Au nom de tous les miens

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Au nom de tous les miens
Auteur Martin Gray
Genre Récit autobiographique
Date de parution 1971

Au nom de tous les miens est un livre autobiographique de Martin Gray, rédigé par Max Gallo et paru en 1971. L'action se situe en Pologne durant la Seconde Guerre mondiale. La véracité de certains épisodes a été mise en doute.

Le livre fut porté à l'écran en 1983 et décliné en téléfilm sous le même titre.

Résumé[modifier | modifier le code]

En 1939, la Pologne est envahie par les Allemands. À Varsovie, les Juifs sont parqués dans un ghetto. Le livre semble dire que Martin Gray a alors 14 ans[1], ce qui est en contradiction avec le site officiel de Martin Gray, d'après lequel il est né le 27 avril 1922[2]. Alors que les habitants du ghetto meurent de faim, Martin se met à faire du marché noir avec l'extérieur. Ces passages du mur du ghetto sont ses premiers actes de résistance contre les Nazis. Il échappe aux camps de concentration pour un temps, mais finit par se faire arrêter avec sa mère et ses deux frères. Par sa rage de vivre et sa force de caractère, il s'échappe du camp d'extermination de Treblinka pour participer à la Résistance. Il participe ainsi au soulèvement du ghetto de Varsovie.

Après la guerre, dans l'unique but de faire revivre les siens à travers ses enfants, il fonde une famille en France après avoir fait fortune dans le commerce entre l'Europe et les États-Unis. Mais le malheur continue à s'acharner contre lui puisque sa femme et ses quatre enfants périssent, le 3 octobre 1970 dans un feu de forêt, lors de l'incendie du Tanneron[3].

Controverse sur Treblinka[modifier | modifier le code]

Selon Gitta Sereny[4] et Pierre Vidal-Naquet[5], la partie du récit de Gallo se déroulant à Treblinka est romancée. Ils ont vérifié des dates, interrogé des témoins et acquis la certitude que Max Gallo avait romancé cet épisode tragique de la vie de Martin Gray et cela sans parvenir à faire la part du vécu et du fictif. Selon Gitta Sereny, ce chapitre aurait été ajouté à la demande de l'éditeur, afin de rendre plus dramatique cette partie de l'ouvrage. Il serait inspiré en particulier du roman de Jean-François Steiner, Treblinka, répétant les erreurs commises par celui-ci[6]. Elle précise qu'interrogé à ce propos, Martin Gray lui avait répondu : « Mais est-ce important ? La seule chose importante n'est-elle pas que Treblinka ait eu lieu, qu'il fallait écrire là-dessus et que certains juifs devaient être montrés comme des héros ?[7]. »

Pierre Vidal-Naquet quant à lui ne met pas en cause Martin Gray mais la transcription de Max Gallo[8]. Les deux historiens condamnent d'une même voix le procédé de Gallo qui, en mélangeant les genres, alimente les polémiques autour de l'holocauste et le discours de négationnistes comme Robert Faurisson. Pour Jean-François Forges, ce livre fait partie de ceux qui « mélangent indistinctement histoire avérée et imagination de l'auteur »[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est septembre 1939 [...]. Des quatorze années qui précèdent ces jours je ne sais presque plus rien », Au nom de tous les miens.
  2. Site officiel de Martin Gray.
  3. [PDF] Étude sur les aléas naturels et leurs enjeux, octobre 2005, « Quelques catastrophes récentes en France », p. 21, sur le site igf.minefi.gouv.fr.
  4. Sunday Times, 2 mai 1973, et New Statesman, 2 novembre 1979, p. 670-673.
  5. Le Monde, 27-28 novembre 1983, p. 9.
  6. Gitta Sereny, The German Trauma: Experiences and Reflections 1938-1999, Penguin, 2001, 416 p. (ISBN 978-0140292633), p. 145 et 165.
  7. Gitta Sereny, The German Trauma: Experiences and Reflections 1938-1999, Penguin, 2001, 416 p. (ISBN 978-0140292633), p. 145.
  8. Le Monde, 29-30 janvier 1984, p. 11.
  9. Jean-François Forges, Éduquer contre Auschwitz, ESF éditions, 1997, p. 35 [lire en ligne sur books.google.com].

Article connexe[modifier | modifier le code]