Rochers sculptés de Rothéneuf

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Rochers sculptés de Rothéneuf
Rotheneuf.jpg

Détail des Rochers sculptés : monstre marin et personnages

Présentation
Type
Sculpture monumentale
Architecte
Construction
1893 - 1909
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées

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Les Rochers sculptés de Rothéneuf sont un des environnements spontanés sous forme de sculptures monumentales relevant de l'art brut parmi les plus connus de Bretagne.

Ils ont été réalisés de fin 1894 à 1907, par l’abbé Adolphe Julien Fouéré, dit l'abbé Fouré (1839-1910).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Abbé Fouré exerça successivement son ministère à Paimpont, Guipry, Forges-la-Forêt et Maxent et Langouët.

En 1894, il est contraint d’abandonner son poste de recteur à Langouët malgré une pétition de ses paroissiens et de se retirer comme prêtre habitué, à Rothéneuf, à 5 km de Saint-Malo (Rothéneuf se trouve aujourd'hui dans la grande banlieue de cette ville, mais en 1900, était rattaché à la commune de Paramé, station balnéaire alors en vogue).

L'ecclésiastique entame alors une œuvre monumentale, directement taillée sur les rochers, fresque sculptée en plein air, à la merci de l'érosion marine. Pendant treize ou quatorze ans, de fin 1894 à 1907, il sculpte plus de 300 statues sur cet ensemble remarquable de rochers granitiques surplombant la mer et crée de nombreuses sculptures en bois dans sa maison du bourg appelée « Haute Folie », « Hermitage de Rothéneuf » ou « Maison de l'Ermite » et également connue plus tard sous le nom de « Musée Bois ».

En 1907, frappé de paralysie, et atteint de difficulté d'élocution, il est contraint d'arrêter toutes ses activités. On le voit alors reposant dans son célèbre fauteuil, dans la maison où il décède le 10 février 1910[2].

Le site[modifier | modifier le code]

Les sculptures sur pierre[modifier | modifier le code]

Ses figures sculptées vont du bas-relief aux visages totalement dégagés. Elles étaient à l’origine polychromes, les traits de certaines de ses figures étant soulignés au goudron.

Les sujets[modifier | modifier le code]

L'inspiration de l'abbé Fouré est variée. Elle ne représente pas comme on l'a trop souvent dit, la légende d'une imaginaire famille de contrebandiers ou corsaires de cette côte, mais bien plutôt des personnages connus ayant un rapport avec l'actualité de son époque…

La Guerre du Transvaal fait ainsi l'objet d'une saynète campant ses hommes célèbres, le président Krüger, le colonel de Villebois-Mareuil

L'actualité coloniale de son époque paraît l'avoir beaucoup occupé. En catholique militant, et patriote nationaliste, peut-être royaliste, il semble avoir voulu en maints endroits de ces sculptures faire de la propagande pour l'évangélisation des peuplades soumises par la France.

L'abbé sculpte également des saints bretons légendaires comme Saint Budoc, représenté deux fois dans les rochers, dans une auge de pierre et sur son gisant.

L'homme célèbre de Rothéneuf, Jacques Cartier, est l'un des thèmes préférés de l'abbé qui l'a représenté non seulement dans les rochers mais aussi en bois dans l'ermitage qu'il habitait dans le bourg à proximité de la côte.

Postérité[modifier | modifier le code]

Les visiteurs ont toujours été très nombreux à venir visiter les rochers sculptés.

Encore aujourd'hui c'est une curiosité fort appréciée, de plus en plus érodée par le temps, les embruns, les ruissellements[3].

Les chercheurs révèlent depuis peu de nouvelles sources d'information qui permettent de ranimer la mémoire de l'abbé et de mieux le connaître, le Guide de son musée édité en 1919 par exemple ou les articles parus de son vivant dans des journaux comme L'Éclair, La Côte d'Émeraude, Le Salut, Lectures pour tous, etc.

Le site n'est ni classé, ni inscrit aux Monuments historiques.

Galerie[modifier | modifier le code]

L'ancien musée et les sculptures en bois[modifier | modifier le code]

L'abbé Fouré produisit également des sculptures en bois qu'il conservait dans une gentilhommière pourvue d'un jardin qui fut transformé après sa mort en un musée dans le bourg. Une fois passé son mur d'enceinte crénelé, gardé par un dragon et des têtes hilares, on pouvait admirer ses œuvres : totems, personnages politiques, saints, figures mythologiques, animaux, le plus souvent interprétés d'après les images qu'il percevait dans la matière brute qu'il taillait, étiquetées de légendes naïves, et rangées dans des galeries dites « infernale », « mystique », etc.

Des cartes postales anciennes témoignent de ce musée disparu. On y voit l’abbé assis sur un fauteuil gravé de sa devise « Amor et dolor », debout entre ses totems et ses dragons, ou photographié en train de sculpter.

Les œuvres en bois ont disparu à une date non précisée. L'ermitage a également été profondément modifié depuis cette époque.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anatole Jakovsky, Les Mystérieux rochers de Rothéneuf, Paris, Éditions Encre,
  • Frédéric Altmann, La Vérité sur l'abbé Fouéré, l'ermite de Rothéneuf, éditions AM, Nice, 1985
  • Claude et Clovis Prévost, Les Bâtisseurs de L’Imaginaire, Éditions de l’Est,
  • Jean-Louis Bédouin, Rothéneuf ou le Génie du lieu, in revue L'Œuf sauvage n° 8, octobre 1993
  • Bruno Montpied, Le Musée Fantôme de l'abbé Fouré, réédition du Guide du Musée des bois sculptés annotée et illustrée, dans la revue L'Or aux treize îles n°1, janvier 2010
  • Jean-François Maurice et Jean-Michel Chesné, Les inspirés en soutane, art religieux, art populaire, les sources occultées de l'Art Brut., Cahors, Éditions Gazogène,
    Gazogène N°31 - La revue de l'Art Brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres.
    [4]
  • Joëlle Jounneau avec l'assistance de Alain Visset - L'hermite de Rothéneuf, l'esprit du lieu - Edition Scala - 2013 - 64 pages.
  • .Yannick Pelletier, L'Abbé Fouré et les Rochers Sculptés de Rothéneuf, Editions Les Rochers Sculptés , 2014, Rothéneuf-Saint-Malo , 35 400

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail et Google Maps
  2. Jean Jehan, Saint-Malo – Rothéneuf au temps des Rochers Sculptés, 2010 - Frédéric Altman : La vérité sur Adolphe Fouré. Éditions A.M. 1985 - Alain VISSET, responsable du Centre de Documentation des Historiens Locaux et des Auteurs Éditeurs, de Gévezé (35)
  3. Bernadette Sauvaget, « À Rothéneuf, il y a angoisse sous roche », Libération, 17 mai 2013.
  4. Jean-Michel Chesné

Liens externes[modifier | modifier le code]

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