Saint-Sauveur (quartier)

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Saint-Sauveur
Image illustrative de l'article Saint-Sauveur (quartier)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Québec
Municipalité Québec
Statut Quartier
Arrondissement La Cité-Limoilou
Démographie
Population 15 810 hab. (2011)
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Parc du Moulin-de-l'Hôpital

Saint-Sauveur est un des 35 quartiers de la ville de Québec, et un des six qui sont situés dans l'arrondissement La Cité–Limoilou. Il est l'un des quartiers formant la basse-ville de Québec. Le quartier est nommé en l'honneur de Jean Le Sueur, abbé de Saint-Sauveur, premier prêtre séculier à venir s'établir sur les bords du fleuve Saint-Laurent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et établissement[modifier | modifier le code]

Au tout début du régime français, les basses-terres de la plaine qui bordent la rivière Saint-Charles, où naîtra Saint-Sauveur, sont mises en réserve et forment les terres communales. En 1618, Champlain propose d’y installer la ville qu’il nommera “Ludovica”. Ce projet ne se réalise pas; on abandonne cette idée vers 1638 et on installe plutôt la ville sur le haut du cap Diamant, autour du fort Saint-Louis. Dès lors, on procède à la concession des terres de cette ancienne commune. Ainsi, en 1653, Jean Le Sueur dit Monsieur de Saint-Sauveur reçoit de l’hôtel-Dieu une concession qui prolonge jusqu’à la rivière celle qu’il possède déjà sur le coteau. Les limites est et ouest de ces terres sont alors respectivement les rues Durocher et Montmagny.

Ce faubourg, formant à l'époque une partie de la banlieue de Québec, est toutefois peu habité. Vers 1845 naît Boisseauville (plus tard Saint-Sauveur) suite à des travaux d'arpentage, puis plus tard la construction d'une église et d'un hôtel de ville.

Dans les années 1890, la municipalité de Saint-Sauveur est annexée à la ville de Québec.

L'incendie de 1889 et la naissance d'un quartier[modifier | modifier le code]

« La nuit dernière, vers minuit, la population de la ville a été mise en émoi par le tocsin qui sonnait à tous les clochers de la ville ». Ainsi s’exprime le Journal de Québec pour rendre compte du grand incendie qui éclate à Saint-Sauveur le 16 mai 1889. Le feu consume près du tiers de la paroisse, soit environ cinq cents maisons dans la partie nord, le long de la rue Saint-Vallier, laissant de quatre à cinq mille personnes sans abri. Cela relance le débat de l’annexion du quartier à la ville de Québec. La question tourne autour du problème du réseau de distribution d’eau, essentielle pour combattre le feu. L’annexion se réalisera le 27 septembre 1889 après un référendum.

Les transformations seront rapides. Charles Baillargé, ingénieur à la ville parle de « la transformation la plus magique dont aucune ville n’ait jamais été témoin.» En moins de trois ans, le quartier rattrape son retard sur le reste de la ville quant à l’installation des équipements urbains: réseau de distribution d’eau, réseau de drainage, trottoirs, chaussées empierrées, poste de pompiers et de police, téléphones, éclairages électriques, etc. Le quartier s’étendra alors à la rue Saint-Vallier. À cette époque, la rue Saint-Ours, qui s’appellera plus tard le boulevard Langelier, constitue la plus belle artère de la ville.

Depuis 1840, Saint-Sauveur était devenu le foyer d’un grand nombre d’ouvriers pauvres puisqu’à cet endroit, les règles de construction permettent de bâtir des maisons qui ne sont pas à l’épreuve du feu.

Au début du XIXe siècle, le succès des chantiers navals, du commerce du bois et de l’activité portuaire entraîne le développement fulgurant de Saint-Sauveur. La forte demande de main-d’œuvre entraîne la construction d’un grand nombre de maisons. Dès 1845, Saint-Sauveur est considéré comme la banlieue de Québec. L’incendie qui détruit Saint-Roch (paroisse voisine) va provoquer un mouvement de la population vers Saint-Sauveur.

En 1920, un auteur anonyme écrit dans “L’Action catholique” au sujet de Saint-Sauveur: “Jamais débuts ne furent plus modestes: le terrain est une savane non-irriguée et les résidences, de misérables cabanes.” D’ailleurs, Saint-Sauveur était surnommé le faubourg des tuyaux, car beaucoup d’habitations n’avaient pas de cheminées de briques mais de simples tuyaux de tôle qui dépassaient du toit.

Revitalisation[modifier | modifier le code]

La rivière Saint-Charles dans le quartier Saint-Sauveur près du pont Scott

Dès 1971, une campagne pour démanteler le chemin de fer qui traversait une partie du quartier et le coupait du parc Victoria a été lancée. Les voies furent finalement enlevées en 1974[1].

Pont Scott

De 2006 à 2008, la Ville de Québec entreprit de refaire au complet le boulevard Charest entre le boulevard Langelier et l'avenue Saint-Sacrement. L'artère principal a subi des travaux de réfection majeurs sur 2,5 kilomètres avec le retrait du terre-plein, l'élargissement des trottoirs et la plantation d'arbres. On amorce aussi plusieurs projets de construction résidentielle dans le même secteur.

La rivière Saint-Charles, au nord du quartier, a fait l'objet de travaux de renaturalisation des berges en 2007. Le parc Victoria fut aussi transformé par la construction d'un bassin de rétention d'eau, par la démolition de l'aréna Victoria et par le déménagement d'une chapelle.

Portrait du quartier[modifier | modifier le code]

Le quartier de Saint-Sauveur est situé dans la basse-ville de Québec.

Au conseil municipal de Québec, le quartier est représenté par les districts de Saint-Sauveur et de Duberger-Les Saules.

Artères principales[modifier | modifier le code]

Édifices notables[modifier | modifier le code]

Parcs, espaces verts et loisirs[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

En fonction[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Sauveur[2] (1852)
  • Église Sainte-Angèle-de-Saint-Malo[3] (1899)
  • Mosquée de la Capitale[4] (2011)
    • Créée par l'association qui porte son nom: Association Mosquée de la Capitale (AMC), elle est située sur la rue Marie-de-l'Incarnation.

Disparus[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Joseph[5] (1941), fermée en 1998, démolie en 2013 pour faire place à des logements locatifs.
  • Église Notre-Dame-de-Pitié[6] (1947), fermée en 2008, détruite en 2011 pour faire place à des logements pour ainés.
  • Église Notre-Dame-de-Grâce[7] (1926), fermée en 2001, détruite en 2009 pour faire place à une coopérative d'habitation.
  • Église Sacré-Cœur-de-Jésus[8] (1967), fermée en 2013[9].

Musées, théâtres et lieux d'expositions[modifier | modifier le code]

  • Petit Théâtre de Québec

Commerces et entreprises[modifier | modifier le code]

  • La rue des commerçants et artisans du quartier Saint-Sauveur est la rue Saint-Vallier Ouest. De petits magasins, coiffeurs, épiceries, pharmacies et parcs forment le cœur de cette artère importante.
  • Le quartier est reconnu pour sa concentration de restaurants aux saveurs du monde (vietnamien, thaïlandais, chinois, créole, africain, etc.)
  • Parc industriel Saint-Malo.
  • Patro Laval

Lieux d'enseignement[modifier | modifier le code]

Tous les établissements publics d'enseignement du quartier sont opérés par la Commission scolaire de la Capitale.

  • École primaire Marguerite-Bourgeoys:
    • En 1856, on construit la première école Marguerite-Bourgeoys (Frères des Écoles chrétiennes). Ce beau bâtiment sera détruit lors du grand incendie de 1866. Déjà, le 14 octobre 1866, on reconstruit le couvent Saint-Sauveur sous l'égide de la congrégation de Notre-Dame. Lors du centenaire en 1956, on célèbre avec faste alors que 742 élèves entourés de 25 religieuses et 14 laïques entreprennent l'année scolaire avec enthousiasme. Déjà on dresse les plans d'une nouvelle école et c'est ainsi qu'en 1958, l’école Marguerite-Bourgeoys ouvre ses portes[10]. L'école accueillera au plus fort de ses activités en 1967-68 1137 élèves confiés à une équipe de 77 professeurs. Aujourd'hui, cet établissement est l'école primaire du quartier.
  • École primaire Sacré-Cœur
  • École primaire Saint-Malo
  • École secondaire Cardinal-Roy
  • École des métiers et occupations de l'industrie de la construction de Québec (ÉMOICQ)

Autres services[modifier | modifier le code]

  • Caserne No 3 Saint-Sauveur[11]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Lebel, Québec 1608-2008 : Les chroniques de la capitale, Québec, Les Presses de l'Université Laval,‎ 2008, non paginé (présentation en ligne)
  2. Description de l'église Saint-Sauveur sur Les églises de Québec
  3. Description de l'église Saint-Malo sur Les églises de Québec
  4. [www.mosqueedelacapitale.com]
  5. Description de l'église Saint-Joseph sur Les églises de Québec
  6. Description de l'église Notre-Dame-de-Pitié sur Les églises de Québec
  7. Description de l'église Notre-Dame-de-Grâce sur Les églises de Québec
  8. Description de l'église Sacré-Cœur-de-Jésus sur Les églises de Québec
  9. Saint-Sauveur : l'église Sacré-Coeur-de-Jésus à vendre, Radio-Canada.ca
  10. Lire l'histoire de la visite de l'école par la reine Elizabeth II en 1959.
  11. Liste des casernes et véhicules de la Ville de Québec Casernes et véhicules