Anse-Bertrand

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Anse-Bertrand
Anse-Bertrand
Porte d'Enfer.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Guadeloupe
Département Guadeloupe
Arrondissement Arrondissement de Pointe-à-Pitre
Canton Anse-Bertrand
(chef-lieu)
Intercommunalité CA du Nord Grande-Terre (CANGT)
Maire
Mandat
Édouard Delta
2014-2020
Code postal 97121
Code commune 97102
Démographie
Gentilé Ansois
Population
municipale
4 881 hab. (2015 en augmentation de 2,22 % par rapport à 2010)
Densité 81 hab./km2
Géographie
Coordonnées 16° 28′ 20″ nord, 61° 30′ 26″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 90 m
Superficie 60,47 km2
Localisation

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Anse-Bertrand

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Anse-Bertrand

Anse-Bertrand (en créole Lansbétran) est une commune française, située dans le département de la Guadeloupe. Ses habitants sont appelés les Ansois(es).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

En rouge le territoire communal de la commune d'Anse-Bertrand.

Anse-Bertrand est située à l'extrême nord de la Grande-Terre. Les communes limitrophes sont Port-Louis et Petit-Canal.

Lieux-dits et hameaux[modifier | modifier le code]

Les lieux-dits d'Anse-Bertrand sont Beaufond, Bellevue-Rouillère, la Berthaudière, Budan, Cadoue, Campèche, la Chapelle, Coquenda, Desbonnes, Fond-Rose, Guéry, Haut-de-la-Montagne, Macaille, Mahaudière, Marie-Thérèse, Massioux, Pavillot, les Portlands, Pressec, Saint-Jacques et Sans-Fenêtre.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Rose des vents
N
O    Anse-Bertrand    E
S
Port-Louis Petit-Canal

Toponymie[modifier | modifier le code]

Appelé autrefois « Anse de Saint Bertrand », Le nom de la commune provient de l'Anse-Bertrand, où s'est implanté le bourg. Outre son titre d’anse, qui correspond à la forme de ses contours, son nom proviendrait du prénom du premier pêcheur venu s'installer dans la commune, Bertrand Patternait[réf. insuffisante][1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village fut le lieu de refuge des Indiens caraïbes qui fuyaient les premiers colons. En 1660, le gouverneur Charles Houël, lors du traité de Basse-Terre, laissa aux derniers Caraïbes cette région la moins fertile de l'archipel : quelque 2 000 hectares entre la pointe de la Grande Vigie et la pointe des Châteaux. En 1730, il ne restait que 76 Caraïbes sur ce territoire. En 1825, seules sept familles étaient encore présentes, localisées à l'anse du Petit-Portland[réf. nécessaire]. Un article de journal de 1855 évoque les « derniers sauvages » réfugiés aux Fonds Caraïbes de l'Anse-Bertrand. En 1882, un groupe de quinze personnes et leurs familles, descendants des Caraïbes d’Anse-Bertrand, revendiquent 200 hectares à l’extrême nord de la Grande-Terre. Leur pétition envoyée aux autorités est le dernier acte de revendication des Amérindiens.

Peu à peu, les descendants des Caraïbes cédèrent leurs terres aux colons venus y cultiver la canne à sucre et le coton. C'est ainsi qu'en 1790, étaient recensées douze cotonneries, vingt-quatre moulins à vent et vingt-une sucreries. C'est dans l'une d'entre elles, l'habitation La Mahaudière (du nom de son propriétaire Douillard Mahaudière) qu'eut lieu l'un des plus célèbres procès de l'histoire de la Guadeloupe, opposant en 1840 ce planteur à Lucile, une esclave accusée d'avoir empoisonné sa maîtresse.

L'histoire de la commune d'Anse-Bertrand est donc caractérisée par une colonisation tardive et par la lenteur de son détachement du quartier de Port-Louis détachement qui ne sera réalisé qu'en 1737.

Si la culture de la canne a toujours été présente, celle du coton a été bien plus importante tout au long du XVIIIe siècle. Le siècle suivant est en revanche celui du sucre, si bien qu'en 1835, 73 % des surfaces cultivées sont consacrées à cette culture. La faible productivité des terres conduit une partie des habitations de la commune à faire broyer ses cannes aux usines Bellevue et Beauport vers 1865, situées sur le territoire de la commune voisine de Port-Louis. À la fin du XIXe siècle, l'usine de Beauport rachète la majorité des terres sucrières de la commune et domine l'économie locale jusqu'à sa cessation d'activité en 1990.

Anse-Bertrand fut un site d'observation privilégié de l'éclipse solaire du 26 février 1998[réf. nécessaire].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961, premier recensement postérieur à la départementalisation de 1946. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[3].

En 2015, la commune comptait 4 881 habitants[Note 1], en augmentation de 2,22 % par rapport à 2010 (Guadeloupe : -1,33 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2007 2012
5 0005 1364 6534 5704 8005 0234 7514 7125 045
2015 - - - - - - - -
4 881--------
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[4] puis à partir de 2006[5])
Histogramme de l'évolution démographique

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La commune d'Anse-Bertrand est régie par la Loi littoral (97121).

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1935 1941 Fernand Balin PRRRS  
1941 1943 Maire nommé par le gouverneur Constant Sorin    
1945 mars 1965 Fernand Balin Rad.Soc. puis RPF Conseiller général du canton d'Anse-Bertrand (1955 → 1967)
mars 1965 juin 1995 José Moustache RPR Professeur de collège
Député de la 1re circonscription de la Guadeloupe (1978 → 1981)
Président du conseil régional de Guadeloupe (1983 → 1986)
juin 1995 mars 2001 Alfred Dona-Érié DVG Professeur de mathématiques
Conseiller général du canton d'Anse-Bertrand (1998 → 2004)
mars 2001 avril 2006[6] José Moustache RPR puis UMP Professeur de collège
juin 2006[7] mars 2014 Alfred Dona-Érié DVG Professeur de mathématiques
mars 2014 en cours Édouard Delta DVD Pharmacien
4e vice-président de la CA du Nord Grande-Terre (2014 → )
Les données manquantes sont à compléter.

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2010[8].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune repose sur l'agriculture et plus particulièrement sur la culture de la canne à sucre. Elle présente encore de nombreux aspects de ce riche passé dont on peut voir les traces à travers les divers moulins à vent épars sur le territoire de la commune, tel celui de l'habitation La Mahaudière. Un parc éolien est installé à la Mahaudière.

Société et services publics[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune accueille sur son territoire le collège Fernand-Balin[9].

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Les équipements sportifs sont l'hippodrome Saint-Jacques, le seul de la Guadeloupe, et le stade municipal Lilian-Thuram. Ils accueillent les clubs sportifs :

  • US Ansoise, football
  • UVN (Union vélocipédique du Nord), cyclisme

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune présente des paysages naturels remarquables comme la pointe de la Grande Vigie située à l'extrême nord de l'île, dont le paysage est constitué de falaises hautes de 80 mètres qui plongent dans l'océan Atlantique. Par beau temps, il est possible de voir au loin les îles de la Désirade (50 km), d'Antigua (70 km) et de Monserrat (80 km) ; la Porte d'Enfer, qui est un petit bras de mer encerclé par des falaises où se trouve une grotte dans la falaise surnommée le trou de Madame Coco. Les principales plages de la commune sont : la plage de la Chapelle (qui constitue un spot de surf), la plage de Porte d'Enfer, l'anse Pistolet, l'anse Laborde et l'anse Colas.

Parmi les éléments architecturaux de la commune se trouvent le port de pêche de Ravine Sable, le moulin de Beaufond, et l'habitation La Mahaudière. Par ailleurs la mairie de la commune et le square qui l'entoure sont l'œuvre de l'architecte Ali Tur, réalisés entre 1930 et 1932[10].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Anse - Bertrand »,
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  4. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  5. pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015
  6. Déclaré inéligible, il est démissionné par le préfet de Guadeloupe.
  7. « Alfred Dona-Erie intronisé à Anse-Bertrand », sur MAXImini.com, (consulté le 28 novembre 2018)
  8. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Anse-Bertrand, consultée le 25 octobre 2017
  9. Site du Collège Fernand-Balin d'Anse-Bertrand.
  10. Michèle Robin-Clerc, Note descriptive de l’œuvre d’Ali Tur, Basse-Terre, Conseil régional de Guadeloupe, (lire en ligne), p. 7-8.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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