Jean-Claude Pirotte

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Jean-Claude Pirotte, né à Namur le et mort le , est un écrivain, poète et peintre belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de parents tous deux professeurs, Pirotte passe son enfance en Wallonie, à Gembloux[1]. Après des études littéraires et de droit, il exerce comme avocat à partir de 1964. Mais en 1975, il est radié du barreau pour avoir favorisé la tentative d'évasion d'un de ses clients, un délit qu'il nie avoir commis. Condamné à 18 mois de prison malgré ses dénégations, il s'enfuit en France et y mène une vie plus ou moins vagabonde jusqu'à la péremption de la peine en 1981, qui lui permet de retourner à Namur.

Il ne reprend pas pour autant sa place d'avocat. Ses ennuis judiciaires, explique-t-il, lui ont offert l'occasion de fuir : « Les magistrats qui m'ont condamné m'ont accordé une forme de bonheur. Celui de vivre dans l'extraordinaire »[2]. Il se consacre dès lors à la littérature et la poésie, et publie au fil des années une cinquantaine de livres, des articles, des poèmes et des préfaces. Peintre, il a aussi illustré plusieurs livres[3]. En outre, on lui doit la création du prix littéraire Cabardès, du nom de cette région où il a vécu quelques années. Il a aussi dirigé la collection Lettres du Cabardès aux éditions Le temps qu'il fait[4], puis L'Usage des jours à La Table Ronde.

Il passe les dernières années de vie dans le Jura suisse, en Ajoie, à la frontière avec la France, partageant la vie de la romancière et traductrice Sylvie Doizelet[4]. Ils publieront deux ouvrages en commun, Chemin de croix (éd. La Table ronde, 2004) et, aux éditions Le Temps qu'il fait (2010), Les périls de Londres[5]

J.-C. Pirotte décède à Namur le [6].

Reconnaissance par la critique[modifier | modifier le code]

Ce poète écrivain, féru de littérature française et néerlandaise, admirateur de l'œuvre d'André Dhôtel, de Georges Bernanos, Guido Gezelle ou Frederik van Eeden, Georges Rodenbach ou encore Jacques Chardonne, parmi tant d'autres auteurs, est devenu un des piliers de la littérature belge d'expression française.

Bénéficiant du soutien de Jean-Edern Hallier, Jean-Claude Pirotte a été dans les années 1980-1990 un personnage relativement médiatique de la scène littéraire française[7]. Les articles généraux sur la littérature française de Belgique le mentionnent régulièrement à partir de la fin des années 1980[8], mettant en exergue Sarah feuille morte ou La pluie à Rethel[9].

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Au cours de sa carrière, il a obtenu de nombreux prix littéraires, parmi lesquels[10]

En 2015, le Gouvernement wallon a tenu à honorer sa mémoire en l'élevant au rang d'officier du Mérite wallon, à titre posthume[15].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Goût de cendre, poèmes, Thone, 1963
  • Contrée, poèmes, Thone 1965
  • D'un mourant paysage, poèmes, Thone 1969
  • Journal moche, essai, Luneau-Ascot, 1981, 1993.
  • La Pluie à Rethel, roman, Luneau-Ascot, 1982 ; réédition La Table Ronde, 2001 et 2002
  • Fond de cale, roman, Le Sycomore, 1984; rééd. Le Temps qu'il fait, 1991
  • Un été dans la combe, roman, La Longue Vue, 1986 ; réédition La Table Ronde, 1993
  • La Vallée de misère, poèmes, Le temps qu'il fait, 1987 ; réédition Le Temps qu'il fait, 1997
  • Les Contes bleus du vin, chroniques, Le Temps qu'il fait, 1988
  • Sarah, feuille morte, roman, Le Temps qu'il fait, 1989
  • La Légende des petits matins, roman, Manya 1990 ; réédition La Table Ronde, 1996
  • L'Épreuve du jour, enfantine, Le Temps qu'il fait, 1991, 1998
  • Fond de cale, roman,, Le Temps qu'il fait, 1991.
  • Récits incertains, mélanges, Le Temps qu'il fait, 1992
  • Il est minuit depuis toujours, essais, La Table Ronde, 1993
  • Lettres de Sainte Croix du Mont, (photographies de Jean-Luc Chapin), L'Escampette, 1993
  • Plis perdus, mélanges, La Table Ronde, 1994
  • Un voyage en automne, récit, La Table Ronde, 1996
  • Cavale, roman, La Table Ronde, 1997
  • Boléro, roman, La Table Ronde, 1998
  • Faubourg, poèmes, Le Temps qu'il fait, 1997, 1998
  • Le Noël du cheval de bois, conte illustré, Le Temps qu'il fait, 1997,1998
  • Mont Afrique, roman, Le Cherche Midi, 1999
  • Autres arpents, chroniques, La Table Ronde, Paris, 2000
  • Enjoués monostiches, (avec Jean-Marie Queneau), La Goulotte, 2000
  • Ange Vincent, roman, La Table Ronde, Paris, 2001
  • Les Chiens du vent, (avec Pierre Silvain), Cadex, 2002
  • Rue des Remberges, prélude, Le Temps qu'il fait, 2003
  • Un rêve en Lotharingie, récit, National Geographic et Stock, 2003
  • Dame et dentiste, poèmes, Inventaire/Invention, 2003
  • Fougerolles, poèmes, Virgile, 2004
  • La Boîte à musique, (avec Sylvie Doizelet) poèmes, La Table ronde, 2004
  • Une adolescence en Gueldre, roman, La Table ronde, 2005, Prix des Deux Magots
  • Expédition nocturne autour de ma cave, récit, Stock, 2006
  • Un bruit ordinaire suivi de Blues de la racaille, poèmes, La Table Ronde, 2006
  • Hollande, poèmes et peintures, Le Cherche Midi, 2006
  • Un voyage en automne, La Table Ronde, 1996
  • Absent de Bagdad, roman, La table ronde, 2007
  • Passage des ombres, La Table Ronde, 2008 - Prix Roger-Kowalski et grand prix de Poésie de la Ville de Lyon 2008
  • Revermont, Le Temps qu'il fait, 2008
  • Avoir été, Le Taillis Pré, 2008
  • Le Promenoir magique et autres poèmes 1953-2003, La Table ronde, 2009
  • Voix de Bruxelles, (avec Hugues Robaye), CFC, 2009
  • Autres séjours, Le Temps qu'il fait, 2010
  • Les périls de Londres, Le Temps qu'il fait (en collaboration avec Sylvie Doizelet)
  • Cette âme perdue, Le Castor Astral, 2011 - Prix Guillaume-Apollinaire 2011
  • Place des savannes, Le Cherche Midi, 2011
  • Ajoie, La Table ronde, 2012,
  • Le Très Vieux Temps, Le Temps qu'il fait, 2012
  • Vaine Pâture, Mercure de France, 2013
  • Brouillard, Le Cherche Midi, 2013
  • Gens sérieux s'abstenir, Le Castor Astral, 2014
  • Portrait craché, Le Cherche Midi, 2014
  • À Saint-Léger suis réfugié, L'Arrière-Pays, 2014
  • Le Silence, Stock, 2016
  • Il y a, Motus, 2016
  • Plein emploi, Le Castor Astral, 2016
  • Traverses, Le Cherche Midi, 2017
  • Jours obscurs, Le Cherche Midi, 2017
  • Ajoie, précédé de Passage des ombres et de Cette âme perdue, préface de Sylvie Doizelet, coll. « Poésie/Gallimard », 2018

Peintures[modifier | modifier le code]

  • Chemin de Croix, peintures, poèmes de Sylvie Doizelet, 2004.
  • Hollande, poèmes et peintures, Le Cherche Midi, 2006

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Devarrieux 2014, p. 30.
  2. Coignard 2001.
  3. a et b AFP 2011.
  4. a et b Rédaction L'indépendant 2011.
  5. « Sylvie Doizelet », sur babelio.com, s.d. (consulté le 17 avril 2018)
  6. Séry 2014.
  7. Le Point 2014.
  8. Drachline 1981.
  9. Drachline 1982.
  10. « Jean-Claude Pirotte », sur editionslatableronde.fr, s.d. (consulté le 17 avril 2018)
  11. « Prix Franz de Wever », sur arllfb.be, (consulté le 17 avril 2018)
  12. AFP 2012.
  13. « Grand Prix de Poésie », sur academie-francaise.fr, (consulté le 17 avril 2018)
  14. Belga 2012.
  15. « Jean-Claude Pirotte | Connaître la Wallonie », sur connaitrelawallonie.wallonie.be (consulté le 3 novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais critiques[modifier | modifier le code]

Articles de journaux[modifier | modifier le code]

  • Pierre Drachline, « Jean-Claude Pirotte, le passager de la nuit. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Pierre Drachline, « Les grêles nocturnes de Jean-Claude Pirotte • Un art de mourir à petit feu. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Pierre Drachline, « L'extrême solitude de Jean-Claude Pirotte. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Pierre Robert Leclercq, « La toile de Pirotte. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Claire Devarrieux, « L'ardoise de Pirotte. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Claire Devarrieux, « La cavale du dipsomane. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Claire Devarrieux, « Pirotte, lignes de fuite. Avocat très recherché, Jean-Claude Pirotte a retrouvé ses carnets de cavale de 1975. Fêtes galantes, alcool et solitude, pour une vraie littérature d'évasion. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • « Jean-Claude Pirotte premier prix Duras. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Jacqueline Coignard, « Courir pour être libre. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • « L'art de la fugue. Parcours. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction L'indépendant, « Jean-Claude Pirotte poursuit sa fugue. », L'Indépendant,‎ (lire en ligne).
  • Marc Lambron, « Jean-Claude Pirotte, un polar poétique. », Le Point,‎ (lire en ligne).
  • AFP, « Le prix Apollinaire de poésie pour Jean-Claude Pirotte. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • AFP, « L'Académie française publie son palmarès 2012 », L'Express,‎ (lire en ligne).
  • Belga, « Le Goncourt de la Poésie décerné au Belge Jean-Claude Pirotte », Le Soir,‎ (lire en ligne).
  • Macha Séry, « Mort de l'écrivain et poète Jean-Claude Pirotte. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction Le Point, « L'écrivain Jean-Claude Pirotte est mort . », Le Point,‎ (lire en ligne).
  • Claire Devarrieux, « Jean-Claude Pirotte, dernier voyage . », Libération, no 10272,‎ , p. 30 (lire en ligne).

Film[modifier | modifier le code]

  • Yodi Karone et Jean-Claude Pirotte, film réalisé par Jean-Paul Lavaud, Archives et Musée de la littérature, Bruxelles, 1987, 45 min (VHS)

Liens externes[modifier | modifier le code]