Révolte arabe de 1916-1918

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Grande révolte arabe (1916-1918)
Description de cette image, également commentée ci-après

Soldats arabes en exercice arborant le drapeau aux couleurs panarabes.

Informations générales
Date -
Lieu Levant, péninsule Arabique
Issue Armistice de Moudros en 1918, conférence de San Remo et traité de Sèvres en 1920, partition de l'Empire ottoman
Belligérants
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman Flag of Hejaz 1917.svg Hachémites
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Flag of Saudi Arabia.svg Sultanat de Nejd
Commandants
Ottoman flag.svg Djemal Pacha
Ottoman flag.svg Muhittin Pacha (en)
Ottoman flag.svg Fahreddin Pacha (en)
Flag of Hejaz 1917.svg Fayçal ibn Hussein
Flag of the United Kingdom (3-5).svg Edmund Allenby
Flag of the United Kingdom (3-5).svg T. E. Lawrence
Forces en présence
env. 23 000 hommes env. 30 000 hommes
Pertes
inconnues inconnues

Batailles

Front du Moyen-Orient
Afrique du Nord · Caucase · Perse · Dardanelles · Mésopotamie · Sinaï et Palestine · Ctésiphon (11-1915) · Kut-el-Amara (12-1915) · Magdhaba (12-1916) · Révolte arabe · Rafa (1-1917) · Bagdad (3-1917) · 1re Gaza (3-1917) · 2e Gaza (4-1917) · Aqaba (7-1917) · Beer-Sheva (10-1917) · 3e Gaza (11-1917) · Megiddo (9-1918)


Front italien


Front d'Europe de l’Ouest


Front d'Europe de l'Est


Front africain


Bataille de l'Atlantique

La révolte arabe de 1916-1918[1] (ou grande révolte arabe[2],[3]) désigne la rébellion menée entre 1916 et 1918 par Hussein ben Ali, chérif de La Mecque, afin de libérer la péninsule Arabique de l’Empire ottoman qui en occupait alors la plus grande part. Inspiré de nationalisme arabe, il ambitionnait ainsi créer un État arabe unifié allant d’Alep en Syrie à Aden au Yémen.

Prémices[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, le Proche-Orient et l'Afrique du Nord étaient presque entièrement sous la domination de l'Empire ottoman, dont le sultan était calife et ainsi commandeur des croyants. Un mouvement nationaliste arabe (nahda = réveil, renaissance) existait certes déjà à l'état embryonnaire, en réponse avant tout au nationalisme turc alors en plein essor, mais il ne disposait pas d'une structure centralisée. Il s'exprimait tout d’abord moins en revendications politiques qu'en une aspiration à faire revivre l'héritage culturel – et notamment littéraire – arabe. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, les nationalistes arabes de la première heure recherchaient avant tout une reconnaissance de leur culture, qu'ils voulaient voir traitée d'égale à égale par les autres civilisations, sans prétendre à une souveraineté étatique pour les pays de langue arabe.

La situation changea lorsque la Première Guerre mondiale commença à toucher le Proche-Orient. La confrontation entre l' Entente (Royaume-Uni, France, Russie) et les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman) vint politiser ce mouvement nationaliste, qui vit se préciser la possibilité de faire appuyer ses visées émancipatrices par la France et le Royaume-Uni. L'Entente ne commença à se montrer sensible aux intérêts des nationalistes arabes que lorsque le sultan, en sa qualité de calife, appela en 1914 au djihad contre les ennemis mécréants de l'Entente. Londres trouva en la personne du chérif le La Mecque Hussein ben Ali une personnalité arabe suffisamment renommée et influente pour empêcher les populations arabes d’adhérer à cet appel au djihad[4].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Au cours de la Première Guerre mondiale, les Britanniques cherchent le soutien arabe pour ouvrir un nouveau front au sud de l'Empire ottoman. Ils envoient des émissaires au chérif de La Mecque Hussein ben Ali, dont le fameux Lawrence d'Arabie. La France envoie pour sa part une mission[5] dirigée par le lieutenant-colonel Brémond. Les Alliés poussent le Chérif Hussein à se révolter. En échange, il reçoit de Henry McMahon la promesse de l'indépendance arabe sur les territoires ainsi libérés.

En 1916, le chérif se soulève contre les Turcs et, à partir de la Mecque, assiège Médine. Il trouve des appuis dans les autres régions arabes de l'Empire ottoman car Djemal Pacha, gouverneur militaire de la Syrie ottomane, a fait pendre plusieurs dizaines de nationalistes arabes à Beyrouth et Damas. Les tribus druzes du sud du Hauran, traditionnellement en dissidence du pouvoir ottoman, fournissent de la nourriture à la guérilla arabe et hébergent des militants poursuivis, puis des réfugiés chassés par la famine au Levant. Le chef druze Sultan al-Atrach contribue à cette aide, d'ailleurs bien rétribuée par les Britanniques, et, à partir de 1917, ses guerriers viennent se joindre aux forces arabo-britanniques[6].

En juin 1917, Fayçal ben Hussein, fils du chérif Hussein, remporte la bataille d'Aqaba, prenant du coup cette ville portuaire située sur la mer Rouge, ce qui permet à la révolte d'être ravitaillée par les Britanniques.

Son flanc étant protégé, le général britannique Allenby dont les armées sont positionnées en Égypte peut alors passer à l'offensive et lance la campagne de Palestine : le , la ville de Jaffa est prise, suivie de Jérusalem le 9 décembre de la même année.

En 1918, l'offensive reprend. Les forces britanniques combattent les Ottomans et les Allemands en Palestine tandis que les Arabes lancent leurs troupes vers la Syrie. Damas est prise par Hussein en septembre. Les 25 et 26 octobre 1918, les forces britanniques et arabes remportent la bataille d'Alep (1918) (en), obligeant les Ottomans à évacuer la Syrie.

Au sud, en Afrique orientale allemande, les victoires belges et anglaises de 1915 et 1916 avaient déjà anéanti les espoirs du Kaiser Guillaume de prendre les Anglais à revers par le Soudan. Les combats en Arabie du Sud aboutissent aussi à une impasse, les Ottomans n'étant plus en mesure de ravitailler leurs garnisons au Yémen.

Le 30 octobre 1918, l'Empire ottoman signe l'armistice de Moudros.

Conséquences[modifier | modifier le code]

À l'issue de la guerre, les Britanniques ne peuvent tenir tous leurs engagements. En effet, ils ont également signé avec les Français les accords Sykes-Picot qui donnent le contrôle de la Syrie et du Liban à ces derniers. Mais Damas a été libérée par Fayçal, qui s'est de plus fait proclamer roi de Syrie. Ils ont également promis au mouvement sioniste l'établissement d'un « foyer national juif » en Palestine, sans en définir précisément les limites géographiques. Les Sionistes revendiquent également une partie du Liban et des territoires « libérés » par les Arabes à l'est du Jourdain.

La conférence de San Remo d'avril 1920 officialise le mandat français de Syrie, dont l'armée française chasse les troupes chérifiennes en juillet. Elle officialise également le mandat britannique de Palestine en mettant en avant dans ses termes et objectifs le projet sioniste. Les Arabes sont doublement lésés. Le traité de Sèvres, qui prolonge la conférence de San Remo, établit également le mandat britannique de Mésopotamie.

Afin de respecter leur promesse, les Britanniques donnent le contrôle des territoires de leur mandat situés à l'est du Jourdain (Transjordanie) à l'émir Abdallah, un des fils d'Hussein[7]. Ils mettent également Fayçal sur le trône du royaume d'Irak, qui succède au mandat de Mésopotamie. Ils fondent ainsi la dynastie hachémite.

Ces dispositions sont officialisées dans le Livre blanc de 1922, également connu sous le nom de « Livre blanc de Churchill »[7],[8].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Noureddine Séoudi, La formation de l'Orient Arabe contemporain 1916-1939 : Au miroir de la Revue des deux Mondes, L'Harmattan, 2005, page 69
  2. Ali Moussa Iye, Albert Ollé-Martin, Violaine Decang, Histoire de l'humanité : 1789-1914, Unesco, 2008, p. 1199
  3. Bichara Khader, Le Monde arabe expliqué à l'Europe : histoire, imaginaire, culture, politique, économie, géopolitique, L'Harmattan, 2009, p. 66
  4. (de) Henner Fürtig, « Naher Osten – Zwischen Kolonialismus und Nationenbildung », Informationen zur politischen Bildung, no 331,‎ , p. 20
  5. http://www.eliecilicie.net/mission_hedjaz_1916.htm
  6. Michael Provence, The Great Syrian Revolt and the Rise of Arab Nationalism, University of Texas, 2005, p. 42 à 45
  7. a et b Dominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples, Presse universitaire Septentrion, 2000, p. 151-153
  8. Winston Churchill Secrétaire d'État britannique aux colonies, Livre blanc britannique de juin 1922, publié sur le site de la Yale Law School (consulté le 21 juillet 2010.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]