Machine à écrire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Machine à écrire portative Olivetti Lettera 32, avec un clavier arabe

Une machine à écrire est une machine mécanographique permettant d'écrire des documents avec des caractères imprimés. Elle se présente sous la forme d'un clavier comportant un certain nombre de touches représentant les caractères qui seront imprimés sur le papier.

Elle peut être portative et légère (pour travailler en voyageant), ou de bureau (plus lourde et encombrante).

Elle a été utilisée de la fin du XIXe siècle, notamment par les dactylographes, jusqu'à l'apparition des machines à mémoire électronique, qui pré-figurent le déclin et le remplacement par l'ordinateur. Celui-ci met en effet à disposition des fonctionnalités puissantes reposant sur les techniques de numérisation, le traitement de texte, les outils bureautiques et multimédias, la PAO (publication assistée par ordinateur), ou applications de diffusion, qui se trouvent aujourd'hui être largement accessibles et utilisés par un nombre croissant d'utilisateurs.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1714 : Premier brevet accordé à l'Anglais Henry Mill.
  • 1829 : The Typographer de l'Américain William Austin Burt, breveté le 23 juillet.
  • 1837 : Cembalo scrivano de l’italien Giuseppe Ravizza.
  • 1839 : François-Pierre Foucault, ami de Louis Braille invente une machine à écrire constituée d‘un ensemble de leviers terminés par des poinçons gravés et actionnés par un ensemble de touches, qui permet d’écrire en raphigraphie, un système typographique initialement inventé par Braille de reproduction en relief des lettres sur papier d’une façon lisible à la fois de façon tactile par les aveugles et de façon visuelle par les voyants non formés à l’alphabet Braille, ce qui facilite les échanges par écrit entre les aveugles et leur famille.
  • 1850: invention de la machine à écrire avec ruban encreur par Oliver T Eddy. Baltimore
  • 1867 : Mise au point par Christopher Latham Sholes - un imprimeur - d'un prototype artisanal qui sera ultérieurement produit en série et commercialisé par la firme « Remington ».
  • 1865 : Skrivekügel du Danois Rasmus Malling-Hansen.
1870 : première machine , « The Writing Ball » de Rasmus Malling-Hansen.
  • Fin du XIXe siècle, la machine à écrire Blickensderfer (en) utilise déjà le principe de la boule ou du cylindre tronqué. Ce qui offre la possibilité de changer les polices. Néanmoins, malgré un succès initial de la Blickensderfer, celle-ci se fit détrôner par d'autres types, notamment la Remington ;
  • 1873 : Remington, « The typewriter » jusque là producteur d'armes, de matériel agricole et de machines à coudre, produit en série et commercialise la machine à écrire de C. L. Sholes (modèle dit Machine à écrire Sholes et Glidden).
  • Dans les années 1870, Mark Twain est séduit par le procédé et devient l'un des premiers écrivains à soumettre à son éditeur ses œuvres écrites avec une machine à écrire (La Vie sur le Mississippi et Les Aventures de Tom Sawyer).
  • 1874 : le téléscripteur d'Émile Baudot.
  • 1914 : première machine électrique.
  • 1935 : la petite machine portable, l’« Hermes-Baby ».
  • 1961 : la « machine à boule » d'IBM (sous le nom d'IBM Selectric typewriter) reprend un dispositif ancien (autrefois mis en œuvre par la Machine « Blickensderfer » en fin XIXe siècle) pour ré-introduire la possibilité de changer rapidement la fonte de caractères.
  • 1976 : la machine à marguerite.
  • 1977 : Olympia crée une nouvelle machine à écrire portative.
  • 1986 : Machine à écrire électronique avec écran 1 à 3 lignes avec les CANON e70. Cette mémoire permet des corrections immédiates.
  • 1992 : Première machine à écrire avec grand écran créée par Powerbook 145.
  • 2011 : Fermeture de la dernière fabrique à machines à écrire (Godrej & Boyce, Mombai, Inde).

La machine à écrire a ainsi été supplantée par le clavier d'ordinateur et les traitements de texte.

Machine à écrire entièrement mécanique[modifier | modifier le code]

Usine de montage de machines à écrire en Allemagne en 1934

Les premières machines étaient entièrement mécaniques, sans processeur, sans électricité. Seulement des engrenages, des leviers, des ressorts, des articulations. Chaque lettre est gravée sur un petit bloc de métal appelé caractère, soudé au bout d'une tige rigide appelée « barre à caractère ». L'appui décale légèrement sur la gauche sous l'effet d'un ressort afin que la lettre suivante vienne s'imprimer légèrement à droite, et le ruban encreur se décale aussi, afin que le caractère suivant soit correctement encré grâce à une portion neuve du ruban.

Lorsqu'on arrive à l'extrémité de la feuille, ou lorsqu'on veut aller à la ligne, on actionne le levier de retour de chariot, situé au bout de celui-ci, ce qui permet de réarmer le ressort en ramenant le chariot en début de ligne et d'actionner un mécanisme qui fait tourner le cylindre d'un cran pour aller à la ligne suivante. Ces actions se réalisent, sur les machines électriques, par appui sur une touche spéciale qui fait tourner le cylindre (afin qu'on imprime sur la ligne suivante) et qui fait revenir l'ensemble (chariot, papier et ruban) au début de la ligne. Le chariot et le levier (ou la touche sur les machines électriques) qui effectue ce saut de ligne s'appelle le « retour chariot ». D'où l'abréviation RC (CR = Carriage Return), qui désigne, pour les programmeurs, un retour au début de la ligne et un saut de ligne (LF= Line Feed), encore maintenant.

Barres de lettres coincées lors de la frappe.

Évolution technique[modifier | modifier le code]

  • La machine électrique diminue l'effort de pression sur les touches et sur les déplacements de chariot ;
  • Le téléscripteur ;
  • La « machine à boule » : En 1961, cette machine à écrire développée et lancée par IBM (sous la dénomination d'IBM Selectic typewriter ). Elle reprend le concept de la machine dite « Blickensderfer » (datant de la fin XIXe siècle) et ré-introduit la possibilité de modifier la fonte de caractères, en installant la boule amovible contenant la police voulue. Le modèle « Selectric typewriter » remporte un énorme succès commercial et domine le marché durant deux décennies. Le chariot ne bouge plus latéralement mais une boule se déplace devant le papier. La fonte de caractères est interchangeable en quelques secondes par échange de la boule. Le papier, qui ne bouge pas, reste impeccable. Comme la boule est légère (en plastique), la machine reste très silencieuse.
Exemple de texte en caractères normaux, gras et italiques obtenus en changeant la boule.

Activée par les touches du clavier : la boule fait que la lettre choisie est positionnée devant le ruban. Le plateau ne déplace plus le papier devant le point d'impact, c'est la boule qui se déplace latéralement. La boule porte le moulage à l'envers des lettres et remplace les barres de lettres. Ce qui présente deux autres avantages : diminution du poids et du bruit de la machine. Elimination des problèmes de blocages fréquents des barres de lettres sur les modèles courants.

Autre innovation majeure : la « Selectric typewriter » introduit le ruban d'encre sur film plastique. D'où la netteté des lettres sur le papier et leur corps toujours constant, contrairement aux rubans au carbone dont le noir s'atténue avec le temps. Le désavantage, en revanche, est que ces rubans ne permettent qu'une seule utilisation. Sur le même principe, IBM propose bientôt des modèles avec des rubans correcteurs au-dessus du ruban d'encre qui recouvre les frappes erronées d'un enduit blanc à séchage immédiat. Plus besoin, dès lors, de correcteurs liquides peu pratiques et malpropres.

  • Le ruban carbone ou papier carbone, qui remplace le ruban encreur pour une impression plus nette ;
  • La machine avec ruban correcteur – qui nécessite en fait deux rubans – l'un servant à l'impression, l'autre à la correction elle-même ;
  • La machine à marguerite : les caractères sont sur une roue, que l'on peut échanger pour changer de police de caractère ;
  • L'impression par aiguilles permet de changer de fonte de caractère sans manipulation mécanique.

Il existe aussi des machines à impression thermique, qui offrent aussi la possibilité de changer de police et de grandeur du corps des lettres. Ainsi que l'impression jet d'encre que l'on trouve sur les traitements de textes et les imprimantes.

  • La machine à mémoire électronique − introduite par Canon − qui facilite les réutilisations et les corrections de texte ;

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

  • Les différents claviers
Machine à écrire allemande « Royal » avec clavier français.

La disposition des touches sur le clavier a été adoptée en fonction de la fréquence de frappe des différents caractères selon chaque langue et la facilité naturelle d'emploi des différents doigts de la main, ceci afin d'augmenter la vitesse de frappe et de la rendre aussi « fluide » que possible en limitant le risque de présenter simultanément divers caractères au point de frappe (accident de frappe appelé emmêlement des barres à caractère).

Concernant l'emploi de l'alphabet dit latin (lettres de A à Z), propre aux langues occidentales, il existe plusieurs modèles de clavier afin de tenir compte justement de la différence de fréquence d'emploi des lettres selon chaque langue, mais aussi des signes de ponctuation propres à chacune :

  • le clavier anglais QWERTY, pour la langue anglaise, avec variante pour le Canada de langue française
  • le clavier français AZERTY, pour la langue française, avec variantes pour la Belgique
  • le clavier germanique QWERTZ, pour la langue allemande avec variante pour la Suisse de langue française

Les langues employant des alphabets autres que l'alphabet latin tels que le chinois, le japonais, l'arabe, le cyrillique, le grec, l'hébreu, etc. donnent lieu à la fabrication d'autant de machines comportant des caractères et des claviers correspondants.

  • L'ensemble des barres (à caractères) ayant à leur extrémité les caractères s'appelle la corbeille.
  • Le pied de la barre à caractère est mobile dans une des fentes du segment au moyen d'une biellette qui agit quand la dactylo tape sur une touche.
  • Le rouleau en caoutchouc autour duquel on enroule la feuille est appelé le cylindre. Quand il est trop marqué par la frappe où que le caoutchouc, trop dur, « écrase » les caractères, le cylindre doit être rechapé.
  • La vitesse de frappe est fonction de la qualité du bloc d'échappement. Les machines Underwood avaient la réputation de posséder des blocs d'échappement qui permettaient aux dactylos une frappe rapide.

Musée[modifier | modifier le code]

Un collectionneur de machines à écrire est un mécascriptophile. Le musée de la machine à écrire de Lausanne possède donc une mécascriptothèque de plus de 500 modèles différents dont une machine japonaise, et une chinoise, de 2 450 caractères chacune ainsi que des claviers coréen, russe, hébreu, grec, hindi, arabe, braille, etc.


Machines à écrire et culture[modifier | modifier le code]

L'écrivain Cormac McCarthy a écrit ses romans, dont La Route, sur un modèle Olivetti Lettera 32 (en) achetée en 1963. En 2009, sa machine à écrire a été adjugée pour 254 000 $ US lors d'une vente aux enchères[2]. Les personnages des romans de Stephen King utilisent souvent des machines à écrire, principalement des Remington.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Once declared by Hemingway as the only psychiatrist he would ever submit to, the Corona No. 3 ..." Source : site http://mytypewriter.com en février 2013.
  2. (en) Randy Kennedy, « Cormac McCarthy’s Typewriter Brings $254,500 at Auction - ArtsBeat Blog - NYTimes.com »,‎ 2009-12-04

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]