Sainte-Cène

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Sainte-Cène désigne le rite par lequel on prend un morceau de pain sans levain et une coupe de vin, en souvenir du dernier repas de Jésus-Christ. Ce rite est pratiqué chez les protestants, les chrétiens évangéliques, les adventistes du septième jour et les saints des derniers jours (mormons).

Origine[modifier | modifier le code]

Lors de la fête de la Pâque juive, Jésus expliqua la signification de la Cène tandis qu'il partageait son dernier repas avec les douze apôtres (Mt 26:17–28 ; Lc 22:1–20) [1]. On trouve les récits de l’institution de la Cène dans les Évangiles synoptiques (Mathieu 26.26-29, Marc 14.22-26 et Luc 22.14-20). Ils sont complétés et même commentés par l’apôtre Paul en 1 Cor 11. 23-34. C’est dans le récit de Luc et celui de Paul qu’on trouve le commandement explicite de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi. » Il semble que le texte des Actes des Apôtres 2. 42-47 montre que la Cène était déjà célébrée dans l’Église primitive.

L’observation de la sainte Cène en tant qu’ordonnance de l’Église a été instituée par Christ lorsqu’il a pris le repas de la Pâque avec ses disciples la nuit précédant sa mort. Bien sûr, la Pâque était observée pour commémorer la délivrance des enfants d’Israël de l’esclavage en Égypte. La mort de Jésus n’avait pas pour seul but d’accomplir et de remplacer la pâque, elle allait aussi remplacer les rites de l’Ancien Testament. l’apôtre Paul dit en 1 Corinthiens 5:7 :

« Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. »

Interprétations[modifier | modifier le code]

Au cours de l’histoire de la chrétienté, cinq conceptions fondamentales sont apparues[2], [3].

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Conception sacramentaliste[modifier | modifier le code]

Interprétant littéralement les paroles de Christ « ceci est mon corps, ceci est mon sang », les catholiques romains enseignent que le pain et le vin sont transformés, bien que leur apparence ne change pas, et qu’ils deviennent véritablement le corps et le sang de Christ lorsque « le prêtre prononce la formule de consécration des éléments ». C’est ce qu’on appelle la transsubstantiation.

Dans la liturgie protestante[modifier | modifier le code]

Culte de Sainte-Cène en l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg le Vendredi saint.

Conception de Luther[modifier | modifier le code]

Luther voit la Cène comme si le Christ était présent pendant la Cène mais les éléments ne sont pas transformés littéralement en son corps et son sang[4]. On dit que le Christ est « dans, avec et sous les éléments ». C’est ce qu’on appelle la consubstantiation. Ainsi les participants prennent part en quelque sorte au vrai corps et au vrai sang du Christ.

Conception de Zwingli[modifier | modifier le code]

On associe Zwingli, le Réformateur protestant, à la conception de la Cène en tant que commémoration. Zwingli rejetait toute idée de présence corporelle réelle de Christ et affirmait que la Cène était d’abord un acte commémoratif. Christ était, cependant, présent spirituellement auprès de ceux qui prenaient part à la Cène et en quelque sorte il « reconnaissait une œuvre de Dieu dans la Cène ». Bien que Zwingli soit à l’origine de la conception en tant que commémoration, il a peut-être sous estimé l’idée de la communion avec Christ lors de la Cène.

Conception de Calvin[modifier | modifier le code]

Nécessaire portatif pour célébrer la sainte Cène.
Musée historique de Strasbourg.

La conception calviniste rejette la présence corporelle du Christ dans la Cène mais affirme que la présence spirituelle du Christ est tellement réelle que « sa personne entière, corps et sang, est sensible dans la Cène ». La mort sacrificielle du Christ est rendue d’une certaine manière « effective dans le croyant lorsqu’il prend part aux éléments dans la foi. » Ainsi, selon la conception calviniste, les éléments sont plus que symboliques et en prenant part à la Cène, un croyant expérimente la présence libératrice du Christ.

Dans le christianisme évangélique[modifier | modifier le code]

Commémoration[modifier | modifier le code]

La Sainte-Cène, pour les chrétiens évangéliques, est un souvenir du sacrifice de Jésus-Christ et une annonce de son retour[5]. Ce geste est pratiqué selon l'invitation de Jésus et de Paul de Tarse dans la bible [6]. Les évangéliques prennent un morceau de pain sans levain et une coupe de jus de raisin. Cela a généralement lieu le dimanche et la fréquence est soit hebdomadaire ou mensuelle, selon l'église. Lorsque le temps est venu, une invitation est faite par le pasteur à ceux qui ont eu le baptême du Saint-Esprit. Certaines églises invitent ceux qui ont eu le Baptême d'eau et le baptême du Saint-Esprit. Des placeurs ou des anciens passent alors les éléments dans l'assemblée ou les croyants sont invités à venir les chercher à l'avant de la salle.

Dans le mormonisme[modifier | modifier le code]

Lorsqu'ils prennent la sainte Cène, les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours qui sont dignes promettent de prendre sur eux le nom du Christ, de toujours se souvenir de lui, de garder ses commandements et de persévérer jusqu'à la fin. Grâce à ce sacrement, ils renouvellent les alliances du baptême selon cette Église. Le vin a été remplacé par l'eau, mais la signification reste la même (D&A 27:2).

Sous la direction de l'autorité présidente, la sainte Cène est bénie et distribuée par des détenteurs de la prêtrise d'Aaron ou de la prêtrise de Melchisédek qui en sont dignes. Celui qui bénit le pain s'agenouille et prononce la prière de Sainte-Cène concernant le pain[7]. Le pain est alors distribué à l'assemblée. Celui qui bénit l'eau s'agenouille et prononce la prière de Sainte-Cène concernant l'eau[8]. L'eau est alors distribuée à l'assemblée. Les prières de Sainte-Cène sont prononcées mot pour mot.

La réunion de sainte Cène, hormis les jours de conférence de Pieu et de conférence générale, a lieu chaque dimanche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

    • Calvin, J.,Institution de la Religion Chrétienne, 1995, vol. IV.
    • Grand Dictionnaire de la Bible, Excelsis, 2004
    • Kuen Alfred, Le Repas du Seigneur, 1999
    • R.P Martin, Worship in The Early church, 1974
    • Bruno Bürki, Cène du Seigneur. Eucharistie de l’Église. Le cheminement des Eglises réformées romandes et françaises depuis le XVIIIe siècle, d’après leurs textes liturgiques. Fribourg 1985 (Cahiers œcuméniques 17A-17B)
    • Max Thurian, Le Mystère de l’eucharistie. Une approche œcuménique. Paris 1981 (Foi chrétienne).
    • Jean-Jacques von Allmen, Essai sur le repas du Seigneur. Neuchâtel 1966 (Cahiers théologiques 55)
  • Mormonisme
    • Les principes de l’Évangile, La Sainte-Cène p. 143

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, page 705
  2. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, page
  3. William A. Dyrness, Veli-Matti Kärkkäinen, Global Dictionary of Theology: A Resource for the Worldwide Church, InterVarsity Press, USA, 2009, pages 506-508
  4. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, pages 705-706
  5. Christopher A. Stephenson, Types of Pentecostal Theology: Method, System, Spirit, OUP USA, USA, 2012, page 123
  6. Keith Warrington, Pentecostal Theology: A Theology of Encounter, UK, A&C Black, 2008, page
  7. D&A 20:77 - Ô Dieu, Père éternel, nous te demandons, au nom de ton Fils, Jésus-Christ, de bénir et de sanctifier ce pain pour l'âme de tous ceux qui en prennent, afin qu'ils le mangent en souvenir du corps de ton Fils, et te témoignent, ô Dieu, Père éternel, qu'ils veulent prendre sur eux le nom de ton Fils, se souvenir toujours de lui et garder les commandements qu'il leur a donnés, afin qu'ils aient toujours son Esprit avec eux. Amen
  8. D&A 20:79 - Ô Dieu, Père éternel, nous te demandons, au nom de ton Fils, Jésus-Christ, de bénir et de sanctifier (ce vin) cette eau, pour l'âme de tous ceux qui en boivent, afin qu'ils le fassent en souvenir du sang de ton Fils, qui a été versé pour eux, afin qu'ils te témoignent, ô Dieu, Père éternel, qu'ils se souviennent toujours de lui et qu'ils aient son Esprit avec eux. Amen.