deuxième partie, p. 106-117 [lire en ligne]. Discours prononcé le 30 mai 1827 à la Société royale des Bonnes-Lettres.
  • Émile Marco de Saint-Hilaire, Le Duc d'Enghien : souvenirs du temps du Consulat, Paris, Baudry, , 335 p. (lire en ligne). — Il existe une contrefaçon belge sous un titre légèrement modifié : Le Duc d'Enghien : épisode historique du temps du Consulat (Bruxelles, Société typographique belge, 1844).
  • Charles-Auguste Parfait de Villefort, Éloge de Son Altesse Sérénissime Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien..., Paris, C. J. Trouvé, , 53 p. (lire en ligne).
  • Pierre Zaccone et Constant Guéroult, « Le Duc d'Enghien et Georges Cadoudal », dans Histoire des conspirateurs anciens et modernes, s. l., s. n., [1881-1882] (lire en ligne), p. 214-298. — Édition populaire illustrée de ce roman historique.

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