Maurice Level

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Maurice Level
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Maurice Level
Naissance
Vendôme Drapeau de la France France
Décès (à 50 ans)
RueilDrapeau de la France France
Activité principale
Conjoint
Jeanne Maréteux, née le 9 juin 1880 à Paris 3° et décédée le 20 mars 1930 à Paris 16°.
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Maurice Level, né le à Vendôme et décédé le à Rueil, est un écrivain, journaliste et dramaturge français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cousin de Marcel Schwob, il fait des études de médecine, mais préfère devenir journaliste au Journal (1901-1906, 1909-1921), au Monde illustré (1906-1913), à la Vie parisienne (1917-1922) et au Matin (1908-1910, 1921-1924).

Il épouse Jeanne Maréteux (sœur de la comédienne Gabrielle Rosny et belle-sœur du comédien Georges Desmoulins) le . Son beau-père Édouard Mareteux, artiste dramatique et peintre, a fait un portrait de Maurice Level.

Jeanne Level (épouse de Maurice Level) et leurs chats

Bien qu'il aborde pendant sa carrière à peu près tous les genres littéraires en vogue, il se spécialise dans le roman policier, le fantastique et la littérature d'épouvante. Il donne des romans, dont les plus connus sont Lady Harrington et La Cité des voleurs, et de très nombreux contes et nouvelles, parus notamment dans Je sais tout, qui sont souvent adaptés en leur temps au Grand Guignol.

Dans son « premier grand roman policier L'Épouvante (1908), il adopte un ton résolument moderne : le journaliste Onésime Coche, par goût du risque et par plaisir intellectuel, endosse la paternité d'un crime crapuleux, avec le risque de devenir la victime de son propre stratagème »[1].

Comme dramaturge, il est connu pour La Malle sanglante, pièce créée au Grand Guignol, en 1918, sous le titre Le Crime, qui exploite un célèbre fait divers, « La Malle à Gouffé », Mais Level est surtout célèbre pour Le Baiser dans la nuit, son chef-d'œuvre, rejoué dans le monde entier depuis sa réédition dans l'anthologie d'Agnès Pierron Le Grand Guignol (Laffont, 1995). Cette pièce, prototype du drame d'épouvante de ce théâtre disparu en 1962, avait déjà connu d'importants succès en France et à l'étranger de 1912 à 1938, ayant été jouée aux USA en 1913-1914 (The Kiss in the Dark), à Londres en français en 1915 (au profit de la Croix-Rouge !), au Brésil en 1915, au Québec en 1916, à Paris en 1918, 1922, 1930, 1938, à Bruxelles en 1921, etc., est adaptée en anglais à Londres par Frederick Witney en 1945 (The Last Kiss). Elle est de nouveau adaptée en anglais en 1999 par Richard Hand et Michael Wilson (The Final Kiss), professeurs d'art dramatiques à Edimbourg. Toutes les jeunes compagnies théâtrales de langue anglaise se font un devoir de l'adapter lors des programmations du répertoire du Grand Guignol, notamment à l'occasion d'Halloween, en Grande-Bretagne, États-Unis, Pays-Bas ou Australie. La pièce a été traduite et jouée au Brésil (2008, 2015), au Mexique (2015) et régulièrement en France. Elle a été traduite en japonais en 2010. Le régisseur de théâtre britannique Stewart Pringle a étudié son histoire, son mécanisme scénique et narratif, sa diffusion et ses adaptations modernes dans un article paru en ligne en 2010 et traduit dans le numéro spécial Maurice Level de la revue Le Rocambole[2].

Les critiques modernes considèrent Level comme l'héritier de Villiers de l'Isle-Adam et du symbolisme, voire de Maupassant par certains aspects, et d'Edgar Poe. Son innovation fut de ne pas chercher à créer la peur et l'angoisse par les vieilles méthodes, mais par les photographies, la médecine, les faits divers, dans des décors modernes.

Traduit en anglais avec succès à partir de 1903 dans les journaux américains, son contemporain Howard Phillips Lovecraft le juge très favorablement en 1927. La parution de son recueil Crises, Tales of Mystery and Horror (1920) à Londres et New York, traduit par Alys Eyre Macklin, lui a assuré une renommée en langue anglaise qui persiste jusqu'à nos jours, notamment pour ses traductions dans la revue Weird Tales[3].

Ce recueil ayant été adapté au Japon en 1928 sous le titre Yodori (Les Oiseaux de nuit, réédité en 2003 à Tokyo), a eu une influence non négligeable sur la création du roman policier moderne dans ce pays dans les années 1920, notamment par l'intermédiaire d'Edogawa Ranpo qui en fut un admirateur.

Dédicace de Maurice Level sur son livre Mado faite à la sœur de sa femme, la comédienne Gabrielle Rosny et au mari de cette dernière, le comédien Georges Desmoulins.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • L’Épouvante (1908)
  • Vivre pour la patrie (1917)
  • L'Alouette (1918)
  • Le Manteau d'Arlequin (1919)
  • Barabas (1920), édité par Ferenzci & Fils
  • L'Ombre (1921), réédité par "La Bibliothèque Maurice Level"/Lulu.com, 2017, postface Jean-Luc Buard, 170 p. (ISBN 978-0-244-60971-9)
  • Le Crime (1921), édité par Ferenzci & Fils
  • Lady Harrington (1921), réédité par "La Bibliothèque Maurice level"/Lulu.com, 2017, postface Jean-Luc Buard, 376 p. (ISBN 978-0-244-05006-1) avec dossier "Du roman-feuilleton de 1921 au sérial de 1926", chronologie, bibliographie, filmographie et iconographie du film de Leroy Granville et Grantham Hayes.
  • L'Île sans nom (1922)
  • L'Âme de minuit (1923 en feuilleton), première publication en volume publiée par "La Bibliothèque Maurice Level"/Lulu.com, 2017, postface Jean-Luc Buard, 320 p. (ISBN 978-0-244-90407-4)
  • La Cité des voleurs (1923)
  • L'Énigme de Bellavista (1929), ouvrage achevé par Jean Prudhomme
  • Le Marchand des secrets (1928), suite et fin du précédent, ouvrage achevé par Jean Prudhomme

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Les Portes de l'Enfer (1910) 26 contes
  • Les Oiseaux de nuit (1913) 30 contes, réédité par le Visage Vert, 2017, préface de Philippe Gontier, postface et bibliographie de Jean-Luc Buard, 288 p. (ISBN 978-2-918061-39-7)
  • Mado ou les mille joies du ménage (1914) recueil de 80 saynètes parues dans le quotidien Le Journal
  • Contes de l'heure présente (1914) avec Charles Robert-Dumas (recueil pédagogique pour apprendre le français, publié en Grande-Bretagne et en Allemagne)
  • Mado ou La Guerre à Paris (1919) recueil de 76 saynètes parues dans le quotidien Le Journal
  • Les Morts étranges (1921) recueil de trois nouvelles, La Petite Maison de la Rue des Remparts (1912), Laquelle ? (1906) et Le Crime (1921)
  • Au pays du Tendre (1921) recueil de saynètes
  • Mado ou les mille joies du ménage (Baudinière, 1925) recueil de saynètes parues dans la presse (contenu entièrement différent de celui de 1914)
  • La Malle sanglante (1977) réédition partielle de Les Morts étranges (deux nouvelles sur trois : Le Crime, retitré La Malle sanglante, et Laquelle ?)
  • La Peur (2017), introduction, choix des textes et notes par Philippe Gontier, La Clef d'Argent, coll. Terreurs anciennes no 2 (ISBN 9791090662438) (ISSN 2258-319X))
  • Contes du Matin 1921-1924, sous la direction littéraire de Colette, préface de Jean-Luc Buard, "La Bibliothèque Maurice Level"/Lulu.com, 2017, 590 p. (ISBN 978-0-244-00340-1) Recueil des 164 contes parus dans la rubrique "Les Mille et un Matins" du journal Le Matin.

Nouvelles isolées[modifier | modifier le code]

  • « Le Siècle de la vitesse » (1907). Rééd. in Légendes du Sport (Fantaisies sportives), Bibliogs, 2017. Texte paru sous le pseudonyme Hemelle.
  • « Le Beau voyage » (1910)
  • « L'Aventure de M. Malouin » (1913)
  • « La Mule bleue » (1921)
  • « Vieilles Filles » (1922)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Lady Madeline (1908), d'après Edgar Poe, avec J. Joseph-Renaud
  • Sous la lumière rouge (1911). Rééd. in Le Grand Guignol, le Théâtre des peurs de la Belle Époque, éd. Agnès Pierron, Robert Laffont, 1995, coll. "Bouquins" (ISBN 2-221-06901-3).
  • Les Complices (1912), d'après un conte paru en 1902.
  • Les Tout-Petits (1912)
  • Le Baiser dans la nuit (1912). Rééd. in Le Grand Guignol, le Théâtre des peurs de la Belle Époque, éd. Agnès Pierron, Robert Laffont, 1995, coll. "Bouquins" (ISBN 2-221-06901-3).
  • Le Gosse (1913), en collaboration avec Jean-José Frappa, d'après le conte "Le Bâtard"
  • Taïaut (1917), d'après le conte "Le Chenil" (1906)
  • Le Crime (1918), devenu La Malle sanglante (1932)
  • Le Sorcier (1920)
  • Mado (1922), adaptation originale d'après les saynètes de ce personnage

Audiolivres gratuits (lecture intégrale en ligne par René Depasse)[modifier | modifier le code]

  • Les Portes de l'enfer (2010 et 2012)[4]
  • L'Épouvante (2010)[4]
  • Vieilles Filles (2013)[4]
  • La Mule bleue (2015)[4]
  • L'Aventure de M. Malouin (2015)[4]
  • Le Beau voyage (2015)[4]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Barrabas (1920)
  • L'Ile sans nom (1922)
  • Lady Harrington (1926)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des littératures policières, volume 2, p. 198.
  2. Stewart Pringle, « En auscultant "Le Baiser dans la Nuit" », Le Rocambole,‎ n°81, déc. 2017, p. 93-106 (ISSN 1253-5885)
  3. Jean-Luc Buard, « Maurice Level dans "Weird Tales", une "destinée américaine" », Le Visage vert,‎ n°27, juin 2016, p. 117-128
  4. a, b, c, d, e et f « http://www.litteratureaudio.com/index.php?s=maurice+level&sbutt=Ok »

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Sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Claude Mesplède (dir.), Dictionnaire des littératures policières, vol. 2 : J - Z, Nantes, Joseph K, coll. « Temps noir », , 1086 p. (ISBN 978-2-910-68645-1, OCLC 315873361), p. 198.
  • Daniel Compère (dir.), Dictionnaire du roman populaire francophone, Paris, Nouveau monde éditions, 2007, 490 p. (ISBN 978-2-84736-269-5), p. 254.
  • Jean-Luc Buard, "Maurice Level, du "Maître de la peur" au conteur de la guerre", Le Rocambole n°71-72, juin 2015, p. 145-186 (ISBN 978-2-912349-62-0), avec une lettre inédite de Maurice Level à Georges Pioch et huit contes de guerre choisis et commentés, p. 329-351.
  • Jean-Luc Buard, "Maurice Level dans Weird Tales, une "destinée américaine"", Le Visage vert n°27, juin 2016, p. 117-128 (ISBN 978-2-918061-35-9), avec quatre contes parus dans Weird Tales et Mystery ("La Nuit et le Silence", "L'Infirme", "Le Regard", "Préméditation") et bio-bibliographie.
  • Jean-Luc Buard (dir.), Le Rocambole n°81, Le Mystère Maurice Level, Amiens, Association des Amis du Roman Populaire, déc. 2017, 176 p. (ISBN 978-2-912349-69-9) Sommaire : Maurice Level le revenant (Jean-Luc Buard). Maurice Level conteur : un héritier du réalisme ? (Noëlle Benhamou). Suspense et épouvante chez Maurice Level (Daniel Compère). Médecins et malades dans l’œuvre de Maurice Level (Philippe Gontier). Maurice Level traduit en espagnol (ses contes de 1901 à 1914) (Concepción Palacios Bernal). En auscultant Le Baiser dans la nuit (Stewart Pringle). Maurice Level au cinéma et à la télévision (Jacques Baudou). Maurice Level adapté en Turquie en 1919 (Kevin Gürül). Maurice Level en Italie (Roberto Pirani & Jean-Luc Buard). Maurice Level au Japon (Sato Kaishido). Chronologie de Maurice Level (Jean-Luc Buard). Avec quatre contes retrouvés, "Complices" (1902), "Portraits" (1905), "Le Baiser dans la nuit" (1912 - et dont la dernière réédition française connue remonte à 1934), "Le Voyageur" (1917).

Liens externes[modifier | modifier le code]