Djeddah

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Djedda
(ar) جدّة Jedda
une rue de Djedda.
une rue de Djedda.
Administration
Pays Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Province La Mecque
Maire Adil Faqeeh
Démographie
Population 3 855 912 hab. (2009)
Densité 2 921 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 32′ 00″ N 39° 10′ 00″ E / 21.5333333, 39.1666666 ()21° 32′ 00″ Nord 39° 10′ 00″ Est / 21.5333333, 39.1666666 ()  
Altitude 0 m
Superficie 132 000 ha = 1 320 km2
Localisation

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Djedda

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Djedda
Liens
Site web http://www.jeddah.gov.sa/

Djedda[1] (جدّة Jedda), parfois orthographié Djeddah ou Jeddah, est la deuxième ville d'Arabie saoudite et un grand centre de commerce, située sur les bords de la mer Rouge. En 647, le calife Uthman a transformé en port pour les pèlerins se rendant La Mecque ce qui était alors un petit village de pêcheur. Cette fonction a attiré vers Djedda une population variée. La ville a connu en outre un très fort développement au cours des dernières décennies, notamment en raison du boom économique qu'a connu l'Arabie saoudite. C'est aujourd'hui une métropole cosmopolite de plus de 3,4 millions d'habitants.

Le jet d'eau du roi Fahd, haut de 312 mètres, est le plus haut jet d'eau du monde.

Un tombeau d'Ève se trouve à Djedda, cependant, celui-ci a été recouvert de béton en 1975 par les autorités religieuses qui ne voulaient pas qu'il soit un lieu de prière pour les musulmans.

Étymologie et prononciation[modifier | modifier le code]

Il existe au moins deux explications à l’origine du nom de “Djedda” :

  • La première viendrait du nom du chef du clan Quda'a : Jeddah Ibn Helwaan Al-Qudaa'iy.
  • La seconde thèse, la plus commune, est que ce nom est dérivé de “Jaddah” c’est-à-dire « grand-mère » en arabe, car selon les coutumes orientales, le tombeau d’Ève, considérée comme la grand-mère de l’humanité est situé à Djedda[2]. Ce tombeau dont l'existence n'a jamais été prouvé, a été scellé avec du béton par les autorités religieuses en 1975 pour éviter le dévoiement des musulmans priant sur le site[3].

Ibn Battuta, le voyageur berbère du Moyen Âge, visita Djedda durant son périple à travers le monde. Il écrivit le nom de la ville dans son journal de bord "Juddah"[4].

Plan de la rade de Djedda, ca 1827

Sur une carte en français de 1827, est mentionné “Gedda”, le Consulat Général de France et les autres représentations francophones de la ville écrivent aujourd’hui “Djeddah”. Cependant, en France, le ministère des affaires étrangères recommande « Djedda »[1] (il n'y a d'ailleurs pas de « h » dans la graphie arabe).

En anglais, les autorités britanniques utilisaient jusqu’en 2007 “Jedda” et sont passées depuis lors à “Jeddah”, nom utilisé dans les documents officiels saoudiens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période pré-islamique[modifier | modifier le code]

Les excavations de la vieille ville d’Al Balad suggèrent que la tribu Yéménite Quada (بني قضاعة) fonda un village de pêcheurs après avoir quitté le Yémen central pour se rendre à La Mecque[5] après la rupture du barrage de Marib au Yémen[6].

D’autres études archéologiques ont montré que la zone était déjà peuplée pendant l’Âge de la pierre, suite à la découverte d’écritures Thamudidans le Wadi Briman (وادي بريمان), à l’ouest de la ville, et le Wadi Boweb (وادي بويب), au nord-ouest.

Califat de Rashidun[modifier | modifier le code]

Suite à la création de la religion islamique, et l’obligation du pèlerinage à La Mecque pour ses adeptes, le troisième Calife de Djedda 'Othmân ibn 'Affân (عثمان بن عفان) changea en 647 apr. J.-C. le port de pécheur en port d’accueil des pèlerins pour le Hajj.

Depuis lors, Djedda s’est imposée comme la plus grande ville de la province historique du Hejaz. Sa situation géographique particulière de porte vers la ville sainte des musulmans lui valut au cours de son histoire d’être conquise de nombreuses fois.

Califat fatimide[modifier | modifier le code]

En 969, les Fatimides prirent le contrôle de l’Égypte à partir de la dynastie Ikhshidid et étendirent leur emprise sur les régions avoisinantes, incluant le Hejaz et Djedda. Les Fatimides développèrent un large réseau commercial à la fois en Méditerranée et dans l’Ocean Indien à travers la Mer Rouge. Leur liens commerciaux et diplomatiques s’étendaient jusqu’en Chine avec sa dynastie Song, et déterminèrent l’essor économique du Hijaz durant le Moyen Âge.

Empire ayoubide[modifier | modifier le code]

Après sa conquête de Jérusalem, Saladin, s’auto-proclama sultan d’Égypte en 1171. Après avoir dissout le califat fatimide à la mort d’Al-Adid, il établit ainsi la dynastie ayyoubide, qui étendit ses conquêtes à travers la région. Le Hijaz –incluant Jeddah- tomba sous la coupe de l’Empire en 1177 sous la direction du Sherif Ibn Abul-Hashim Al-Thalab (1094 - 1201). Cette période ayoubide fut marquée par une ère de prospérité économique et intellectuelle dans le monde islamique mais également par la construction d’écoles coraniques (Madrasas) dans les plus grandes villes.

Sultanat mamelouk[modifier | modifier le code]

En 1254, suivant les évènements du Caire et la dissolution de l’Empire Ayoubide, le Hijaz devint une région du sultanat mamelouk. L’explorateur portugais Vasco de Gama, ayant trouvé une route à travers le cap de Bonne-Espérance et recruté des pilotes des côtes de Zanzibar en 1497, continua à travers l’océan Indien vers la côte de Malabar et Calicut. Il attaqua des flottes de pèlerins musulmans venant d’Inde pour aller à La Mecque, semant la terreur chez les potentats musulmans locaux. Les princes de Gujarat et du Yémen envoyèrent de l’aide à l’Égypte. Le Sultan Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî aurait rassemblé une flotte de 50 vaisseaux commandés par son amiral Hussein le Kurde. Djedda fut bientôt fortifiée avec les renforts de main d’œuvre venue se réfugier des attaques portugaises.

Empire ottoman[modifier | modifier le code]

En 1517, l’Empire ottoman conquit le sultanat mamelouk en Égypte et en Syrie, pendant le règne de Selim Ier[7]. Le Hijaz passa alors sous domination ottomane. Les Turcs rebâtirent les faibles murs de Djedda en 1525 suite à leur victoire sur l’Armada de Lopo Soares de Albergaria dans la Mer Rouge. Le nouveau mur incluait six tours de garde et autant de portes. Il était construit pour se défendre des attaques portugaises. Parmi les six portes, la « Porte de La Mecque » était la porte Est, et celle de l’Ouest, face au port était appelé « Porte du Maghreb ». La « Porte du Chérif » était au sud, Les autres étaient la « porte d’Al Bunt », « Porte d’Al Sham » et « Porte de Medine » au nord[8].

Les Turcs ont également construit la Qishla de Djedda, un petit fort pour les soldats de la ville. Au XIXe siècle, ces sept portes furent réduites à quatre grandes portes avec quatre tours : « Porte de Sham » au nord, « Porte de La Mecque » à l’est, « Porte du Sherif » au sud, et « porte du Maghreb » sur la mer.

Ahmed Al-Jazzar, le militaire Ottoman connu pour son rôle dans le siège de Saint-Jean d’Acre en 1799, passa la première partie de sa carrière à Djedda, où il tua en 1750 soixante-dix nomades qui se rebellaient contre l’exécution de leur chef Abdullah Beg. Ce fait lui valut pour le reste de sa vie le surnom de “Jezzar” ou boucher en arabe.

Guerre saoudo-ottomane[modifier | modifier le code]

En 1802, Les tribus du Nejd menées par les Al Saoud ravirent à la fois La Mecque et Djedda aux Ottomans. Lorsque le Sherif Ghalib Efendi informa le Sultan Mahmud II, ce dernier ordonna au vice-roi d’Égypte Ibrahim Pacha de reprendre le Hejaz. Ibrahim Pacha accomplit cette tache lors de la Bataille de Djedda en 1813, où il renvoya les tribus wahabites dans leur désert et mit fin à l'épisode funeste de 11 ans d'occupation saoudienne.

Royaume du Hejjaz[modifier | modifier le code]

En 1916, Djedda fit partie du Royaume independant du Hejaz qui perdura jusqu'à sa conquête par les forces wahabites en 1925.

Troisième Royaume Saoudien[modifier | modifier le code]

Depuis 1925, Djedda est donc occupée par les forces saoudiennes qui lui ont imposé la religion wahabite. Plusieurs lieux de cultes considérés comme "polythéistes" ont été interdits. C'est le cas du Tombeau d'Ève, mais également du cimetière chrétien qui existe toujours mais a été clôturé et fermé.

Toutefois sa plus grande ouverture au monde lui a permis de devenir la capitale diplomatique de l'Arabie saoudite. Les ambassades étrangères y sont restées jusque dans les années 1980 après quoi elles furent transférées a Riyadh, historiquement capitale du royaume wahabite. Plusieurs palais royaux et princiers existent ainsi qu'un bureau pour le roi lorsqu'il n'est pas à Riyadh. La ville a donc profité de la manne pétrolière et a connu un boom démographique et économique. Elle est notamment le siège de Saudi Airlines et de Saudi Binladen Group. Son aéroport est le lieu d'accueil des pèlerins se rendant a la Mecque et lui confère un statut international. L'Organisation de la conférence islamique y a établi son siège.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville abrite depuis 2009 une usine d'assemblage de camions du groupe allemand MAN[9] et une cimenterie du groupe italien Italcementi[10]. Elle est également le siège de la compagnie aérienne nationale Saudi Airlines[11] et du groupe de BTP Saudi Binladen Group.

Transports[modifier | modifier le code]

  • Djedda possède l'Aéroport international King Abdulaziz qui est également l'aéroport desservant la Mecque pour les pèlerinages du Hadj.
  • Au niveau maritime, le Jeddah Islamic Port est le plus important port saoudien et l'un des plus importants au monde, où transitent les marchandises venant d'occident vers l'intérieur du pays. La ville constituait un relais sur la route des Indes.
    Les habitants de Djedda ont institué une sorte de péage : les bateaux venant d'Inde ne pouvaient franchir ce point sans payer une redevance.
    Il semble également que le régime des vents joue en sa faveur : au nord de Djedda, le vent est permanent tout au long de l'année ; au sud, le régime des moussons qui influence les vents jusqu'à Djedda, fait que ceux-ci s'inversent pendant une partie de l'année, permettant aux navires marchands de venir facilement jusqu'à Djedda pendant une partie de l'année, et d'en repartir facilement pendant l'autre partie.
    Djedda est ainsi devenue un centre commercial international[12].

Sport[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Djedda est jumelée avec de nombreuses villes étrangères, qui ont été sélectionnées sur des critères économiques, culturels et politiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Terme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019509867&dateTexte=
  2. Jayussi, Salma; Manṣūr Ibrāhīm Ḥāzimī; ʻIzzat ibn ʻAbd al-Majīd Khaṭṭāb Beyond the Dunes I B Tauris & Co Ltd (28 April 2006), p. 295. ISBN 978-1-85043-972-1 [1]
  3. La tombe d'Ève, entre légende et mythe - article de Donna Abou-nasr - La Presse du 28 novembre 2008
  4. Ibn Battota's Safari. Tuhfat Al-Nothaar Fe Gharaa'ib Al-Amsaar. Chapitre: "From Cairo to Hejaz to Tunisia again". ISBN 9953-34-180-X
  5. History of Jeddah. Ministry of Hajj.
  6. http://www.okaz.com.sa/okaz/osf/20060510/Con2006051016179.htm
  7. "History of Arabia." Britannica.com.
  8. Makkah Gate in Jeddah. AsiaRooms.com.
  9. (en) MAN production sites worldwide
  10. (en) Italcementi
  11. (en) [2]
  12. (en) William Facey, « Queen of the India trade. »,‎ novembre 2005 (consulté le 5 novembre 2009)