Bantous somaliens

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Paysannes somaliennes près de Kismaayo, en 1993

Les Bantous somaliens (Jareer, Gosha, Mushunguli) sont des habitants de Somalie, appelés ainsi par les organisations internationales depuis les années 1990[1]. Ces groupes minorisés peuvent comprendre des descendants d'esclaves déportés en Somalie au XIXe siècle, mais aussi d'autres groupes ou de diverses fabrication. Seuls les Mushungulis parlent une langue bantoue[2]. Eux-mêmes se désignent souvent par le terme Jareer[3].

Se trouvent aussi dans des villes portuaires de Somalie des locuteurs du swahili, une langue bantoue, comme les Bajuni à Kismaayo ou les habitants de Brava.

En tout, le nombre de Bantous en Somalie en 1970 est estimé à 80 000 personnes, principalement installés entre les rivières Jubba et Shebelle dans le Sud du pays[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

De 25 000 à 50 000 esclaves bantous ont été vendus sur le marché d'esclaves de Zanzibar à la destination de la Somalie dans les années 1800–1890[réf. nécessaire]. Ils étaient issus essentiellement des groupes ethniques Yao, Makua, Chewas (Nyanjas), Zigua, Ngidono et Zaramo. Dans les années 1840, des esclaves fugitifs de la vallée du Shebelle commencent à s'installer dans la vallée du Jubba, encore peu peuplée [5]. En 1891, un officier britannique estime leur nombre entre 30 et 40 000 personnes, mais en 1932, un administrateur italien n'en compte que 23 500 [5].

Au début du XXe siècle, l'esclavage fut aboli par l'administration coloniale de la Somalie italienne; cependant il reste des esclaves jusqu'aux années 1930[réf. nécessaire]. Certains Bantous furent soumis au travail forcé dans les plantations italiennes, car les Italiens (comme les Britanniques) considéraient les Somalis comme «racialement supérieurs» aux Bantous [6].

Situation contemporaine[modifier | modifier le code]

Femme travaillant dans les champs en Somalie

Les Bantous s'auto-identifient tout simplement comme «Bantous». Beaucoup parlent un dialecte somali [7], appelé «jabarti» [8], «maay» ou «dighil» [9] mais le swahili reste aussi parlé. La majorité ont adopté l'islam, mais beaucoup maintenant en même temps d'autres traditions[réf. nécessaire].

Les Bantous sont principalement des agriculteurs sédentaires. Beaucoup se sont « somalisés » au cours des XIXe et XXe siècles[5]. Pendant la guerre civile somalienne, beaucoup ont été expulsés de leur terre par diverses factions armées des clans somaliens[réf. nécessaire]. Disposant de peu d'armes à feu ils étaient des cibles faciles pour les milices armées. Des dizaines des milliers ont quitté la Somalie, fuyant la guerre et la famine et se sont rendus dans des camps de réfugiés au Kenya. La plupart d'entre eux ont déclaré ne pas vouloir retourner en Somalie[réf. nécessaire]. Environ 12 000 Bantous ont émigré aux États-Unis grâce à l'aide du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Le gouvernement Tanzanien a commencé à accorder la citoyenneté aux Bantous et à leur réserver de la terre dans les régions de la Tanzanie d'où leurs ancêtres ont été enlevés[10].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mankhaus [2010], p. 91.
  2. Mankhaus [2010], p. 92.
  3. Mankhaus [2010], p. 93.
  4. Encyclopedia Britannica, Encyclopedia Britannica, vol. 20,1970, p. 897.
  5. a, b et c Cassanelli (Lee V.) [1987].
  6. Catherine Lowe Besteman, Unraveling Somalia: Race, Class, and the Legacy of Slavery, University of Pennsylvania Press, 1999, p. 120.
  7. Mohamed Diriye Abdullahi [2001], p. 27
  8. Reinisch [1904], Tiling [1921].
  9. Moreno [1955], Il somalo della Somalia.
  10. Tanzania accepts Somali Bantus

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Cassanelli (Lee V.), «Social Construction of the Somali Frontier : Bantu Former Slave Communities in the Nineteeth Century», in Igor Kopytoff, dir., The African Frontier : the Reproduction of Traditional African Society, Bloomington, Indiana University Press, 1987, p. 216-238
  • (en) B. Helander, « Vulnerable minorities in Somalia and Somaliland », in Indigenous affairs, 1995, no 2, p. 21-23
  • (fr) M. A. Pérouse de Montclos, « Les reconstructions identitaires de l'exode : les réfugiés somaliens à Mombasa (Kenya) », in Autrepart, 1999, no 11, p. 27-46
  • (en) Mankhaus (Ken), «The question of ethnicity in Somali studies. The case of Somali Bantu identity», in Markus Hoehne et Virginia Luling, éd., Milk and Peace, Drought and War. Somali culture, society and politics, London, New York, Hurst and Company, Columbia University Press, 2010, 437 p., p. 87-104
  • (fr) Mohamed Diriye Abdullahi, Le somali, dialectes et histoire, PhD dirigé par Kathleen Connors, université de Montréal, 2001, 293+XXVI p.
  • (en) Refugees, vol. 3, no 128, 2002, publication du UNHCR à propos des Somalis bantus

Liens externes[modifier | modifier le code]