Famille du Puy-Montbrun

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Famille du Puy-Montbrun (Dauphiné)
Image illustrative de l’article Famille du Puy-Montbrun
Armes

Blasonnement D'or au lion de gueules armé et lampassé d'azur
Devise « Agere et pati fortia »
Branches du Puy-Rochefort
du Puy-Montbrun
Période 1267-1871
Pays ou province d’origine Dauphiné
Demeures château de Montbrun-les-Bains
château de la Gabelle à Ferrassières
Château de Rochefort-en-Valdaine
Charges Conseiller d'État (1611)
Chambellan du duc d'Orléans
Fonctions militaires Capitaine et chef des protestants du Dauphiné, général de la cavalerie protestante en Languedoc
capitaine général des armées du roi
généralissime des armées de terre de la République de Venise
lieutenant-généraux, etc.
Récompenses civiles Chevalier de la Légion d'Honneur
Récompenses militaires Chevalier de Saint-Louis
Preuves de noblesse
Admis aux honneurs de la Cour

La famille du Puy-Montbrun ou Dupuy-Montbrun, originaire du Dauphiné, est une ancienne famille noble d'extraction chevaleresque dont la filiation suivie remonte à 1267 et qui s'est éteinte en 1871. Elle portait le nom « du Puy » et possédait la seigneurie de Montbrun dans la Drôme, d'où le patronyme « du Puy-Montbrun ».

Son nom est devenu célèbre à partir du XVIe siècle par l'intermédiaire de l'un de ses membres, le capitaine calviniste Charles du Puy-Montbrun, appelé aussi Dupuy-Montbrun[1] et le brave Montbrun [2], condamné à mort et décapité en 1575 pour sa férocité, mais longtemps considéré comme un héros par le parti protestant.

Elle n'est pas à confondre avec des familles homonymes qui ont prétendu s'y rattacher au cours des siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Château de Montbrun en Dauphiné.
Château de Rochefort-en-Valdaine.

Cette famille du Puy est originaire de Peyrins en Dauphiné. Elle présente une filiation ininterrompue depuis Alleman du Puy, chevalier, seigneur en 1267 de Montbrun et de Reilhanette en Dauphiné, fils d'Hugues et d'Emessende. Il laissèrent deux fils: Alleman, auteur de la ligne aînée de Rochefort, et Bastel auteur de la ligne cadette de Montbrun[3].

La famille du Puy-Montbrun a formé deux branches :

  • La branche aînée, des seigneurs de Rochefort, dite « du Puy-Rochefort », appelée marquis du Puy-Montbrun par agrément du roi après l'extinction en 1741 de la branche cadette des seigneurs de Montbrun[3] . Cette branche fit ses preuves depuis 1267 devant Chérin en 1787, fut admise aux Honneurs de la Cour le et comparut à Montélimar et Grenoble en 1789. Elle s'est éteinte en 1871, avec Raymond du Puy-Rochefort (1783-1871), sans postérité masculine et dernier de son nom[3].
  • La branche cadette des seigneurs de Montbrun, dite « du Puy-Montbrun », dont le chef portait le titre de marquis de Montbrun depuis 1620. Elle était protestante et s'éteignit en 1741[4],[3].

Elle n'est pas à confondre avec des familles homonymes[5].

Rameau de Montbrun-Saint-André fixé aux Pays-Bas à la fin du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Cette branche est, selon Émile Haag, issue de Charles du Puy, marquis de Montbrun-Saint-André (1681-1735), protestant, qui se fixa en Hollande[6],[7]. Marié à Ninon Massanes, il fut le père d'Étienne (1718-1785) dont le fils Paul-Charles, né en 1745, mourut sans postérité en 1817[3]. Selon Henri Jougla de Morenas, cette famille a subsisté jusqu'en 1901 « On trouve un Étienne du Puy, marié en 1763 en Hollande à Suzanne de Lambermont, que certains auteurs ont identifié avec Étienne, cité ci-dessus. Un fils naquit de ce mariage : Étienne du Puy, dit « le marquis de Montbrun-Saint-André », (1765-1804), marié en 1792 à Anna Von Hullesheim, et dont la postérité mâle s'éteignit en 1901 avec son petit-fils, Jean-Bernard, dit le marquis de Montbrun-Saint-André (1824-1901)[3]. Cette hypothèse est reprise par une étude récente de Gilbert Picon publiée en 2016[8].

Toutefois, cette filiation avec la famille du Puy-Montbrun est contestée en 1878 par Adolphe de Coston qui y voit le descendant d'une des nombreuses familles qui ont usurpé ce nom à partir du XVIIIe siècle[9].

Homonymie[modifier | modifier le code]

Bien que la famille du Puy-Montbrun soit éteinte[4],[3], le nom « du Puy-Montbrun » est porté actuellement à l'état civil depuis 1839 par une famille dont est issu le colonel Déodat du Puy-Montbrun (1920-2009). Il s'agit d'une famille noble d'extraction originaire d'Albi en Languedoc qui s'appelait originellement Dupuy du Colombié, olim Delpuech de Canhac[10], et qui n'a aucun lien généalogique avec celle qui fait l'objet de cet article[4].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Seule la branche cadette du Puy-Montbrun a donné plusieurs personnages notables.

Branche cadette du Puy-Montbrun (éteinte en 1741)[modifier | modifier le code]

  • Charles du Puy-Montbrun (Montbrun 1530 - Grenoble 1576), grand capitaine protestant, «  seigneur de Montbrun, Ferrassières et Vergaix aux Baronnies du Dauphiné[11]», ami de Théodore de Bèze qui le convertit au protestantisme, émule du baron des Adrets, condamné par le Parlement du Dauphiné pour ses exactions et décapité dans cette ville en 1576[12]. Il avait épousé en 1555 Justine Alleman.
  • Jean Alleman marquis du Puy-Montbrun (fils du précédent), (Montbrun 1568 - 1634), conseiller d'État (1611), général de la cavalerie protestante en Languedoc (brevet en 1622), fait marquis de Montbrun par lettres patentes de février 1620[13],[14]. De son mariage avec Lucrèce de La Tour du Pin, il laisse six fils.
  • Alexandre du Puy-Montbrun, (fils du précédent), (Montbrun 1600 - La Nocle 1673), capitaine français plus connu sous le nom de « marquis de Saint-André ». Placé par Henri IV auprès du Dauphin avec la qualité d'enfant d'honneur. Peu de temps après la mort du roi, il s'engage sous les ordres de Lersdiguières dans la guerre du Piémont. Les guerres de religion ayant repris en France, il rejoint les chefs du parti protestant à Nîmes, défend Privas contre l'armée royale qui le fait prisonnier. Ayant réussi à s'échapper, il s'exile auprès de la République de Venise qui lui donne le commandement général de ses armées de terre dans la guerre qu'elle mène alors contre les Turcs. En 1631 il sert dans l'armée suédoise et il est fait prisonnier par Wallenstein. Rentré en France en 1636, le roi le nomme maréchal de camps des armées protestantes en 1641, lieutenant général des armées du roi. Devenu gouverneur du Nivernais, il est rappelé par Venise pour défendre Candie, mais ne réussit pas dans cette entreprise et revient à La Nocle où il meurt en 1673[12].
  • Charles marquis du Puy-Montbrun (1595 - 1666) (frère du précédent), enfant d'honneur du roi Louis XIII, mestre de camp général des armées du roi, lieutenant-général au gouvernement du Nivernois, marié en 1655 à Diane Nompar de Caumont-La-Force.
  • Jacques, marquis du Puy-Montbrun (fils du précédent), lieutenant-général des armées, marié à Charlotte du Puy de Saint-André.
  • Jean du Puy-Montbrun (frère de Charles marquis du Puy-Montbrun), lieutenant-général des armées.
  • Alexandre du Puy-Montbrun (frère de Charles marquis du Puy-Montbrun), lieutenant-général des armées.

Branche aînée du Puy-Rochefort[modifier | modifier le code]

Jacques II du Puy-Rochefort (+ 1793 à Philadelphie), baron de Rochefort-Valdaine, brigadier de cavalerie, 5e marquis du Puy-Montbrun par réversion de la branche de Montbrun éteinte en 1741, grand-croix de l'ordre de Malte avec dispense de vœux (1776), est le fils de Laurent II du Puy, appelé le comte de Rochefort, et de Suzanne de Caritat de Condorcet, tante du marquis de Condorcet[15]. En 1786, le marquis du Puy Montbrun est témoin au mariage de ce dernier, qui est son cousin germain [16].

Marie-Louise Sémen de Bremond, marquise du Puy-Montbrun par Elisabeth Vigée-Lebrun (1773), Hôtel du Puy-Montbrun (Montélimar)

Il s'est marié :

  • 1° en 1756 avec Marie Thérèse Catherine de Narbonne - Pelet (1738-1779), nièce du futur cardinal de Bernis ; de ce mariage sont issues trois filles[17]
  • 2° en 1779 avec Marie-Louise Semen de Brémond (1751-1825), dont le portrait a été réalisé par Élisabeth Vigée-Lebrun. Leur fils Raymond du Puy-Rochefort-Montbrun (1783-1871) est considéré comme le dernier représentant de la dernière branche de cette famille. De son premier mariage avec Caroline de Vesc il laissa deux filles[18] : Gabrielle du Puy-Montbrun-Rochefort (1810-1842)[18], mariée en 1831 avec Séverin de Cotton[3] dont les enfants ont été autorisés en 1866 à relever le nom « Dupuy-Montbrun  » ; et Clotilde du Puy-Montbrun-Rochefort (1813-1846)[18], mariée en 1832 à Armand Rocher de La Baume[3] dont les enfants ont été autorisés en 1866 à ajouter à leur nom « Dupuy-Montbrun »[3].

Armes[modifier | modifier le code]

Un sceau du XIIe siècle ou du XIIIe siècle retrouvé au début du XXe siècle à Peyrins en Dauphiné « parait avoir été celui de Hugues du Puy » selon H Séjalon, auteur des Annales de l'abbaye d'Aiguebelle de l'ordre de Citeaux (1863). Il porte l'inscription : « DE PODIO. + S. UGONIS » disposée autour d'une écu portant six paires de cerises disposées 3 2 1»[19].

L'Armorial Général de Jean-Baptiste Rietstap, tome II (1884) indique[20] :

  • Puy (du) marquis de Montbrun - Dauphiné. (Marquis février 1620.) D'or au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'azur. Légende : AGERE ET PATI FORTIA. Support : deux lions au naturel. Devise : 1° VIRTUTE NON GENERE NITI; 2° VICIT LEO E TRIBU JUDA.

Le Grand Armorial de France d'Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren (1948) donne les armes suivantes pour la famille du Puy-Montbrun du Dauphiné[3] :

  • D'or au lion de gueules armé et lampassé d'azur

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gwenola de Rippert d'Alauzier, Dauphiné protestant, Mémoire d'Oc Éditions et Recherches, 1 janv. 2006, page 32.
  2. Jean-Claude Martin, Histoire de Charles Dupuy, surnommé le brave, seigneur de Montbrun, L. G. Michaud, 1816, page 28.
  3. a b c d e f g h i j et k Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, vol. 5, Société du Grand armorial de France, 1939, p. 396 (lire en ligne).
  4. a b et c Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Robert Laffont, 2007, page 160.
  5. Arnaud Clément, La noblesse française, Academia, 2020, page 478 La noblesse française.
  6. Eugène Haag, La France protestante, ou vies des protestants français, qui se sont fait un nom dans l'histoire, Gros, 1853, page 473.
  7. Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, 20 avril 1903, pages 569-570.
  8. Gilbert Picron, Charles du Puy-Montbrun sa vie ses exploits sa famille, Les éditions du Toulourenc, 2016, page 59.
  9. Adolphe de Coston, Histoire de Montélimar et des principales familles qui ont habité cette ville, Volume 1, Bourron, 1878, page 79. « Quant aux du Puy Montbrun protestants réfugiés en Hollande vers 1720, et divisés aujourd’hui en plusieurs branches, ils sont originaires des Cévennes et issus très probablement des du Puy de Nozières. L’un d’eux, qui habite les environs de Gueldres, et qui se qualifie de "marquis du Puy-Montbrun-Saint-André", écrivait en Dauphiné, en 1859, des lettres fort bizarres relatives à ses prétentions généalogiques, et à l’espérance qu’elles pourraient améliorer sa position s’il revenait en France pour faire constater son illustre origine. »
  10. Noble Loüis Delpuech seigneur de Canac, Louis Delpuech sieur de Puechlaton, autre Louis Delpuech sieur de Saint-Martin, Alexandre Delpuech sieur de Puechduran, diocèse d'Alby, ont été maintenus noble le 26 novembre 1668, avec pour armes: "D'argent à un lys de gueules".
  11. Selon son testament en date du 30 avril 1575 dont la copie figure dans les Pièces Originales, Bibliothèque Nationale, Paris site Richelieu (PO no 2405,feuilles n° 53903/du Puy-Montbrun).
  12. a et b Nouveau Larousse illustré (1897-1904), tome VI page 187.
  13. « Du Puy de Montbun, p. 503-507 », sur Dictionnaire de la Noblesse, Supplément : recueil de Généalogies, t. XIV ou II, par François-Alexandre Aubert de La Chesnay des Bois et Jacques Badier, à Paris, 1784
  14. Le Supplément au Dictionnaire de la Noblesse de La Chesnaye et Badier précise, p. 506, que le marquisat comprend les terres de Montbrun, Ferrassières et St-André. Est-ce Saint-André de Villesèche aux Omergues ? Par ailleurs, les églises Notre-Dame de Montbrun et St-Julien de Ferrassières dépendaient de l'abbaye de St-André lès Avignon.
  15. Louis Moreri, Le Grand dictionnaire historique, tome 8, Paris, 1759, p. 634.
  16. Robinet, Condorcet Sa Vie Son Œuvre 1743-1794, Slatkine Reprints, Genève, 1968, p. 332. Ouvrage numérisé.
  17. Marquis de Magny, Illustrations européennes, Paris, 1846, p. 377. Ouvrage numérisé.
  18. a b et c marquis de Magny, Livre d'or de la Noblesse, 1846, page 378.
  19. H. Séjalon, Annales de l'abbaye d'Aiguebelle de l'ordre de Citeaux , Jules Céas, 1863, p. 451).]
  20. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, tome II, Gouda, G. B. van Goor Zonen, 1884, page 502.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Allard, Histoire généalogique des familles de Du Puy-Montbrun et de Murinais, Grenoble, Laurens Gilibert, (lire en ligne)
  • E Badon, Montbrun, ou les Huguenots en Dauphiné, Paris, Prudhomme, (lire en ligne)
  • Joseph Mervesin, Histoire du Marquis de Saint André Montbrun (précédée d’une généalogie de sa famille), Paris, Claude Barbin, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]