Odilo Globocnik
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| Odilo Globocnik | |
| Naissance | 21 avril 1904 Trieste |
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| Décès | 31 mai 1945 Paternion |
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Odilo Globocnik (né le 21 avril 1904 à Trieste et mort le 31 mai 1945 à Paternion en Carinthie), était un nazi autrichien, avec le rang de Brigadeführer-SS (général).
Il a joué un rôle important lors de l'Anschluss. Il a été ensuite Gauleiter à Vienne, puis chef de la SS et de la police du district de Lublin, avec sous ses ordres Friedrich Buchardt, chef du SD de Lublin. Il a organisé l'Opération Reinhard. Après son arrestation par les troupes britanniques, il se suicide en mai 1945.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Origines [modifier]
Issu d'une famille d'origine slovène, début 1914 il entre dans une école militaire pour y suivre une formation interrompue par le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Pour soutenir financièrement sa famille, il devient porteur de valises dans une gare. En 1922 il entre dans une formation para-militaire d'extrême droite pro-nazie en Carinthie. En 1931, il s'inscrit au parti nazi où il s'occupe de propagande et est chargé de mettre sur pied un réseau chargé de transférer des fonds depuis le Reich vers l'Autriche. En août 1932, il est arrêté pour être entré en contact avec des nazis incarcérés dans la prison de Klagenfurt.
Le Troisième Reich et l'Anschluss [modifier]
En juin 1933 il participe à un attentat mortel contre un bijoutier juif à Vienne et l'année suivante, en 1934, il entre dans la SS. Il dirige un parti nazi en province et a joué un rôle décisif dans la prise du pouvoir par les nazis en Autriche. Le 24 mai 1938, Adolf Hitler le nomme Gauleiter du Bas-Danube (Vienne). En octobre il organise avec Adolf Eichmann la déportation à Vienne de 10 000 Juifs depuis la banlieue de la capitale autrichienne[1]. Impliqué dans un trafic de devises[2], il est démis de ses fonctions le 30 janvier 1939 et devient volontaire dans une unité Waffen SS au sein de laquelle il fait la campagne de Pologne avec le grade de caporal.
Responsable allemand dans le Gouvernement Général de Pologne [modifier]
Le 9 novembre 1939 Himmler le nomme Höherer der SS und Polizeiführer du district de Lublin dans le Gouvernement général. Cordialement détesté par Frank (qui le gratifie du sobriquet de Dummer Odilo[3]) et son représentant à Lublin, Ernst Zörner, il mène dans le district dans lequel il est compétent une brutale politique de génocide et d'épuration ethnique, dans le cadre de l'Action Zamosc, entreprise de colonisation à l'échelle du cercle du même nom, situé dans le Sud du district de Lublin[4].
Le Criminel de guerre nazi [modifier]
Le colonisateur [modifier]
Il tient une place importante dans la mise en œuvre du Nisko und Lublin plan, vaste projet qui consistait, dans le cadre de la politique de repeuplement par des Allemands de souche des nouveaux territoires conquis à l'est, à créer une vaste réserve territoriale autour de Lublin pour y parquer des centaines de milliers de Juifs déportés des régions voisines, tous utilisés dans des camps de travail forcé. Il crée un département et nomme à sa tête le docteur Hofbauer pour superviser l'opération.
Le gestionnaire de l'extermination des Juifs [modifier]
Le 13 octobre 1941 il rencontre Himmler et lui propose, dans le cadre d'un nettoyage général du Gouvernement général des Juifs et des Polonais, des plans d'une « portée considérable » selon ses propres termes dont la création d'un camp d'extermination avec des chambres à gaz à Belzec. Le Reichsführer SS donne son accord et le 1er novembre des ouvriers polonais commencent la construction du camp[5].
Après la conférence de Wannsee, Globocnik estt chargé de diriger l'opération Reinhardt, la déportation et l'extermination de tous les Juifs du Gouvernement général. Au niveau territorial il dépendait du Höherer der SS und Polizeiführer du Gouvernement général, l'Obergruppenführer Friedrich-Wilhelm Krüger, mais il recevait ses ordres directement de Himmler. Sa mission était de construire les camps d'extermination, de coordonner la déportation des Juifs, de les mettre à mort dans les camps, de rassembler et transférer les objets de valeur pris sur les victimes, Eichmann du RSHA à Berlin ayant à sa charge l'organisation et la surveillance des convois vers les camps. Dans ce but, Globocnik crée un état-major spécial (Ausssiedlungsstab) dirigé par le Sturmbannführer-SS Hermann Höfle en charge des déportations dans les districts de Lublin et de Varsovie[6].
Durant le premier semestre 1942, tous les camps d'extermination dépendaient directement de lui jusqu'à ce qu'il nomme Christian Wirth inspecteur général des camps le 2 août 1942. Le 18 août 1942 il accompagne Kurt Gerstein et Wilhelm Pfannenstiel pour leur inspection au camp de Belzec. Au vu du désordre général régnant à Treblinka fin août, il démet de ses fonctions le commandant du camp Irmfried Eberl et nomme à sa place Franz Stangl. Parallèlement Globocnik est chargé par Himmler de mettre en œuvre le Generalplan Ost pour la région de Lublin, ce qui se traduit en novembre 1942 par une vaste opération policière dans la région de Zamosc, à l'est de Lublin, visant à chasser et expulser les Polonais de leurs villages et à massacrer ceux qui s'y opposent. Fin août 1943, la liquidation des ghettos du Gouvernement général étant achevée, l'Aktion Reinhardt est dissoute le 19 octobre 1943, les camps dans lesquels ont été assassinés environ 1 500 000 Juifs[7] sont démantelés jusqu'à ce qu'aucune trace ne subsiste.
La fin de la guerre [modifier]
Il est ensuite nommé Höherer der SS und Polizeiführer, chef suprême des SS et de la police en Istrie près de Trieste pour mener la lutte contre les partisans. À l'approche des Alliés, il se réfugie en Carinthie autrichienne et se cache dans un chalet d'alpage près de Weissensee. Fin mai 1945, il est capturé par un commando britannique de hussards et se suicide le 31 mai 1945 en mordant une capsule de cyanure.
Bibliographie [modifier]
- (fr) Édouard Conte, Cornelia Essner, La quête de la race. une anthropologie du nazisme, Hachette, Collection Histoire des Gens, Paris 1995, (ISBN 978-2-01-017992-7).
Notes et références [modifier]
- Édouard Husson, Heydrich et la solution finale, Perrin, 2012, p. 81
- Conte et Essner, La quête de la race, p.268.
- Conte et Essner, La quête de la race, p.268.
- Conte et Essner, La quête de la race, p.268.
- Christopher Browning, Les origines de la solution finale, Points/Histoire Seuil, 2009, p. 763
- Raul Hilberg, op.cit. p. 417
- Raul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Folio vol.II, Gallimard 1985, p. 1045