Frédéric Boutet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Frédéric Boutet
Naissance
Bourges, Drapeau de la France France
Décès
Arcachon, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Frédéric Boutet, né le à Bourges et mort le à Arcachon, est un nouvelliste et romancier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frédéric Boutet est le fils de Thomas Charles Boutet, concepteur en 1870 d'un projet de pont suspendu sur la Manche qui lui acquit une certaine notoriété à la fin du Second Empire[1],[2].

Sa famille s'installe bientôt à Auteuil. De brillantes études au lycée Janson-de-Sailly lui permettent de rencontrer et fréquenter les jeunes Émile Buré, Franc-Nohain et Oscar Venceslas de Lubicz Milosz. Devenue veuve, sa mère déménage à Paris, et le jeune homme découvre les cafés littéraires (Le Procope, Le Napolitain, Le Calisaya où il rencontre Oscar Wilde), ainsi que les milieux symbolistes, spirites et décadents[1].

L'auteur décadent[modifier | modifier le code]

À vingt-quatre ans, en 1898, il se lance lui-même dans la littérature en publiant à compte d'auteur, chez l'éditeur occultiste Chamuel, un recueil de contes fantastiques de facture décadente : Contes dans la nuit[1]. Ce premier essai sera bientôt suivi de deux autres chez le même éditeur : Drames baroques et mélancoliques (1899) et Les Victimes grimacent (1900), recueils constitués d'histoires dialoguées, grotesques et décadentes, dont certaines annoncent le surréalisme[1]. Cette première période littéraire d'inspiration décadente prendra fin avec la production de deux courts romans publiés en un seul volume en 1902 chez Félix Juven : L’Homme sauvage et Julius Pingouin[1].

Ces débuts littéraires sont favorablement accueillis, et certains critiques n'hésitent pas à le comparer à Edgar Allan Poe[2].

L'auteur de contes et de chroniques[modifier | modifier le code]

Frédéric Boutet entre en au Français, édition du soir du journal Le Matin de Maurice Bunau-Varilla. Il collabore par la suite à plusieurs grands quotidiens et hebdomadaires (L'Écho de Paris, L'Éclair, Le Petit Journal…)[1] et publie près d'un millier de contes et de chroniques, ainsi qu'un certain nombre de romans d'un style élégant et raffiné, où il fait preuve d'une grande imagination, de davantage de réalisme, et de justesse dans l'analyse psychologique[2].

En 1908, la Société générale d'éditions de Paris lui permet de rassembler dans un recueil dix-huit de ses contes, précédemment parus au Français pour la plupart d'entre eux. D'inspiration fantastique proche de celle d'Hoffmann et de Poe, ils seront publiés sous le titre ambigu d’Histoires vraisemblables. On y décèle les influences conjuguées d'Edgar Poe, Jean Lorrain, Alfred Jarry, Henri de Régnier ou encore Oscar Wilde[1].

En 1929, la Société des gens de lettres lui décerne le prix du président de la République pour l'ensemble de son œuvre[1].

Frédéric Boutet a épousé en secondes noces Lucienne Million-Drisx, fille d'un premier mariage de la femme de Gustave Kahn[1].

Réfugié à Arcachon au début de la Seconde Guerre mondiale, il y meurt le [2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Recueils de contes et de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Contes dans la nuit, Chamuel, Paris, 1898, 267 p. (signé « Frédéric-Charles Boutet »).
  • Drames baroques et mélancoliques, Chamuel, Paris, 1899, 436 p.
  • Les Victimes grimacent, Chamuel, Paris, 1900, 323 p.
  • Histoires vraisemblables, Société Générale d’Éditions, Paris, 1908, 317 p.
  • Aventures sombres et pittoresques, Ferenczi & fils, Paris, 1921, 120 p.; couverture illustrée de R. Courtois.
  • Le Spectre de M. Imberger, Flammarion, Paris, 1922, 279 p.
  • La Scène tournante, Gallimard, Paris, 1926, 223 p.

Romans[modifier | modifier le code]

  • L’Homme sauvage et Julius Pingouin, Félix Juven, Paris, 1902, 280 p. [recueil de deux courts romans]. Réédition L'Homme sauvage, L'Eveilleur, Bordeaux, 2020, 112 p., préface Claude Deméocq
  • Le Reflet de Claude Mercœur, Flammarion, Paris, 1921, 283 p. [recueil contenant un court roman et quatre nouvelles].
  • L'Île de noce ou les sept nuits de Valentine, Fayard & Cie, Paris, 1925, 252 p.
  • Les Aventuriers du mystère : Tableau de l'Au-delà, Gallimard, coll. « Les Documents bleus » no 36, Paris, 1927, 223 p.
  • La Peau d'orange, Librairie des Champs-Élysées, Paris, 1935, 253 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Claude Deméocq, « Frédéric Boutet (1874-1941): Du fantastique au nonsense et à l'absurde », préface pour Frédéric Boutet, « Histoires Vraisembables », Terres de Brume, coll. « Terres fantastiques », Rennes, juin 2004, p. 7-19.
  2. a b c et d Anamorfose, consulté le 30-01-2015.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles et essais[modifier | modifier le code]

  • « Une affaire criminelle au XVIIe siècle », in Œuvres libres no 110, , p. 103-150.
  • Dictionnaire des sciences occultes, suivi d’un Dictionnaire des songes, Librairie des Champs-Élysées, Paris, 1937, 416 p. [étude sur le spiritisme et l’occultisme].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Norbert N. Bloch, « Ein Obscurant », Quarber Merkur no 93/94, Vienne, 2001.
  • Claude Deméocq, « Un auteur fantastique oublié : Frédéric Boutet », Le Visage vert no 12, Joëlle Losfeld, Paris, .
  • Claude Deméocq, « Quelques lettres inédites de Milosz et ses amis à Frédéric Boutet. Chronologie d'une amitié », Carnets Milosz, Jean Salvaire, .
  • Claude Deméocq, « Frédéric Boutet (1874-1941): Du fantastique au nonsense et à l'absurde », préface pour Frédéric Boutet, « Histoires Vraisembables », Terres de Brume, coll. « Terres fantastiques », Rennes, .

Liens externes[modifier | modifier le code]