Morrissey

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Morrissey

Description de l'image  Morrissey-Alexander-Film-.jpg.
Informations générales
Nom de naissance Steven Patrick Morrissey
Naissance 22 mai 1959 (55 ans)
Davyhulme, Lancashire, Angleterre
Activité principale Chanteur, compositeur
Genre musical Rock alternatif, rock indépendant, indie pop
Instruments Voix, piano
Années actives 1977 - auj.

Steven Patrick Morrissey, dit Morrissey, parfois abrégé en « Moz », est un chanteur de rock indépendant/indie pop britannique né le 22 mai 1959.

Il fut le chanteur et auteur charismatique des Smiths avec à la guitare Johnny Marr. Quand le groupe se sépare en 1987 il commence une carrière en solo. Il atteint au Royaume-Uni le top 10 des singles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Morrissey est né au Park Hospital, maintenant connu sous le nom de Trafford General Hospital à Davyhulme dans le Lancashire, le 22 mai 1959 de parents immigrés irlandais catholiques[1]. Son père, Peter Morrissey, travaillait dans un hôpital tandis que sa mère, Elizabeth Dwyer, était bibliothécaire. Ses parents émigrèrent vers l'Angleterre juste avant la naissance de Morrissey et il fut élevé avec sa sœur aînée Jackie à Harper Street à Hulme, Manchester. En 1965, la famille déménagea vers Queens Square à Hulme près de Moss Side. Ils déménagèrent en 1969 pour le 384 Kings Road dans la banlieue plus salubre de Stretford, lorsqu'un grand nombre d'anciennes rues en terrasses furent démolies. Morrissey a maintenu un attachement fort envers sa mère durant toute sa vie ; les relations avec son père se sont étriquées au fil des ans pour finalement devenir presque inexistantes.

Enfant, Morrissey développa un intérêt pour les girls bands des années 1960 ainsi que pour des chanteuses telles que Sandie Shaw, Marianne Faithfull et Timi Yuro. Il s'intéressa également au style kitchen sink des jeux télévisés de la fin des années 1950 et du début des années 60, à l'acteur James Dean ou encore aux écrivains Oscar Wilde et Shelagh Delaney. The Moors Murders, ou meurtres de la lande, nom donné à une série de viols et d'assassinats perpétrés par un couple au début des années 1960 sur des enfants et des adolescents de Manchester, eurent un impact important sur lui. Il revient sur ces souvenirs en 1982 dans la chanson Suffer Little Children.

À l'adolescence, Morrissey évita en grande partie le bizutage grâce à sa forme athlétique. Néanmoins, il a décrit cette période de sa vie comme solitaire et dépressive. À cette époque, il commença à se faire prescrire des médicaments pour lutter contre la dépression qui le suivra toute sa vie. Il fréquenta la St Mary's Secondary Modern School et la Stretford Technical School, où il passa avec succès trois O levels, dont un en littérature anglaise. Il travailla ensuite brièvement pour l'Inland Revenue, mais décida finalement de rester au chômage et s'enferma dans sa chambre chez sa mère afin de se concentrer sur l'écriture, la lecture et écouter de la musique. Vers 1974, il écrivit régulièrement des lettres (sous le nom de Steve Morrissey)[2] à des magazines musicaux tels que Melody Maker et New Musical Express[3], donnant son opinion sur divers groupes. Les lettres de Morrissey à un ami correspondant écrites en 1981 refirent surface plus de vingt ans plus tard[4].

Morrissey serait allé voir jouer plusieurs groupes dans de petites salles de Manchester, le premier ayant été T. Rex au Belle Vue en 1972[5]. Son père l'en éloigna, ayant peur pour sa sécurité dans un quartier réputé malfamé.

Durant les années 1970, c'est un Morrissey adolescent qui présida la branche anglaise du fan club des New York Dolls. Cette influence des New York Dolls fit de Morrissey un converti précoce au punk rock. Morrissey, utilisant encore à cette époque son prénom, fit brièvement partie de The Nosebleeds en 1978, groupe qui à cette époque incluait Billy Duffy à la guitare (Duffy formera par la suite le groupe de post-punk The Cult). Ils jouèrent ainsi un certain nombre de concerts, dont un en première partie de Magazine, ce qui aboutit à un article dans NME par Paul Morley. Morrissey fonda aussi le fan club de The Cramps, The Legion of The Cramped, en compagnie d'un autre fan de leur musique, Lindsay Hutton. Toutefois son implication dans le club diminua progressivement à mesure que sa propre carrière musicale prenait de l'importance[6].

Morrissey écrivit plusieurs morceaux en compagnie de Duffy, tels que Peppermint Heaven, I Get Nervous et (I Think) I'm Ready for the Electric Chair, mais aucun ne fut enregistré durant la courte vie du groupe qui ne passa pas l'année[7]. Après la séparation des Nosebleeds, Morrissey suivit Duffy dans les Slaughter & The Dogs, remplaçant brièvement le chanteur original Wayne Barrett. Il enregistra quatre chansons avec le groupe puis auditionna pour l'enregistrement d'un disque à Londres. Après l'échec de l'audition, Slaughter & The Dogs devinrent The Studio Sweethearts mais sans Morrissey[7],[8].

The Smiths[modifier | modifier le code]

Article détaillé : The Smiths.

En 1982, Morrissey et le guitariste Johnny Marr ont formé The Smiths, groupe qui a eu une très forte influence sur le rock alternatif mondial. Les principales caractéristiques du groupe étaient les paroles obscures de Morrissey et les mélodies de Marr.

The Smiths ont eu beaucoup de succès en Grande-Bretagne, en Irlande et en Australie ; ils sont devenus un groupe culte aux États-Unis. Le groupe s’est séparé en 1987 à cause du déclin de la relation entre Marr et Morrissey. Le groupe a enregistré quatre albums studio et quelques compilations entre 1984 et 1987.

Morrissey en solo[modifier | modifier le code]

Morrissey entreprend une carrière solo dès le printemps 1988 avec Viva Hate qui atteint la première place en Angleterre : les singles Suedehead et Everyday is like Sunday rencontrent aussi un grand succès. L’album suivant, en 1991, Kill Uncle, un réquisitoire anti-américain, est mal accueilli et il semble bien que la carrière de Morrissey soit derrière lui. À la même époque, Andy Rourke et Mike Joyce attaquent Morrissey et Marr arguant qu’ils ne touchaient que 10 % des gains chacun, contre 40 % à chaque compositeur - ils auront finalement gain de cause. Mais avec Your Arsenal, aux tonalités très rockabilly, Morrissey revient au premier plan ; I Know It’s Gonna Happen Someday sera même repris par David Bowie. En 1994, le succès est à nouveau au rendez-vous avec Vauxhall and I et le single Interlude enregistré en duo avec la chanteuse Siouxsie de Siouxsie and the Banshees. Les deux albums suivants, Southpaw Grammar sur DECCA et Maladjusted sur Island sont des échecs commerciaux, la veine créative de Morrissey semblant tarie.

2004 : Morrissey, désormais installé à Los Angeles, réussit un brillant retour avec l’album You are the Quarry[9] sur le label Sanctuary Records. Un live Morrissey Live at Earls Court paraît début 2005, reprenant des titres des Smiths et de sa carrière solo. Un autre album studio, Ringleader of the Tormentors, sort le 4 avril 2006. Morrissey effectue dans la foulée une tournée mondiale, la plus longue de sa carrière à ce jour. Celle-ci s'est achevée début 2008, peu de temps avant la sortie d'un nouveau Greatest Hits.

En février 2009, il publie Years of Refusal.

Le 26 octobre 2009 voit la parution de Swords qui est une compilation des B-sides accompagnant les singles des trois derniers albums en date : You Are the Quarry, Ringleader of the Tormentors et Years of Refusal. À sa sortie, une série limitée de l'album est accompagnée d'un CD live de 8 titres enregistré à Varsovie en juillet 2009[10].

En 2011, Morrissey déclare "ne plus être en contrat avec aucune maison de disques". Lors d'une session radio pour la BBC, il interprète de nouveaux morceaux, "People Are The SameEverywhere", "The Kid's a Looker" et "Action Is My Middle Name". Durant l'été, il joue aussi un quatrième inédit "Scandinavia".

En 2012, il effectue une tournée mondiale visitant l'Amérique du sud, puis l'Asie. En Europe, il joue dans la plus grande arène britannique, au Manchester Arena fin juillet, à guichet fermé devant une assistance de 20 000 personnes. À l'automne, il interrompt sa tournée américaine pour raisons familiales, sa mère ayant été hospitalisée.

Morrissey et le cinéma français[modifier | modifier le code]

Le chanteur britannique a toujours porté la France, et en particulier le cinéma français, dans son cœur. Ainsi, dès la période The Smiths, alors que c’est lui-même qui réalise les pochettes des albums du groupe, Morrissey choisit une image de Jean Marais dans le film Orphée (1950) pour illustrer le 45-tours This Charming Man et celle d’Alain Delon dans L'Insoumis (1965) en couverture de l’album The Queen Is Dead.

La chanson At Last I Am Born contient ce couplet: « Look at me now / from difficult child / to spectral hand / to Claude Brasseur / blah, blah, blah, blah... » Un hommage à l’acteur que Morrissey avait découvert dans Bande à part, un film de Jean-Luc Godard sorti en 1964.

En introduction de la chanson Shame Is the Name de l'album Swords, on peut entendre quelques répliques de Jean-Pierre Léaud et Patrick Auffay tirées du premier film de François Truffaut, Les Quatre Cents Coups. Les deux personnages du film réprimandent leur camarade dénommé Bertrand Mauricet.

Lors du concert donné à l'Olympia le 11 avril 2006, la scène était notamment décorée d’une reproduction grand format d’une photographie de Sacha Distel, Morrissey citant ce soir-là Anna Karina, Sami Frey, Brigitte Bardot, mais aussi Serge Gainsbourg et Françoise Hardy parmi ses artistes préférés. Enfin, à l'été 2006, au festival Rock en Seine, à Paris, le chanteur s'est présenté au public comme étant « Jean Gabin ».

Polémiques[modifier | modifier le code]

En 1992, lors d’un concert à "Finsbury Park" à Londres, Morrissey se drape sur scène dans l'Union Jack face à un public composé en partie de skinheads d'extrême droite présents pour voir le groupe Madness.

Dans un entretien accordé au NME en novembre 2007, Morrissey, tout en qualifiant le racisme de « stupide », déclare que l'identité britannique est en péril à cause de l'immigration massive et que les portes sont trop ouvertes. Selon lui des millions de personnes partent chaque année car elles ne reconnaissent plus leur pays[11].

Morrissey se dit victime d'une presse à sensation et juge ses propos détournés, déclarant haïr le racisme[12]. Il a repoussé à de multiples reprises les accusations de racisme, déclarant « si je suis raciste, alors le pape est une femme » et a critiqué le politicien nationaliste autrichien Jörg Haider.

Morrissey, végétarien depuis l'âge de onze ans[13], milite activement pour les droits des animaux (d'où l'album Meat Is Murder) et est membre de PETA. Il fait interdire la consommation de viande lors de ses concerts[14]. Morrissey a également tenu des propos justifiant les actions de contestations auprès des laboratoires et des magasins de fourrures par l'ARM. Dans la chanson "The Bullfighter dies" de son dernier album "World Peace is None of Your Business", Morrissey se réjouit de la mort d'un torero (la chanson prenant le parti du taureau, cela signifie qu'il a la vie sauve)[15].

Discographie[modifier | modifier le code]

Pour consulter la discographie des Smiths, voir cette page.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums live[modifier | modifier le code]

  • 1991 - At KROQ (Ep)
  • 1993 - Beethoven Was Deaf
  • 2005 - Live at Earls Court

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1990 - Bona Drag
  • 1995 - World of Morrissey
  • 1997 - Suedehead: The Best of Morrissey
  • 1998 - My Early Burglary Years
  • 2008 - Greatest Hits (dont 2 inédits "That's How People Grow Up" & "All You Need is Me")
  • 2009 - Swords (Faces B 2004-2009)
  • 2011 - The Very Best of Morrissey

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • 2005 - "Who Put The 'M' in Manchester?" (Concert enregistré les 22 mai & 11 juillet 2004 à Manchester, Angleterre)
  • 2013 - "25 Live" (Concert enregistré le 2 mars 2013 au Hollywood High School à Los Angeles, USA)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de référence[modifier | modifier le code]

  • Simon Goddard, Mozipedia: The Encyclopedia of Morrissey and The Smiths, Ebury Press, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Oliver Duff, « Morrissey Blames immigration for 'disappearance' of British identity », The Independent (UK),‎ 29 nov. 2007 (lire en ligne)
  2. (en) Morrissey signe des lettres sous le nom de Steve Morrissey
  3. quatre de ces lettres
  4. (en) Torr: Les lettres de Morrissey à un correspondant (1981)
  5. (en) T. Rex date
  6. (en) « LOTC—Legion Of The Cramped » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Carrollsweb.com. Consulté le 13 August 2010
  7. a et b (en) Johnny Rogan, Morrissey & Marr: The Severed Alliance, Londres, Omnibus Press,‎ 1993, relié (ISBN 978-0-7119-3000-1, LCCN 95210341)
  8. (en) MOJO Classic Magazine,, volume 1 N°13, page 22.
  9. (en) « Site officiel de l'album You Are The Quarry (2004) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30.
  10. (en) « Site officiel de l'album Ringleader of the Tormentors (2006) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30.
  11. (en) « Also, with the issue of immigration, it's very difficult because, although I don't have anything against people from other countries, the higher the influx into England the more the British identity disappears. So the price is enormous. If you travel to Germany, it's still absolutely Germany. If you travel to Sweden, it still has a Swedish identity. But travel to England and you have no idea where you are. », Extraits de l'interview
  12. (en) « I abhor racism and oppression or cruelty of any kind and will not let this pass without being absolutely clear and emphatic with regard to what my position is. Racism is beyond common sense and I believe it has no place in our society. » Réponse complète de Morrissey dans le Guardian
  13. (en) Cut class, not frogs, article de Katharine Mieszkowski sur Salon.com, 21 octobre 2002
  14. Morrissey fait interdire la viande lors d'un de ses concerts février 2013
  15. « Morrissey contre la corrida », sur Vegactu (consulté le 2/08/2014)

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