Farges (Ain)

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Farges
L'église Saint-Brice de Farges.
L'église Saint-Brice de Farges.
Blason de Farges
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Arrondissement Gex
Canton Thoiry
Intercommunalité Pays de Gex
Maire
Mandat
Monique Graziotti
2014-2020
Code postal 01550
Code commune 01158
Démographie
Population
municipale
972 hab. (2014)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 10′ 04″ nord, 5° 54′ 19″ est
Altitude Min. 360 m – Max. 1 527 m
Superficie 14,28 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-farges.fr

Farges est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune fait partie du parc naturel régional du Haut-Jura. Outre le chef-lieu, Farges, la commune compte les hameaux d'Airans, d'Asserans et de Ferruaz.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Péron Rose des vents
Chézery-Forens N Pougny
O    Farges    E
S
Confort Collonges

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorial des communes de l'Ain.


Armes de Farges

Les armes de Farges se blasonnent ainsi[1] : D'argent au sautoir ancré d'azur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Farges : Du mot latin Făbrĭca, avec métathèse, « atelier d'artisan », à l'origine de notre « fabrique », a principalement désigné une forge .

Faits historiques[modifier | modifier le code]

  • En 1534, Mathieu Gribaldi, un théologien italien originaire de Chieri (en français Quiers), ville du Piémont qui appartenait alors au duché de Savoie comme le pays de Gex, épouse Georgine Carrax (ou Carrat), dame de Farges, et devient le seigneur de ce fief dont le château lui est cédé par le noble sieur Bon Trombert[2].
  • En 1601, le pays de Gex est rattaché par le traité de Lyon au royaume de France. Les anciens fiefs sont rétablis, et celui de Farges est remis la même année aux deux fils survivants de Mathieu Gribaldi, Pompée de Gribald et son frère Jean-Antoine (qui avaient francisé leur patronyme)[3]. Le fief s'étend alors des sommets du Jura jusqu'au Rhône et du Fort l'Écluse jusqu'à la rivière l'Annaz[3].
  • En 1639, Jean-Antoine de Gribald vend sa moitié indivise à maître Gaspard Desprez, notaire royal, tandis que Vespasien de Gribald, fils de Pompée, avait hérité de la part de son père décédé[2]. En 1663, l'un des deux conseigneurs de Farges est un avocat protestant, Jean-François de Bons[4].
  • La municipalité est créée en 1793 (an II de la République) sous le nom de Farge; elle est rattachée au canton de Collonges. L'orthographe officielle Farges apparaît en 1801[5].

L'occupation allemande et l'incendie d'Asserans[modifier | modifier le code]

En août 1944, à l'heure de la libération gessienne, le petit hameau d'Asserans connaît un triste épisode de la Seconde Guerre mondiale. Comme à Valleiry le 17 août, où les troupes allemandes brûlent le village, la tragédie se poursuit à Farges le 18 avec des prises d'otages puis à Asserans le 19, où les habitants vont subir les violences de quelques officiers nerveux, voire revanchards car la France se libère définitivement. Le village sera incendié, les habitants brutalisés et terrorisés, et les frères Mathieu seront assassinés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2014 Daniel Juliet   Réélu en 2008
2014 En cours Monique Graziotti SE Fonctionnaire

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Farges.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 972 habitants, en augmentation de 15,71 % par rapport à 2009 (Ain : 5,95 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
433 552 631 637 732 714 792 767 723
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
720 654 640 628 615 609 627 573 726
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
509 454 436 383 408 385 388 317 335
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
365 415 456 480 559 594 779 854 972
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La pierre à Baptiste[modifier | modifier le code]

La pierre à cupules dite pierre à Baptiste, datant du néolithique, est un bloc erratique glaciaire (Würmien), d'origine alpine, présentant une série de cupules reliées par une rigole. D'après certains auteurs ces ensembles cupules-rigoles servaient à recueillir le sang lors de sacrifices en guidant celui-ci vers la déesse mère afin de la féconder. Dans des cas révélés la disposition des cupules représente des éléments de la voûte céleste.

Les gouffres[modifier | modifier le code]

Entrée du gouffre de la Rasse.

On trouve sur le versant est du Grand Crêt d'Eau de nombreux gouffres dont le Gouffre de la Rasse, le plus profond (690 m) du Jura français et suisse, le gouffre Lévrier, le gouffre Bouchet, le gouffre du Charmy, le gouffre des Grands Cerfs. Le gouffre de la Donde à la Dame tire son nom d'une histoire locale qui selon laquelle, un valet jaloux de sa maitresse précipita cheval et cavalière dans le précipice...

Un squelette d'aurochs (l'ancêtre des vaches) fut mis au jour au gouffre du Crâne par les spéléologues de Bellegarde, cette découverte permit après datation au carbone 14 de préciser qu'entre 5 et 225 apr. J.-C. le Jura était fréquenté par cet animal actuellement disparu[10].

Monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Brice[modifier | modifier le code]

L'église date du début du XVIIIe siècle. Son clocher, construit en bois en 1727[11] a été remplacé par un clocher en maçonnerie au début du XIXe siècle.

Le château de Farges[modifier | modifier le code]

Le château de Farges a été bâti pour partie au XIVe siècle. Occupé dans la deuxième moitié du XIXe siècle par Napoléone de Montholon puis par son fils Amblard de Lapeyrouse[12], il a été transformé au XXe siècle en un hôtel-restaurant réputé. Abandonné à la fin des années 1990, il a été racheté en 2012 par un promoteur immobilier[13].

Place Barack-Obama[modifier | modifier le code]

La place Barack-Obama[14], au lieu dit du parking-derrière-l'église, est la première du nom en France.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Mathieu Gribaldi[modifier | modifier le code]

Mathieu Gribaldi, ayant dû quitter l'Italie à cause de ses opinions religieuses, s'est installé au château de Farges vers 1535. Rejetant le dogme de la Trinité et niant la divinité du Christ, il se brouille avec Calvin, installé dans la Genève voisine, en 1553. Il est mort à Farges en 1564. Sa doctrine est encore d'actualité en Transylvanie, en Angleterre et aux États-Unis. Son ami Giovanni Valentino Gentile fut décapité pour avoir répandu les mêmes idées[15].

Napoléone de Montholon[modifier | modifier le code]

Napoléone de Montholon, née à Sainte-Hélène le 18 juin 1816 à Longwood (Île de Sainte-Hélène), résidence d'exil de l'empereur, était la filleule de Napoléon Ier (plus vraisemblablement sa fille naturelle selon plusieurs historiens et contemporains). Elle fut aussi une proche de Napoléon III. Veuve, Napoléone s'est remariée en 1846 avec le comte de Lapeyrouse, à 30 ans, et c'est en 1853 qu'elle achète le château de Farges. Elle y résidera jusqu'en 1888. Son fils, Amblard, sera maire éphémère de la commune de 1888 à 1890, date à laquelle le château sera vendu. Napoléone décédera ensuite à Aix-en-Provence en 1907, mais aura marqué la vie fargeoise durant 35 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Banque de blason, sur labanquedublason2.com (section “communes de France” puis “01” puis “Farges”)
  2. a et b divers auteurs, Bulletin de l'Institut national genevois, Genève, Kessmann, , p. 88-94.
  3. a et b Joseph Brossard, Histoire politique et religieuse du pays de Gex, Bourg-en-Bresse, Milliet-Bottier, , p. 413.
  4. Théodore Claparède, Histoire des églises réformées du pays de Gex, Genève, Joël Cherbuliez, , p. 337.
  5. « Notice communale de Farges », sur base Cassini de l'EHESS (consulté le 16 septembre 2012).
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  10. Dépôt MHNGE. CHAIX, L. & B. VALTON. 1984. Note sur un aurochs (Bos primigenius BOJANUS) subatlantique du Jura gessien (Ain, France). Revue de Paléobiologie 3(2): 185-190.
  11. « Commune de Farges (Ain) -1727- », sur Les actes insolites des registres d'état-civil (consulté le 31 juillet 2012).
  12. « Napoléone de Montholon », sur Société des Études Historiques Révolutionnaires et Impériales (consulté le 31 juillet 2012).
  13. Le Dauphiné libéré (édition Bellegarde et Pays de Gex) du .
  14. Place « Barack Obama » sur france3.fr consulté le 18 novembre 2008
  15. « Gentile Valentino » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]