Piccadilly

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Piccadilly (homonymie).

Piccadilly
Image illustrative de l’article Piccadilly
Piccadilly, du côté de Green Park.
Situation
Coordonnées 51° 30′ 25″ nord, 0° 08′ 32″ ouest
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Ville Londres
Quartier(s) Cité de Westminster (West End)
Tenant Hyde Park Corner
Aboutissant Piccadilly Circus
Morphologie
Type Rue
Longueur 1 500 m

Géolocalisation sur la carte : Grand Londres

(Voir situation sur carte : Grand Londres)
Piccadilly

Piccadilly est une artère de Londres située dans le West End.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Longue d'environ un kilomètre et demi, cette voie s'étend de Hyde Park Corner au sud-ouest à Piccadilly Circus au nord-est et sépare deux quartiers : Mayfair au nord et St. James's au sud.

La rue est bordée de luxueux magasins, d'hôtels de prestige, d'agences de compagnies aériennes, de résidences cossues, souvent transformées en clubs, ce qui en fait une des promenades les plus courues de Londres. On y trouve également deux représentations diplomatiques : l'ambassade du Japon au numéro 101 et le haut-commissariat de Malte au numéro 36.

Autobus et taxis sur Piccadilly.

La Piccadilly line est une ligne du métro de Londres qui suit la route éponyme sur une partie de son cours souterrain. Les stations Piccadilly Circus et Hyde Park Corner, desservies par la ligne, sont aux deux extrémités de l’avenue, et la station de métro Green Park, également desservie par la Jubilee line et la Victoria line, trouve son entrée dans Piccadilly.

Six lignes d'autobus desservent tout ou partie de la route : les lignes 9, 14, 19, 22, 38 et C2.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Portrait d’un noble anglais portant un "pickadill", vers 1615.
Piccadilly vu de Hyde Park Corner en 1810.

Au XVIe siècle, le quartier est la propriété de l'Eton College et de la Mercer's Company mais c’est à un tailleur, Robert Baker, qu’il doit son nom. Ce dernier, qui s’est enrichi dans le commerce des "pickadills", hauts cols empesés très en vogue auprès de la jeunesse frivole du temps des Stuarts, achète des terrains dans l'ouest de Londres, alors peu habité, et y fait construire une luxueuse maison en 1612, à l'extrémité sud de Great Windmill Street. Sa demeure, surnommée "the Piccadilly Hall", va donner son nom au quartier[1]. Même si la rue Piccadilly a été connue en 1692 sous le nom de Portugal Street, nom donné en l'honneur de Catherine de Bragance, princesse portugaise, épouse du roi Charles II d'Angleterre, on sait que son nom actuel est en usage dès 1743.

Historique[modifier | modifier le code]

  • Piccadilly Circus, à l’extrémité est de l’avenue, a longtemps été un lieu de prostitution et de rencontres sexuelles éphémères[2].
  • Le 9 octobre 1975, une bombe explose près de la station Green Park, faisant un mort et une vingtaine de blessés. La police impute l’attentat à des dissidents de l’IRA provisoire[3].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

The Albany au crépuscule.
  • The Albany

Cet hôtel particulier en forme de « H » possède une cour d'entrée donnant sur Piccadilly. Il est construit par William Chambers pour le compte du deuxième fils de George III, Frédéric, duc d'York et d'Albany, dont la statue couronne la colonne du duc d’York sur The Mall. Celui-ci, accablé de dettes, le vend à un promoteur qui divise la demeure en 69 appartements luxueux. L'hôtel est notamment célèbre pour avoir accueilli des pensionnaires de renom : le poète Lord Byron (1788-1824), l’écrivain Graham Greene (1904-1991) et l’homme politique Thomas Babington Macaulay (1800-1859).

Burlington House.
  • Burlington House, hôtel particulier édifié en 1668.
Article détaillé : Burlington House.
  • Burlington Arcade, passage couvert datant de 1810-1812, recouvert d’un toit à la demande de lord Burlington qui voulait ainsi protéger son jardin des déchets envoyés par les passants[4].
Article détaillé : Burlington Arcade.
  • No 21 : hôtel Le Méridien Piccadilly Hotel, construit en 1905-1908 [5].
  • No 94 : au nord de Piccadilly se trouvent des maisons georgiennes souvent reconverties en clubs, comme Cambridge House où est installé le Naval and Military Club (connu aussi sous le nom In and Out Club). Cambridge House a été construite au XVIIIe siècle pour Charles Wyndham, 2e comte d'Egremont puis habitée par le prince Adolphe, duc de Cambridge de 1829 à 1850 et par Lord Palmerston de 1855 à 1860. Cette demeure est abandonnée depuis que le In and Out s'est déplacé sur St James's Square.
  • No 127 : à cette adresse se trouve le Cavalry and Guards Club, club fréquenté par les officiers des régiments royaux de la Garde ou montés.
  • No 128 : Royal Air Force Club, club réservé aux aviateurs des armes aériennes de Sa Majesté et du Commonwealth.
  • No 144 : le lundi 22 septembre 1969, 800 membres de la communauté hippie sont expulsés par la police de la résidence où ils s’étaient retranchés pour protester contre les mauvaises conditions de logement[6].
Apsley House.
  • No 149 : Apsley House - Wellington Museum, hôtel particulier du 1er duc de Wellington élevé en 1778 par Robert Adam.
Article détaillé : Apsley House.
  • No 150 : hôtel Ritz, ouvert en 1906, dont les arcades évoquent la rue de Rivoli à Paris.
Article détaillé : Hôtel Ritz (Londres).
  • No 160 : à ce numéro siège une somptueuse filiale de la banque Barclays, de style néo-classique américain et dont l’intérieur exotique est dans les tons noir, rouge et or.

L'édifice a été construit en 1922 et sert à l'origine de salle d'exposition pour Wolseley Motors avant d'être racheté par Barclays et transformé sous la direction de l'architecte William Curtis-Green (1875-1960).

  • No 181 : grand magasin Fortnum & Mason.
Article détaillé : Fortnum & Mason.
La librairie Hatchard.
  • No 187 : Hatchards, la plus vieille librairie de Londres, ouverte en 1797, club littéraire fréquenté par lord Byron et le duc de Wellington.
  • No 197 : église Saint-James.
St James's Church vue de Piccadilly

Cette petite église anglicane paroissiale en brique et en pierre de Portland, dédiée à saint Jacques (St James's Church Piccadilly), a été dessinée et construite par l’architecte Christopher Wren. Bâtie entre 1672 et 1683, elle est consacrée le 13 juillet 1684 par Henry Compton, l'évêque de Londres.

Samuel Clarke, l’une des principales figures intellectuelles de Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, en est le recteur de 1709 à 1729. Le poète William Blake (1757-1827) y est baptisé en 1757.

L'église est gravement endommagée par les bombardements allemands en 1940, durant la Seconde Guerre mondiale. Elle est restaurée par Albert Richardson.

Ses fonts baptismaux et son retable témoignent de la qualité du travail du sculpteur Grinling Gibbons (1648-1721).

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

Clarendon House, vers 1680.

A l’ouest de Burlington House et du même côté de l’avenue, on rencontrait successivement :

  • Clarendon House, vaste demeure aristocratique démolie au milieu des années 1680, sur l’emplacement de laquelle ont été ouvertes les actuelles Dover Street, Albemarle Street et Bond Street,
  • Devonshire House, ancienne résidence des ducs de Devonshire, démolie en 1924.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Piccadilly : film de 1929, distribué en salle en 2004 au Royaume-Uni dans une version restaurée.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sociétés savantes de Burlington House :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)S. Fairfield, The Streets of London: a dictionary of the names and their origins, Pappermac, 1983 (ISBN 0 333 28649 9).
  2. Peter Ackroyd, Londres - La biographie, Les mots étrangers, Stock, 2003.
  3. « Bombe à Piccadilly », Le Monde, 11 octobre 1975.
  4. Londres, Encyclopédies du voyage, Gallimard, 2013.
  5. (en)Edward Jones et Christopher Woodward, Guide to the Architecture of London, Phoenix, 2013, (ISBN 978-1780224930).
  6. « Délogée de sa résidence de Piccadilly, la commune hippie s’installe dans un autre quartier », Le Monde, 23 septembre 1969.