Voyennes

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Voyennes
Mairie-école.
Mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Nesle
Intercommunalité Communauté de communes de Nesle
Maire
Mandat
Jean-Pierre Lemaître
2014-2020
Code postal 80400
Code commune 80811
Démographie
Gentilé Voyennois
Population
municipale
611 hab. (2011)
Densité 69 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 46′ 21″ N 2° 59′ 03″ E / 49.7725, 2.984249° 46′ 21″ Nord 2° 59′ 03″ Est / 49.7725, 2.9842  
Altitude Min. 52 m – Max. 77 m
Superficie 8,87 km2
Localisation

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Voyennes

Voyennes est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie, elle fait partie de la Communauté de communes de Nesle.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au niveau étymologique, on retrouve en 826, 880 et 910 le nom de « VIENNA ». En 1143 « VOIANNA ». En 1215 « VOUIANE ». En 1254 « VOENNE ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Voyennes
Villecourt Matigny Matigny,
Offoy
Rouy-le-Grand Voyennes Offoy
Rouy-le-Petit Hombleux Hombleux,
Hameau de Canisy

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Il a été trouvé quelques ossements et armures ainsi que des documents identifiés du village.

Il y a sans doute eu un cimetière gallo-romain sur le territoire de Voyennes. Il n’a pas été possible, à ce jour, d’en découvrir le lieu exact.

Les Templiers[modifier | modifier le code]

Plusieurs sources confirment la présence d’un fort « Templier » sur le territoire de Voyennes.

En 985, Lothaire confia la défense du passage de la Somme à Voyennes aux Templiers. Les seigneurs responsables du fort sont : « Renaut de Courtemanche et Luc de Vienna ».

Autre extrait du site internet www.templiers.net :

En 1182 le Chapitre de Noyon avait acensé à Nivelon de Montdidier, maître du Temple dans le diocèse de Noyon (il n'y avait pas encore de baillie de Vermandois), ses moulin, chaussée et pêcheries de Voyennes, moyennant dix muids de froment et 40 sols de monnaie de Vermandois. Les frères du Temple s'engageaient à payer le cens convenu, à Noyon, le transport du grain étant à leur charge, et à souffrir le libre passage sur la chaussée des chevaux, des voitures à deux et quatre chevaux et autres véhicules du Chapitre. Quant aux chanoines, ils devaient veiller à ce que leurs hommes allassent au moulin des Templiers et non à un autre.

Aujourd'hui, les Templiers laissent leur nom à une impasse, à un chemin pédestre et une association dans la commune fait découvrir leur mode de vie.

Le passage de la Somme[modifier | modifier le code]

En 1415 s’effectua à Voyennes le passage de la Somme par le roi Henry V d’Angleterre, avant la funeste journée d’Azincourt.

Guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

La guerre 1914-1918 a amené l’occupant à manifester une forte présence à Voyennes. Plusieurs cartes postales éditées par les Allemands illustrent cette période de l’histoire du village.

Au cours de cette même période, le village a payé un lourd tribut à cette guerre ; les cimetières militaires provisoires et les ruines de l’époque en témoignent.

Guerre 1939-1945[modifier | modifier le code]

Voyennes, occupée une fois de plus pendant la Seconde Guerre mondiale, fut libérée par les alliés le 21 septembre 1944.

Le Tortillard[modifier | modifier le code]

Voyennes est également au début du siècle précédent un nœud de transport important, le canal et le tortillard sont largement utilisés pour le transport de marchandises et de personnes. Le réseau était équipé d'une voie unique à écartement métrique, les croisements de trains se faisant dans les gares. La voie du réseau départemental était armée en rails Vignole de 15 et 20 kg/m, comme cela se pratiquait sur les divers réseaux gérés par la Société générale des chemins de fer économiques. Vu le faible nombre de trains en circulation sur la ligne, il n'y avait pas de signalisation, si ce n'est aux bifurcations et à l'embranchement de la ligne d'Offoy à Ercheu.

Le célèbre tortillard est très actif, c’est le moyen de transport en commun idéal pour le déplacement des populations rurales, aller au marché vaut à notre époque, les courses à l’Hyper Marché. Le tortillard comptait 2 voies et 3 gares sur la commune, la plus célèbre est la Rusticana en direction d'Offoy, qui servait de gare de marchandises (produits agricoles). Une autre gare est encore visible au sein du village, à la rue de la Gare, à l'architecture en brique typique du début du XXe siècle.

Le tortillard est détruit par les Allemands lors de leur retraite pendant l'automne 1944.

Le tortillard est fermé en 1954 à la suite de l'évolution exponentielle du nombre d'automobile. Le nombre de passagers étant insuffisant pour continuer de faire fonctionner ce mode de transport dans les meilleures conditions économiques. Ce fut le cas pour la plupart des petites lignes de la région.

La gare de Voyennes-Hombleux située sur la ligne Tergnier-Amiens, quant à elle, fut fermée en 1973 à cause d'un nombre de voyageurs insuffisant aux yeux de la SNCF.

La cité d'eau[modifier | modifier le code]

Voyennes est une cité d’eau, le canal de la Somme, la rivière Somme, les étangs et marais sont représentatifs de ce village.

Port de marchandises de Voyennes, avec le tortillard sur les quais.

Les nombreux maraîchers en activité au début du siècle précédent ont marqué de leur présence l’activité économique du village.

Les Hardines (nom donné aux jardins de marais à l’est de la Somme) ont fait vivre de longues années les familles de maraîchers de la région.

La plupart des productions des marais étaient vouées à l'exportation via le canal (transport par bateau à cheval) ou par le tortillard en gare de Voyennes, situé de l'autre côté du pont du canal.

Concernant la construction du canal, les travaux commencent en 1786 mais doivent être interrompus dès 1793 devant les difficultés techniques (impossibilité de fonder les écluses dans le lit d'alluvions). Les travaux ne reprennent que sur ordre de Bonaparte en 1802, qui envisage de faire de Saint-Valery-sur-Somme un port de guerre ; ils se poursuivent en 1810 avec emploi de prisonniers de guerre espagnols aux travaux de terrassement[1]. Sous la Restauration, la concession est attribuée en 1822 par décret au banquier Pierre-Urbain Sartoris († 1833), qui envisage le doublement de la rivière par un canal maritime jusqu'à Saint-Valery-sur-Somme[2].

En 1827, Charles X inaugure lui-même le canal de la Somme qui sera achevé, tel que nous le connaissons aujourd’hui.

La liaison avec le canal du Nord devient alors le seul débouché pour les péniches. Dans les années 1960, 300 000 tonnes de marchandises transitaient encore par le canal de la Somme : betteraves acheminées vers les sucreries, céréales, engrais, charbon, etc. Depuis, le trafic marchand n’a cessé de décroître, laissant place aux bateaux des plaisanciers.

En raison d'un envasement croissant, le canal n'est plus navigable de Saint-Simon à Offoy, depuis 2000 pour la navigation de commerce et 2004 pour tout bateau[3]. Un article détaillé et complet sur le canal est disponible.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1953 1959 Mr    
1959 1965 Mr Demay   Agriculteur
1965 1971 Roger Froissart    
1971 2008 Pierre Sauveaux   Retraité
2008[4] 4 avril 2014 Jean-Denis Faucquenoy UMP Chef d'entreprise
4 avril 2014[5] en cours
(au 6 mai 2014)
Jean-Pierre Lemaître SE Retraité EDF

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 611 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
78 637 675 717 709 784 867 846 821
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
816 845 862 848 825 812 806 785 814
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
818 813 802 639 683 630 604 518 568
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
586 551 562 636 619 592 592 592 611
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Les Hardines
  • La Somme
  • Les Étangs et canaux
  • Élevage d'escargots
  • Calvaires des routes de Nesle, Ham, Hombleux.
La salle des fêtes de Voyennes.

L’église moderne Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Avant la guerre 1914-1918, l’église, vocable Saint-Étienne, était un précieux monument d’époque romane, riche de moulures dentelées autour des fenêtres et d’un magnifique bas-relief en pierre bleue sur le pignon du portail. Les deux guerres mondiales ont irrémédiablement effacé ce magnifique monument du patrimoine de la commune. Il reste de l’ancienne église, un bas-relief en pierre, témoin de la splendeur de ce monument.

Bas-relief, dernier vestige de l'église romane.

L’église de Voyennes a subi des dégâts pendant la guerre de 1870. Durant la Première Guerre mondiale, l'église a servi d'infirmerie dès 1914 aux troupes allemandes, avant d’être détruite lors des épisodes de la bataille de la Somme. Elle fut reconstruite en 1928, dans un style assez proche de l'original, les dommages de guerre permirent une reconstruction plutôt satisfaisante. Elle a été de nouveau détruite en 1940 par un bombardement aérien. L’église actuelle a été rebâtie en 1955 sur le même emplacement, à côté du monument aux morts.

Église romane de Voyennes.

La bénédiction des cloches eut lieu le 16 septembre 1928. Un document d'époque nous donne leurs noms ainsi que leurs caractéristiques (Jeanne d'Arc, 450 kg ; Etiennette, 320 kg ; Victoire, 230 kg).

Le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le projet de monument fut accepté par le maire de Voyennes le 6 novembre 1921, le dessin est fruit d'un architecte d'Amiens. Le 21 mai 1922 eut lieu l’inauguration du monument élevé à la mémoire des enfants de la commune morts pour la France ; cet évènement est largement représenté par des cartes postales de l’époque. À l'occasion de cette inauguration, une messe fut donnée dans l'église détruite par M. l'Evêque.

Le monument aux morts de Voyennes fut le premier monument inauguré de la région. Ce monument porte la croix de guerre comme beaucoup d’entre eux dans le département de la Somme.

La grotte à la Vierge[modifier | modifier le code]

En 1961, un Voyennois dévoué et bricoleur entreprit avec quelques amis la construction d'une grotte à proximité de l'église.

Cette grotte était bien entendu dédiée à Marie.

Les Hardines[modifier | modifier le code]

En allant vers le hameau de Buny, autrefois indépendant, on peut apercevoir les Hardines, cultures de marais qui subsistent encore de ce côté de la Somme. Certaines Hardines (jardins de marais) sont encore visibles aujourd’hui le long des étangs communaux gérés par la Société de pêche (450 membres pour 600 habitants). Avec ses quatre fermes en activité, ses maraîchers et ses commerces, Voyennes est aujourd’hui un village dynamique qui a su exploiter au mieux la richesse de sa nature.

Monuments détruits par les guerres[modifier | modifier le code]

Beaucoup de monuments, de sites et d'entreprises n'ont pas résisté aux assauts des guerres successives qui se sont déroulées à Voyennes. On peut lister aujourd'hui la disparition de :

  • sucrerie ;
  • briqueterie ;
  • château de Voyennes ;
  • port du canal ;
  • bâtiments ferroviaires.

Culture[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations dans le village développent une offre culturelle diversifiée ainsi que diverses manifestations (une vingtaine) tout au long de l'année. La culture étant au centre des préoccupations communales et de la communauté de communes du pays Neslois.

  • Le salon des collectionneurs qui a pour but de favoriser les échanges entre collectionneurs, la vente et l'achat de biens de collections. Ce salon se déroule tous les ans le 3e dimanche de février.
  • Prémices d'été, salon des peintres annuel, le 3e week-end de juin. Il a pour but d'apporter la culture dans le monde rural et se veut être un tremplin pour les peintres régionaux afin qu'ils acquièrent de la notoriété. Plusieurs peintres cotés sont invités chaque année.
  • La fête communale existe depuis la seconde guerre mondiale. Elle a lieu tous les ans, le dernier week-end du mois d'août. La fête veut rassembler l'ensemble des habitants, des associations et collectivités locales afin de profiter d'un moment de convivialité. La manifestation s'est développée au fur et à mesure des années pour maintenant se tenir sur quatre jours (du vendredi au lundi).
  • Le salon du modélisme organisé le premier week-end d'octobre rassemble les amoureux du modélisme et du modèle réduit.
  • Des salons d'ateliers créatifs sont organisés deux fois par an, à la suite de la demande des clubs et associations locales.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

André Audinot (1933-1986), député de la Somme, vivait à Voyennes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. coll., « Grand-Laviers et ses deux mille ans d'histoire » (décembre 2000), éd. F. Paillart, Abbeville
  2. Cf. Joseph Marie Quérard, La France littéraire: ou Dictionnaire bibliographique des savants, vol. VIII, Firmin Didot,‎ 1836, p. 461
  3. Aude Collina, « La faune du canal est malicieuse », Le Courrier picard, édition Région d'Amiens,‎ 19 juillet 2008
  4. [xls] « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ 28 avril 2009 (consulté le 16 mai 2009)
  5. « Toutes les écharpes ont trouvé preneur », Journal de Ham, no 15,‎ 10 avril 2014, p. 2 (ISSN 0755-1398)
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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