Machine à écrire

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Machine à écrire portative Olivetti Lettera 32, avec un clavier arabe.
Iris Joyce, dactylographe, 1942, avant qu'elle n'appartienne à la Women's Land Army (en).

Une machine à écrire est une machine mécanographique permettant d'écrire des documents avec des caractères imprimés. Elle se présente sous la forme d'un clavier comportant une cinquantaine de touches représentant les caractères qui seront imprimés sur le papier.

Elle peut être portative et légère (pour travailler en voyageant), ou de bureau (plus lourde, mais moins fragile).

Elle a été utilisée de la fin du XIXe siècle (notamment par les dactylographes, ou « dactylos ») jusqu'à l'apparition, au XXe siècle, des machines à mémoire électronique, qui préfigurent le déclin et le remplacement de la machine par l'ordinateur. L'ordinateur offre en effet des fonctionnalités puissantes reposant sur les techniques de numérisation, le traitement de texte, les outils bureautiques et multimédias et la publication assistée par ordinateur (PAO).

Historique[modifier | modifier le code]

  • 1714 : Premier brevet accordé à l'Anglais Henry Mill.
  • 1780 : Pingeron décrit la première machine à écrire destinée aux aveugles (brevetée en 1833), qui écrit en relief en appuyant sur un papier fort avec un poinçon[1],[2].
  • 1820 : Paul-Louis Courier attribue à un mathématicien allemand, Kirkhausen, l'invention de l'appareil de tachytypie, consistant en une nouvelle presse mobile, légère, maniable et portative, qui permet d'« écrire comme on parle[3],[4] ».
  • (avant 1827) Un certain Conti invente le concept de tachygraphe et de tachytype, sans trouver d'argent pour le financer[5],[6].
  • 1829 : The Typographer de l'Américain William Austin Burt (en), breveté le 23 juillet.
  • 1837 : Cembalo scrivano, de l’Italien Giuseppe Ravizza (it).
  • 1839 : François-Pierre Foucault, ami de Louis Braille, invente une machine à écrire constituée d'un ensemble de leviers terminés par des poinçons gravés et actionnés par un ensemble de touches, qui permet d’écrire en raphigraphie, système typographique (initialement inventé par Braille) de reproduction en relief des lettres sur papier, lisible à la fois de façon tactile par les aveugles et visuelle par les voyants non formés à l’alphabet Braille ; cela facilite les échanges entre les aveugles et leur famille.
  • 1850 : Invention de la machine à écrire avec ruban encreur, par Oliver T. Eddy, à Baltimore.
  • 1861 : Le prêtre brésilien Francisco João de Azevedo (pt) invente une machine à écrire en forme de piano avec les lettres au bout de tiges en bois de jacaranda[7].
  • 1865 : Hansen Writing Ball (en) (Skrivekügel), la première machine à écrire, du Danois Rasmus Malling-Hansen (en), commercialisée en 1870.
  • 1867 : Mise au point par Christopher Latham Sholes, imprimeur, d'un prototype artisanal considéré comme l'ancêtre de la machine à écrire moderne, ultérieurement produit en série et commercialisé par la firme Remington.
1870 : première machine , « The Writing Ball » de Rasmus Malling-Hansen.

La machine à écrire a ainsi été supplantée par le clavier d'ordinateur et les logiciels de traitement de texte.

Machine à écrire entièrement mécanique[modifier | modifier le code]

Usine de montage de machines à écrire en Allemagne en 1934.

Les premières machines étaient entièrement mécaniques, sans processeur, sans électricité. Seulement des engrenages, des leviers, des ressorts, des articulations. Chaque lettre est gravée sur un petit bloc de métal appelé caractère, soudé au bout d'une tige rigide appelée « barre à caractère ». L'appui décale légèrement sur la gauche sous l'effet d'un ressort afin que la lettre suivante vienne s'imprimer légèrement à droite, et le ruban encreur se décale aussi, afin que le caractère suivant soit correctement encré, à une portion neuve.

Lorsqu'on arrive à l'extrémité de la feuille, ou lorsqu'on veut aller à la ligne (par exemple pour faire un alinéa), on actionne le levier de retour de chariot, situé au bout de celui-ci, ce qui réarme le ressort en ramenant le chariot en début de ligne et actionne un mécanisme qui fait tourner le cylindre d'un cran pour aller à la ligne suivante. Ces actions se réalisent, sur les machines électriques, par appui sur une touche spéciale qui fait tourner le cylindre (afin qu'on imprime sur la ligne suivante) et qui fait revenir l'ensemble (chariot, papier et ruban) au début de la ligne. Le chariot et le levier (ou la touche sur les machines électriques) qui effectue ce saut de ligne s'appelle le « retour [de] chariot ». D'où l'abréviation RC (CR = Carriage Return), qui désigne en informatique un retour au début de la ligne (accompagné ou non d'un saut de ligne : voir CRLF).

Barres de lettres coincées lors de la frappe.

Évolution technique[modifier | modifier le code]

  • La machine électrique diminue l'effort de pression sur les touches et sur les déplacements de chariot ;
  • Le téléscripteur ;
  • La « machine à boule » : En 1961, cette machine à écrire développée et lancée par IBM (sous la dénomination d'IBM Selectic Typewriter ). Elle reprend le concept de la machine dite « Blickensderfer » (datant de la fin du XIXe siècle) et réintroduit la possibilité de modifier la fonte de caractères en installant une boule amovible contenant la police voulue. Le modèle « Selectric Typewriter » remporte un énorme succès commercial et domine le marché durant deux décennies. Le chariot ne bouge plus latéralement mais une boule se déplace devant le papier. La fonte de caractères est interchangeable en quelques secondes par échange de la boule. Le papier, qui ne bouge pas, reste impeccable. Comme la boule (en plastique) est légère, la machine reste très silencieuse.
Exemple de texte en caractères normaux, gras et italiques obtenus en changeant la boule.

Activée par les touches du clavier : la boule fait que la lettre choisie est positionnée devant le ruban. Le plateau ne déplace plus le papier devant le point d'impact, c'est la boule qui se déplace latéralement. La boule porte le moulage à l'envers des lettres et remplace les barres de lettres. Ce qui présente deux autres avantages : diminution du poids et du bruit de la machine. Élimination des problèmes de blocages fréquents des barres de lettres sur les modèles courants.

Autre innovation majeure : la « Selectric typewriter » introduit le ruban d'encre sur film plastique. D'où la netteté des lettres sur le papier et leur corps toujours constant, contrairement aux rubans au carbone dont le noir s'atténue avec le temps. Le désavantage, en revanche, est que ces rubans ne permettent qu'une seule utilisation, et que le texte frappé est facilement lisible sur le ruban, ce qui pose des problèmes de confidentialité. Sur le même principe, IBM propose bientôt des modèles avec des rubans correcteurs au-dessus du ruban d'encre qui recouvre les frappes erronées d'un enduit blanc à séchage immédiat. Plus besoin, dès lors, de correcteurs liquides peu pratiques et malpropres.

  • Le ruban carbone, techniquement analogue au papier carbone, qui remplace le ruban textile pour une impression plus nette ;
  • La machine avec ruban correcteur – qui nécessite deux rubans – l'un servant à l'impression, l'autre à la correction elle-même ;
  • La machine à marguerite : les caractères sont sur une roue, que l'on peut échanger pour changer de police de caractère ;
  • L'impression par aiguilles permet de changer de fonte de caractère sans manipulation mécanique.

Il existe aussi des machines à impression thermique, qui offrent aussi la possibilité de changer de police et de grandeur du corps des lettres. Ainsi que l'impression jet d'encre que l'on trouve sur les traitements de textes et les imprimantes.

  • La machine à mémoire électronique − introduite par Canon − qui facilite les réutilisations et les corrections de texte ; elle devient une machine à traitement de texte avec la série Canon Starwriter, équipée d'un affichage à cristaux liquides, d'un lecteur-enregistreur de disquettes et d'un système d'impression à jet d'encre.

Disposition des touches[modifier | modifier le code]

Machine à écrire allemande « Royal » avec clavier français.

La disposition des touches (en:keyboard layout) sur le clavier a été adoptée en fonction de la fréquence de frappe des différents caractères selon chaque langue et la facilité naturelle d'emploi des différents doigts de la main, ceci afin d'augmenter la vitesse de frappe et de la rendre aussi « fluide » que possible en limitant le risque de présenter simultanément divers caractères au point de frappe (accident de frappe appelé emmêlement des barres à caractère).

Concernant l'emploi de l'alphabet dit latin (lettres de A à Z), propre aux langues occidentales, il existe plusieurs modèles de clavier afin de tenir compte justement de la différence de fréquence d'emploi des lettres selon chaque langue, mais aussi des signes de ponctuation propres à chacune :

  • le clavier QWERTY pour la langue anglaise avec variante pour le Canada de langue française ;
  • le clavier AZERTY pour la langue française avec variantes pour la Belgique ;
  • le clavier QWERTZ pour la langue allemande avec variante pour la Suisse de langue française.

Les langues employant des alphabets autres que l'alphabet latin tels que le japonais (kana), l'arabe, le cyrillique, le grec, l'hébreu, etc. donnent lieu à la fabrication d'autant de machines comportant des caractères et des claviers correspondants. Le chinois et le japonais (kanji), langues non alphabétiques, ont suscité des machines spécifiques qui n'ont jamais été largement répandues.

Sur les claviers des machines à écrire, les rangées de touches sont décalées de deux manières :

  • la rangée du haut est plus haute que celle du bas, les touches sont donc en escalier;
  • les rangées sont décalées.

Autres détails[modifier | modifier le code]

  • L'ensemble des barres (à caractères) ayant à leur extrémité les caractères s'appelle la corbeille.
  • Le pied de la barre à caractère est mobile dans une des fentes du segment au moyen d'une biellette qui agit quand la dactylo tape sur une touche.
  • Le rouleau en caoutchouc autour duquel on enroule la feuille est appelé le cylindre. Quand il est trop marqué par la frappe ou que le caoutchouc, trop dur, « écrase » les caractères, le cylindre doit être rechapé.
  • La vitesse de frappe est fonction de la qualité du bloc d'échappement. Les machines Underwood avaient la réputation de posséder des blocs d'échappement qui permettaient aux dactylos une frappe rapide.

Musée[modifier | modifier le code]

Un collectionneur de machines à écrire est un mécascriptophile. Le musée de la machine à écrire de Lausanne possède donc une mécascriptothèque de plus de 500 modèles différents, dont une machine japonaise, et une chinoise, de 2 450 caractères chacune ainsi que des claviers coréen, russe, hébreu, grec, hindi, arabe, braille, etc.

Machines à écrire et culture[modifier | modifier le code]

L'écrivain Cormac McCarthy a écrit ses romans, dont La Route, sur un modèle Olivetti Lettera 32 (en) achetée en 1963. En 2009, sa machine à écrire a été adjugée pour 254 000 $ US lors d'une vente aux enchères[16]. Les personnages des romans de Stephen King utilisent souvent des machines à écrire, principalement des Remington.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des arts et manufactures, Decq, 1845, p. 1313.
  2. Traduction ?.
  3. L'ouvrage date de 1828, mais est rédigé sous la forme d'une lettre datant de 1820. Lettre XI du , p. 396. Procès-verbaux des séances de l'Académie (Académie des sciences) Paul-Louis Courier (1772–1825), Œuvres complètes de P. L. Courier… Tome 1, Bruxelles, Librairie parisienne, .
  4. (de) Pamphleten und Briefe ; Nebst Couriers Leben…, Verlagsbureau, 1850, p. 87.
  5. Académie des sciences, Séance du Page 575, Procès-verbaux des séances de l'Académie Procès-verbaux des séances de l'Académie tenues depuis la fondation de l'Institut jusqu'au mois d'août 1835 : publiés conformément à une décision de l'Académie par MM. les secrétaires perpétuels, Impr. de l'observatoire d'Abbadia (Hendaye), 1910–1922 (lire en ligne).
  6. Description.
  7. A história de Francisco João de Azevedo mais detalha.
  8. « OZ typewriter ».
  9. Citation de Mark Twain par la Remington Typewriter Company (après 1904) dans une annonce dans Harper's Magazine.
  10. (de) « Il ne reste que le mythe ».
  11. a et b http://www.24heures.ch/vaud-regions/1935-Un-petit-bijou-de-Baby/story/13297043
  12. http://www.24heures.ch/vaud-regions/nord-vaudois-broye/icones-litteraires-machines-hermes-flambent-encheres/story/11460922
  13. Il ne restait plus que quelques centaines machines à vendre : http://www.godrej.com/typeWriter.html.
  14. Ron McFarland, Appropriating Hemingway : Using him as a fictional character, 2014, p. 153 (ISBN 978-1-4766-1826-5) : « The Corona # 3 is the only psychiatrist I would ever submit to » Extrait Google Livres.
  15. Leroy Anderson, The typewriter sur YouTube « for typewriter solo and orchestra ».
  16. (en) Randy Kennedy, « Cormac McCarthy’s Typewriter Brings $254,500 at Auction », sur ArtsBeat Blog - NYTimes.com, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]