Hafez el-Assad

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Hafez el-Assad
حافظ الأسد
Image illustrative de l'article Hafez el-Assad
Fonctions
4e président de la République arabe syrienne
(37e chef de l'État syrien)

(29 ans 3 mois et 19 jours)
Prédécesseur Ahmad al-Khatib
Successeur Abdel Halim Khaddam (intérim)
Bachar el-Assad
Biographie
Nom de naissance Hafez el-Assad
Date de naissance
Lieu de naissance Qardaha (Syrie mandataire)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Damas
Nationalité syrienne
Parti politique Parti Baas
Front national progressiste
Conjoint Anisa Makhlouf
Enfant(s) Bouchra el-Assad
Bassel el-Assad
Bachar el-Assad
Maher el-Assad
Majid el-Assad
Religion Islam chiite, branche alaouite

Hafez el-Assad
Présidents de la République arabe syrienne

Hafez el-Assad ou Hafiz al-Asad (en arabe : حافظ الأسد), né le à Qardaha et mort le à Damas, est un homme politique syrien.

Après son accession au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1970, il est président de la République jusqu'à sa mort en 2000. Son fils, Bachar, lui a succédé.

Son régime fortement autoritaire, structuré autour du parti unique du Baas, a mis en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il a conféré une stabilité à un pouvoir politique syrien marqué jusque-là par les coups d'État et a fait de la Syrie un acteur incontournable du Moyen-Orient.

Origines du nom de famille[modifier | modifier le code]

Le père de Hafez el-Assad, Ali Sulayman el-Wahch, s'était opposé à l'occupation française de la Syrie. Les autochtones ayant apprécié son engagement l'appelaient Ali el-Assad, où « Assad » signifie « lion » en arabe. Ce dernier a définitivement adopté ce nom en 1927. Il est à noter que son ancien nom de famille, el-Wahch (en arabe : الوحش), se traduit par « l'animal sauvage, la bête féroce ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Hafez el-Assad est né à Qardaha dans l'ouest de la Syrie au sein d'une famille pauvre appartenant à la communauté religieuse minoritaire des Alaouites, proche du chiisme. Il est le premier membre de sa famille à aller au lycée. Il milite au sein du parti Baas dès l'âge de 16 ans, en 1946. Sa famille ne pouvant lui offrir une éducation universitaire, Assad s'inscrit à l'Académie militaire syrienne, où l'on bénéficie d'une scolarité gratuite. Il s'y révèle un élève brillant et est envoyé en formation complémentaire de pilote de chasse en Union soviétique au sein de l'Armée rouge pendant onze mois. Par ailleurs, Assad rencontre, à l'Académie, Mustapha Tlass, qui devient, par la suite, son compagnon de lutte politique. Son ascension au sein de la hiérarchie militaire est rapide, faisant de lui une figure importante de celle-ci. Assad s'oppose en 1958 à l'union entre l'Égypte et la Syrie qui crée la République arabe unie. Stationné au Caire, il travaille, en compagnie d'autres officiers, à mettre un terme à cette union. Quoique baassiste et favorable à l'idéal d'une union panarabe, il s'oppose à la domination du régime de Nasser au sein de la République arabe unie. En conséquence, Hafez el-Assad est brièvement emprisonné par les autorités égyptiennes lors de la dissolution de la république unitaire en 1961.

Dans l'incertitude qui suit la dissolution de l'union égypto-syrienne, une coalition de groupements politiques de gauche menée par le Ba'as prend le pouvoir. Assad est nommé chef d'état-major de l'armée de l'air en 1964. L'État est alors officiellement dirigé par Amin al-Hafez, d'obédience sunnite. En fait, à travers le parti Baas qu'ils contrôlent, il est dominé par un groupe de jeunes alaouites, dont Assad fait partie.

L'accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1966, l'aile pro-soviétique du Baas, menée par Salah Jedid, entreprend un coup d'État au sein du régime et écarte les autres partis du gouvernement. Pressenti de plus en plus comme un membre puissant du gouvernement, Assad devient ministre de la Défense, et exerce dès lors un pouvoir considérable sur la politique gouvernementale. Le pouvoir est toutefois traversé par d'importantes tensions entre une aile radicale du Baas, favorable à une politique étrangère agressive et à des réformes sociales rapides, et une aile militaire, dirigée par Assad, plus pragmatique. Après le discrédit de la défaite militaire de la guerre des Six Jours et l'intervention avortée de la Syrie dans le conflit jordano-palestinien de Septembre noir, ces tensions se transforment en un conflit ouvert. Quand le président Noureddine al-Atassi et le secrétaire général du parti Baas, Salah Jedid, prennent conscience du danger et ordonnent qu'Assad et Tlass soient écartés de toute position de pouvoir dans le parti et le gouvernement, il est dféjà trop tard. Hafez el-Assad lance rapidement un coup de force à l'intérieur du parti qui est « purgé », cependant qu' Atassi et Jadid sont envoyés en prison, et que les partisans d'Assad s'emparent de tous les postes clés de l'appareil d'État.

Un régime fortement autoritaire[modifier | modifier le code]

Hafez el-Assad hérite d'un régime dictatorial, établi durant de longues années d'un pouvoir militaire instable, puis réorganisé suivant la politique du parti unique du Baas. Non seulement, il ne rompt pas avec ce régime, mais il en accroît la dimension répressive, et s'efforce de contrôler chaque secteur de la société à travers un vaste appareil policier et de renseignement.

Le régime met également en place un culte de sa personnalité, le décrivant comme un dirigeant juste, sage et puissant de la Syrie et du monde arabe en général. À la manière soviétique, ce culte se traduit par un vaste système de propagande fait notamment d'affichages de son effigie, d'érections de statues, de discours publics glorificateurs. Son fils Bassel appelé à lui succéder, fait, plus tard, l'objet d'un culte semblable mais il trouve la mort dans un accident de voiture le 21 janvier 1994.

Le régime trouve un soutien essentiel dans la minorité alaouite, dont Hafez el-Assad place des membres à de nombreux postes clés de l'appareil d'État.

Le régime se caractérise ainsi par l'emprise qu'il exerce sur la vie sociale et politique, interdisant toute opposition et réprimant avec violence toute contestation. L'écrasement militaire du soulèvement des fondamentalistes sunnites, les Frères musulmans, dans la ville de Hama en 1982 est l'épisode le plus marquant de cette répression.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Israël[modifier | modifier le code]

La politique étrangère de Hafez el-Assad est structurée par le conflit entre la Syrie et Israël – conflit antérieur à la prise de pouvoir de Assad, et qui a continué après sa mort.

Au commencement de sa présidence, la Syrie joue un rôle majeur dans la guerre du Kippour en 1973. La guerre est présentée par le régime comme une importante victoire patriotique, quoique son bilan soit extrêmement nuancé. Après une faible avancée sur le plateau du Golan (territoire syrien occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967), l'armée syrienne connaît d'importantes pertes et doit reculer devant une contre-attaque israélienne. Toutefois, la Syrie regagne, in fine, des territoires sur le tracé de 1967, grâce aux négociations de paix, dirigées par Henry Kissinger.

La volonté de reconquête de l'intégralité du plateau du Golan n'a pas cessé, par la suite, d'être un des axes centraux de la politique de Hafez el-Assad. Il respecte, toutefois, la ligne de cessez-le-feu placée sous le contrôle des Nations unies. Assad choisit, en effet, une politique indirecte de pression sur Israël, à travers le soutien à divers mouvements arabes, hostiles à l'État juif, qu'il a clientélisés. Ainsi, il soutient le Hezbollah au Liban, durant l'invasion de ce pays par Israël. Il apporte, de même, son soutien à de nombreux groupes palestiniens, comme le Hamas. Assad refuse de reconnaître l'existence d'Israël, officiellement qualifié d'« entité sioniste ». Toutefois, avec la chute de l'URSS, il comprend que l'équilibre des forces avait été transformé en faveur des États-Unis, et de son principal allié dans la région, Israël. Il accepte alors, pressé par les États-Unis, de s'engager dans des négociations avec Israël, qui échouent.

Le Liban[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Liban.

Assad joue un rôle clé dans l'histoire du Liban contemporain. La guerre civile libanaise, qui éclate en 1975 et oppose sur fond de conflit israélo-arabe les communautés religieuses du pays (chrétiens et membres de la droite libanaise d'une part, musulmans, « progressistes de gauche » et Palestiniens de l'autre) finit par tourner à la défaveur des chrétiens. Craignant de perdre le pouvoir présidentiel qui était réservé aux chrétiens de rite maronite depuis le Pacte de 1943, les leaders des milices chrétiennes Camille Chamoun et Pierre Gemayel lancent un appel à l'armée syrienne, pour mettre un terme à cette guerre fratricide. Le président syrien, qui soufflait sur les braises de la guerre du Liban, en soutenant tour à tour les différents belligérants, y voit l'occasion d'installer ses troupes au pays du Cèdre, avant-poste de sa lutte contre Israël. Ce sera le début de la mainmise syrienne sur le Liban, qui durera jusqu'à la révolution du Cèdre en 2005.

Il obtient par ailleurs de Jacques Chirac en 1996 que les dossiers de l'occupation israélienne au Liban et au Golan soient liés, et que la France fasse pression en ce sens sur l'État hébreu.

Bilan[modifier | modifier le code]

Le bilan de ses trente années de règne reste controversé : aux critiques contre sa politique interne répressive (écrasement dans le sang des Frères musulmans dont notamment le massacre de Hama) et de son soutien au groupe islamique libanais (Hezbollah), s'opposent des analyses qui voient en lui un « redoutable diplomate » (Henry Kissinger), ainsi que l'homme qui a fait de la Syrie un interlocuteur incontournable dans le règlement des conflits du Proche-Orient.

Son fils aîné, Bassel, devait lui succéder à la présidence mais la mort de ce dernier dans un accident de voiture en 1994 contraint Assad à changer ses plans. C'est son autre fils, Bachar, qui lui succède à la présidence syrienne après sa mort en juin 2000. Jacques Chirac est le seul chef d’État occidental à se rendre à ses funérailles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lire aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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