Corne (biologie)

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Une chèvre avec des cornes inhabituelles
Watusi, espèce de bovidé de l'Afrique de l'Est aux très grandes cornes
Erkencho, instrument de musique

La corne animale est une extrémité protubérante chez certains animaux. Elles peuvent être formées de kératine seule (cas des rhinocérotidés) ou d'une base osseuse recouverte de kératine (cas des bovinés, caprinés). Les cornes ne doivent pas être confondues avec les bois de cervidés (organe osseux).

Les cornes servent à l'animal qui les possède à se défendre ou à assurer sa suprématie sur un harem ou sur un territoire.

D'un point de vue évolutif, il s'agit d'un caractère hyperthélique apparu du fait de la préférence ou à la compétition sexuelle. Chez le mouflon de Dall, le rang social d'un mâle est fonction de la taille de ses cornes.

Animaux à cornes[modifier | modifier le code]

Les principaux animaux à cornes appartiennent au clade des Pecora[1] :

Mais il existe des animaux à corne appartenant à d'autres classes, comme le rhinocéros. Certains animaux sont amenés à la disparition du fait de la chasse pour leurs cornes. Alors qu'il y a à peine moins d'une trentaine d'années il occupait encore tout le Sahara, l'oryx algazelle est aujourd'hui au bord de l'extinction. La corne des vaches est utilisée comme matière première, pour faire des ustensiles de cuisine, etc.

Cornes des bovidés[modifier | modifier le code]

Elles sont de forme très variable, mais elles sont toujours paires, creuses et permanentes. Elles sont constituées d'une cheville osseuse (ou cornillon) recouverte d'un étui corné. Ces cornes peuvent exister chez les deux sexes ou seulement chez les mâles.

Cornes des Antilocapra[modifier | modifier le code]

Cornes de l'Antilocapra americana, seule représentante de la famille des Antilocapridés

Leurs cornes présentent plusieurs particularités par rapport à celles des bovidés :

  • elles présentent une fourche ;
  • elles sont caduques et tombent en automne lorsque les nouvelles cornes se mettent en place[2].


Cornes de rhinocéros[modifier | modifier le code]

Un rhinocéros noir d'Afrique, leurs cornes sont particulièrement recherchées par les contrebandiers.
Un rhinocéros indien, à une seule corne.

Chez les rhinocéros, la corne nasale n'est pas une structure homologue aux cornes des autres mammifères. Ces cornes existent chez les deux sexes. Elles sont constituées de l'agglomération de longues fibres de kératine dans une gangue de kératine amorphe[2].

Braconnage pour les cornes[modifier | modifier le code]

Corne de rhinocéros. Broyée, certains lui attribuent de supposées vertus aphrodisiaques. La boîte contient du bézoard prélevé dans l'estomac des animaux ruminants.

Les rhinocéros font partie des animaux les plus braconnés pour leurs cornes, et constituent le groupe le plus menacé par ce braconnage : en 2011, le Rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest a été déclaré espèce éteinte par l'IUCN, et la plupart des autres espèces sont en danger critique.

En Europe (notamment en France), la corne de rhinocéros fut utilisée pendant la période coloniale pour la fabrication de cannes, et les trophées de rhinocéros étaient prisés aux XIXe et XXe siècle. En Extrême-Orient, la corne de rhinocéros est recherchée par les sculpteurs pour façonner toute sorte d'objets d'art comme les coupes libatoires : les premières sculptures recensées sont situées à Nara au Japon qui abrite quelques coupes datant du VIIIe siècle. Dans la Péninsule Arabique et notamment au Yémen, on en fait traditionnellement le manche des poignards (« Janbiya ») des jeunes hommes riches (c'est même le symbole du sultanat d'Oman). Mais la corne de rhinocéros est surtout commercialisée sous forme de poudre pour la médecine asiatique, notamment pour stimuler la libido. Le comportement sexuel des rhinocéros les a beaucoup desservis : en effet, contrairement à un grand nombre d'espèces, l'accouplement peut durer plus d'une demi-heure. C'est sans doute pourquoi certains attribuent, sans fondement, des effets thérapeutiques et aphrodisiaques à la corne de rhinocéros broyée, alors que celle-ci est constituée principalement de kératine, une substance banale retrouvée dans les ongles, les cheveux et les sabots[3]. En Chine, le kilogramme de poudre de corne de rhinocéros se vend autour de 50 000 USD[4]. En 2007, le prix au kilogramme d'une corne de rhinocéros vaut en France environ 1 500  et jusqu'à 300 000 € si elle est ancienne et sculptée. En Afrique, le commerce illégal de corne de rhinocéros vers l'Asie est considéré comme plus rentable que celui de l'or, des diamants ou même de la drogue, ce qui inquiète profondément les biologistes[5]. En 1970, il y avait 70 000 rhinocéros noirs en Afrique, 15 000 en 1981 et seulement 4 200 en 2011, principalement en Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe et Kenya[4]. L'intégralité des 300 rhinocéros recensés en 2002 dans le parc Limpopo au Mozambique ont été exterminés en 2013[6], et la lutte contre les réseaux criminels est particulièrement difficile, surtout dans des pays où la corruption est parfois importante.

Parmi les idées qui germent en ce moment pour enrayer la lutte, l'empoisonnement contrôlé des cornes est envisagé, sans risque pour l'animal[7]. L'idée de légaliser le commerce de cornes récoltées sur des spécimens anesthésiés pour supprimer le braconnage illégal est également évoquée, mais encore très controversée[5].

Cornes de dinosaures[modifier | modifier le code]

  • De nombreux dinosaures possédaient des cornes osseuses, notamment les Cératopsiens, dont le tricératops est un célèbre représentant, il en possédait deux sur le front et une sur le museau.

Autres « cornes »[modifier | modifier le code]

Les « cornes » chez les insectes[modifier | modifier le code]

Cornes de dynastinés

Clavicornes, capricornes, lamellicornes ou longicornes sont d'anciens noms d'insectes. Cornes en l'occurrence désigne les antennes qui sont de différents types.

Les cornes des Dynastinae (scarabées-rhinocéros) sont des expansions sur la tête ou sur le corselet de l'exosquelette formé de chitine.

Certaines chenilles de papillons présentent des expansions appelées scolus ou cornes en français ordinaire, telle celle du sphinx tête de mort.

Les « cornes » des escargots[modifier | modifier le code]

Vue de face d'un escargot

Les escargots possèdent deux paires de tentacules dont la plus longue correspond aux pédoncules sur lesquels se trouvent les yeux de l'animal.

La « corne » du narval, de l'éléphant[modifier | modifier le code]

La corne du narval n'est pas une corne, mais une canine (car prenant son origine dans le maxillaire) très allongée, les défenses d'éléphants sont des incisives (prennent naissance dans le prémaxillaire) très allongées.

Les cornes des raies[modifier | modifier le code]

La plupart des raies ont des cornes céphaliques de cartilage, d'où les noms de diable de mer pour de multiples espèces. D'autres rajomorphii ont eux non pas une corne mais un rostre, comme le poisson-scie.

Vipère à « corne »[modifier | modifier le code]

La vipère à cornes est une espèce de serpent possédant deux écailles en forme de cornes placées aux dessus des yeux.

Usages des cornes[modifier | modifier le code]

Casque à corne
Mur fait de cornes de yacks, ovins et de caprins à la périphérie de Lhassa, photographié en 1938 par une expédition allemande au Tibet

Corne : matière première[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Corne (matière).

Instruments de musiques[modifier | modifier le code]

On se sert aussi des cornes pour la fabrication d'instruments de musique, notamment pour la fabrication de "cornes" justement.

Contenant[modifier | modifier le code]

Corne à boire

La corne à boire est aussi l'ancêtre du verre.

La corne à poudre était un récipient contenant la poudre noire pour recharger une arquebuse.

Engrais[modifier | modifier le code]

La corne torréfiée constitue un engrais organique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. mais certains des Pecora comme les Moschidae sont dépourvus de cornes.
  2. a et b Beaumont A. et Cassier P., Biologie animale : Les Cordés, anatomie comparée des Vertébrés, t. 3, Paris, Dunod université,‎ 1987, 648 p. (ISBN 2-04-016946-6), p 122
  3. Des rhinocéros amputés de leur corne pour dissuader les braconniers, LEMONDE.FR avec AFP | 26.01.10.
  4. a et b GEO N°384 de février 2011 p.78
  5. a et b Source : article de Franck Courchamp, Duan Biggs et Hugh Possingham dans Science.
  6. Source : article sur le site GoodPlanet.
  7. Source : article sur LeMonde.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]