Géostratégie de la Chine

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Cet article traite de la géostratégie contemporaine de la république populaire de Chine.

Après une longue période de crises graves face à l'Occident et à ses avantages techniques nés de la révolution industrielle, la république populaire de Chine redevient une grande puissance. Il lui faut désormais se positionner, face aux Occidentaux justement, et en particulier aux États-Unis; et trouver sa voie, sur le plan idéologique, entre communisme, capitalisme et nationalisme.

Sommaire

Les grandes phases de l'histoire de la Chine moderne[modifier | modifier le code]

La Chine nationaliste[modifier | modifier le code]

La Chine maoïste[modifier | modifier le code]

En 1949, le Parti communiste chinois arrive au pouvoir dans un pays épuisé par les guerres. La capitale du Guomindang, la ville marchande de Nankin, est délaissée au profit de Pékin (Beijing), ville impériale. Mao Zédong désire rendre à la Chine sa puissance face à l'Occident, et rapidement.

Dès 1950, la Chine intervient massivement dans la Guerre de Corée face aux forces essentiellement américaines. Entre 1952 et 55, l'Union soviétique renonce à ses intérêts hérités de l'époque de la Russie impériale et le Tibet perd brutalement son autonomie, entraînant l'exil du Dalaï-lama.

La Chine nouvelle puissance[modifier | modifier le code]

Renaissance d'une grande puissance[modifier | modifier le code]

Les vieilles ambitions de l'Empire du Milieu[modifier | modifier le code]

La vision qu'ont les Chinois de leur place dans les relations internationales se présente ainsi : au milieu du monde se situe l'« Empire du Milieu », celui des Han[1]. Le deuxième cercle est celui des « vassaux », ces peuples asiatiques empreints de la culture chinoise : Japonais, Coréens, Indochinois[1] ... Enfin, on trouve au-delà de cette sphère d'influence tous les autres peuples, désignés communément sous le terme de « Barbares »[1].

Selon cette vision très ancienne, les relations avec les vassaux doivent être institutionnalisées, celle avec les barbares doivent être évitées[1].

Les Chinois sont encore empreints de cette mentalité. Ainsi, Lorsque, en 1979, la Chine lance une opération militaire contre le Vietnam, elle l'a présentée comme une « punition »[2]. De plus, si les Chinois refusent l'idée que le Japon puisse devenir l'un des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, c'est parce qu'ils craignent ce pays encore puissant, qui a pu dans l'histoire récente contrecarrer la puissance de la Chine[2] (la Chine est encore aujourd'hui le seul pays d'Extrême-Orient à être un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU).

Les nouvelles ambitions de la république populaire de Chine[modifier | modifier le code]

Une organisation militaire et paramilitaire opaque[modifier | modifier le code]

Un potentiel militaire en croissance rapide[modifier | modifier le code]

La stratégie du collier de perles des bases chinoises[modifier | modifier le code]

Carte du « collier de perles ».
Article détaillé : Stratégie du collier de perles.

Première étape : s'assurer des points d'appuis dans les mers proches[modifier | modifier le code]

Les revendications chinoises sur les mers proches, étendre le contrôle des vastes zones économiques exclusives, n'est pas que l'indice d'une volonté nationaliste d'étendre le territoire national de la manière la plus pointilleuse. C'est également le choix de s'imposer des points d'appuis pour la marine et divers centres d'écoute entre le littoral chinois et les États de l'ASEAN : îles Pratas (Dongsha), Paracel (Xisha) et Spratley (Nansha).

État actuel du potentiel militaire chinois[modifier | modifier le code]

L'Armée de Terre[modifier | modifier le code]

D'un point de vue militaire, l’armée de terre chinoise a subi une profonde mutation à la fin des années 1990, la faisant passer d'une armée de masse dotée d'un matériel abondant mais de qualité aléatoire, à une armée de métier dotée de technologies avancées.

Pour parvenir à cet objectif, le gouvernement Chinois n’a pas ménagé ses efforts et annonçait notamment en 2017 un budget militaire de 1000 milliards de yuans soit 140 milliards d'euros [3], ce qui représente une hausse de 7 % par rapport à l'année précédente, et en fait le deuxième budget militaire mondial derrière les États-Unis.

Malgré une baisse substantielle de ses effectifs du fait du passage à une armée professionnelle, l’armée de terre chinoise comptait en 2013 pas moins de 850 000 soldats. [4]

Bien que le pays soit entouré de voisins disposant également d’armées aux effectifs importants (Inde,Corée du Nord, Vietnam,Russie), la modernité et les capacités de frappe de l’armée de terre chinoise sont pour le pays un atout géostratégique essentiel.

L'Armée de l'Air[modifier | modifier le code]

Les 3 flottes de la Marine de guerre[modifier | modifier le code]

Selon la loi anti-sécession de 2005, une des fonctions majeures de la marine chinoise est de s'assurer une suprématie militaire dans le détroit de Formose, afin de dissuader l'île de Taïwan de proclamer officiellement son indépendance.

Une telle capacité militaire remettrait également en cause la capacité d'un État comme le Japon, pauvre en matières premières, à assurer ses importations, qui passent majoritairement par le détroit de Formose, ou à proximité immédiate.

La marine chinoise doit faire respecter sa vaste zone économique exclusive (ZEE). Le problème principal est donc la délimitation de cette zone très étendue, dans des mers riches en petites îles à la souveraineté contestée :

La China Armed Police Force (CAPF) et ses garde-côtes[modifier | modifier le code]

L'armement nucléaire[modifier | modifier le code]

Le monde selon les stratèges chinois[modifier | modifier le code]

L'Extrême-Orient et l'Océan Indien[modifier | modifier le code]

La Chine, un monde en soi[modifier | modifier le code]

Le monde chinois hors de la Chine[modifier | modifier le code]

Taïwan[modifier | modifier le code]

La Chine entend s'opposer à toute volonté taïwanaise de proclamer officiellement son indépendance. La loi anti-sécession de 2005 est une menace directe, dans le cadre d'un problème considéré comme interne. Les armées chinoises, et tout particulièrement la marine, doivent s'assurer un potentiel militaire important :

  • Dissuader l'île de Taïwan de proclamer son indépendance de par le poids militaire chinois dans le

détroit de Formose. Cela présuppose une supériorité théoriquement décisive sur l'armée taïwanaise, ainsi qu'une capacité de destruction massive de l'île par le biais de bombardements, le cas échéant.

Les États voisins de la Chine[modifier | modifier le code]

Le Japon[modifier | modifier le code]

Un des objectifs de la marine chinoise est de rivaliser avec la marine japonaise. Cette dernière, malgré l'absence de porte-avions, est d'un niveau technologique remarquable, et bénéficie du soutien des États-Unis. Une part importante des importations japonaises passe par le détroit de Formose, ou bien à proximité immédiate.

L'Inde[modifier | modifier le code]

Théoriquement, la Chine partage avec l'Inde un certain nombre de points communs. Ce sont deux vastes États très peuplés, deux vieilles civilisations, deux vieux Empires luttant séculairement pour leur unification autour d'un pouvoir central, et en particulier face aux puissances coloniales. En réalité, les deux puissances émergentes se concurrencent dans l'espace asiatique, sous l'œil attentif de la Russie. Pour autant, la Chine semble prendre lentement une grande avance sur son voisin du Sud:

  • Dès les années 1950, le contrôle chinois des bastions tibétains et himalayens créèrent une barrière décisive face aux éventuelles ambitions indiennes. L'exil du Dalaï-lama à Dharamsala en a été le symbole.
  • Rapidement vaincue lors de la guerre sino-indienne de 1962, l'Inde dut accepter des rectifications de frontière humiliantes.
  • Le soutien chinois aux pouvoirs birman mais surtout pakistanais est une forme d'encerclement pacifique.
La Corée du Nord[modifier | modifier le code]
La Mongolie[modifier | modifier le code]
Le Pakistan[modifier | modifier le code]
Le Viêt Nam[modifier | modifier le code]

L'Occident fascinant et méprisé[modifier | modifier le code]

Les États-Unis[modifier | modifier le code]

L'Union européenne[modifier | modifier le code]

La Fédération de Russie[modifier | modifier le code]

Les réserves de matières premières stratégiques[modifier | modifier le code]

Le Proche-Orient[modifier | modifier le code]

L'implantation stratégique en Afrique noire[modifier | modifier le code]

La croissance économique forte de la Chine l'oblige à sécuriser et diversifier ses importations d'énergie et de matières premières[5]. Ainsi, la Chine noue de nombreux accords de coopération avec de nombreux pays d'Afrique noire[6]. Ainsi en novembre 2006, le gouvernement chinois a accueilli à Pékin quarante-huit chefs d'État et de gouvernement pour un grand sommet Afrique-Chine[5].

La Chine accorde aussi de l'aide au développement à ces pays, à la condition qu'ils ne reconnaissent pas Taïwan[6]. L'idée est de faire de cette région du monde un réservoir de matières premières[6] (notamment de pétrole), un débouché pour les produits chinois[6], ainsi que de fidèles alliés politiques[6], par exemple lors de votes à l'ONU[6].

L'Amérique latine[modifier | modifier le code]

Les régions polaires[modifier | modifier le code]

Mers et océans[modifier | modifier le code]

Au-delà[modifier | modifier le code]

Les efforts pour contrôler l'économie mondiale[modifier | modifier le code]

La domination de l'internet[modifier | modifier le code]

L'espace[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, Paris, 2011, p.120
  2. a et b Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, Paris, 2011, p.121
  3. (fr) « La Chine augmente son budget militaire de 7 % », sur https://www.courrierinternational.com/, Courrier International, (consulté le 4 mars 2017).
  4. (fr) « L’armée chinoise se dévoile », sur http://www.france24.com/, France 24, (consulté le 17 avril 2013).
  5. a et b Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, Paris, 2011, p.116
  6. a b c d e et f Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, Paris, 2011, p.117 Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « quatrième » est défini plusieurs fois avec des contenus différents

Liens externes[modifier | modifier le code]