La Nocle-Maulaix

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La Nocle-Maulaix
Image illustrative de l'article La Nocle-Maulaix
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Château-Chinon (Ville)
Canton Luzy
Intercommunalité Communauté de communes Bazois Loire Morvan
Maire
Mandat
Michel Harasse
2014-2020
Code postal 58250
Code commune 58195
Démographie
Population
municipale
289 hab. (2014 en diminution de 1,7 % par rapport à 2009)
Densité 8,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 45′ 51″ nord, 3° 46′ 55″ est
Altitude Min. 206 m
Max. 267 m
Superficie 32,66 km2
Localisation

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La Nocle-Maulaix

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La Nocle-Maulaix
Liens
Site web Site officiel

La Nocle-Maulaix est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Fours Savigny-Poil-Fol Rémilly Rose des vents
Montambert N Ternant
O    La Nocle-Maulaix    E
S
Cronat (Saône-et-Loire) Saint-Seine

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom provient de la fusion des communes de la Nocle et de Maulaix par arrêté à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, Maulaix est un lieu-dit de la commune situé à environ un kilomètre du centre du village.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des Éduens à la fin de l'époque médiévale[modifier | modifier le code]

Le village de La Nocle se situe depuis toujours au cœur d'une forêt. C'est une forêt de feuillus (bouleaux et chênes), avec des taillis, des zones de marécages et de landes. Au temps des Gaulois, la population est principalement composée de forestiers qui vivent en clans familiaux. Ils forment les premiers hameaux des forêts. Ce sont des Éduens, tribu gauloise, dont la capitale est Bibracte (sur le mont Beuvray). Dans cette forêt, on trouve des bûcherons, des charbonniers qui fabriquent le charbon de bois, des forgerons qui travaillent le fer. Les Éduens sont des Celtes. Au temps des Mérovingiens (première dynastie des rois francs jusqu'en 751), on trouve déjà à La Nocle un domaine rural. À l'époque carolingienne, un domaine se constitue à l'ouest du bourg actuel. La charte le concernant date de 855 apr. J.-C. On trouve également à cette époque une vigne sur le coteau de Montprisy et on sait alors que seigle et avoine sont les cultures principales. Au IXe siècle, Tanchrade (premier seigneur de La Nocle connu) fonde avec l'autorisation de Jonas, évêque d'Autun, l'oratoire de La Nocle (lieu destiné à la prière) et aménage sa « manse » (étendue nécessaire pour l'entretien d'une famille). La demeure de Tanchrade ainsi que ce premier édifice chrétien se situent sur la hauteur du bourg actuel. Tanchrade attire des habitants en leur permettant de se consacrer à l'agriculture et aux travaux de la forêt. Tanchrade (ou Tankrède) est aidé par sa femme Richtrude. Leurs fils, Achard et Achimond, feront don de l'emplacement de l'église ainsi que des terres aux autorités chrétiennes. L'oratoire de La Nocle est consacré par l'évêque le 10 avril 865 sous le vocable de Saint-Cyr. Le 16 juin, jour de la Saint-Cyr, est resté le jour de la fête paroissiale. Saint-Cyr est un martyr de Tarse en Cilicie, région de Turquie au sud-est de l'Anatolie. Il mourut avec sa mère à l'âge de trois ans environ, en l'an 404 après J.C. Le Moyen Âge est l'époque du défrichement des parties fertiles de la forêt, de l'assèchement des marais afin de créer prairies et étangs. Le village de La Nocle étant situé au cœur d'une forêt épaisse, dont le chêne est la principale essence, cette position reculée le met à l'abri des razzias, des invasions et des épidémies. Le premier oratoire chrétien de Tanchrade est remplacé au XIIe siècle par une nouvelle « basilique » plus vaste, dont le clocher domine une partie de la région. Elle s'élèvera dans le village jusque dans la deuxième partie du XIXe siècle pour être remplacée par un nouvel édifice. Au IXe ou Xe siècle, la manse de Tanchrade laisse place à une demeure médiévale qui présente vraisemblablement toutes les caractéristiques d'un château fort.

En 1371, Gauthier de Sautur est Seigneur de La Nocle.

En 1411, sa fille, Alips de Sautur épouse Arnaud de Senetterre.

Au XVe siècle, Antoine de Rochebaron (décédé en 1463) est Seigneur de La Nocle, de Thaix, de Maulaix et de Berze le Châtel. Il était écuyer tranchant de Philippe le Bon et avait épousé Emgarde, fille d'Alips de Sautur.

La Nocle du XVIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1522, Guy de Salins, Seigneur de La Nocle et Chevalier, est député au Parlement de Bourgogne. Il est issu des Seigneurs de la ville de Salins où son ancêtre, banquier originaire d'Asti, est trésorier des Salines royales. Il devint Seigneur de La Nocle en épousant Alips de Rochebaron. À cette époque, le château de La Nocle se transforme en une demeure digne des premiers châteaux de la Loire. Au décès de Guy de Salins en 1526, son fils Hugues de Salins devient Seigneur de La Nocle. Sa fille Madeleine de Salins épouse Jean de la Fin, Chambellan du roi. Ils eurent quatre fils (Jean, Jacques, Guy et Magdelon) et deux filles (Claude et Magdeleine). Le mariage de Claude avec François de Saix est célébré à La Nocle le 5 octobre 1552.

En 1565, Louis de Gonzague est devenu Duc de Nevers et est resté fidèle au roi et à la religion catholique. Parmi les seigneurs nivernais ralliés à la Réforme sont ceux de La Nocle. Jean Ier de la Fin, Seigneur de La Nocle est resté fidèle au catholicisme, mais trois de ses fils (Jean, Jacques et Guy) ont adhéré à la Réforme. Jean Ier de la Fin est décrit par ses contemporains comme un homme de bien et d'honneur, fidèle en amitié et tolérant en matière de religion. Il accepte à La Nocle une troupe calviniste dès 1575. Le Morvan reste cependant agité jusqu'en 1596.

Jean II de la Fin est envoyé par Condé en 1575 comme émissaire pour tenter de rapprocher protestants, catholiques et politiques. Il mènera plusieurs missions à la demande de la couronne, jusqu'à Londres après lesquelles il se retire sur les terres de La Nocle et gère son domaine. Il décèdera à La Nocle. Il sera inhumé dans la foi protestante. Ses filles se convertiront au catholicisme et deviendront religieuses.

Jacques de la Fin est un ami intime de la Reine Margot, fille de Catherine de Médicis. Il initie ou participe aux intrigues et complots de la cour. Henri IV l'utilise mais ne lui accorde ni sa confiance, ni son estime. Il est attaqué à Paris le 20 avril 1606 par une douzaine d'hommes et est assassiné. Le roi ne cherche pas à trouver les meurtriers.

À la mort de Jean Ier de la Fin, c'est Guy de la Fin, le plus jeune fils qui hérita de La Nocle (Jean y décéda mais avait hérité des terres de Beauvoir).

Guy de la Fin mena des combats dans le camp des Réformés. Il fit partie de l'Armée protestante constituée par Condé qui pilla Vézelay et la Charité sur Loire. Sur ces terres, il sait imposer la tolérance religieuse et la sécurité jusqu'à la fin des guerres de religion. Sa fille aînée Louise-Madeleine de la Fin-Salins hérite de La Nocle. Elle rencontre Alexandre de Saint-André Dupuy-Montbrun, celui-ci rendant visite à son frère aîné, lieutenant général du Nivernais à Nevers puis l'épouse en 1641.

Le château appartient désormais à la famille Dupuy-Montbrun et sera au sommet de sa splendeur de 1645 à 1720. Louise-Madeleine y vit en permanence et modernise le vieux château médiéval. C'est à cette époque que le roi érige la Seigneurie de La Nocle en Marquisat pour « services rendus ». Alexandre résidera à La Nocle en dehors des campagnes de guerre. Il y décède en août 1673 et y est enseveli au cimetière catholique, bien que fervent protestant, et ce avec l'appui de l'évêque d'Autun. Malgré la révocation de l'Édit de Nantes le 18 octobre 1685, la veuve d'Alexandre Dupuy-Montbrun est autorisée par l'évêque d'Autun à célébrer le culte calviniste.

Les Dupuy-Montbrun ont trois filles. L'aînée, Charlotte, épouse son cousin Jacques Dupuy-Montbrun qui devient grand Chambellan du duc d'Orléans, puis Lieutenant Général du Nivernais. À la révocation de l'Édit de Nantes, Jacques Dupuy-Montbrun se convertit à la religion catholique. Il vit à La Nocle où on le retrouve dans les registres paroissiaux jusqu'à son décès le 6 février 1715. La fille de Charlotte et Jacques, Louise Alexandrine Cornelie épouse en 1699 Jean-François Elzear de Ponteves. Le couple vit également à La Nocle, organise de grandes chasses et des réceptions avec les châtelains des environs. Mais en juin 1719, ils vendent leurs terres du Nivernais et de Bourgogne au Maréchal Hector de Villars, qui devient ainsi propriétaire du marquisat.

Pierre de Vogüé, en mai 1770, recueillit une partie de la succession de son oncle, le maréchal de Villars. Il s'agissait principalement de la terre de La Nocle sur laquelle était assis le titre de grand d'Espagne. Elle comptait deux châteaux, sept seigneuries, quarante-deux domaines, six moulins, un haut fourneau avec sa forge, des fours pour la chaux et les tuiles, soixante étangs à poissons. La terre de La Nocle couvrait 6 000 hectares et rapportait 50 000 livres de revenus par an.

La Révolution[modifier | modifier le code]

À la Révolution, le château est en très mauvais état et est vendu comme bien national. Les acquéreurs continuent son démantèlement et il est entièrement démoli vers 1860.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 2001 Jean Magerand    
2001 2008 Michèle Amour Apparentée PCF Institutrice
2008 2014 Marcel Nicolas SE Paysan
2014 en cours Michel Harasse    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[2].

En 2014, la commune comptait 289 habitants[Note 1], en diminution de 1,7 % par rapport à 2009 (Nièvre : -3,01 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
712 693 605 704 826 778 784 801 771
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
787 775 1 045 975 1 052 1 194 1 142 1 100 1 115
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 064 1 057 905 819 771 682 637 632 537
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
543 541 552 450 376 332 294 299 289
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'étang Marnant.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Guy de Salins (?-1526), seigneur de la Nocle, chevalier et député au Parlement de Bourgogne (1522)
  • Alexandre de Saint-André Dupuy-Montbrun (1600-1673), marquis de La Nocle-Maulaix, maréchal de camp des armées protestantes, capitaine général des armées du roi, généralissime des armées de terre de la République de Venise.
  • Jacques du Puy-Montbrun : marquis de La Nocle-Maulaix, baron de Ternant, seigneur de la châtellenie de Savigny-Poil-Fol (?- 6 février 1715)[5]
  • Isaë Bonfils (1697-?) : maître du domaine de la Chauvetière, né à La Nocle-Maulaix[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  • La Nocle et Maulaix au fil du temps, par Anne Marion-Brierre -Éditions Cerciacum
  • Histoire de la ville de Salins, par Monseigneur Jean-Baptiste Guillaume, prêtre et associé de l'Académie royale de Besançon, 1793

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  2. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  5. Bernadette Lizet, La bête noire : à la recherche du cheval parfait (lire en ligne)
  6. Lucien Gueneau, Extrait des Mémoires d'Isaïe Bonfils, propriétaire-agriculteur au hameau de Chauvetière, paroisses de Fléty et de Tazilly, 1700 et 1740,