Zeilah

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Zeilah
زيلع
Saylac
Zeilah, Gravure du XIXème siècle
Zeilah, Gravure du XIXème siècle
Administration
Pays Drapeau de la Somalie Somalie
Région Awdal
Démographie
Population 4 500 hab.
Géographie
Coordonnées 11° 21′ 14″ nord, 43° 28′ 26″ est
Localisation

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زيلع
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Zeilah
Carte allemande de 1860
Le sultanat d'Ifat vers 1300
Le sultanat d'Adal vers 1500
La Province d'Égypte vers 1840

Zeilah ou Zeila ou Zaila, (somali : Saylac, arabe : زيلع), est une ville portuaire du nord le l'Awdal située au débouché méridional du golfe de Tadjoura, au sud de la mer Rouge et au bord du golfe d'Aden, en Somalie. C'est la principale ville de la région de Salal, au Somaliland, État qui occupe le territoire de l'ancienne Somalie britannique sans être reconnu par les institutions internationales.

Dans l'Antiquité, cette ville correspondait au port antique des Avalites décrit dans le Periplus maris Erythraei (récit gréco-romain du ier siècle) située dans la région historique du nord de Barbara. Au viie siècle la ville a évolué en un centre islamique précoce. La mosquée Al-Qiblatayn de Zeila, une des plus anciennes mosquées du monde, auraient été construit entre 620 et 630[1]. Au ixe siècle, Zeila était la capitale du Sultanat d'Ifat, et un port important pour son état successeur le Sultanat d'Adal, il atteindrait son apogée de prospérité quelques siècles plus tard au xvie siècle. La ville est ensuite tombée sous la protection ottomane au xviiie siècle.

La ville de Zeila est habitée par les clans somalis septentrionaux Issas et Gadabuursi.[2],[3],[4]

La population serait de 4500 habitants au recensement de 2012.

Ses coordonnées sont : 11° 12′ 38″ N, 43° 17′ 09″ E.

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Barbara (région) et Sultanat d'Adal.

Zeilah a été identifiée avec la cité antique des Avalites du nom de Avalites emporium [5].

La ville portuaire aurait été islamisée dès la fin du VIIe siècle [6].

Elle apparaît ensuite en 891 sous la plume du géographe Ya'qubi qui la mentionne dans son Kitab al-Balden (« Le Livre des pays »), puis par Al-Mas'ûdî vers 935 et Ibn Hawqal en 988.

On pense également que Marco Polo se réfère à Zeilah (alors capitale d'Adal) quand il décrit comment le « sultan d'Aden » captura un évêque d'Éthiopie voyageant à travers ses États, tenta de le convertir de force, et le circoncit selon les pratiques musulmanes. Cet affront provoqua la levée d'une armée par le Négus et la prise de la capitale du sultan[7].

Le voyageur Ibn Battûta visite Zeilah vers 1331. Impressionné par cette ville, il écrit qu'elle est « la plus sale au monde, la plus laide et la plus puante. L'odeur nauséabonde qui s'en dégage vient du grand nombre de poissons qu'on y consomme et du sang des chameaux qu'on égorge dans les rues[8]. »

Vers cette même époque, Zeilah est possédée par les Oualashma, qui règnent sur l'Ifat, et, bien qu'elle passe par la suite au XIVe siècle dans les mains des maîtres du Yémen, cette famille reste si bien implantée que le sultan Sa'ad ad-Din II s'y réfugie en 1403 (ou 1415) pour échapper à l'empereur David Ier. L'empereur éthiopien prend la ville après un siège de plusieurs jours et tue le sultan. Après sa mort, celui-ci est considéré comme un saint, et sa tombe vénérée pendant plusieurs siècles [réf. souhaitée].

Avec Tadjourah, Zeilah est un des principaux débouchés portuaires de la ville d'Harar et des régions d'Asayita et de Choa. Son importance comme port de commerce est confirmée par Al Idrissi et Ibn Saïd, qui décrivent Zeilah comme une ville importante, centre de traite d'esclaves

Les Portugais voulant contrôler la route des Indes orientales attaquent les ports somaliens au xvie siècle, en 1517 ils incendient Zeilah. Vers 1542-1543 Christophe de Gama mène une expédition en Abyssinie pour repousser les musulmans du Sultanat d'Adal, Gama sera capturé après la bataille de Wofla et décapité.

À partir de 1864, Zeila est directement occupée par les Ottomans, qui transfèrent leur souveraineté à l'Égypte en 1865 : Province d'Égypte (Egypt Eyalet). C'est de Zeila que part en 1875 l'armée égyptienne qui occupe Harrar.

Zeilah est occupée par les Britanniques dès 1885, et intégrée à la Somalie britannique lors de sa création en 1888, après un conflit de légitimité avec la France[9]. La construction de la voie ferrée de Djibouti à Addis-Abeba au début du XXe siècle accélère son déclin.


Sa situation géographique est aussi utilisée pour la contrebande d'armes, activité répandue dans le golfe d'Aden et en Somalie et contre laquelle le gouvernement britannique s'engage en 1909 aux côtés de la France et de l'Italie[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Liste des premières mosquées au monde prophètique, rashidun et omeyyade selon les écris historique et les traces archéologiques », Histoire Islamique,‎ (lire en ligne)
  2. Sahal Ar I. (2000) "Djibouti Reconstruction and Local Initiative: Djibouti University," Bildhaan: An International Journal of Somali Studies: Vol. 1, Article 9, p. 132.
  3. Federico Battera, Shattering Tradition: Custom, Law and the Individual in the Muslim Mediterranean, London, I.B. Taurus, (ISBN 1-85043-634-7, lire en ligne), « Chapter 9: The Collapse of the State and the Resurgence of Customary Law in Northern Somalia », p. 296 :

    « Awdal is mainly inhabited by the Gadabuursi confederation of clans. The Gadaabursi are concentrated in Awdal.... »

  4. Abir, Era of the Princes, p. 15
  5. Ports antiques [PDF]
  6. http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/somalie.htm
  7. Le Livre de Marco Polo, ch. 187 (ou 193) sur l'Ethiopie et Zeila (Ci commence d'Abasie qui est la Moyenne Inde).
  8. Voyageurs arabes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1995, p. 603
  9. Imbert-Vier [2011], p. 70-74.
  10. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6456477b Journal officiel du 2 mai 1909 - Gallica

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fontrier (Marc), Abou-Bakr Ibrahim, Pacha de Zeyla - Marchand d’esclaves, Paris, Aresae, L’Harmattan, 2003, 275 p.
  • Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti. Des territoires et des hommes aux XIXe et XXe siècles, Paris, Karthala, 2011, 480 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]