Attentat de la rue des Rosiers

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Attentat de la rue des Rosiers
Image illustrative de l'article Attentat de la rue des Rosiers
Le restaurant Jo Goldenberg qui se trouvait au 7 rue des Rosiers, lieu de la fusillade

Localisation rue des Rosiers, Paris, dans le Pletzl
Cible restaurant Goldenberg
Coordonnées 48° 51′ 25″ N 2° 21′ 35″ E / 48.856903, 2.35979248° 51′ 25″ Nord 2° 21′ 35″ Est / 48.856903, 2.359792
Date
13 h 15
Mort(s) 6
Blessé(s) 22
Participant(s) 2 à 5 personnes
Organisation(s) Fatah-Conseil révolutionnaire

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Attentat de la rue des Rosiers

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Attentat de la rue des Rosiers

L’attentat de la rue des Rosiers est un attentat, dont la motivation antisémite découle de la cible, perpétré le à 13 h 15 contre le restaurant Goldenberg, 7 rue des Rosiers dans le quartier du Marais à Paris (le Pletzl). Le bilan est de six morts et vingt-deux blessés; pour certains traumatisés, amputés ou paralysés à vie. En 2011, la justice française a identifié le Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal comme responsable de l'attentat.

L'attentat[modifier | modifier le code]

Le lundi 9 août 1982 à 13 h 15, un groupe (de deux à quatre personnes, selon différents témoignages contradictoires) d'hommes masqués et armés de pistolets mitrailleurs descend d'une voiture blanche et fait irruption dans le restaurant de Jo Goldenberg, en plein Marais[1].

À cette heure d’affluence, une cinquantaine de clients se trouvent à table pour la pause déjeuner. Après avoir lancé deux grenades, mitraillé clients et employés, le commando traverse le quartier, surnommé le Pletzl (où vit une forte communauté juive), en tirant dans la foule. En moins de trois minutes, l’attentat fait six morts et vingt-deux blessés[2]

Auteurs présumés[modifier | modifier le code]

Une première revendication provient d'Action directe mais l'organisation anarcho-communiste se rétracte et condamne l'acte qualifié d'« erreur politique »[3].

Les services de police et de renseignements chargés de l'enquête soupçonnent le Fatah, Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal — un groupe palestinien dissident de l’OLP. Les douilles retrouvées sont en effet des munitions de 9 mm court « Marakov » tirées par un PM Wz 63 (1,8 kg et 33 cm) de fabrication polonaise, « signature » de ce groupe[4]. Cependant une chose demeurait surprenante : Abou Nidal revendique toujours ses actions ; or, il contesta avoir été l'instigateur de la fusillade[réf. nécessaire].

En octobre 2008, l'enquête rebondit grâce à un documentaire de Thierry Vincent diffusé sur Canal+. Dans ce documentaire qui s'appuie sur la contre-enquête minutieuse et étayée d'un ancien officier des Renseignements généraux, ce dernier met en évidence la venue à Paris le en provenance d'Allemagne via Metz, de deux terroristes « néonazis », Odfried Hepp et Walter Kexel. Le premier, ayant suivi des entraînements para-militaires dans certains camps radicaux palestiniens, travaille activement, depuis avril 1982, pour la Stasi[5]. Les deux terroristes recherchés par la police allemande pour de multiples attentats ont été identifiés à Metz (Moselle) chez un nazi notoire le 7 août au soir. De plus les portraits robots correspondent assez à la description des témoins (type européen, âge, etc.). Odfried Hepp, toujours vivant, ancien membre du FLP (Front de libération de la Palestine), ancien agent de la Stasi, reconnaît dans le documentaire que son acolyte (suicidé depuis) peut très bien en être l'auteur[6],[7].

Trois ans plus tard, en novembre 2011, l'enquête subit un revirement de situation avec l'annonce de l'identification des auteurs de la fusillade par le juge Marc Trévidic grâce à des témoignages d'anciens membres du Fatah[8]. Il s'agit de deux hommes membres d'un commando du Fatah réfugiés depuis en Jordanie, pays d'où ils ne peuvent être extradés.

En février 2015, des mandats d'arrêt internationaux sont délivrés contre trois hommes soupçonnés d'avoir participé à l'attentat. Ces trois hommes vivent en Cisjordanie, en Jordanie et en Norvège[9]. La prescription de trente ans courant à partir du dernier acte d’enquête, la moindre audition de témoin relance d’autant la procédure judiciaire[10]. Toutefois, l'obtention de l'extradition des suspects paraît difficile sauf si la Norvège enclenchait à l'encontre de son ressortissant une procédure de déchéance de nationalité[10].

Le 1er juin 2015, le cerveau présumé de ces attentats, Zouhair Mouhamad Hassan Khalid al-Abassi, alias « Amjad Atta » est interpellé en Jordanie, 32 ans après les faits, il est alors âgé de 62 ans[11]. Il est toutefois relâché sous caution avec interdiction de quitter le territoire jordanien, en attendant une décision quant à son extradition[12]. Le 29 octobre 2015, la justice jordanienne rejette l'extradition demandée par la France de al-Abassi et d'un autre suspect Nizar Tawfiq Mussa Hamada en raison du dépassement du délai de prescription[13]. Toutefois, le procureur général de Jordanie fait appel de cette décision[14].

En marge de l'attentat[modifier | modifier le code]

En réaction à la fusillade, le président de la république François Mitterrand annonce qu'il confie la direction de l'enquête à la cellule antiterroriste de l'Élysée. La cellule est dirigée par le patron du GIGN, Christian Prouteau, et son adjoint est le capitaine Paul Barril.

Le 28 août 1982, Barril interpelle les poseurs supposés de la bombe de la rue des Rosiers : des nationalistes irlandais. C'est le début de l'affaire des Irlandais de Vincennes, dans laquelle Paul Barril est soupçonné d'avoir apporté lui-même les pièces à conviction, armes, explosifs et documents compromettants.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

L’impact des balles est toujours visible sur la devanture. Mais en 2010, Goldenberg est remplacé par un magasin de vêtements et la plaque commémorant l'attentat a disparu. À la suite d'une demande formulée par l'association Europe Israël[15], une nouvelle plaque a été posée par la mairie de Paris le 29 juin 2011[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal de l'année, Larousse,‎ 1983, p. 181
  2. Alain Vincenot, Les larmes de la rue des Rosiers, Éditions des Syrtes,‎ 2010, p. 204
  3. Serge Garde, Rémi Gardebled, Valérie Mauro, Guide du Paris des faits divers: du Moyen âge à nos jours, Le Cherche Midi,‎ 2004, p. 75
  4. Roland Jacquard, Les Dossiers secrets du terrorisme, Albin Michel,‎ 1985, p. 262
  5. (de) Der nützliche Nazi, Andreas Förster, berliner-zeitung.de, 14 juin 2001
  6. Attentat de la rue des Rosiers, la piste des néo-nazis allemands, Jean-Yves Camus, Rue89, 3 octobre 2008
  7. L'enquête sur la rue des Rosiers relancée, Pascal Bovo, bakchich.info, 3 octobre 2008
  8. Attentat de la rue des Rosiers: deux auteurs identifiés, Pascal Ceaux et Jean-Marie Pontaut, lexpress.fr, publié le 09 novembre 2011
  9. Attentat de la rue des Rosiers : des suspects identifiés 32 ans plus tard, lepoint.fr, 4 mars 2015
  10. a et b Emmanuel Fansten et Willy Le Devin, « Rue des Rosiers : une traque de trente ans »,‎
  11. Francetv Info avec A.F.P., « Attentat de la rue des Rosiers : le cerveau présumé, un Palestinien interpellé en Jordanie, 32 ans après les faits » (consulté le 17 juin 2015)
  12. Céline Revel-Dumas, « Le cerveau présumé de l'attentat de la rue des Rosiers arrêté », sur Le Figaro,‎
  13. Attentats de la rue des Rosiers : la Jordanie refuse l'extradition de deux suspects, Le Figaro, 11 février 2016
  14. « Attentat rue des Rosiers : appel du procureur général jordanien », sur The Times of Israel,‎
  15. http://www.europe-israel.org/2011/06/rue-des-rosiers-la-memoire-retrouvee-enfin/
  16. http://mairie04.paris.fr/mairie04/jsp/site/Portal.jsp?document_id=1734&portlet_id=115

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Attentat de la rue des Rosiers : La piste oubliée, 2008, Thierry Vincent

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]