Jean Tubéry

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Jean Tubéry est un joueur de cornet à bouquin/flûtiste à bec, pédagogue et chef de chœur français né le 3 avril 1964 à Toulouse[1]. Avec ses professeurs Jean-Pierre Canihac et Bruce Dickey, il est considéré comme étant un des principaux musiciens contemporains ayant participé au renouveau du cornet à bouquin dans l'interprétation et l'exécution de la musique baroque et la renaissance de la musique ancienne[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Tubéry est issu d'une famille de médecins, les docteurs Pierre et Anne-Marie Tubéry qui ont découvert les usages médicinaux du Desmodium adscendens, particulièrement dans la phase ictérique des hépatites virales[5].

Dans sa ville natale, Toulouse, il étudie tout d'abord la flûte à bec, puis la trompette dans la classe de Jean-Pierre Canihac, membre fondateur de l'ensemble des Sacqueboutiers de Toulouse, qui l'initiera au cornet à bouquin. Après le conservatoire d'Amsterdam, il se spécialise dans cet instrument avec le doyen de la jeune génération des joueurs de cornet à bouquin, l'Américain Bruce Dickey, à la Schola Cantorum Basiliensis de Bâle où il obtient le diplôme de concertiste.

Le joueur de cornet à bouquin[modifier | modifier le code]

À partir des années 1990, il joue avec les ensembles de musique baroque les plus réputés, comme les Arts Florissants (William Christie), La Petite Bande (Sigiswald Kuijken), le Clemencic Consort (René Clemencic), Hesperion XXI (Jordi Savall), mais aussi l'Ensemble Clément Janequin (Dominique Visse), le Collegium Vocal de Gand (Philippe Herreweghe), le Concerto Vocale (René Jacobs) ou le Huelgas Ensemble (Paul Van Nevel).

La Fenice[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ensemble La Fenice.

C'est en 1990 qu'il fonde son propre ensemble « La Fenice ». Dès la première année, au Concours international d'ensembles du Festival de musique ancienne de Bruges, il remporte le 1er prix, suivi en 1992, d'un autre premier prix au concours international de musique ancienne à Malmö (Suède) avec Christina Pluhar. Commence alors l'enregistrement de la collection L'héritage de Monteverdi réalisée par le label de disques classiques Ricercar de Jérôme Lejeune, actuellement en sept volumes de 1995 à 2001 (Dialoghi Venetiani - Per la Settimana Santa - Moderne e Curiose Inventioni - In Stil Moderno - Per il santissimo Natale - Il Canzoniere, La Poesia de Petrarca nei seicento - Concerto Imperiale, Œuvres pour les empereurs Ferdinand II et III). Rassemblant des œuvres instrumentales de compositeurs italiens souvent peu connus, cette série a obtenu les meilleures récompenses de la presse musicale unanime (10/10 de Répertoire, 4/4 du Monde la Musique, Diapason d'Or, Choc du Monde de la Musique…)[6].

Le pédagogue[modifier | modifier le code]

Son rôle de pédagogue, de formateur, commence aussi en 1990 quand il est nommé professeur au Conservatoire à rayonnement régional de Paris (cornet à bouquin), puis en 2003, au Conservatoire royal de Bruxelles (ornementation improvisée), et en 2010 au Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon (département de musique ancienne). Il est également l'invité de toutes les grandes institutions mondiales pour des conférences et des master-classes (Graz, Helsinki, Oxford, Luxembourg, Cleveland, New York… ). Ses étudiants comptent parmi les meilleurs interprètes mondiaux de la jeune génération de musiciens spécialisés dans l'interprétation de la musique médiévale, de la Renaissance et de la musique baroque[7]. Mais Jean Tubéry sait aussi transmettre sa passion aux musiciens amateurs, participant par exemple au travail de préparation des orchestres d'harmonie jouant dans la grande halle de la Cité des congrès à La Folle Journée de Nantes[8]

Le chef de chœur[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses activités d'instrumentiste/chef d'orchestre, Jean Tubéry se passionne pour le répertoire vocal, se formant auprès de Hans Martin Linde et Pierre Cao. Entre 2002 et 2008, il est le chef du Chœur de chambre de Namur, et a été chef invité par l'Ensemble Jacques Moderne de Tours, par l'ensemble Arsys-Bourgogne, par le Dunedin Consort (Édimbourg/Écosse) ou par le prestigieux Nederlands Kamerkoor.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Enregistrements et concerts remarqués[modifier | modifier le code]

Pour le label Ricercar, il réalise une série d'enregistrements consacrée à la musique à vent vénitienne, en partie intitulée « l'Héritage de Monteverdi ».

  • 2002 : La Morte Delusa, Bassani (Naïve)[9]
  • 2003 : Vespro della Beata Virgine (live/vidéo sur Youtube), Monteverdi[10]
  • 2004 : Un Concert pour Mazarin (Virgin)[11]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Biographie sur le site de l'ensemble La Fenice
  2. Revue musicale de Suisse Romande 2003 : « Le Français Jean Tubéry est l'un de ceux à qui l'on doit la récente résurrection du cornet : cet instrument à vent fait merveille dans les virtuoses « diminutions » ornementales, dont à Venise Giovanni Bassano était passé maître. »
  3. International record review : Volume 8, Tome 1 (2007) « The Belgian (sic) cornettist and conductor Jean Tubery is among the most reliably excellent musicians working in the field of seventeenth-century music. »
  4. Gramophone Volume 80 - 2003 « In addition, Jean Tubery is one of our leading cornettists, and he blows a mean horn: in the Frescobaldi canzona, one hears an agility and richness of nuance to rival the violin. »
  5. Desmodium Adscendens, principales utilisations…
  6. L'Héritage de Monteverdi sur le site de la Fenice.
  7. Historic Brass Society newsletter volumes 12-15 Historic Brass Society, 1999 « ... cornettist Benjamin Bedouin. The publicity material mentions Bedouin as a student of Jean Tubery and Jean-Pierre Canihac and represents the new generation of French comettists. Well, considering that Jean Tubery is not exactly hobbling to the senior citizens' center, it is a bit of a shock to realize that there is now a generation of his students rising among the cornetto ranks. Makes one feel a bit old!" »
  8. «La Folle journée», un festival à part.
  9. « Passages éclatants joués par Jean Tubéry. Une direction imaginative et variée » (Le Monde la Musique, septembre 2002)
  10. « Une version superbement aboutie, forte d'une compréhension du style, de la couleur, de la dynamique. Rare justesse d'intonations et d'accents » (Diapason, mars 2003).
  11. « Jean Tubéry a rassemblé un mélodieux florilège que les oiseaux rares de son ensemble La Fenice font renaître de leurs cendres. » (Télérama no 2827, 19 mars 2004)

Liens externes[modifier | modifier le code]