Gaswagen

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Les gaswagen (« camion à gaz ») est une méthode génocidaire expérimentée par le NKVD soviétique dans les années 1930 et massivement utilisée par le Troisième Reich pour tuer des personnes au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Il s'agit de véhicules équipés d'un compartiment hermétique dans lequel sont rejetés soit du monoxyde de carbone pur conditionné en bouteilles soit les gaz d'échappement du véhicule. Les victimes prenant place dans ce compartiment étaient asphyxiées par le monoxyde de carbone.

Camion Magirus-Deutz réputé similaire à ceux utilisés comme camion à gaz à Chełmno, Pologne 1945

Camions à gaz sous le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Les premiers camions à gaz ont été utilisés fin 1939 début 1940 dans le cadre de l'Aktion T4 pour tuer les malades mentaux des asiles d'aliénés de Pologne. On utilisait un fourgon hermétique attelé à une cabine tractrice sur laquelle était fixé un réservoir rempli d'oxyde de carbone pur sous pression relié par des tuyaux jusqu'à l'intérieur du fourgon[1].

La deuxième génération de camions, celle par les gaz d'échappement se concrétise [2]mi aout 1941 après qu'Heinrich Himmler ait assisté près de Minsk à une exécution de Juifs par fusillade qui l'aurait incommodé[3]. Il demanda à Arthur Nebe chef de l'Einsatzgruppe B de trouver un moyen plus efficace et plus « humain » que la fusillade pour tuer les victimes. Après avoir pensé à la dynamite, Arthur Nebe se souvint qu'il avait failli un jour s'intoxiquer dans son garage le moteur de sa voiture resté en marche. L'idée fut adoptée. Des camions Saurer furent carrossés avec des caisses hermétiques par la firme Gaubschat. Le chef d'un atelier technique du RSHA Harry Wentritt fut chargé par Reinhard Heydrich de mettre au point le dispositif pour relier le tuyau d'échappement à l'intérieur du fourgon. La première expérimentation du camion à gaz eut lieu début novembre 1941 dans le camp de concentration de Sachsenhausen sur des prisonniers de guerre russes[4]. Le Dr Theodor Leidig témoigne

« un jour je fus convoqué à Sachsenhausen. [...] des hommes nus montèrent dans un camion poids lourd. [...] Puis la voiture démarra [...] nous nous sommes rendus dans un autre endroit [...] c'était près du four crématoire. Je me souviens qu'on pouvait voir par un regard ou à travers une vitre l'intérieur de la voiture qui était éclairé. On constata que les gens étaient morts. [...] En tant que chimiste nous avons pu constater que les corps avaient l'aspect rosâtre typique des victimes du monoxyde de carbone[5] »

Ces gaswagen ont été utilisés peu de temps après notamment au camp d'extermination de Chełmno, jusqu'à ce que les chambres à gaz aient été mises au point, méthode plus « efficace ».

En 1943, les crimes contre l'humanité sont commis sur le territoire de l'Union des républiques socialistes soviétiques vers Krasnodar, où environ 6 700 civils sont tués par empoisonnement dans les gaswagen. Les témoignages de ces crimes ont été donnés au procès de Nuremberg. Le nombre total de victimes de ces instruments de mort au cours de la période de la Seconde Guerre mondiale est de 700 000[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugen Kogon, Hermann Langbein, Adalbert Rückert les chambres à gaz, secret d'état coll. Points/Histoire éd. Seuil 1987 p.56 (ISBN 978-2-020-09628-7)
  2. Selon Florent Brayard l'idée d'utiliser du gaz comme moyen de masse de mise à mort émerge fin juillet 1941 en Lettonie
  3. Christian Ingrao croire et détruire : les intellectuels dans la machine de guerre SS éd.Fayard 2010 p.277 (ISBN 978-2-286-06980-3)
  4. Florent Brayard la solution finale de la question juive : la technique, le temps et les catégories éd. Fayard 2004 (ISBN 978-2-213-67358-5)
  5. Eugen Kogon op.cit. pp 74-75
  6. Mémorial de Yad Vashem http://www.yadvashem.org/odot_pdf/Microsoft%20Word%20-%206236.pdf

Liens externes[modifier | modifier le code]