François Bizot

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François Bizot
Paris - Salon du livre 2012 - François Bizot - 001.jpg
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François Bizot, né le à Nancy[1], est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme du Sud-Est asiatique (Cambodge, Thaïlande, Birmanie, Laos, Sud-Yunnan) à l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) et à l'École pratique des hautes études (EPHE).

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrivé au Cambodge en 1965, il s'installe dans un village de la province de Siem Reap parmi les paysans dont il apprend la langue et étudie les mœurs. Le , lors d'un déplacement, il est arrêté avec deux de ses assistants cambodgiens par des miliciens khmers rouges et conduit dans un camp de rééducation dirigé par Kang Kek Ieu, alias Douch qui deviendra, entre 1975 et 1979, le directeur du centre d'interrogatoire de Tuol Sleng (S21). Le , après deux mois et demi de détention dans des conditions difficiles qu'il décrira dans son livre Le Portail, il arrivera à convaincre ses geôliers que son séjour au Cambodge est motivé par des raisons ethnologiques et non politiques et sera libéré. Ses collaborateurs capturés avec lui n'auront pas cette chance et seront exécutés [2],[3].

Trois ans plus tard, le , quand Phnom Penh tombe au mains des troupes khmères rouges, François Bizot est dans la capitale cambodgienne d'où il assiste à l'évacuation de la ville. De nombreux étrangers et cambodgiens viennent alors se réfugier à l'ambassade de France où il utilisera ses connaissances de la langue khmère pour assister le chargé d'affaire Jean Dyrac (l'ambassadeur avait été rappelé en 1971) en tant qu'interprète. Il aura ainsi à transmettre la demande des nouvelles autorités qui exigeront qu'on leur livre toutes les personnes qui ne détiennent pas un passeport étranger[4]. François Bizot quittera finalement le Cambodge le dans un deuxième convoi à destination de la Thaïlande.

Il a relaté ces quelques années et ce parcours dans son livre Le Portail [5], récompensé par le Prix Louis de Polignac de l’Académie française, 2000; le prix littéraire de l’Armée de terre, Erwan Bergot, 2000; le prix des Deux-Magots, 2001; le prix Marianne 2001; le prix des Bibliothèques pour tous, 2001; le Grand Prix Jules Verne, 2001; le prix des lectrices de Elle, catégorie Essai, 2001; le Grand Prix International Tiziano Terzani, 2005. Son aventure au Cambodge a aussi inspiré deux films, Derrière le portail [6] de Jean Baronnet sorti en 2004 et Le Temps des aveux de Régis Wargnier sorti en 2014.

Distinctions : Médaille d'honneur des Affaires étrangères, Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur, chevalier dans l’ordre national du Mérite, chevalier dans l'ordre des Palmes académiques,

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • «Les ensembles ornementaux illimités d’Angkor», Arts asiatiques, Paris 1970.
  • «La figuration des pieds du Bouddha au Cambodge», Études asiatiques, Berne 1971.
  • Histoire du Reamker, Récit recueilli et présenté par F. Bizot, École française d'Extrême-Orient, Phnom Penh 1973 [Autres éditions : Bangkok 1980, 1983; Phnom Penh 1991, 1993].
  • «The Reamker», Asian Variations in Rāmayāna, «Variations in Ramāyāna in Asia: Their Cultural, Social and Anthropological Significance», New Delhi, 1981.
  • «Une représentation inattendue du Figuier à cinq branches», Le Cambodge, t. II, ASEMI, Paris 1984.
  • «The Buddha of Vat Phra Yun», Religion and Beliefs, International Conference on Thai Studies, Bangkok 1984.
  • «La création du monde dans le bouddhisme du Petit Véhicule», Mythes et Croyances du Monde entier, IV, Les mondes asiatiques, Paris 1985.
  • «Le Theravāda de l’Asie sud-orientale», Encyclopédie philosophique universelle, L'Univers philosophique, PUF, 1988.
  • «Les origines du Theravāda de la Péninsule», in : La Thaïlande des débuts de son histoire au XVe siècle, Bangkok 1988,
  • Rāmaker, ou L'amour symbolique de Rām et Setā, publié par l'EFEO, 1989.
  • Le bouddhisme des Thaïs, Brève histoire de ses mouvements et de ses idées des origines à nos jours, Édition des Cahiers de France, Bangkok 1994,
  • «La consécration des statues et le culte des morts », [in] F. Bizot (Dir.), Recherches nouvelles sur le Cambodge, Paris, EFEO, 1994, p. 101-140.
  • Recherches sur le bouddhisme khmer, Publications de l'École française d'Extrême-Orient :
    • t. I : Le Figuier à cinq branches, 1976.
    • t. II : «La grotte de la naissance», 1980, p. 221-283.
    • t. III : Le don de soi-même, 1981.
    • t. IV : Les traditions de la pabbajjā en Asie du Sud-Est, Göttingen, 1988.
  • Textes bouddhiques du Cambodge, Publications de l'École française d'Extrême-Orient:
    • t. I : Le chemin de Lankā, EFEO, 1992.
    • t. II : La guirlande de joyaux, EFEO, 1996.
    • t. III : La pureté par les mots (Saddavimala), EFEO, 1996.
  • «Notes sur les yantra bouddhiques d’Indochine», Tantric and Taoist Studies, Mélanges chinois et bouddhiques, t. XX, Bruxelles 1981.
  • «Bouddhisme. Asie du Sud-Est», in Jean Servier (dir.), Dictionnaire critique de l'ésotérisme, PUF, 1998, p. 221-231.
  • «La place des communautés du Nord-Laos dans l'histoire du bouddhisme d'Asie du Sud-Est», in: Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, Tome87, Volume 2 Paris 2000.
  • «L'horoscope perdu des devins du Cambodge», Les astres et le destin, Astrologie et divination en Asie orientale, Extrême-Orient Extrême-Occident, 35, 2013.

Récits & roman :

  • Le Portail (récit vécu, sur la guerre civile au Cambodge), Table ronde 2000, Folio 2002.
  • Le Saut du Varan (roman), Flammarion 2006, Folio 2008.
  • Le Silence du bourreau (récit), Flammarion 2011, Folio 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « François Bizot », sur Babelio (consulté le 26 septembre 2015)
  2. (fr) Antoine Audouard, « François Bizot : retour sur les années Khmers rouges », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. (fr) François Busnel, « François Busnel a lu Le Silence du bourreau, de François Bizot », L'Express,‎ (lire en ligne)
  4. (fr) Marcel Lemonde et Jean Reynaud, un juge face aux khmers rouges, Seuil, , 250 p. (ISBN 978-2021055740, présentation en ligne), p. 102
  5. (fr) Michel Crépu, « Il a vu mourir le Cambodge », L'Express,‎ (lire en ligne)
  6. (fr) « Derrière le portail », sur http://www.film-documentaire.fr (consulté le 3 avril 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]