François Antommarchi

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François Antommarchi

François Antommarchi (1780-1838) fut un médecin français.

Né en Corse, il professa l'anatomie à Florence, et fut attaché en 1820 au service de Napoléon, prisonnier à Sainte-Hélène.

Il l'assista dans ses derniers moments, refusa de signer le procès-verbal d'autopsie dressé par les chirurgiens anglais, et publia après son retour en Europe Les mémoires du docteur F Antommarchi ou les derniers moments de Napoléon (Paris, Barrois L'ainé Libraie ainsi qu'à Londres chez H Colburn 1825).

Cet ouvrage comporte également le testament de Napoléon et une esquisse très détaillée de la flore de saint-Hélène.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le docteur François Carlo Antommarchi (né le 5 juillet 1780 à Morsiglia, un village situé au Cap corse, dans l'extrême nord de la Corse – mort en 1838 à Santiago de Cuba), commença ses études à Livourne et fut reçu par la suite docteur en philosophie et en médecine à l'Université de Pise en mars 1808. Il s'installa alors à Florence où il fut attaché à l'hôpital Santa Maria Nuova[nb 1]. Il obtint en 1812 le diplôme de chirurgien à l'Université de Florence (alors Université impériale) dont le président le nomma prosecteur. À ce titre, il travailla sous les ordres de Paolo Mascagni (1752-1815)[1] à partir du 7 juillet 1813.

À la demande de Madame Mère, la mère de Napoléon, Maria Letizia Ramolino, et de son oncle, le cardinal Fesch, Antommarchi quitta Florence pour Sainte-Hélène où il devint médecin de l'empereur en exil jusqu'à la mort de ce dernier[2]. Bien qu'il fût tout à fait inconnu de la famille impériale, et que le médecin de Napoléon à l'île d'Elbe, Foureau de Beauregard, se fût porté volontaire pour ce rôle, ce choix étrange avait été proposé par le Chevalier Colonna, au service de Madame Mère[3].

Il reçut le 19 décembre 1818 une lettre officielle d'engagement. Antommarchi était envoyé à Sainte-Hélène pour remplacer le docteur Barry Edward O'Meara, expulsé de l'île en juillet 1818. Antommarchi arriva à Longwood en septembre 1819, alors que la maladie de Napoléon avait fait des progrès. Malheureusement, Antommarchi ne fut pas à la hauteur des attentes de Napoléon qui ne faisait pas confiance à ses qualités de médecin. Quant à son entourage et aux gardiens britanniques, ils le trouvaient sans manière et grossier[4]. Napoléon reconnut cependant en lieu ses capacités à disséquer et lui confia la mission d'opérer l'autopsie de sa dépouille afin de prévenir son fils, le duc de Reichstadt, d'une maladie de l'estomac qu'il croyait héréditaire. Après la mort de Napoléon, Antommarchi écrivit les Mémoires du docteur F. Antommarchi, ou Les derniers momens de Napoléon. Sa conclusion était que l'illustre patient était mort d'un cancer de l'estomac.

En 1831, Antommarchi se rendit en Pologne où il devint inspecteur général des hôpitaux polonais pendant l'Insurrection de Novembre[5] ; il y apporta son aide au peuple polonais soulevé contre les Russes. Il s'enfuit à Paris pour échapper aux forces du tsar.

En 1833, il participa à la souscription en vue de réaliser un masque mortuaire de l'Empereur Napoléon. Ceci donna lieu à de nombreuses controverses qui, encore aujourd'hui, font couler l'encre. Le masque mortuaire, dit "Antommarchi" car signé de sa main lors de la souscription de 1833, est cependant reconnu comme étant issu d'un original, fabriqué par lui à Londres en août 1821[6].

Antommarchi émigra alors en Louisiane où, en 1834, il fit don du masque mortuaire en bronze de Napoléon à la population de La Nouvelle-Orléans. Par la suite il vécut pour peu de temps à Veracruz (Mexique), où il fut médecin itinérant. Quittant le Mexique il s'installa à Santiago de Cuba, où de nouveau il travailla comme médecin. Son passage à Cuba s'expliquait par son désir de retrouver son cousin, Juan Antonio Benjamin Antommarchi[7], qui avait fait fortune dans les plantations de café. Antommarchi devint un spécialiste de l'opération de la cataracte. Il mourut à Cuba de la fièvre jaune le 3 avril 1838, à l'âge de 57 ans[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • François Antommarchi, Les Derniers Moments de Napoléon,Éd. Buchet/Chastel, 1975

Références[modifier | modifier le code]

  1. Léonard de Vinci étudia l'anatomie dans cet hôpital

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "Paolo Mascagni", The University of Iowa, 12 June 2006
  2. Henry D. Thomason, Napoleon, the first emperor of France: From St. Helena to Santiago de Cuba. Being a summary of facts concerning the latter days of Dr. François Antomarchi, the last physician to His Imperial Majesty, paru en 1910 chez Franklin Hudson
  3. Albert Benhamou, L'autre Sainte-Hélène: la captivité, la maladie, la mort et les médecins autour de Napoléon, paru en 2010
  4. "Le journal du lieutenant Oakley - page 3"
  5. Sven Jonas Stille, Podróż do Polski, Varsovie 1985, p. 137.
  6. Le masque mortuaire dit de Malmaison
  7. Saby, Claude-Alain, 1815 Les naufragés de l'Empire aux Amériques, 2007
  8. Reynolds, James, Head and Upper Body, 2006