Lucien Gueneau

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Lucien Gueneau
Illustration.
Illustration du Dictionnaire biographique international des écrivains, des artistes, des membres des sociétés savantes des collectionneurs, tome XIV du clergé, du monde diplomatique d'Henri Carnoy, 1906.
Fonctions
Maire de Luzy
Président Sadi Carnot
Prédécesseur Louis Bertrand
Successeur Jean Chandioux
Sous-préfet de Gex
Président Jules Grévy
Sous-préfet de Château-Chinon Intra-Muros
– ????
Président Patrice de Mac Mahon
Adjoint au maire de Luzy
– ????
Président Patrice de Mac Mahon
Maire Xavier Garenne

1 an
Président Adolphe Thiers
Patrice de Mac Mahon
Maire Xavier Garenne
Conseiller municipal de Luzy
[n 1]
Président Adolphe Thiers
Patrice de Mac Mahon
Maire Xavier Garenne
Président de la Société académique du Nivernais

12 ans
Prédécesseur Joseph d'Asis-Gaillissans
Successeur Victor Gueneau
Biographie
Nom de naissance Lucien Philippe Gueneau
Date de naissance
Lieu de naissance Drapeau de la France Luzy
Date de décès
Lieu de décès Drapeau de la France Nevers
Nationalité Drapeau de la France Français
Parti politique Républicain
Fratrie Victor Gueneau
Diplômé de Collèges de Bourbon-Lancy et de Moulins-sur-Allier
Profession Homme politique, écrivain, capitaine de cavalerie, historien
Distinctions Officier de l'Instruction publique
Médaille commémorative de la campagne d'Italie (1859)
Résidence Drapeau de la France France

Lucien Philippe Gueneau, ou Guéneau, né le à Luzy et mort en 1908 à Nevers[1] en France, est un capitaine de cavalerie, écrivain, historien et homme politique français, membre fondateur puis président de la Société académique du Nivernais.

Il est notamment sous-préfet de Château-Chinon Intra-Muros (actuel Château-Chinon (Ville)) en 1877, de Gex en 1881 puis maire de Luzy en 1884. À côté de ses postes administratifs et politiques, il s'intéresse également à l'histoire locale du canton de Luzy, et publie de nombreux ouvrages et brochures historiques.

Nommé officier de l'Instruction publique en 1900, il a également reçu la médaille commémorative de la campagne d'Italie de 1859.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Gueneau naît à la toute fin de l'année 1852 à Luzy où son père Jean-Baptiste Auguste y est médecin. Son grand-père, Pierre, était un tanneur député de la Nièvre à la Fédération. Sa grand-mère, Marie-Guillemette Thollé, est la nièce de l'évêque constitutionnel de Nevers Guillaume Tollet, Gueneau descend donc d'une famille républicaine de langue date.

Après des études aux collèges de Bourbon-Lancy et de Moulins-sur-Allier, Gueneau s'engage en 1851 au 10e régiment de chasseurs à cheval. Brigadier, puis maréchal-des-logis, il passe avec son grade au 2e régiment de Cuirassiers de la Garde, et fait, avec ce régiment, la onzième guerre d'Italie pendant laquelle il est nommé sous-lieutenant le . Il est alors promu lieutenant au 8e régiment de chasseurs le , puis capitaine le .

Le , durant la guerre franco-allemande de 1870, il partage le sort de l'armée du Rhin à la suite de la défaite française face à la Prusse lors de la bataille de Noisseville. Après la capitulation de Sedan, il est emmené prisonnier à Magdebourg et ne rentre en France qu'après la signature du traité de Francfort. Le 20 mai 1871, il donne sa démission de l'armée.

Élu en 1873 conseiller municipal et adjoint du maire de la ville de Luzy, son pays natal, il est révoqué par l'Ordre moral en raison de ses opinions républicaines. Réélu peu après, il est de nouveau révoqué le 16 mai de la même année et réélu de suite. Deux gendarmes lui sont même envoyés pour lui dresser procès-verbal sous le prétexte qu'il aurait fait du tapage dans la rue — on espérait ainsi intimider les électeurs, il n'en fut rien. À la chute de l'Ordre moral quatre ans plus tard, le gouvernement voulant établir une administration sérieusement républicaine, on le nomme sous-préfet de Château-Chinon Intra-Muros (actuel Château-Chinon (Ville)). En 1881, il est nommé sous-préfet de Gex, dans l'Ain, où il restera jusqu'au 26 juin 1883, époque à laquelle, à la suite d'une opération de la cataracte, il obtient sa mise à la retraite et est nommé sous-préfet honoraire.

Gueneau revient donc alors à Luzy, où il est élu maire en 1884. Atteint d'une nouvelle maladie oculaire, il doit quitte son mandat l'année suivante, lançant la place à son adjoint Jean Chandioux[2]. Depuis lors il est mêlé à toutes les luttes politiques du département de la Nièvre et fournit une active collaboration à tous les journaux républicains de la région dont la République de Nevers, l'Union républicaine de la Nièvre (pour celui-ci, de 1880 à 85[3]), la Vendée républicaine.

11bis rue Jean-Baptiste Grasset.

Retiré à Nevers avec son frère Victor l'année suivante, il y est suppléant du juge de paix, président de la Société académique du Nivernais qu'il a fondée un an et demi auparavant[4],[5], de la Libre Pensée de Nevers, membre de la Ligue des Droits de l'Homme, membre perpétuel de la Ligue de l'enseignement et de nombreuses sociétés d'art, de littérature, d'assistance, de mutualisme, etc. Il donne également de nombreuses notes à l'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, dont il est le collaborateur depuis la fondation[6].

Il est nommé officier de l'instruction publique le , avant de mourir 8 ans plus tard. Sa dernière demeure, le 11bis rue Jean-Baptiste Grasset à Nevers, fut offerte par son frère et la femme de celui-ci trois ans après sa mort à la Société académique du Nivernais[5]. Lors de ses obsèques, pas moins de sept discours sont prononcés et toutes les autorités départementales sont présentes[6].

Hommage[modifier | modifier le code]

Il existe un square Lucien Gueneau, à Luzy, sa ville natale[7].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Croyances populaires, 1re partie
  • Recherches sur la Noviodunum Œduorum et sur la Gergovio Boiarum
  • Discours prononcés en 1880 (Château-Chinon)
  • Deux pièces pour servir à l'histoire de Luzy
  • Notes sur les seigneurs de Ternant avant le XIIe siècle
  • 1862 : La Perse ancienne et nouvelle (lire en ligne)
  • 1880 : Respect à la loi ! À la porte, les Jésuites ! (lire en ligne)
  • 1882 : Les Conséquences de la Révocation de l'Édit de Nantes, souvenirs d'un prisonnier de guerre. Ma correspondance avec mon évêque
  • 1882 : Allocution prononcée à Gex
  • 1884 : Un chapitre de l'histoire de Luzy
    Réédité sous le titre L'Histoire de Luzy en 2006 à Paris aux éditions Res Universis, coll. « Monographies des villes et villages de France » (ISBN 2-8776-0356-3), puis le .
  • 1884 : Causerie à mes concitoyens, distribution des Prix des Écoles communales de Luzy
  • 1886 : Us et Coutumes du Morvand
  • 1887 : Deux mots sur nos sorciers
  • 1888 : Saint-Pierre de Luzy
  • 1890 : Un Noël morvandeau
  • 1892 : Nos bons Saints miracleurs et guérisseurs
  • 1892 : À la porte, les Jésuites !, 1re partie
  • 1894 : Croyances et coutumes de chez nous
  • 1894 : Le Droit de chasse à Arleuf-en Morvand en 1494
  • 1894 : La Terre, évolution de la vie à sa surface, son passé, son présent, son avenir, par Emmanuel Vauchez (lire en ligne)
  • 1894 : Études scientifiques sur la Terre, évolution de la vie à sa surface, son passé, son présent, son avenir, par Emmanuel Vauchez, Paris
  • 1896 : À la porte, les Jésuites !, 2e partie
  • 1897 : Luzy, nos médecins
  • 1898 : Extrait des Mémoires d'Isaïe Bonfils, propriétaire-agriculteur au hameau de Chauvetière, paroisses de Fléty et de Tazilly, 1700 et 1740
  • 1900 : Les Chemins gaulois et les chemins romains dans le pays éduen
  • 1901 : Deux découvertes archéologiques, cippes funéraires, à Poil
  • 1902 : Occupation de Nevers par les armées alliées en 1815
  • 1903 : Nos bons Saints miracleurs et guérisseurs : monsieur Saint Martin, le bon Saint Gengoux, Imprimerie de la Tribune, Nevers, 60 p. (lire en ligne)
    Réédité le aux éditions Hachette Livre-BNF, coll. « Religion » (ISBN 978-2012781504).

Lucien Gueneau a également publié de nombreux articles dans des journaux politiques, République de Nevers, l'Union républicaine de la Nièvre et la Vendée républicaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Déposé par deux fois par l'Ordre moral durant l'année.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Gueneau Lucien Philippe », sur Base biographique bourguignonne (consulté le 20 novembre 2016).
  2. Jean Arnoux, Jean Millot, Jacques Charmant, Jean-Pierre Mordier, Andrée Forneret et Sabine Nivot, Regards sur Luzy à travers les siècles, auto-édité sous la direction de Jean-Pierre Mordier, , 350 p. (ISBN 978-2-7466-5843-1, notice BnF no FRBNF45037578), p. 108.
  3. Martine François, « GUENEAU Lucien », sur CTHS, (consulté le 20 novembre 2011).
  4. Société académique du Nivernais, Mémoires de la Société académique du Nivernais, t. XXV, Nevers, Éd. Société académique du Nivernais, (lire en ligne).
  5. a et b « Société académique du Nivernais », sur Association bourguignonne des sociétés savantes (consulté le 20 novembre 2016).
  6. a et b Jean Arnoux, « Les Maires de Luzy (2e partie), 1818-1915 », Bulletin du groupe d'Histoire locale de Luzy (Nièvre), no 2,‎ , p. 29-27.
  7. Gwénola Champalaune, « Le square Gueneau fait peau neuve avec un citysade pour les ados en point d'orgue », sur Le Journal du Centre, (consulté le 7 mai 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Carnoy, Dictionnaire biographique des hommes de l'Est, du Nord, du Centre, et de l'Ouest, (lire en ligne), p. 171-172
  • Henri Carnoy, Dictionnaire biographique international des écrivains, des artistes, des membres des sociétés savantes des collectionneurs, tome XIV du clergé, du monde diplomatique, (lire en ligne), p. 116-117
  • André Thuillier (préf. Paul Leuilliot), Économie et société nivernaises au début du XIXe siècle, Walter de Gruyter, coll. « Civilisations et sociétés », (lire en ligne)
  • André Thuillier, « Aux origines du 16 mai 1877 : Mgr de Ladoue et Lucien Gueneau », Revue d'histoire de l'Église de France,‎ , p. 37-59
  • Daniel Bosle, Des Morvandiaux de l'ombre à la lumière : La Famille Gueneau, 1799-1919, Copy-Media,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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