Treblinka
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Treblinka, est le nom de deux camps nazis, un camp de concentration et un camp d'extermination, le second en importance après Auschwitz.
Un premier camp, construit en 1941 pour servir de camp de travail forcé aux accusés de crimes par les troupes d'occupation, était situé à une centaine de kilomètres au nord-est de Varsovie[1], non loin de la ville de Malkinia [2] , en Pologne.
Un peu moins d'un an après l'ouverture de ce camp qui sera connu plus tard sous le nom de Treblinka I, un second camp fut construit, camp qui deviendra très vite un outil majeur dans le plan d'extermination des Juifs conçu par le Troisième Reich. Treblinka II, construit par des firmes allemandes employant des prisonniers juifs et polonais, devait servir de centre d'extermination pour les Juifs d'Europe centrale. Situé à environ deux kilomètres du premier camp, Treblinka II devint très vite l'un des principaux centres d'extermination nazis.
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[modifier] Le camp d'extermination
Le camp d'extermination de Treblinka II (Vernichtungslager Treblinka) est entré en activité le 23 juillet 1942 en même temps que les premières évacuations du Ghetto de Varsovie. Le 21 septembre 1942, soit après à peine 2 mois d'activité, plus de 245 000 Juifs du ghetto ainsi que de 112 000 Juifs en provenance d’autres endroits dans le district de Varsovie y avaient été assassinés. Plus de 337 000 Juifs du district de Radom, 35 000 du district de Lublin et 107 000 du district de Białystok y furent exterminés dans les mois qui suivirent. Des milliers de Juifs en provenance d’autres pays y furent également exterminés : 7 000 de Slovaquie, 8 000 venant du camp de concentration de Theresienstadt, 4 000 Juifs de Grèce, et 7 000 Juifs de Macédoine ainsi que plus de 2 000 Tziganes.
Le camp était divisé en deux. Une partie, au sud et à l’ouest, contenait la gare, les baraquements pour le déshabillage et la coupe des cheveux, hommes et femmes séparés, les hangars de stockage des dépouilles, un chemin conduisant aux chambres à gaz, des baraquements pour loger les prisonniers chargés d’assurer le fonctionnement de cette partie ainsi qu’une grande place d’appel. L’autre partie comprenait les chambres à gaz, les fosses où brûlaient les cadavres, et les baraquements du deuxième groupe de prisonniers. Il était formellement interdit de communiquer entre les deux parties.
Nul ne devait savoir ce qui se passait dans le camp, et les déportations se faisant à l’origine depuis Varsovie dans des trains normaux, puisque les nazis faisaient croire qu’il s’agissait d’un transfert vers des terres libres à l’est, une femme d’officier allemand qui est arrivée dans le camp par erreur de train a été tuée avec ses deux enfants sur ordre de Berlin.[réf. nécessaire]
À l’extérieur du camp se trouvaient les logements des SS allemands et des gardes (principalement des prisonniers de guerre soviétiques ainsi que des recrues parmi les civils polonais ou ukrainiens [3] ). Plus de 700 Juifs prisonniers assuraient le fonctionnement.
Treblinka était destiné exclusivement à la solution finale, c'était un camp de l'Aktion Reinhardt. Le 2 août 1943, une révolte éclata à Treblinka. Des déportés parviennent à s’emparer d’armes. Quelque 300 personnes participèrent à l’insurrection, mais seules 70 parvinrent à s’évader. Après le soulèvement, les SS ont assassiné tous les déportés restés sur place. À la fermeture du camp, tous les Juifs qui y avaient travaillé furent gazés et les corps brûlés. La totalité du camp fut détruite et une ferme y fut implantée. Outre les documents d'archives et les dépositions des SS ayant travaillé à Treblinka et traduits en justice après guerre, les témoignages des survivants qui réussirent à s’enfuir lors de la révolte du 2 août 1943 permirent d'en savoir davantage sur le fonctionnement au quotidien de ce camp.
[modifier] Les bourreaux
Le camp est commandé par l'Obersturmführer SS Irmfried Eberl, jusqu’en août 1942. L'Obersturmführer SS Franz Stangl le remplace en août 1942 et commande le camp jusqu’en août 1943. Kurt Franz lui succède jusqu'à la fermeture.
Le personnel du camp est composé d'Allemands et d'Ukrainiens. Il y avait 10 officiers SS et 100 gardes. Une trentaine de SS était affectée à l'administration du camp. Une petite centaine d'autres, ainsi que 20 Ukrainiens, était affectée à la garde du camp, au personnel de sécurité ou aux équipes de gazage. De 700 à 1 000 prisonniers juifs étaient affectés aux travaux des divers kommandos.
[modifier] Le sort des commandants
- Suicide : Irmfried Eberl ;
- Mort avant la sentence : Franz Stangl ;
- Prison à vie : Kurt Franz.
[modifier] Le sort des gardes SS
- Tués par les détenus : SS Unterscharführer Max Bialas, SS Unterscharführer Kurt Küttner ;
- Tué par les gardes ukrainiens : SS Scharführer Herbert Floss ;
- Tué par les partisans italiens : SS Oberscharführer Karl Pötzinger ;
- Exécutés par les Soviétiques : SS Wachmann Libodenko, SS Wachmann Pinnemann, SS Wachmann Rogozin, SS Wachmann Tshernievski ;
- Destin inconnu : SS Scharführer Alfred Bölitz, SS Rottenführer Edwin Gense, SS Rottenführer Willy Grossmann, SS Scharführer August Hingst, SS Hauptscharführer Emil Ludwig, SS Oberscharführer Karl Ludwig, SS Unterscharführer Willy Post, SS Rottenführer Karl Schiffner, SS Scharführer Fritz Schmidt, SS Hauptscharführer Karl Seidel, SS Scharführer Franz Swidersky, SS Oberscharführer Eisold, SS Scharführer Lindenmuller, SS Hauptscharführer Löffler, SS Oberscharführer Mätzig, SS Rottenführer Mischke, SS Unterscharführer Schemmerl, SS Scharführer Sidow, SS Oberscharführer Paul Bredow, SS Unterscharführer Wengler ;
- Suicide : SS Oberscharführer Kurt Bolender, SS Unterscharführer Erwin Kainer ;
- Mort avant la sentence : SS Scharführer Albert Rum ;
- Peines de prison : SS Unterscharführer Josef Hitreider, SS Oberscharführer Heinrich Matthes, SS Rottenführer August - Wilhelm Miete, SS Oberscharführer Willy Mentz (Prison à vie) ; SS Oberscharführer Gustav Müntzberger (12 ans) ; SS Oberscharführer Otto Stadie (7 ans) ; SS Unterscharführer Franz Suchömel (6 ans) ; SS Unterscharführer Erwin Lambert (4 ans) ;
- Acquittés : SS Unterscharführer Erich Fuchs, SS Scharführer Otto Horn.
[modifier] Le sort des gardes ukrainiens
- Exécutés par les Soviétiques : SS Oberwachmann Fedor Fedorenko, SS Wachmann Pyotr Goncharov, SS Wachmann Pavel Lelenko, SS Wachmann Nikolai Malagon, SS Wachmann Ivan Shevchenko, SS Rottenwachmann Sergei Vassilenko, SS Wachmann Alexander Ivanovich – Yeger ;
- Exécuté par les SS : SS Wachmann Wasil Hermaniec ;
- Disparus, destin inconnu : SS Wachmann Nikolay Dorofeyev, SS Wachmann Ivan Semenovich, SS Wachmann Nikolai Shalaiev, SS Wachmann Andrei Vassilega, SS Wachmann Nikolai Voronikov ;
- Echappé à l’étranger : SS Wachmann Bronislav Hajda, SS Wachmann Luidas Kairys, SS Wachmann Dimitry Korotkikh ;
- Tué par les détenus : SS Wachmann Ivan Marchenko.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Notes
- ↑ Selon Encarta, le camp était à quelque 60 miles, soit 97 kilomètres, de la capitale polonaise.
- ↑ Eugen Kogon, Hermann Langbein, Adalbert Ruckerl, Les chambres à gaz secret d'état, Paris, Editions de Minuit, 1984, p. 147
- ↑ United States Holocaust Memorial Museum qui précise que en anglais : The authorities at the Treblinka II killing center consisted of a small staff of German SS and police officials (between 25 and 35) and a police auxiliary guard unit of between 90 and 150 men, all of whom were either former Soviet prisoners of war of various nationalities or Ukrainian and Polish civilians selected or recruited for this purpose.
[modifier] Bibliographie
- Gitta Sereny, Au fond des ténèbres, éd. Denoël. L'auteur a interviewé Franz Stangl à de nombreuses reprises dans la prison où il attendait son verdict. Elle en fait un bilan qu'elle documente historiquement par ailleurs.
- Richard Glazar, Trap With a Green Fence, (existe aussi en allemand : Falle mit dem grünen Zaun). L'auteur, né à Prague en 1920 et survivant de Treblinka s'exprime par ailleurs dans le film Shoah de Claude Lanzmann.
- Samuel Willenberg, Révolte à Treblinka, éd. Ramsay. L'ouvrage est un témoignage : l'auteur est un survivant du camp.
- Martin Gray, Au nom de tous les miens. Autobiographie romancée dans lequel l'auteur évoque un passage à Treblinka.
- Chil Rajchman, Je suis le dernier juif Témoignage exeptionel d'un évadé de Treblinka rédigé avant la fin de la guerre
[modifier] Liens externes
- Treblinka (en)
- Treblinka, présentation détaillée (fr)
- Les procès de Treblinka (fr)
- L’Enfer de Treblinka, de Vassili Grossman, 1945, Version intégrale (fr)
- Article sur la révolte de Treblinka du 2 août 1943

