Almanach de Gotha

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Almanach de Gotha
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Almanach de Gotha 2014, volumes I & II.

L'Almanach de Gotha est un annuaire des maisons royales et des familles souveraines ou l'ayant été et de la haute noblesse de l'Europe ainsi que des chefs d'État.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord publié en 1763 par CW Ettinger à Gotha, à la cour ducale de Frédéric III, duc de Saxe-Gotha, où le goût pour les sciences et celui pour la langue française étaient à l'honneur, il est, à l'origine, une modeste publication d'un vingtaine de pages, recensant des données astronomiques, postales et statistiques.

Dès la deuxième édition, s'ajoutent des données généalogiques sur la descendance des maisons souveraines, particulièrement celles du Saint-Empire romain germanique, données tendant à permettre la résolution des questions de préséance.

L'ouvrage s'étoffe progressivement et conserve son indépendance jusqu'à l'invasion de l'Europe centrale par les armées de l'empire français. Les éditions parues de 1808 à 1814 le sont sous contrôle de l'administration impériale française. Après le Congrès de Vienne, l'Europe centrale retrouve son indépendance, sans que tous ses anciens États ne soient pour autant restaurés. Les familles qui en étaient titulaires prennent la dénomination de « maisons médiatisées », créée pour elles, à cette époque.

Elles sont considérées comme ayant un rang équivalent à celui des maisons restées souveraines, rang permettant des alliances égales.

L'Almanach de gotha en vient à être considéré comme faisant autorité dans le répertoire des monarchies régnantes et de leurs gouvernements, ou des anciennes dynasties princières, avec les détails généalogiques, biographiques et la titulature du plus haut niveau de l'aristocratie européenne.

Après 1875, il s'étend progressivement aux familles ducales françaises et britanniques[1].

Il a été publié de 1785 annuellement par Justus Perthes à Gotha, jusqu'en 1944, lorsque les Soviétiques ont détruit les archives de l'Almanach de Gotha.

La parution annuelle de l'Almanach de Gotha n'ayant subi aucune interruption entre 1764 et 1944, y compris pendant les deux guerres mondiales, 181 éditions différentes parurent entre ces deux années, à un format qui alla en s'agrandissant, in 32°, puis in 24° et in 16° [2].

L'Almanach de Gotha a paru aussi aux mêmes dates et dans une présentation similaire, en langue allemande, sous le titre Gothaïscher Kalender.

Une édition en italien a paru à Venise pendant dix années, de 1788 à 1797, sous le titre Almanacco ed effermeridi per l'anno...[3].

En 1998, un éditeur, John Kennedy, basé à Londres, a acquis les droits pour l'utilisation du titre de Gotha de Justus Perthes Verlag Gotha GmbH.

Toutefois Perthes considère que les volumes qui en résultent sont de nouvelles œuvres, et non une continuation des éditions que Perthes avait publiées de 1785 à 1944[4].

Depuis 1998, l'Almanach de Gotha est publié en langue anglaise, à raison d'une édition par an, dont chacune est composée de deux volumes au format in 16°, comportant environ un millier de pages chacun. Le volume I (cartonnage en percaline rouge) décrit les maisons régnantes ou l'ayant été, et les maisons médiatisées de l'Europe (1re et 2e parties du Gotha). Le volume II (cartonnage en percaline jaune) énumère les maisons princières et ducales non souveraines de l'Europe (3e partie du Gotha).

Cette troisième partie recense dans l'édition 2013, 357 familles européennes. L'état présent des familles subsistantes est donné, avec l'état-civil de chaque représentant, les familles éteintes n'ayant qu'une simple mention pour mémoire.

Dans le langage courant, le Gotha désigne plus simplement et ordinairement des personnalités politiques, médiatiques ou culturelles, notamment, connues pour leur importance en termes de vie sociale ou de notoriété (par exemple : le gotha de la publicité).

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'objectif de l'Almanach de Gotha était de lister les membres des maisons souveraines d'Europe (régnantes ou anciennement régnantes) ainsi que la plupart des familles princières et ducales européennes (mais aucune famille noble non ducale) et accessoirement le corps diplomatique et les plus hauts fonctionnaires.

Il faut se souvenir que les maisons régnantes en Allemagne et en Italie se comptaient par dizaines pour apprécier le défi majeur que le Gotha s'était fixé.

Le Gotha fut très vite un grand succès et y être inclus devint une nécessité sociale importante pour une famille souveraine ou ducale. En effet, aux XVIIIe et XIXe siècles, une source d'information incontestable était nécessaire pour compenser les difficultés de communication, et après 1914 et la chute de beaucoup de familles régnantes, le guide devint essentiel pour départager les faux titres des vrais. Ainsi, une famille portant un titre de prince ou de duc mais non listée dans le Gotha était présumée avoir été auto-promue, ou en tous cas, non valablement.

Le Gotha n'a jamais incorporé dans ses listes les maisons de haute noblesse d'extraction (y compris les plus anciennes ou les plus illustres) portant des titres inférieurs à celui de duc (donc marquis, comte, vicomte et baron) et encore moins la petite noblesse, laissant le répertoire et l'étude de ces familles aux publications de chaque pays.

Structure[modifier | modifier le code]

L'Almanach était divisé en trois sections jusqu'en 1876 :

À partir de l'édition de 1876, les deuxième et troisième sections fusionnèrent, élevant ainsi les anciennes familles comtales du Saint Empire au rang des familles princières. En effet, à la suite de leur médiatisation, ces familles comtales avaient reçu comme compensation l'égalité de rang avec les familles princières.

Dès l'édition de 1877, la deuxième section fut divisée en parties A et B, où la partie A regroupait les familles médiatisées allemandes, qu'elles soient comtales ou princières, et la partie B les familles princières non-allemandes et les familles allemandes non-médiatisées. Ainsi fut créée l'illusion que les familles médiatisées allemandes jouissaient d'un rang supérieur aux familles princières non-allemandes, illusion renforcée par le renommage à partir de l'édition de 1890 de la Section II A en Section II, et II B en Section III.

Influence[modifier | modifier le code]

La division du Gotha eut une grande importance sociale, car en Allemagne, les maisons de la seconde section furent considérées comme ayant le même rang qu'une famille régnante allemande apparaissant dans la première section, ce qui joua un grand rôle dans l'élaboration des stratégies matrimoniales.

Ainsi, si une comtesse de la deuxième section épousait un souverain de la première section, leur mariage n'était pas considéré comme morganatique, et les enfants issus de cette union recevaient des droits dynastiques, comme celui de pouvoir hériter de la couronne. Inversement, si une princesse ou une duchesse de la troisième section épousait un petit prince allemand souverain de la première section, le mariage était réputé morganatique et les enfants exclus de la ligne de succession.

Cette division arbitraire fut une source majeure de frustration pour les familles européennes reléguées en Section III, sans compter les nombreuses familles princières de l'est de l'Europe (Russie, Géorgie, etc.) qui n'étaient même pas listées.

L'attitude relativement condescendante du Gotha à l'égard de la haute noblesse d'Europe de l'Ouest, espagnole, britannique, italienne ou scandinave, couplée à l'abondance des familles allemandes listées, a certainement contribué à la prolifération des princesses allemandes médiatisées dans les maisons royales européennes, observée au XIXe siècle, prolifération spectaculaire dans le cas des familles royales du Royaume-Uni, de Russie, et des nouvelles monarchies de Grèce, de Roumanie, de Bulgarie, de Belgique. En outre, la noblesse allemande sut parfaitement tirer parti de la surestimation artificielle de sa « valeur » sur le marché des mariages résultant du classement du Gotha, comme on peut l'observer avec la Maison de Saxe-Cobourg Gotha elle même, qui parvint à conquérir au XIXe siècle les trônes de Belgique, du Portugal, de Bulgarie et de Grande-Bretagne [5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ghislain de Diesbach, Les Secrets du Gotha, Paris, René Julliard, , 439 p., p. 9-22
  2. Gaston Saffroy, Bibliographie des Almanachs et annuaires administratifs, ecclésiastiques et militaires français de l'ancien régime et des Almanachs et annuaires généalogiques et nobiliaires du XVIè siècle à nos jours, Paris, Librairie Gaston Saffroy, , 110 p., p. 47-51
  3. Gaston Saffroy, Bibliographie des Almanachs et annuaires administratifs, ecclésiastiques et militaires français de l'ancien régime et des Almanachs et annuaires généalogiques et nobiliaires du XVIè siècle à nos jours, Paris, Librairie Gaston Saffroy, , 110 p., p. 68-69
  4. « Almanach de Gotha », Justus Perthes (consulté le 9 juin 2008)
  5. Ghislain de Diesbach, Les Secrets du Gotha, Paris, René Julliard, , 439 p., p. 22

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ghislain de Diesbach, Les secrets du Gotha, avec 16 pages hors texte et [en pochette] 22 tableaux généalogiques, 1964, un volume in 12°, Paris, René Julliard, 439 p.

Pages connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]