Djeddah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jedda.

Jeddah
(ar) جدّة
Djeddah
Le front de mer de Djeddah.
Administration
Pays Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Province La Mecque
Maire Hani abou ras
Démographie
Population 3 456 259 hab. (2010)
Densité 2 618 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 32′ 00″ nord, 39° 10′ 00″ est
Altitude m
Superficie 132 000 ha = 1 320 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite

Voir la carte administrative d'Arabie saoudite
City locator 14.svg
Jeddah

Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite

Voir la carte topographique d'Arabie saoudite
City locator 14.svg
Jeddah
Liens
Site web http://www.jeddah.gov.sa/

Ville historique de Djeddah, la porte de La Mecque *
Pays Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Subdivision La Mecque
Type Culturel
Critères (ii), (iii), (iv), (v)
Superficie 18
Zone tampon 114
Numéro
d’identification
1361
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 2014 (38e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Djeddah[1] (en arabe : جدّة), parfois orthographié Jeddah ou Gedda, est la deuxième ville d'Arabie saoudite et un grand centre de commerce, située sur les bords de la mer Rouge. Elle est considérée comme la porte des lieux saints de La Mecque et de Médine depuis 647 lorsque le calife Othmân ibn Affân transforme ce qui était un petit village de pêcheurs en place stratégique pour le commerce maritime et le transport des fidèles venus effectuer le pèlerinage.

La ville a connu un très fort développement démographique au cours des dernières décennies, notamment en raison du développement économique qu'a connu l'Arabie saoudite. C'est aujourd'hui une métropole cosmopolite qui approche les quatre millions d'habitants. La partie ancienne de la ville a été classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2014, sous la dénomination « Ville historique de Djeddah, la porte de La Mecque ».

Le jet d'eau du roi Fahd, haut de 312 mètres, est le plus haut jet d'eau du monde. La tour Djedda est un gratte-ciel de plus de 1 000 mètres actuellement en construction à Djeddah et pourrait devenir le plus haut du monde au cours de 2019. Le tombeau d'Ève se trouve à Djedda, cependant, celui-ci a été recouvert de béton en 1975 par les autorités religieuses qui ne voulaient pas qu'il soit un lieu de prière pour les musulmans.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la ville de Djeddah a plusieurs explications. La première suppose que Djeddah vient du nom du chef du clan Quda'a, Jeddah Ibn Helwaan Al-Qudaa'iy. La seconde explication, et la plus communément admise, suppose que le nom de la ville est un dérivé de "Jaddah", c'est-à-dire la grand-mère en arabe. Ce nom viendrait du fait qu’Ève, considérée comme la grand-mère de l'Humanité, serait enterrée à Djeddah. Si l'existence du tombeau n'a jamais été prouvée, des inscriptions à l'entrée du cimetière où il est entreposé font état de sa présence. La sépulture supposée d'Eve est cependant scellée depuis 1975 afin d'éviter que l’endroit ne devienne source d'idolâtrie, un péché dans l'Islam[2],[3].

La transcription du nom Djeddah en alphabet latin suppose plusieurs orthographes. Ainsi, sur une carte en français de 1827, le nom de la localité est orthographié Gedda. En 2008, le Consulat Général de France et les autres représentations francophones de la ville écrivent Djeddah. Cependant, en France, le Ministère des affaires étrangères recommande « Djedda »[1] En anglais, les autorités britanniques utilisent jusqu’en 2007 la graphie Jedda, mais sont passées depuis lors à Jeddah, graphie qui se retrouve aussi dans les documents officiels saoudiens[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Période pré-islamique[modifier | modifier le code]

Les excavations de la vieille ville d’Al Balad suggèrent que la tribu yéménite Quada (بني قضاعة) fonda un village de pêcheurs après avoir quitté le Yémen central après la rupture du barrage de Marib au Yémen[5]. Jeddah est devenu ensuite un port d'attache pour les pèlerins de La Mecque aux début de l'islam[6] .

D’autres études archéologiques ont montré que la zone était déjà peuplée pendant l’âge de pierre, à la suite de la découverte d’écritures Thamudidans le Wadi Briman (وادي بريمان), à l’ouest de la ville, et le Wadi Boweb (وادي بويب), au nord-ouest.

En 702 le royaume d'Aksoum occupe le port de Djedda afin de tenter l'invasion du Hedjaz.

Califat de Rashidun[modifier | modifier le code]

À la suite de la révélation de la religion islamique, et l’obligation du pèlerinage à La Mecque pour ses adeptes, le troisième calife de Djedda 'Othmân ibn 'Affân (عثمان بن عفان) changea en 647 apr. J.-C. le port de pêcheur en port d’accueil des pèlerins pour le Hajj[réf. nécessaire].

Depuis lors, Djedda s’est imposée comme la plus grande ville de la province historique du Hedjaz. Sa situation géographique particulière de porte vers la ville sainte des musulmans lui valut au cours de son histoire d’être conquise de nombreuses fois[réf. nécessaire].

Califat fatimide[modifier | modifier le code]

En 969, les Fatimides prirent le contrôle de l’Égypte à partir de la dynastie Ikhshidid et étendirent leur emprise sur les régions avoisinantes, incluant le Hedjaz et Djedda. Les Fatimides développèrent un large réseau commercial à la fois en mer Méditerranée et dans l’océan indien à travers la mer Rouge. Leur liens commerciaux et diplomatiques s’étendaient jusqu’en Chine durant la dynastie Song et déterminèrent l’essor économique du Hedjaz durant le Moyen Âge.

Empire ayyoubide[modifier | modifier le code]

Saladin est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide qui met un terme à un califat chiite fatimide agonisant en 1170. À partir de sa prise de pouvoir au Caire, il étend ses conquêtes de Jérusalem au Yémen ainsi que dans la province du Hedjaz, et par là même Djeddah[7]. Ces conquêtes s'inscrivent dans un vaste objectif d'unification des territoires musulmans mais aussi de contre-attaque des invasions franques qui se multiplient dans la région[8]. Saladin étend la politique de fondation des écoles juridico-religieuses (madrasas), destinée à la formation des cadres du régime. S'il entreprend durant son règne de mener la guerre sainte dans la région moyen-orientale, il tient à ne pas persécuter les fidèles des autres religions. De cette manière, la région peut bénéficier durant cette période d'une certaine prospérité culturelle et économique. À sa mort de Saladin en 1193, le sultanat se divise en quatre branches et se délite progressivement jusqu’en 1260[9].

Sultanat Mamelouk[modifier | modifier le code]

Djeddah en 1517 pendant une attaque portugaise.
Plan de la rade de Djeddah, ca 1827.
Djeddah en 1924.
Djeddah en 1938.

En 1254, suivant les évènements du Caire et la dissolution de l’Empire ayyoubide, le Hedjaz devint une région du sultanat mamelouk. L’explorateur portugais Vasco de Gama, ayant trouvé une route à travers le cap de Bonne-Espérance et recruté des pilotes des côtes de Zanzibar en 1497, continua à travers l’océan Indien vers la côte de Malabar et Calicut. Il attaqua des flottes de pèlerins musulmans venant d’Inde pour aller à La Mecque, semant la terreur chez les potentats musulmans locaux. Les princes de Gujarat et du Yémen envoyèrent de l’aide à l’Égypte. Le sultan Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî aurait rassemblé une flotte de 50 vaisseaux commandés par son amiral Hussein le Kurde. Djedda fut bientôt fortifiée avec les renforts de main d’œuvre venue se réfugier des attaques portugaises.

Empire ottoman[modifier | modifier le code]

En 1517, l’Empire ottoman conquit le sultanat mamelouk en Égypte et en Syrie, pendant le règne de Selim Ier[10]. Le Hedjaz passa alors sous domination ottomane. Les Turcs rebâtirent les faibles murs de Djedda en 1525 à la suite de leur victoire sur l’Armada de Lopo Soares de Albergaria dans la Mer Rouge. Le nouveau mur incluait six tours de garde et autant de portes. Il était construit pour se défendre des attaques portugaises. Parmi les six portes, la « Porte de La Mecque » était la porte Est, et celle de l’Ouest, face au port était appelé « Porte du Maghreb ». La « Porte du Chérif » était au sud, Les autres étaient la « porte d’Al Bunt », « Porte d’Al Sham » et « Porte de Medine » au nord[11].

Les Ottomans ont également construit la Qishla de Djedda, un petit fort pour les soldats de la ville. Au XIXe siècle, ces sept portes furent réduites à quatre grandes portes avec quatre tours : « Porte de Sham » au nord, « Porte de La Mecque » à l’est, « Porte du Shérif » au sud, et « porte du Maghreb » sur la mer.

Ahmed Al-Jazzar, le militaire ottoman connu pour son rôle dans le siège de Saint-Jean-d'Acre en 1799, passa la première partie de sa carrière à Djedda, où il tua en 1750 soixante-dix nomades qui se rebellaient contre l’exécution de leur chef Abdullah Beg. Ce fait lui valut pour le reste de sa vie le surnom de Jezzar ou boucher en arabe.

Guerre saoudo-ottomane[modifier | modifier le code]

En 1802, les tribus du Nejd menées par les Al Saoud ravirent à la fois La Mecque et Djedda aux Ottomans. Lorsque le Shérif Ghalib Efendi informa le sultan ottoman Mahmoud II, ce dernier ordonna au vice-roi d’Égypte Ibrahim Pacha de reprendre le Hedjaz. Ibrahim Pacha accomplit cette tâche lors de la bataille de Djedda en 1813, où il renvoya les tribus wahhabites dans leur désert et mit fin à 11 ans d'occupation saoudienne.

Royaume du Hedjaz[modifier | modifier le code]

À la suite de sa reconquête par les Ottomans, Djeddah reste sous domination turque jusqu'à la Première Guerre mondiale. Mais l'empire est à l'agonie et dès le début du XIXe siècle, Djeddah est l’une des villes les plus importantes de la province indépendante du Hedjaz. En 1916, Djeddah bascule sous le contrôle du royaume hachémite et du Chérif Hussein ben Ali. Puis en 1925, Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, fondateur du troisième État saoudien, qui s'empare de la région du Hedjaz et qui l'intègre à ce qui forme à partir de 1932 le Royaume d'Arabie saoudite.

Troisième royaume saoudien[modifier | modifier le code]

Depuis 1925, Djedda est donc occupée par les forces saoudiennes qui lui ont imposé la doctrine wahhabite. Plusieurs lieux de cultes considérés comme « polythéistes » ont été interdits. C'est le cas du Tombeau d'Ève, mais également du cimetière chrétien qui existe toujours mais a été clôturé et fermé.

Toutefois sa plus grande ouverture au monde lui a permis de devenir la capitale diplomatique de l'Arabie saoudite. Les ambassades étrangères y sont restées jusque dans les années 1980 après quoi elles furent transférées à Riyad, historiquement capitale du royaume wahhabite. Plusieurs palais royaux et princiers existent ainsi qu'un bureau pour le roi lorsqu'il n'est pas à Riyad. La ville a donc profité de la manne pétrolière et a connu un boom démographique et économique. Elle est notamment le siège de Saudi Airlines et de Saudi Binladen Group. Son aéroport est le lieu d'accueil des pèlerins se rendant à la Mecque et lui confère un statut international. L'Organisation de la conférence islamique y a établi son siège.

Fin novembre 2009, des inondations détruisent 8 092 maisons dans la ville, ce qui provoque 116 morts et 22 000 réfugiés hébergés par les autorités saoudiennes[12].

Géographie[modifier | modifier le code]

Djeddah se situe dans la province du Hedjaz qui signifie littéralement "la barrière”. Ce nom provient d'une chaîne de montage qui s'étend sur plus de 2000 kilomètres entre la Jordanie et le Yémen. Djeddah se situe sur la plaine côtière appelée Tihama qui désigne l’ensemble du littoral ouest de la péninsule arabique.

Économie[modifier | modifier le code]

Djeddah est le siège d'institutions islamiques à l'instar de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et de la Banque islamique de développement. La ville dispose d'un port et d'un aéroport international pour l'accueil des pèlerins en route pour les lieux saints. Jusque dans les années 1950, le principal revenu économique de Djeddah était basé sur le droit de douane imposé aux pèlerins et aux marchandises. La ville connaît une très forte croissance à partir des années 1970 tout comme le reste du pays depuis que l'exploitation du pétrole s’est intensifiée[13]. 70% de la marchandise qui entre dans le pays par voie maritime transite par le port de Djeddah, ce qui en fait le port le plus important du pays[14].

Culture[modifier | modifier le code]

Pendant le boom pétrolier à la fin des années 1970 et 1980, le maire de la ville de l'époque, Mohammed Said Farsito, amène l'art dans les espaces publics de Djeddah. Jeddah contient un grand nombre de sculptures et d'œuvres d'art moderne, généralement situées dans des ronds-points. Les sculptures comprennent des œuvres de Jean Arp, César Baldaccini, Alexander Calder, Henry Moore, Joan Miró et Victor Vasarely[15].

Le jet d'eau du roi Fahd.

La fontaine du roi Fahd est le jet d'eau est le plus haut du monde avec 312 mètres de hauteur les jours de vent favorable. Construite dans les années 1980 selon le modèle déjà existant à Genève, la fontaine du roi Fahd est mise en service en 1985.

Rues[modifier | modifier le code]

La rue King Abdullah, l'une des rues les plus importantes de Djeddah, s'étend de King Fahd Road à l'ouest de Djeddah, jusqu'à l'extrémité est de la ville. Elle est réputée pour ses nombreux bureaux d'entreprise, et se situe à proximité de la gare centrale de Djeddah. Dans cette rue se situe le plus haut mât de drapeau du monde, qui culmine à une hauteur de 170 mètres[16].

Tahlia Street est une importante rue commerçante du centre de Djeddah, réputée pour ses grands magasins et boutiques haut de gamme. Elle est renommé «Prince Mohammad bin Abdul Aziz Road» par le gouvernement, mais ce nom officiel n'est pas très utilisé[17].

Transports[modifier | modifier le code]

Djeddah possède l'Aéroport international King Abdulaziz qui est également l'aéroport desservant la Mecque pour les pèlerinages du Hajj. L'aéroport est situé à 30 kilomètres au nord du centre ville de la ville. Au niveau maritime, le port de Djeddah (en) est le plus important port saoudien et l'un des plus importants au monde, où transitent les marchandises venant d'Occident vers l'intérieur du pays. La ville constituait un relais sur la route des Indes.

La LGV Haramain est une ligne à grande vitesse reliant La Mecque à Médine en passant par Djeddah. La construction de cette ligne commence en 2009 avec un lancement prévu pour 2018. La ligne est équipée d'une double voies longue de 450 kilomètres sur laquelle les trains pouvent circuler à 320 km/h. La ligne ferroviaire compte cinq stations : deux stations terminales à La Mecque et Médine, une station à Djeddah et une station à l’aéroport international Roi Abdulaziz[18].

Sport[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Djedda est jumelée avec de nombreuses villes étrangères, qui ont été sélectionnées sur des critères économiques, culturels et politiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Terme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008 (source).
  2. (en) The meanings behind 13 Arab city names, www.stepfeed.com, 4 novembre 2016 (consulté le 24 septembre 2018)
  3. La tombe d'Ève, entre légende et mythe - article de Donna Abou-nasr - La Presse du 28 novembre 2008
  4. (en) M. J. Kister, The Encyclopedia of Islam, New Edition, Bosworth, 1986 , pp. 315–318. (ISBN 9004078193)
  5. http://www.okaz.com.sa/okaz/osf/20060510/Con2006051016179.htm
  6. History of Jeddah. Ministry of Hajj.
  7. Kamal S. Salibi, The Modern History of Jordan, I.B.Tauris, 1998, pp. 53–55. (ISBN 9781860643316)
  8. 3 juillet 1187 Saladin victorieux à Hattîn, www.herodote.net, 31 janvier 203 (consulté le 24 septembre 2018)
  9. René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, Perrin, 1936
  10. "History of Arabia." Britannica.com.
  11. Makkah Gate in Jeddah. AsiaRooms.com.
  12. « Inondations de Jeddah : le dernier bilan fait état de 116 morts », sur leparisien.fr, (consulté le 5 novembre 2017)
  13. Djeddah accueil - Edition de Février 2015, www.consulfrance.org, 19 mars 2015 (consulté le 24 septembre 2018)
  14. Fiche Générale - Les provinces de la région Ouest de l’Arabie saoudite, www.economie.gouv.fr (consulté le 24 septembre 2018)
  15. (en) Jonathan Jones, Sculptural oasis: why the giants of art made for Jeddah, www.theguardian.com, 1 juin 2015 (consulté le 24 septembre 2018)
  16. Djeddah, le plus haut drapeau du monde, www.kawa-news.com, 3 août 2017 (consulté le 24 septembre 2018)
  17. (en) Mohammad Al-Sulami, 4 Al-Rajhi properties auctioned for $172 million, www.pressreader.com, 8 mai 2017 (consulté le 24 septembre 2018)
  18. Le TGV Haramain arrive enfin à Makkah, www.katibin.fr, 18 octobre 2017 (consulté le 24 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]