Grande Révolte arabe de 1916-1918

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Les noms de Grande révolte arabe[1],[2], ou de Révolte arabe[3], désignent la rébellion menée entre 1916 et 1918 par Hussein ben Ali, chérif de La Mecque, afin de libérer la péninsule Arabique de l’Empire ottoman qui en occupait alors la plus grande part.

Inspiré de nationalisme arabe, il voulait ainsi créer un État arabe unifié allant d’Alep en Syrie à Aden au Yémen.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Au cours de la Première Guerre mondiale, les Britanniques cherchent le soutien arabe pour ouvrir un nouveau front au sud de l'Empire ottoman. Ils envoient des émissaires au chérif de La Mecque Hussein ben Ali, dont le fameux Lawrence d'Arabie. La France envoie pour sa part une mission[4] dirigée par le lieutenant-colonel Brémond. Les Alliés poussent le Chérif Hussein à se révolter. En échange, il reçoit de Henry McMahon la promesse de l'indépendance arabe sur les territoires ainsi libérés.

En 1916, le chérif se soulève contre les Turcs et, à partir de la Mecque, assiège Médine.

En juin 1917, son fils Fayçal ben Hussein remporte la bataille d'Aqaba, prenant du coup cette ville portuaire située sur la mer Rouge, ce qui permet à la révolte d'être ravitaillée par les Britanniques.

Son flanc étant protégé, le général britannique Allenby dont les armées sont positionnées en Égypte peut alors passer à l'offensive et lance la campagne de Palestine : le , la ville de Jaffa est prise, suivie de Jérusalem le 9 décembre de la même année.

En 1918, l'offensive reprend. Les forces britanniques combattent les Ottomans et les Allemands en Palestine tandis que les Arabes lancent leurs troupes vers la Syrie. Damas est prise par Hussein en septembre.

Au sud, en Afrique orientale allemande, les victoires belges et anglaises de 1915 et 1916 avaient déjà anéanti les espoirs du Kaiser Guillaume de prendre les Anglais à revers par le Soudan.

Le 30 octobre suivant, l'Empire ottoman signe l'armistice de Moudros.

Conséquences[modifier | modifier le code]

À l'issue de la guerre, les Britanniques ne peuvent tenir tous leurs engagements. En effet, ils ont également signé avec les Français les accords Sykes-Picot qui donnent le contrôle de la Syrie et du Liban à ces derniers. Mais Damas a été libérée par Fayçal, qui s'est de plus fait proclamer roi de Syrie. Ils ont également promis au mouvement sioniste l'établissement d'un « foyer national juif » en Palestine, sans en définir précisément les limites géographiques. Les Sionistes revendiquent également une partie du Liban et des territoires « libérés » par les Arabes à l'est du Jourdain.

La conférence de San Remo d'avril 1920 officialise le mandat français de Syrie, dont l'armée française chasse les troupes chérifiennes en juillet. Elle officialise également le mandat britannique de Palestine en mettant en avant dans ses termes et objectifs le projet sioniste. Les Arabes sont doublement lésés. Le traité de Sèvres, qui prolonge la conférence de San Remo, établit également le mandat britannique de Mésopotamie.

Afin de respecter leur promesse, les Britanniques donnent le contrôle des territoires de leur mandat situés à l'est du Jourdain (Transjordanie) à l'émir Abdallah, un des fils d'Hussein[5]. Ils mettent également Fayçal sur le trône du royaume d'Irak, qui succède au mandat de Mésopotamie. Ils fondent ainsi la dynastie hachémite.

Ces dispositions sont officialisées dans le Livre blanc de 1922, également connu sous le nom de « Livre blanc de Churchill »[5],[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ali Moussa Iye, Albert Ollé-Martin, Violaine Decang, Histoire de l'humanité : 1789-1914, Unesco, 2008, p. 1199
  2. Bichara Khader, Le Monde arabe expliqué à l'Europe : histoire, imaginaire, culture, politique, économie, géopolitique, L'Harmattan, 2009, p. 66
  3. Noureddine Séoudi, La formation de l'Orient Arabe contemporain 1916-1939 : Au miroir de la Revue des deux Mondes, L'Harmattan, 2005, page 69
  4. http://www.eliecilicie.net/mission_hedjaz_1916.htm
  5. a et b Dominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples, Presse universitaire Septentrion, 2000, pp.151-153
  6. Winston Churchill Secrétaire d'État britannique aux colonies, Livre blanc britannique de juin 1922, publié sur le site de la Yale Law School (consulté le 21 juillet 2010.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]