Maison Bleue (Dives-sur-Mer)

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Maison Bleue (Dives-sur-Mer)
Vue générale de l'intérieur de la maison bleue de Dives-sur-Mer.jpg
Vue générale de l'intérieur de la Maison Bleue avec au centre Notre-Dame-de-Lourdes et la grotte
Présentation
Destination initiale
maison d'habitation
Construction
XXe siècle
Propriétaire
propriété de la commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
13 rue des Frères-BissonVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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La Maison Bleue est un édifice d'art brut situé à Dives-sur-Mer, en France[1]. Oeuvre d'un maçon d'origine portugaise réalisée de 1957 à 1977, la maison dont le jardin est entièrement gagné par des petits monuments et des mosaïques élaborées à partir de matériaux de récupération est cédée à la commune à l'extrême fin des années 1980 puis très vite inscrite au titre des monuments historiques au début des années 1990.

Par la qualité de l'œuvre elle est un « témoignage exceptionnel de l'Art brut en Normandie », mais fragile et nécessitant des travaux de conservation.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le monument est situé dans le département français du Calvados, à Dives-sur-Mer, au n°13 de la rue des Frères-Bisson, non loin du site de l'ancienne Usine Tréfimétaux.

Historique[modifier | modifier le code]

Biographie de da Costa[modifier | modifier le code]

La maison est l'œuvre d'un maçon analphabète d'origine portugaise, Euclides Ferrera da Costa, réalisée de 1957 à 1977. Né au Portugal, à Vilarinho (village rattaché à Vila do Conde[2].), à 30 km de Porto[3] le 20 février 1902[3], Euclides Ferrera da Costa émigre en France à l'aide d'un passeport régulier en 1924[4] dont il acquiert la nationalité en 1947.

Maison d'habitation modeste

Il meurt le 29 septembre 1984[5]. Il commence son œuvre du fait d'une impossibilité de travailler[6].

Etapes de la création[modifier | modifier le code]

Le premier élément du complexe est un petit monument dédié à la chienne Laïka[7], passagère du Spoutnik, en 1957[1]. Ce premier élément est achevé en 1958[8].

Le Petit Moulin et la Tour Eiffel sont créés en 1961[9] .

Le Grand Moulin date du début des années 1970[10].

Les différents éléments sont créés "en une vingtaine d'années"[11],[7]. À la fin de sa vie da Costa réalisa de petits objets cédés à ses proches ou vendus[12].

Préservation et conservation difficile[modifier | modifier le code]

Extérieur de la maison bleue en 2017

La maison est acquise par la ville de Dives-sur-Mer le 13 décembre 1989[13],[14].

La maison est inscrite comme monument historique depuis le 26 novembre 1991[1].

La fragilité de l'œuvre n'est pas sans poser des problèmes pour sa pérennisation. Dès 2005, une structure métallique est installée afin de la protéger des eaux de pluie. En 2011 une opération de restauration du monument à la chienne Laïka et au Sacré-Cœur est réalisée, prise en charge par l'association La Maison Bleue, la Fondation du patrimoine, un mécénat et des collectivités locales[6]. D'autres éléments restent fragiles, en particulier celui consacré à Notre Dame de la Délivrande[14].

Architecture[modifier | modifier le code]

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Plan de la Maison Bleue.

La maison et son jardin se situent sur une parcelle de 300 m2[14],[15].

L'artiste a utilisé pour son projet des matériaux de récupération divers, verre, vaisselle, faïence intégrés sur une base de ciment[1]. Il s'agit d'une mosaïque à ciel ouvert[14].

La couleur bleu domine dans les créations[15].

Da Costa a livré l'extérieur de la maison à sa liberté créatrice, contrairement à d'autres créateurs qui ont investi leurs intérieurs, Raymond Isidore à Chartres dans la maison Picassiette ou Robert Vasseur à Louviers dans la maison à vaisselle cassée[11].

Outre l'édifice dédié à Laïka, le complexe comprend une quinzaine d'éléments[1] représentés de façon miniature[14]. De nombreux éléments ont une inspiration religieuse, l'auteur voulant sacraliser son petit terrain[16], avec des prières et des ex-votos[17] ; parmi ces éléments religieux a été représenté le Sacré-Cœur, basilique Sainte-Rita de Cascia et la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux[7]. Les petits édifices religieux comportaient des statues religieuses naïves[17]. Après un certain nombre de vols, les statues ont été remplacées par des photographies à taille réelle pour que l'effet visuel voulu soit préservé.

Le décor est animalier, avec des représentations de papillons, de cerfs et d'oiseaux[1]. La sensibilité artistique de Costa est basée sur un « univers à la fois religieux, naïf et imaginaire »[6].

En dépit de ses qualités et de l'émotion qui s'en dégage, l'œuvre est fragile[14].

Da Costa a transposé dans son domicile divais la nostalgie de son pays natal[18] en particulier l'influence des azulejos qui permettent de créer des perspectives et d'amener de la couleur[19].

Composition[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

La représentation de Notre-Dame-de-Lourdes mesure 3 m de haut et 2 m de long. L'édifice comporte quatre fenêtres et un clocher. Une grotte complète cette représentation du lieu saint[8].

Édifices profanes[modifier | modifier le code]

Le monument à Laïka mesure 3 m de haut environ et ressemble aux premiers niveaux de la Tour Eiffel, il comporte dans sa partie supérieure un Spoutnik. Du fait de la dégradation il a été repris par Da Costa lui-même afin de consolider la structure[8].

Éléments de décor[modifier | modifier le code]

icône image Images externes
Représentation d'un cerf
Vue générale
Autre vue

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Dutour et Monique Hauguemar, Dives et les Divais, Condé-sur-Noireau, Corlet, (ISBN 2854802748)
  • Claude Lechopier, Une mosaïque à ciel ouvert : la maison bleue de Dives-sur-Mer, Cabourg, Cahiers du temps, (ISBN 2503500331)

Liens externes[modifier | modifier le code]