Martin Gray

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Martin Gray, de son vrai nom Mietek Grayewski, est un écrivain franco-américain, d'origine polonaise, Juif, né à Varsovie le [1].

« Faire que les blessures deviennent, si l'espérance l'emporte sur la souffrance, les veines dans lesquelles ne cesse de battre le sang de la vie. » (Martin Gray). Monument érigé non loin de sa résidence bruxelloise[2].

Il est connu pour son livre Au nom de tous les miens, dans lequel il décrit une partie de sa vie et notamment le drame d'avoir perdu à deux reprises toute sa famille, d'abord dans les camps d'extermination nazis, puis dans l'incendie de sa maison dans le Sud de la France. Ce livre, qui fut rédigé par Max Gallo, a été accusé de mêler fiction et réalité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , les nazis envahissent la Pologne. Martin Gray a alors quatorze ou dix-sept ans, au gré des sources[3]. Transféré dans le ghetto de Varsovie où son père travaille au Judenrat, il trouve le moyen d'en sortir en soudoyant des soldats nazis et devient ainsi un contrebandier. Plusieurs fois par jour, il fait des aller-retour pour ramener de la nourriture dans le ghetto grâce aux tramways. Lors d'une rafle, son père est attrapé pour être déporté. Grâce à ses connaissances, Martin lui sauve la vie en l'aidant à s'échapper.

Plus tard, sa mère, ses deux frères et lui-même sont déportés à Treblinka, où sa mère et ses frères sont exterminés immédiatement. Compte tenu de sa santé physique il n'est pas tué, et travaille dans divers kommandos, dont les sonderkommandos, qui sont chargés d'extraire les corps des chambres à gaz. Il réussit à s'échapper de ce secteur et à retravailler dans les secteurs de réception des déportés.

Il travaille alors dans un kommando chargé de trier le linge et de le charger dans les wagons. Il peut ainsi s'enfuir de Treblinka en se camouflant dans un wagon. De nuit, il se jette hors du train et traverse divers villages où il informe la population de ce qui se passe à Treblinka, mais personne ne le croit[4].

À son retour à Varsovie, il retrouve son père, qu'il croyait mort, mais qui, quelques jours plus tard, lors de l'insurrection du ghetto, sera abattu devant ses yeux, parmi un groupe de Juifs qui s'étaient jetés sur des SS après s'être rendus[5].

Il rejoint ensuite l'Armée rouge où il finit la guerre, et marche sur Berlin le . Comme officier, il est décoré d'ordres prestigieux de l'Armée rouge : ordre de l’Étoile rouge, ordre de la Guerre patriotique et Ordre d'Alexandre Nevski[6]. Cent dix membres de sa famille sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale[7].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il décide d'aller rejoindre sa grand-mère maternelle à New York en 1947.

Il s'y enrichit en vendant à des antiquaires américains des porcelaines et des lustres non antiques, qu'il fait fabriquer en Europe[8].

Citoyen américain en 1952[9], il rencontre Dina Cult en 1959 qui devient son épouse. Ils s'installent dans le Sud-Est de la France, à Tanneron, non loin de Mandelieu, où il devient exploitant agricole[9].

Le , lors de l'incendie du Tanneron, il perd son épouse et ses quatre enfants[10] Au bord du suicide[11], il décide de lutter pour devenir un témoin et trouve encore une fois la force de survivre[12] et l'écriture devient alors pour lui une thérapie.

Depuis, Martin Gray s'est remarié deux fois et est père de cinq enfants[13].

En 2001, après plus de quarante ans passés dans le Var, Martin Gray s'installe en Belgique, à Uccle, dans l'agglomération de Bruxelles[14]. À partir de 2005, il habite à Cannes[15].

En 2012, il s'installe à Ciney dans le Condroz belge où il est fait citoyen d'honneur le 21 juillet 2013[16],[17] .

Activités philanthropiques[modifier | modifier le code]

Fondation Dina Gray[modifier | modifier le code]

S'attachant à faire vivre le souvenir des siens, il crée la fondation Dina Gray[18] à vocation écologique, chargée de lutter contre les incendies de forêts et pour la protection de l'Homme à travers son cadre de vie.

Arche de la Défense[modifier | modifier le code]

Martin Gray a été le président de l'Arche de la Défense à Paris durant plusieurs années (1989-2001).

Coordination française pour la Décennie[modifier | modifier le code]

Il est également membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Malgré une douzaine d'ouvrages publiés[19], Martin Gray dit ne pas se considérer lui-même comme écrivain, mais plutôt comme un témoin. « Je n'écris pas, je crie » affirme-t-il dans une interview récente[20].
Ses livres sont au service de ses activités philanthropiques, comme le montre la préface de Max Gallo à Au nom de tous les miens : « Martin Gray voulait dire sa vie. Parce que, pour les siens disparus, pour lui-même, pour sa fondation, il avait besoin de parler, besoin qu'on sache[21]. »

Une controverse existe au sujet d'Au nom de tous les miens. Gitta Sereny[22] accuse Gray et Max Gallo d'avoir inventé le séjour de Gray à Treblinka. Pierre Vidal-Naquet, après avoir d'abord emboîté le pas à Gitta Sereny, s'est laissé convaincre par des attestations fournies par Martin Gray et a retiré ses accusations contre lui, mais a continué à reprocher à Max Gallo d'avoir pris des libertés avec la vérité[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2007 : citoyen d'honneur de la commune d'Uccle, en Belgique.
  • Prix international Dag Hammarskjoeld pour Au nom de tous les miens.
  • Docteur honoris causa de l'Université américaine de Paris, de l'Université de Genève de diplomatie et relations internationales
  • Médaille d'or du Mérite européen.
  • 21/07/2013 : citoyen d'honneur de la ville de Ciney en Belgique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de Martin Gray mais la notice biographique du Who's Who in France indique le 27 avril 1925.
  2. Seconde partie du texte de la plaquette fixée sur le socle du monument.
  3. Sa date de naissance est le 27 avril 1922 d'après son site officiel mais la notice biographique du Who's Who in France indique le 27 avril 1925.
  4. Cet épisode de sa vie est cependant sujet à caution, lire la section « Controverse sur Treblinka » de l'article Au nom de tous les miens
  5. Martin Gray, Au nom de tous les miens, réimpr. Pocket, 1994, p. 226-227.
  6. Martin Gray, Au nom de tous les miens, documents joints, Éditions Robert Laffont.
  7. « Le dernier combat de Martin Gray », sur lexpress.fr,‎ 11 février 1993.
  8. Martin Gray, Au nom de tous les miens, Paris, Laffont, 1971 ; rééd. Pocket, 1998, p. 327-329 et 332.
  9. a et b Notice biographique, Who's Who in France, 2008.
  10. [PDF] Étude sur les aléas naturels et leurs enjeux, octobre 2005, « Quelques catastrophes récentes en France », p. 21, sur le site igf.minefi.gouv.fr.
  11. Martin Gray, récit recueilli par Max Gallo, Au nom de tous les miens,  éd. Robert Laffont, Paris, 1971 ; coédition Robert Laffont-Opéra Mundi, Sélection du Reader's Digest, 1972, p. 168 :
    « Et j'ai voulu arracher à un gendarme ce revolver qui ferait taire les hurlements en moi [...]. Je ne me suis pas tué. J'ai voulu. je n'ai pas pu : on a veillé sur moi. [...] »
  12. Martin Gray, récit recueilli par Max Gallo, Au nom de tous les miens,  éd. Robert Laffont, Paris, 1971 ; coédition Robert Laffont-Opéra Mundi, Sélection du Reader's Digest, 1972, p. 170 :
    « [...] Mais j'avais renoncé au suicide, il me fallait donc vivre jusqu'au bout. »
    « [...] Je ne veux pas que Dina, mes enfants soient morts pour rien, je ne veux pas qu'on les oublie, je veux que leur avenir soit de mettre en garde, de sauver. Tel est mon combat. »
    « [...] Vivre, jusqu'au bout, [...] pour rendre ma mort, la mort des miens impossible, pour que toujours, tant que dureront les hommes, il y ait l'un d'eux qui parle et qui témoigne au nom de tous les miens. »
  13. martin-gray.fr, Biographie, sur le site officiel de Martin Gray.
  14. Francis Dubois, « Martin Gray, passeur et démineur », Le Soir, 9 mai 2005, p. 15, en ligne.
  15. « Au nom de tous les hommes », L'Express, propos recueillis par Gilles Médioni, publié le 12 janvier 2006, sur le site lexpress.fr, consulté le 6 mai 2009.
  16. Où fêter le 21 juillet dans le Namurois et le Brabant wallon ?, RTBF, 19 juillet 2013
  17. Martin Gray vous attend à Ciney Expo, L'Avenir.net, 21 novembre 2012
  18. Martin Gray, récit recueilli par Max Gallo, Au nom de tous les miens,  éd. Robert Laffont, Paris, 1971 ; coédition Robert Laffont-Opéra Mundi, Sélection du Reader's Digest, 1972, p. 171.
  19. martin-gray.fr, Bibliographie commentée, avec des extraits, sur le site officiel de Martin Gray.
  20. Hélène McClish (2004), « Martin Gray : Au nom de tous les hommes », LeLibraire.org (consulté le 24 janvier 2008).
  21. Martin Gray, Au nom de tous les miens, rééd. Pocket, 1998, p. 9.
  22. Sunday Times, 2 mai 1973, et New Statesman, 2 novembre 1979, p. 670-673.
  23. Le Monde, 27-28 novembre 1983, p. 9.
  24. Martin Gray, Au nom de tous les miens (ISBN 2-266-12221-5).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]