Lucien Bonnafé

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Lucien Bonnafé
Portrait de Lucien Bonnafé
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à FigeacVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès (à 90 ans)
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Personnalité politique et psychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata

Lucien Bonnafé (Figeac, - ) est un psychiatre désaliéniste français qui a élaboré et mis en place la politique de secteur psychiatrique.

La sectorisation des soins psychiatriques consiste à prendre en charge le malade dans l'aire géographique proche de son domicile. Par le développement de structures intermédiaires extra-hospitalières, elle permet d'assurer la continuité des soins en permettant le maintien des personnes hors des murs, constituant une rupture totale avec l'asile (on considère que l'acte de naissance de la sectorisation psychiatrique est la circulaire ministérielle du 15 mars 1960).

Rappelons que Bonnafé, en 1994, préface l'ouvrage Quelle psychiatrie pour notre temps ?[1] où sont repris de nombreux écrits de Le Guillant (1900-1968), célèbre homme de terrain et chercheur en psychologie et psychiatrie du travail.

Après la guerre, Lucien Bonnafé n'a cessé de dénoncer la mort des 40 000 malades mentaux, victimes de l'Occupation, comme Séraphine de Senlis et Sylvain Fusco[2] : « ils furent exterminés dans les hôpitaux psychiatriques par la faim et le froid. »[3]

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Bonnafé est né à Figeac en 1912. Son père est médecin et son grand-père est aliéniste.

En 1930, il participe au groupe surréaliste de Toulouse en compagnie de Gaston Massat, Elise Lazes, Jacques Matararsso, Gaspard Gomis et Jean Marcenac. Il était le dernier survivant du groupe surréaliste de Toulouse. Grâce à sa carte de fils de cheminot avec laquelle il voyageait gratuitement, il fut l'émissaire de son groupe auprès des surréalistes parisiens. C'est ainsi qu'il connut plus particulièrement Max Ernst, Man Ray et René Crevel.

  • 1934 : Pour une participation à une manifestation anti-fasciste interdite, il est condamné à 2 ans de prison avec sursis.
  • 1939-1944 : Avec de nombreuses autres personnalités du « groupe du Gévaudan », dont François Tosquelles, il met au point les bases de la psychothérapie institutionnelle, au hôpital psychiatrique de Saint-Alban, en Lozère. C'est dans cet hôpital, où se cachaient de nombreux juifs et résistants, qu'en novembre 1943, Paul Éluard se réfugie, avec sa femme Nusch[4]. Dans cet hôpital, le poète est séduit par les œuvres des patients, et il en rapporte à Paris, les faisant connaître à Jean Dubuffet, qui donnera à l'« art brut » ses lettres de noblesse.
  • 1946 : Participe au célèbre colloque de Bonneval organisé par Henri Ey, avec Jacques Lacan, Julien Rouart et Sven Follin.
  • 1949 : Adhérent depuis 1934 au Parti communiste français jusqu'à sa mort, il signe le manifeste « La psychanalyse, idéologie réactionnaire », manifeste imposé par la direction du PCF, dans lequel il souligne toutefois les « bienfaits de la leçon freudienne ».
  • 1954 : Il participe à la revue Vie Sociale et Traitements destinée aux formations des infirmiers en psychiatrie et visant à soutenir le courant désaliéniste.
  • 1959 : Le groupe de Sèvres met au point les bases de la politique de secteur.
  • 1961 : Par la publication des 27 opinions sur la psychothérapie, le rôle thérapeutique de l'infirmier en psychiatrie est précisé.
  • 1975 : Malgré son appartenance au PCF, il dénonce l’usage répressif de la psychiatrie par l’État soviétique en pleine fête de L'Humanité.
  • 1977 : Il prend sa retraite. Puis il participe à un certain nombre d'actions (en 1981 avec Jack Ralite, ministre de la Santé), il publie Psychiatrie populaire, soutient la réforme des lois de 1838 en refusant des lois spécifiques pour les malades mentaux.
  • 2000 : Le Centre Lucien-Bonnafé de l’Hôpital de Corbeil-Essonnes est inauguré en sa présence.
  • 2003 : Il meurt le 16 mars à 90 ans.
  • 2005 : La SERHEP Corbeil a arrêté toute activité et s'est dissoute en 2007. Le centre Lucien-Bonnafé a donc été transféré à la SERHEP de Ville-Évrard à Neuilly-sur-Marne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Dans cette nuit peuplée : 18 textes politiques, Paris, Éditions sociales, , 252 p. (ISBN 2-209-05279-3)
  • Psychiatrie populaire, par qui ? pour quoi ? ou Psychorama, Paris, Éditions du Scarabée, coll. « L'Ouverture psychiatrique », , 220 p. (ISBN 2-7145-0034-X)
  • (avec Patrick Tort) L'Homme, cet inconnu ? Alexis Carrel, Jean-Marie Le Pen et les chambres à gaz, Syllepse, 1991.
  • Désaliéner : folie(s) et société(s), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, coll. « Chemins cliniques », , 334 p. (ISBN 2-85816-166-6)
  • Le miroir ensorcelé, Paris, Syllepse, coll. « Utopie critique », , 334 p. (ISBN 2-913165-60-5)
  • Psychanalyse de la connaissance, Ramonville-Saint-Agne, Érès, coll. « Études, recherches, actions en santé mentale en Europe », 182 p. (ISBN 2-7492-0062-8), préface de Yves Buin, Guy Baillon ; postface de Franck Chaumon
  • L'Extermination douce, de Max Lafont, éditions Le Bord de l'eau 2000 (rencontre avec Lucien Bonnafé) 40.000 malades mentaux morts de faim dans les hôpitaux sous Vichy.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouvrage réédité (partiellement ?) en 2006 sous le titre Le drame humain du travail. Essai de psychopathologie du travail, Ramonville Saint Agnes : Erès.
  2. Biographie de Lucien Bonnafé
  3. Nouveau guide de pratique en ergothérapie : entre concepts et réalités, Jean-Michel Caire (coordinateur), Ed. Solal, 2008, (ISBN 978-2-35327-052-1), page 87.
  4. Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Paris, Éditions Bruno Doucey, coll. « Sur le fil », , 118 p. (ISBN 978-2-36229-084-8)