Maurice Dekobra

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Maurice Dekobra
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Maurice Dekobra en 1927

Nom de naissance Ernest Maurice Charles Tessier
Alias
Chevalier Naja, Maurice d’Asseroy
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 88 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • La Madone des sleepings
  • Macao, enfer du jeu
  • Opération Magali

Maurice Dekobra, pseudonyme d'Ernest-Maurice Tessier, né le à Paris[1] (10e arr.) où il est mort (18e arr.) le , est un romancier, journaliste, grand reporter et traducteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeune, dès l'âge de 17 ans, et après son baccalauréat, il voyage et vit à l'étranger (Allemagne d'abord, puis Angleterre). Il commence à écrire pour des journaux, effectue son service militaire, et repart découvrir le monde. En 1914, il revient en France pour rejoindre l'armée. En effet, polyglotte, depuis avril 1913 il était officier interprète de 3e classe de réserve[2]. Il fait une grande partie de la guerre au côté des troupes britanniques et américaines.

Après le conflit, la période de l'entre-deux-guerres va être celle de ses premiers livres, qui vont connaître rapidement un immense succès. Sa rencontre avec l'éditeur Baudinière est déterminante. Ce dernier va mettre au point avec Maurice Dekobra une véritable entreprise de marketing littéraire. C'est avec Dekobra que l'on verra pour la première fois des livres vendus comme des évènements exceptionnels (campagne d'affiches, librairies ouvertes à minuit, etc.). La Madone des Sleepings est vendue à trois cent mille exemplaires dans l'année[3].

Dekobra est le père de la littérature cosmopolite, qui se partageait l'imaginaire des lecteurs avec le mouvement surréaliste. Il est l'écrivain français le plus lu de l'entre-deux-guerres. Il vendra plus de 90 millions de livres et sera une véritable star mondiale. Pour faire signer un livre par Dekobra à New-York, au Waldorf-Astoria, il fallait faire jusqu'à 6 kilomètres de queue[réf. nécessaire]!

Voyageur, il rapporte généralement deux livres de ses périples : un livre de voyage et un roman. Il est un des premiers écrivains à écrire ses romans avec une véritable précision géographique. Il est à ce titre l'inventeur d'un nouveau type de littérature. On pense qu'il a été un des inspirateurs du Tintin de Hergé. Il émigre aux États-Unis en 1940. De retour en France, il se lance, avec une certaine réussite, dans l'écriture de romans policiers. Mais c'est sous un pseudonyme qu'il obtiendra le Prix du Quai des Orfèvres en 1951. Membre de la Société des gens de lettres, de la Société des auteurs dramatiques, du Syndicat des journalistes et de l'Association des journalistes parisiens, il était officier de la Légion d'honneur depuis août 1935 (et chevalier depuis mars 1925)[4].

Annonce publicitaire, Le Journal, 25 mai 1926.

Il connut un succès international avec le plus célèbre de ses romans, La Madone des sleepings, paru en 1925 (et adapté deux fois au cinéma). Un autre de ses succès, Macao, l'enfer du jeu, paru en 1938, fut porté à l'écran par Jean Delannoy avec Erich von Stroheim dans le rôle de Werner von Krall.

Le style dans La Madone des Sleepings[modifier | modifier le code]

L'académicien Dominique Fernandez a lu Maurice Dekobra et analysé son style :

« Le titre ridicule, la réputation déplorable de l'auteur, l'éviction de son nom des histoires de la littérature et des dictionnaires, tout dissuaderait de rouvrir un tel livre. Pourtant, ce n'est pas si mauvais. À la différence de Victor Margueritte[5], dont le succès n'a été que de scandale, Dekobra est un écrivain. On a beaucoup de plaisir et d'intérêt à le lire, et pas seulement à cause d'une intrigue bien faite. (...) Ce qui est le plus à mettre au crédit de Dekobra, c'est le changement d'écriture dans cette seconde partie. Le voilà sobre, tout à coup, économe, comme s'il avait compris que sa virtuosité langagière serait ici déplacée. Car son style naturel, pour ainsi dire, c'est l'ornementation, la pointe, la préciosité, le chic mondain, qualités qui font mouche dans la première partie. (...) Dekobra cite Alexandre Blok et Vladimir Maïakovski, mais ses références sont plutôt du côté de Paris-Match de l'époque. Sauf qu'il est capable de soutenir au fil des pages ce style brillant et persifleur, qu'on admire quand on le trouve chez un Aldous Huxley, un Paul Morand.

"J'avoue ne m'être jamais trouvé dans un cas plus baroque", dit le narrateur (...). Le mot et la notion de «baroque» étaient alors en plein discrédit, rappelons-le. L'esthétique puritaine de La Nouvelle Revue française proscrivait les fanfreluches et les paillettes. Il est possible que Dekobra n'ait pas été mû seulement par la recherche du succès populaire, et qu'il ait voulu réagir contre cette sorte de grisaille qui menaçait le roman français et le condamnerait quand il serait tombé aux mains d'épigones moins doués qu'André Gide. Seulement, il s'est trompé en croyant écrire un roman «baroque». Amusant, scintillant, tant qu'on veut, mais ne ressortissant, comme les châteaux de Louis II en Bavière, qu'à ce genre inférieur qu'est le kitsch. Il y flotte comme un écho de toutes les choses drôles, piquantes et tarabiscotées qu'on échange dans les salons entre gens d'esprit. reste que, dans cette branche secondaire de l'art de raconter, on ne peut dénier à Dekobra le talent"[6]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Maurice Dekobra a publié[7] :

1912-1923[modifier | modifier le code]

Maurice Dekobra, 1927.
  • Les Mémoires de Rat-de-Cave ou Du Cambriolage considéré comme un des beaux-arts, Éditions Aubert, 1912
  • Grain d'Cachou, la Renaissance du livre, 1918 ; réédition, Librairie Baudinière, 1947
  • Sammy, volontaire américain, l'Édition française illustrée, 1918
  • Le Gentleman burlesque, l'Édition française illustrée, 1919
  • Hamydal le Philosophe, Renaissance du livre, 1921
  • Prince ou Pitre, Ferenzi, 1921
  • Les Liaisons tranquilles, La Renaissance du Livre, 1920
  • Histoires de brigands, Moderne, s.d.
  • Une momie a été perdue..., Kemplen, s.d.
  • Le Voyage sentimental de lord Littlebird (avec René Caire), Ambert, s.d.
  • L'Homme qu'elles aimaient trop Valmont, s. d.
  • Les Sept femmes du prince Hassan Valmont, s. d.
  • La Biche aux yeux cernés, Éditions cosmopolites, s. d.
  • Messieurs les Tommies, la Renaissance du livre, s. d.

1923-1939[modifier | modifier le code]

  • Minuit... Place Pigalle, Librairie Baudinière 1923 Avec 12 Hors-Textes de Jean Oberle.
  • Mon cœur au ralenti, Librairie Baudinière, 1924
  • La Vénus à roulettes, La Nouvelle Revue Critique, 1925
  • La Madone des sleepings, Librairie Baudinière, 1925
  • La Gondole aux chimères, Librairie Baudinière 1926
  • Les Nuits de Walpurgis, Librairie Baudinière, 1926
  • Tu seras courtisane, Librairie Baudinière 1927
  • Flammes de velours, Librairie Baudinière, 1927
  • Le Rire dans la steppe, (avec Don Aminado) Librairie Baudinière, 1927
  • Le Rire dans le soleil, (avec Vittorio Guerriero) Librairie Baudinière, 1927
  • Le Rire dans le brouillard, E. Flammarion, 1927
  • Sérénade au bourreau, Librairie Baudinière, 1928
  • Luxures, Éditions du Loup, 1928
  • Prince ou Pitre (nouvelle édition), Librairie Baudinière, 1929
  • Les Tigres parfumés. Aventures au pays des maharajahs, Éditions de France, 1929
  • Le sphinx a parlé, Librairie Baudinière, 1930
  • Aux cent mille sourires, Librairie Baudinière, 1931
  • Fusillé à l'aube, Librairie Baudinière, 1931
  • L'Archange aux pieds fourchus, Librairie Baudinière, 1931
  • Pourquoi mourir ?, Librairie Baudinière, 1931
  • Histoires de brigands, Moderne, 1931
  • La Volupté éclairant le monde, Librairie Baudinière, 1932
  • Adaptation de La Forêt qui pleure, roman policier de Wadworth Camp, Éditions de France, 1932
  • Adaptation de Monsieur Lamber sera tué le..., roman policier de Isabelle Ostrander, Éditions de France, 1932
  • Mimi Broudway Extr. de Paris-soir, 7 juin-2 juillet 1932
  • Le Geste de Phryne Éditions Cosmopolites, 1933
  • Rue des bouches peintes, Librairie Baudinière, 1933
  • La Mort aux yeux d'émeraude, Extr. du Miroir du Monde, 8 et 15 avril 1933
  • Confucius en pull-over, Librairie Baudinière, 1934
  • Madame Joli-Supplice, Librairie Baudinière, 1935
  • Le Fou de Bassan, suivi de La Rose qui saigne, Librairie Baudinière, 1937
  • Le Sabbat des caresses ou les plaisirs de la nuit, Librairie Baudinière, 1935
  • Macao, enfer du jeu, Librairie Baudinière, 1938
  • Poker d’Âmes ou le voyage sentimental d’une Américaine au pays de tendre, Librairie Baudinière, 1939

1941-1945[modifier | modifier le code]

  • Émigrés de luxe, Brentano's, New-York, 1941
  • Le Roman d'un lâche, Brentano's, New-York, 1942
  • La Perruche Bleue Journal d'une courtisane sous la terreur nazie, Brentano's, New York, 1945

1947-1972[modifier | modifier le code]

  • Hamydal le Philosophe, Librairie Baudinière, 1947
  • La Madone à Hollywood, Librairie Baudinière, 1946
  • La Prison des Rêves, Librairie Baudinière, 1947
  • Lune de Miel à Shanghaï, Librairie Baudinière, 1947
  • Satan refuse du monde, Éditions SFELT, 1947
  • La Bacchanale inachevée, les Éditions de Paris, 1947
  • Don Juan frappe à la porte, Éditions de la Couronne, 1948
  • La Pagode des amours mortes, d'après J. L. Miln, S.E.P.E., 1948
  • Les Vestales du veau d'or, Librairie Baudinière, 1948
  • La Haine aux gants de velours, 1948
  • Et Ève gifla Adam... ou les aventures d'une Yankee à Montparnasse, Librairie Baudinière, 1949
  • Salutations distinguées, Librairie Baudinière, 1949
  • La Pavane des poisons, Librairie Baudinière, 1950
  • Sous le signe du cobra, Librairie la Baudinière, 1951
  • Cafard mauve, Journal intime d'une femme de 49 ans, Éditions Baudinière, 1951
  • Opération Magali, Prix du Quai des Orfèvres, Hachette "L'Énigme", 1951
  • Mes tours du monde, Librairie Baudinière, 1952
  • Le Bateau des mille caresses, J. d'Halluin, 1955
  • Monsieur Lambers mourra ce soir, Le Masque, 1956
  • L'armée rouge est à New Yor (la guerre future ?), les Éditions du Scorpion, 1954
  • Minuit, l'heure galante, les Éditions du Scorpion, 1956
  • La Veuve aux gants roses, les Éditions du Scorpion, 1956
  • Le bourreau n'attend jamais, A. Martel, 1957
  • Férocement vôtre, les Éditions du Scorpion, 1956
  • Un soir sur le Danube, le roman d'un traître, Tallandier, 1957
  • Vamp ou Vestale, N.E.T.O., 1957
  • Son altesse mon amant, Éditions Valmont et du Scorpion, 1958
  • Le Lis dans la tempête, le roman d'une reine de beauté, Éditions Valmont, 1959
  • Casanova à Manhattan, Valmont, 1960
  • Le Pacha de Brooklyn, Éditions Valmont, 1960
  • La Trahison du colonel Redko, Éditions du Scorpion, 1960
  • L'Homme qui mourut deux fois (les vestales du veau d'or), Éditions Karolus, 1960
  • Secrets de sleeping recueillis par René Delpêche, présentés par Maurice Dekobra, Éditions Karolus, 1960
  • Bouddha le Terrible, le Livre artistique, 1961
  • Dalila, sirène du désert , le Livre artistique, 1961
  • La Vénus aux yeux d'or, Éditions Karolus, 1962
  • L'Amazone de Pretoria : un épisode de la guerre du Transvaal, (avec Anne-Mariel), Presses de la Cité, 1963
  • Anicia, l'espionne de Moukden, (avec Anne-Mariel), Presses de la Cité, 1964
  • Le Vengeur de Mayerling, un complot contre François-Joseph, Presses de la Cité, 1965
  • Véronica, qui êtes-vous ?, (avec Anne-Mariel), Presses de la Cité, 1965
  • L'Espion qui faisait rire, Presses de la Cité, 1966
  • Anicia et le Sultan rouge, (avec Anne-Mariel), Presses de la Cité, 1966
  • Anicia et le Tigre royal, (avec Anne-Mariel), Presses de la Cité, 1967
  • Fascinante Véronica, (avec Anne-Mariel), Presses de la Cité, 1968
  • Le Salon de Madame Ublo, la ménagerie des gens de lettres, A. Michel, 1969
  • Les turquoises meurent aussi, Presses de la Cité, 1969
  • Rendez-vous chez Maxim's, Presses de la Cité, 1970
  • Un banco de deux milliards, Presses de la Cité, 1971
  • Éperdument à toi, Éditions France-Empire, 1972
  • La Madone des Boeings, Presses de la Cité, 1972

Citations[modifier | modifier le code]

  • "Les amants ne sont-ils pas toujours les adversaires qui s'aiment à couteaux tirés ?", in Mon cœur au ralenti, éd. Baudinière, 1924, p. 270.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Leslie Davis, Maurice Dekobra : grand voyageur et romancier cosmopolite, PhD, Queen's University Belfast, 1970
  • Philippe Collas, Maurice Dekobra : gentleman entre deux mondes, Paris, Séguier, (ISBN 2-840-49264-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 10/2341/1885, avec mention marginale du décès. Autre mention : par décret du Président de la République du 13 novembre 1929, est autorisé à ajouter à son nom patronymique celui de Dekobra (consulté le 13 décembre 2012)
  2. Annuaire de l'armée française pour 1914, Paris, Berger-Levrault, , 2041 p.
  3. Dominique Fernandez, L'art de raconter, 2007.
  4. Archives nationales, dossiers de Légion d'honneur, cote 19800035/1192/37842 (consultable sur internet via la base leonore).
  5. La Garçonne, 1922.
  6. Dominique Fernandez, 'L'art de raconter, 2006.
  7. (en) « Bibliothèque nationale de France catalogue général » (consulté le 12 janvier 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]