Plaines d'Abraham

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Plaines d'Abraham
Image illustrative de l'article Plaines d'Abraham
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Commune Québec
Quartier Vieux-Québec–Cap-Blanc–colline Parlementaire
Superficie 108 ha
Caractéristiques
Création
Type Parc urbain
Lieux d'intérêts Tours Martello, Jardin Jeanne-d'Arc, Musée national des beaux-arts du Québec
Gestion
Fréquentation 4 millions de visiteurs
Protection Lieu historique national du Canada
Lien Internet www.ccbn-nbc.gc.ca/
Localisation
Coordonnées 46° 48′ 06″ N 71° 13′ 16″ O / 46.801734, -71.221147 ()46° 48′ 06″ Nord 71° 13′ 16″ Ouest / 46.801734, -71.221147 ()  

Géolocalisation sur la carte : Québec

(Voir situation sur carte : Québec)
Plaines d'Abraham

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Plaines d'Abraham

Les plaines d'Abraham sont l'une des constituantes du parc des Champs-de-Bataille, formant un parc urbain historique de la ville de Québec. Il s'agit d'un plateau de 108 hectares composé de vallons et de petits boisés, à l'extérieur des fortifications du Vieux-Québec.

ll s'agissait de champs à l'époque de la Nouvelle-France où eurent lieu la bataille des plaines d'Abraham, bataille qui se résultat par la capitulation de Québec au profit des Britanniques. En 1908, la ville cède une partie de ces terres à la nouvelle Commission des champs de bataille nationaux qui en fera un site historique. De nos jours, ce vaste parc urbain accueille plusieurs grands évènements dont le Festival d'été de Québec.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous le régime français[modifier | modifier le code]

Son nom provient du prénom d'Abraham Martin dit l'Écossais (1589-1664), pêcheur et pilote sur le fleuve, qui faisait paître les bêtes dont il était propriétaire sur des terres à proximité du territoire de l'actuel parc[1]. Il semble bien que l'utilisation du nom soit à la fois populaire, militaire et en bonne partie anglaise. Le nom d'Abraham apparaît dans la toponymie de Québec dès le régime français. Des actes notariés des XVIIe et XVIIIe siècles font référence à la côte d'Abraham et un plan de 1734 localise même avec précision une rue d'Abraham. Les premières mentions du toponyme au territoire actuel réfère à des documents militaires. On parle alors, dans les journaux du chevalier de Lévis et du marquis de Montcalm, des hauteurs d'Abraham. Dans les journaux de soldats britanniques on retrouvera dans les jours entourant la bataille des plaines d'Abraham les mentions « Heights of Abraham » ou « Plains of Abraham[2] ».

Ces terres ont été la scène, le de la bataille des plaines d'Abraham de la guerre de Sept Ans dans laquelle l'armée britannique, sous le commandement du général James Wolfe, a escaladé les parois abruptes sous la ville dans la noirceur, surprenant et battant les Français. Aussi bien Wolfe que le commandant français Montcalm sont morts de leur blessures, mais la bataille laissa le contrôle du verrou de Québec aux Britanniques, ce qui leur permettra de prendre l'année suivante le contrôle de la Nouvelle-France avec la capitulation de Montréal malgré la victoire du chevalier de Lévis sur le général James Murray le 28 avril 1760. Par le Traité de Paris de 1763, la France cède à l'Angleterre la Nouvelle-France, l'Acadie, l'île du Cap-Breton et la rive gauche du Mississippi. Le reste de la Louisiane sera cédée à l'Espagne.

Sous le régime britannique[modifier | modifier le code]

Une des tours Martello témoignant du passé militaire du site, surplombant le Cap Diamant et le Fleuve Saint-Laurent.

Du XVIIIe siècle jusqu'au XXe siècle, plusieurs pendaisons ont lieu sur les plaines, notamment sur les Buttes-à-Nepveu, un secteur correspondant aujourd'hui approximativement à l'emplacement de l'hôtel Concorde. La plus célèbre exécution est celle de Marie-Josephte Corriveau dont la légende inspira le folklore québécois. Ces condamnations suscitent la curiosité et la population y assiste souvent. En 1867, on construit une prison sur les plaines. Celle-ci sera en fonction durant 100 ans avant d'être fermée et convertie en pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec dans les années 1980.

Au début du XIXe siècle, l'influence de la construction de la prison fait des plaines d'Abraham un lieu de prostitution et de vagabondage[3]. Plusieurs maisons de prostitution et tavernes accueillent les nombreux soldats et matelots en poste à Québec. Les boisés deviennent même des repères de brigands.

À cette même époque, la population croît très rapidement avec l'immigration et ces terres situées à quelques mètres de la ville, le long de la Grande-Allée et au haut de la falaise donnant sur le fleuve Saint-Laurent, deviennent très convoitées. L'occupation du site par l'armée, particulièrement avec la Citadelle de Québec, avait jusqu'alors empêché le lotissement. Parallèlement, le concept de parc urbain est à la mode un peu partout dans le monde dont l'exemple le plus connu est probablement Central Park, aux États-Unis. Cependant, il faudra attendre au 20 septembre 1901 avant que le gouvernement fédéral achète une partie des terres aux Ursulines, alors propriétaires. L'acquisition du reste des plaines d'Abraham prendra encore quelques années.

Site historique et urbanisation[modifier | modifier le code]

En 1908, année où le parc acquiert en premier le statut de lieu historique national du Canada.

Ce parc est devenu le premier site historique national du Canada le sous l'égide de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN), un cadeau du gouvernement fédéral canadien à la ville de Québec pour son 300eanniversaire de fondation.

En 1930, afin de créer de l'emploi pour les nombreux chômeurs frappés par la crise économique, le conseil de ville de Québec fait construire un réservoir d'eau sous les Plaines d'Abraham. En plus d'améliorer le système d'aqueduc, il offre une meilleure protection contre les incendies. Enfoui à deux mètres sous la surface, il contient environ 136 millions de litres d'eau. Situé sur un des points les plus élevés de Québec, il fournit en eau potable plusieurs quartiers de l'arrondissement La Cité-Limoilou. Sa voûte est supportée par quelques 900 colonnes et surmontée d'une vingtaine de bouches d'aération camouflées par des bosquets d'arbustes.

Toujours en 1930, il fut construit un tunnel ferroviaire à une profondeur de 100 mètres sous la partie ouest des plaines. Six cents hommes ont travaillé 12 heures par jour sur ce chantier. Le projet avançait de 16 pieds quodidiennement. Le 26 mai 1931 un premier train emprunte le tunnel qui est toujours en opération aujourd'hui. Son extrémité nord est située dans le quartier St-Malo, tout près du boulevard Charest-Est entre les rues Vincent-Massey et de Verdun. L'extrémité sud est situé à l'Anse-au-Foulon.

Un lieu de rassemblement[modifier | modifier le code]

Depuis, les plaines d'Abraham reçoivent près de quatre millions de visiteurs et de touristes annuellement pour des activités sportives, de détente, des concerts extérieurs ou des festivals, spécialement durant les célébrations de la Fête nationale du Québec, du Carnaval de Québec et du Festival d'été de Québec. Le 20 juillet 2008, dans le cadre du 400e de Québec, cent ans après la création du parc, la grande scène du parc accueille Paul McCartney pour un spectacle gratuit, devant plus de 260 000 personnes. Céline Dion y a également donné un concert pour la même occasion. Au fil des ans, plusieurs artistes importants s'y sont produits dans le cadre du Festival d'été de Québec, dont : ZZ Top, Scorpions, Les Cowboys fringants, Van Halen, Charles Aznavour, Gilles Vigneault, Stone Temple Pilots, Kiss, Sting, Placido Domingo, Iron Maiden, Santana, Arcade Fire, Rush, Black Eyed Peas, Rammstein, Elton John, The Black Keys, Metallica, John Fogarty, Bon Jovi, Johnny Hallyday et Aerosmith. Le 21 juillet 2012, Roger Waters y présente le dernier spectacle de sa tournée The Wall devant 75 000 personnes. Il s'agit du premier concert payant présenté sur les Plaines. Madonna s'y est produite à son tour le 1er septembre 2012.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commission de toponymie du Québec, « Chronique : Noms de lieux! Plaines d'Abraham »,‎ 18 septembre 2008 (consulté en 2008-10-03)
  2. Sous la direction de Mathieu, Jacques. Les plaines d'Abraham. Le culte de l'idéal. Québec, Septentrion, 1992.
  3. http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/parc-dans-la-ville.php#prostitution

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]