Security Service

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Security Service
Security Service

Création 1909
Juridiction Gouvernement du Royaume-Uni
Siège Thames House, Londres, Angleterre, Royaume-Uni
Coordonnées 51° 29′ 38″ N 0° 07′ 32″ O / 51.493972, -0.12561151° 29′ 38″ N 0° 07′ 32″ O / 51.493972, -0.125611
Employés 3 961 (année fiscale 2011/12)[1]
Ministre responsable Theresa May (Secrétaire d'État à l'Intérieur)
Direction Jonathan Evans (Directeur général)
Agence mère Département de l'Intérieur
Site web https://www.mi5.gov.uk/
Géolocalisation du siège

Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni

(Voir situation sur carte : Royaume-Uni)
Security Service
Précédent Secret Service Bureau

Le Security Service (« Service de la sûreté »), communément dénommé MI5 (pour Military Intelligence, section 5)[2], est le service de renseignement responsable de la sécurité intérieure du Royaume-Uni. Il est chargé principalement les actes de terrorisme, l'espionnage, la prolifération d'armes de destruction massive[3].

Il fait partie des trois services principaux de renseignement et de sécurité britanniques, dont :

  • le Secret Intelligence Service (SIS) ou MI6 (pour Military Intelligence, section 6), chargé du renseignement extérieur et des échanges de renseignements avec des services de renseignement et de sécurité étrangers ;
  • le Government Communications Headquarters (GCHQ), chargé du renseignement d'origine électromagnétique et de la sécurité des communications et des systèmes d'information du gouvernement et des armées.

Missions[modifier | modifier le code]

Le quartier général actuel du MI5 à Thames House, vu du côté de Lambeth de la Tamise.

Le siège du MI5 se trouve à Londres depuis 1994, au sein du complexe de bâtiments de Thames House (quartier de Westminster). En charge du contre-espionnage (dit aussi contre-ingérence) depuis l'origine et de la lutte contre l'IRA en coopération avec la Branche spéciale (Special Branch) des services de la Police métropolitaine (Metropolitan Police Service), le MI5 a commencé à se réorienter dès le début des années 1990 en concentrant ses activités dans la lutte contre les terrorismes extrémistes islamistes, en sus de celles contre l'IRA. À cette fin, les sections F3 (terrorisme international) et F5 (lutte contre l'IRA) du MI5 furent détachées de la Division F, chargée du renseignement politique, au profit d'une nouvelle sous-direction « T ». Le MI5 a aussi dû s'intéresser à la lutte contre le crime organisé en général, et à ses différentes formes (blanchiment d'argent, narcotrafic …). Le MI5 n'a pas de pouvoirs d'enquête, d'instruction ou d'arrestation. Ses officiers sont uniquement responsables de la collecte du renseignement. Pour ce qui concerne les interpellations d'espions ou terroristes, ils doivent faire appel, par exemple, à la « Special Branch ». Les officiers du MI5 peuvent néanmoins participer aux interpellations et perquisitions. Les méthodes de travail de MI5 sont tellement secrètes qu'il a fallu attendre le procès d'un groupe extrêmement dangereux de l'IRA, interpellé en 1996, pour que, pour la première fois, soient présentées devant un tribunal britannique des preuves (écoutes, rapports de surveillances ... ) rassemblées par ses services.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et ceux du 7 juillet 2005 à Londres, le chiffre de ses effectifs, avoisinant les 1 900 agents en 2000, croît régulièrement. Ils étaient ainsi de 3 382 agents (administratifs inclus) en avril 2008, 3 500 début 2010 avec un objectif de 4 100 agents en 2011, au terme d'une grande vague de recrutement[4]. Pour cause de contraintes budgétaires, cet objectif n'est toutefois pas atteint, les effectifs du Security Service s'établissant ainsi à 3961 agents en 2012.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines du MI5 remontent au , avec la création par le capitaine Vernon Kell (« K ») et le capitaine de vaisseau Sir Mansfield Smith-Cumming (1859-1923, KCMG, CB) (« C ») du Secret Service Bureau, au sein du War Office (ministère de la Guerre), sur les recommandations du Premier ministre du Royaume-Uni Herbert Henry Asquith, afin de lutter contre l'espionnage de l'empire allemand dans les ports britanniques.

Dès 1910, le Secret Service Bureau est composé d'une Home Section et d'une Foreign Section. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, l'organisation compte déjà 14 membres et ses pouvoirs sont largement étendus, et elle démantèle son premier réseau clandestin qui communiquait avec l'Allemagne au travers de messages écrits à l'encre invisible.

En janvier 1916, le War Office crée le Directorate of Military Intelligence (Directoire des renseignements militaires) et la Home Section devient le MO5 puis le MI5.

À partir de 1917, après la révolution russe, le MI5 est chargé de la lutte contre la subversion communiste dans les forces armées. Le 15 octobre 1931, le MI5 voit ses compétences s'étendre à l'ensemble du territoire britannique et devient le Security Service. Toutefois, la désignation de MI5 restera en usage jusqu'à nos jours. Il enquête avant-guerre sur les mouvements fascistes britanniques.

Cependant, l'organisation aurait été mal préparée au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et son directeur, Vernon Kell, est remercié en 1940, après 31 ans de loyaux services. Au cours de ce conflit, le MI5 va arrêter une centaine d'espions allemands, dont un certain nombre seront retournés en agents doubles, formant le système Double Cross.

Avec la guerre froide, ses effectifs en temps de paix vont augmenter et en quelques années, le service comptera 850 membres. Sa première préoccupation pendant cette période fut l'espionnage soviétique. En 1952, la responsabilité du MI5 - exercée par le Premier ministre - est transférée par Winston Churchill au Home Secretary (ministre de l'Intérieur), sir David Maxwell Fyfe (en), sans toutefois devenir un organe du Home Office (Ministère de l'Intérieur). À la fin des années 1960, le MI5 est confronté au terrorisme, principalement nord-irlandais et moyen-oriental, mais la transition vers cette mission est très progressive. Ce n'est qu'avec la dissolution de l'Union soviétique et la fin de la guerre froide que le MI5 devient en priorité un service de contre-terrorisme.

L'existence du MI5 est longtemps restée secrète et il fonctionnait sur base d'une directive de 1952 définissant le rôle de son directeur général, établie par le ministre de l'Intérieur, Maxwell Fyfe. Ce n'est qu'en 1989 que le Security Service Act « officialise » le MI5 et crée un tribunal chargé de juger les cas d'illégalités commis par ce service. La nomination publique en 1992 de la directrice générale, Mrs. Stella Rimington, constitue aussi une reconnaissance officielle de l'existence du service.

En juillet 1993, faisant face aux accusations d'écoutes téléphoniques de la famille royale, le MI5 a publié une brochure sur ses activités. C'est également suite à cette affaire que la directrice générale, Mrs. Rimington, apparaîtra pour la première fois devant les caméras de la presse.

Au début du XXIe siècle, il s'est encore agrandi et s'est adapté à la modernité en recrutant notamment sur Facebook. L'organisation travaille essentiellement à contrer la menace du terrorisme islamiste, bien que la surveillance d'éléments irlandais radicaux demeure une préoccupation quotidienne.

Le 3 novembre 2009, Christopher Andrew, professeur d'histoire moderne à Cambridge, publie Defend the Realm: The Authorized History of MI5 (Défendre le Royaume : L'Histoire autorisée du MI5), ouvrage dans lequel il raconte cent ans de l'histoire du MI5, ce service l'ayant autorisé à accéder à plus de 400 000 dossiers auparavant « classés défense ». Ce livre avait d'ailleurs été commandé par sir Stephen Lander, un ancien directeur du MI5, à l'historien en 2002[5].

Surveillance[modifier | modifier le code]

Les services secrets surveillèrent Harold Wilson dès son élection comme député en 1945, craignant que celui-ci n'ait des liens avec des communistes[5].

Margaret Thatcher a, quant à elle, demandé à ce que soient surveillés des syndicalistes, prétextant un risque d'actions subversives et ce, jusque dans les années 1980[5].

En juillet 2006, le membre du parlement Norman Baker accusa le Gouvernement britannique de « rassembler des informations sur des personnes qui ne constituent pas de danger pour le pays », après qu'il apparu que le MI5 cachait des documents secrets sur 272 000 individus, l'équivalent d'une personne adulte sur cent soixante[6]. Il a été révélé plus tard qu'un système de "feu de signalisation" s'opérait[7],[8] :

  • Vert – actif – environ 10 % des documents
  • Orange – demande de renseignements interdits, des compléments d'informations doivent être ajoutés – environ 46 % des documents
  • Rouge – demande de renseignements interdits, des informations substantielles ne doivent pas être ajoutées – environ 44 % des documents.

Directeurs[modifier | modifier le code]

Les Directeurs généraux successifs du MI5 sont les suivants[9] :

  • 1909–1940 : Vernon Kell (né en 1873–mort en 1942)
  • 1940–1941 : Oswald Allen Harker (né en 1886–mort en 1968)
  • 1941–1946 : David Petrie (né en 1879–mort en 1961)
  • 1946–1953 : Percy Sillitoe (né en 1888–mort en 1962)
  • 1953–1956 : Dick White (né en 1906–mort en 1993)
  • 1956–1965 : Roger Hollis (né en 1905–mort en 1973)
  • 1965–1971 : Martin Furnival Jones (né en 1912–mort en 1997)
  • 1971–1978 : Michael Hanley (né en 1918–mort en 2001)
  • 1978–1981 : Howard Smith (né en 1919–mort en 1996)
  • 1981–1985 : John Jones (né en 1923–mort en 1998)
  • 1985–1987 : Antony Duff (né en 1920–mort en 2000)
  • 1987–1992 : Patrick Walker (né en 1932)
  • 1992–1996 : Stella Rimington (née en 1935)
  • 1996–2002 : Stephen Lander (né en 1947)
  • 2002–21 avril 2007: Dame Eliza Manningham-Buller (née en 1948)
  • 21 avril 2007- en cours : Jonathan Evans, né en 1958, est diplômé en Humanités de l’université de Bristol. Il rejoint le service en 1980 et fait partie du contre-espionnage jusqu’en 1985, avant d’être affecté à la lutte contre le terrorisme en Irlande du Nord. Nommé chef de la branche antiterroriste internationale du MI5 en 2001, il était adjoint à la directrice générale depuis 2005.

Le MI5 dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Ce service a été rendu célèbre par la BD Blake et Mortimer, d'Edgar Pierre Jacobs, albums dans lesquels le capitaine Francis Blake est directeur du MI5.
  • Il est également question du MI5 dans plusieurs albums de la série de bandes-dessinées Clifton.
  • Dans la série de livres CHERUB, l'agence d'espionnage éponyme est une section du MI5, dont la particularité est de n'employer que des adolescents entre dix et dix-sept ans.
  • Le quotidien des agents du MI5 a fait l'objet d'une adaptation à la télévision avec Spooks, une série télévisée britannique diffusée par la BBC de 2002 à 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Intelligence and Security Committee of Parliament Annual Report 2012–2013, 2013 (ISBN 0-10-298652-5) [lire en ligne] p.  40
  2. Les services de renseignement et de contre-espionnage britanniques sont désignés par les lettres « MI » pour Military Intelligence, suivies du numéro du bureau.
  3. (en) National intelligence machinery, 2e édition, Londres, The Stationery Office, septembre 2001 (ISBN 0-11-430180-8) [lire en ligne]
  4. (en) « Ageing spies unable to use the internet », The Telegraph,‎ (lire en ligne).
  5. a, b et c Le MI5 révèle cent ans de secrets, Le Figaro, 5 octobre 2009.
  6. MI5 has secret dossiers on one in 160 adultsThe Mail on Sunday, 9 juillet, 2006.
  7. Parliamentary Answer Revealing Traffic Light Coding of MI5 FilesHansard, .
  8. « Traffic Light Coding of MI5 Files »Hansard, 5 juin, 2006.
  9. Former Directors General — site officiel du MI5, consulté le 23 juin 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]