Robert Fogel

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Robert William Fogel

Description de l'image  Robert William Fogel.jpg.
Naissance 1er juillet 1926
New York, État de New York (États-Unis)
Décès 11 juin 2013 (à 86 ans)
Oak Park, Illinois (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Champs Économie
Institutions Université Johns-Hopkins
Université de Rochester
Université de Chicago
Université Harvard
Diplôme Université Cornell
Université Columbia
Université Johns-Hopkins
Renommé pour cliométrie, son livre « Time on the Cross »
Distinctions « prix Nobel » d'économie (1993)

Robert William Fogel, né le 1er juillet 1926 à New York, et mort le 11 juin 2013 à Oak Park (Illinois)[1], est un économiste américain, spécialisé dans l'histoire économique. Ses travaux ont été couronnés en 1993, avec ceux de Douglass North, par le « prix Nobel » d'économie.

Parcours[modifier | modifier le code]

Fogel passe son Bachelor à l'université Cornell en 1948, puis son Master à l'université Columbia en 1960. Enfin, il accède au rang de PhD à l'université Johns-Hopkins en 1963. Par la suite, Fogel va enseigner à l'université Johns-Hopkins (1958-1959), à l'université de Rochester (1960-1965 et 1968-1975), à l'université de Chicago (1964-1975 et 1981-) et à l'Université Harvard (1975-1981). Fogel s'est marié à Enid Cassandra Morgan en 1949 et a eu avec elle deux enfants.

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

Robert Fogel est connu comme un des principaux défenseurs de l'application des méthodes quantitatives à l'histoire, connue aussi sous le nom de cliométrie. Un de ses travaux les plus fameux et les plus controversés est exposé dans son livre Time on the Cross, coécrit avec Stanley Engerman, et paru en 1974. Dans cet ouvrage, en s'appuyant sur une étude quantitative de l'esclavagisme américain, il montre que les conditions de vie des esclaves noirs américains qui vivaient dans le Sud, étaient meilleures que celles des ouvriers dans les industries du Nord des États-Unis. Fogel fonde son propos sur une analyse détaillée des registres et enregistrements tenus dans les plantations, et en conclut que les esclaves travaillaient moins, étaient mieux nourris, et n'étaient fouettés qu'occasionnellement.

Ses travaux récents (2004) s’intéressent au lien entre la meilleure alimentation de la population et les gains de productivité dans l'industrie. De ces travaux il ressort que la simple amélioration de l’alimentation des individus pourrait expliquer le tiers de la croissance britannique entre 1790 et 1980.

Controverses[modifier | modifier le code]

Time on the Cross a provoqué une tempête de controverses et de protestations. Beaucoup ont considéré par erreur Fogel comme un apologiste de l'esclavagisme. En fait, Fogel a répondu à ces critiques qu'il fallait considérer ses travaux, non dans une perspective morale, mais dans une optique purement économique.

Il décrit économiquement l'esclavagisme comme un « système d'emploi à vie ». Dans ce système, « l'employeur » a l'obligation de rémunérer ses « employés » durant les périodes creuses. Si les concurrents attirent les « salariés » chez eux une fois les beaux jours revenus, le contrat ne peut tenir. Malgré le système coercitif pour empêcher les évasions, il montre que les conditions de vie se devaient d'être économiquement acceptables pour maintenir la main d'œuvre compte tenu de la carence en main d'œuvre (d'où sa comparaison avec les conditions de vie des noirs américains des villes industrielles du Nord).

Le but de cette recherche était de réfuter l'idée commune selon laquelle le système économique de l'esclavage était voué à disparaître (au delà des résultats de la Guerre de Sécession) : le prix des esclaves en hausse (car fin du commerce triangulaire) et la chute tendancielle des prix du coton aurait détruit sa rentabilité. Robert Fogel affirme que ces éléments étaient largement compensés par la hausse de la productivité. Ainsi, il montre que la disparition de l'esclavagisme est seulement imputable à une volonté politique, mais aucunement à l'essoufflement du système économique esclavagiste.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Union Pacific Railroad: A Case in Premature Enterprise, 1960.
  • Railroads and American Economic Growth : Essays in Econometric History, 1964.
  • Time on the Cross : The Economics of American Negro Slavery, 2 volumes, 1974. (coécrit avec Stanley Engerman)
  • Without Consent or Contract : The Rise and Fall of American Slavery, 2 volumes, 1989.
  • Economic Growth, Population Theory and Physiology : The Bearings of Long-Term Processes on the Making of Economic Policy, 1994.
  • Capitalism and Democracy in 2040: Forecasts and Speculations, NBER, 2007 (voir aussi « 2040 », Richard Robert, Telos, 2007)
  • Alfred H. Conrad et John R. Meyer, The Economics of Slavery in the Ante-Bellum South pages 95-130 du Journal of Political Economy, Volume 66, 1958.
  • Paul David, Herbert Gutman, Richard Sutch, Peter Temin, Gavin Wright, Reckoning with Slavery: A Critical Study in the Quantitative History of American Negro Slavery, New York, Oxford University Press, 1976.
  • Claudia Goldin et Hugh Rockoff Strategic Factors in the Nineteenth Century American Economic History: A Volume to Honor Robert W. Fogel, Chicago, University of Chicago Press, 1992.
  • Peter Parrish, Slavery: History and Historians, New York, Harper, 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. New York Times