Maurice Kriegel-Valrimont

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Maurice Kriegel-Valrimont
Fonctions
Parlementaire français
Député
19451958
Gouvernement IVe République
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance 14 mai 1914
Date de décès 2 août 2006
Résidence Meurthe-et-Moselle

Maurice Kriegel-Valrimont (Strasbourg, 14 mai 1914Paris, 2 août 2006) est un militant communiste qui prit part à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et devint député après-guerre.

Il avait reçu avec le général Leclerc et Henri Rol-Tanguy la reddition de von Choltitz à la libération de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille juive ayant fui la double monarchie austro-hongroise pour l'Alsace, il nait à Strasbourg[1].

Les années 1930 et la guerre[modifier | modifier le code]

Maurice Kriegel-Valrimont a été militant à la CGT et aux Jeunesses communistes en 1936. Engagé dans la lutte antifasciste dès avant le 6 février 1934, il arrive à Paris avec un diplôme de droit et travaille dans une compagnie d'assurances où il devient responsable syndical. Participant au Front populaire en 1936-1938, il est contraint à la clandestinité sous Vichy, et rencontre Jean-Pierre Vernant et Pierre Hervé à Toulouse. Arrêté une première fois, il s'évade et prend une part active dans l'organisation des Mouvements unis de la Résistance (MUR). En effet, en 1942, Raymond Aubrac lui propose d'organiser la branche militaire du mouvement Libération en zone sud. Au printemps 1944, avec Pierre Villon et Jean de Vogüé[2], il est l'un des trois dirigeants du comité d'action militaire (COMAC) créé par le Conseil national de la Résistance (CNR).

À la fin du conflit, il reçoit le 25 août 1944, avec Henri Rol-Tanguy et le général Leclerc la reddition du général von Choltitz, chef de la garnison allemande de Paris. En 1945, il est membre de l'Assemblée consultative, et dirige Action, un journal dans lequel on retrouve les signatures de Claude Roy, Vercors, Roger Vailland

Il est un des rouages essentiels de l’application du programme du Conseil national de la Résistance, notamment pour la fondation de la Sécurité sociale aux côtés de Pierre Laroque, Ambroise Croizat, Georges Buisson, Henri Raynaud, Maître Willard et de Francis Netter. Il se mobilise pour faire reconnaître le principe de solidarité, qui prendra forme avec les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, les lois du 22 mai, du 22 août et du 30 octobre 1946[3].

Il est élu député de Meurthe-et-Moselle en 1946, alors qu'il est toujours membre de l'Union progressiste. De plus, il est vice-président de la Haute Cour de justice (1946) qui juge les dirigeants collaborationnistes. Maurice Thorez lui propose alors de devenir un élu du PCF, qui fait alors 28,6 % des voix. Kriegel-Valrimont accepte la proposition, intègre le comité central en 1947, et reste donc député communiste de Meurthe-et-Moselle jusqu'en 1958. Il devient chargé du bureau de presse du PCF jusqu'à la fin des années 1950. Celui-ci chapeaute alors L'Humanité (500 000 exemplaires), Ce Soir et des quotidiens régionaux (tandis que la SFIO détient Le Populaire). Il fait également partie du Mouvement de la paix, où il côtoie en particulier Laurent Casanova.

Des rapports complexes avec le PCF[modifier | modifier le code]

André Marty et Charles Tillon sont exclus de la direction du PCF en 1952 ; Maurice Kriegel-Valrimont vote alors leur exclusion. Il écrira dans ses Mémoires : « Quand je me pose des questions sur ma vie, c'est le seul point où je ne me trouve pas d'excuses. » Les rapports avec la direction du parti se tendent cependant après le XXe Congrès du PCUS (1956). Alors que la direction du PCF nie dans un premier temps l'existence du rapport Khrouchtchev dénonçant les crimes du stalinisme et le culte de la personnalité, Maurice Kriegel, aux côtés de Laurent Casanova et de Marcel Servin, appuie la déstalinisation[4]. Il est alors écarté, le Comité central prenant prétexte de son refus d'affirmer que De Gaulle s'alignerait sur l'impérialisme américain. Avec Servin et Casanova, il est accusé par la direction d'activités « fractionnistes » (et officieusement de « khrouchtchévisme »), et définitivement exclu de la direction du parti en mai 1961, à l'occasion du XVIe Congrès du PCF, au cours de l'« affaire Servin-Casanova ».

S'il n'a jamais repris sa carte au parti, travaillant comme employé de la Sécurité sociale, il participe à la fin des années 1980 à des tentatives de rénovation du parti, soutenant Pierre Juquin. Auparavant, il rompt le silence en signant, le 3 juin 1970, avec Charles Tillon, Roger Garaudy et Jean Pronteau une tribune condamnant l'intervention soviétique de 1968 en Tchécoslovaquie[5].

À quatre-vingt-cinq ans, il accepta néanmoins d'être candidat sur la liste menée par Robert Hue aux élections européennes de 1999, après avoir été réhabilité, avec l'ensemble des exclus du parti, par la direction en janvier 1998[5]. Hue déclarait alors, devant quatre cents personnes à Longlaville, en Meurthe-et-Moselle : « Oui, le Parti communiste a été marqué, profondément et pendant longtemps, par le stalinisme [...] Je veux exprimer toute ma satisfaction de la présence parmi nous de Maurice Kriegel-Varimont, dont toute la vie témoigne de la force de son engagement à gauche et de la fidélité à ses convictions. »

Divers[modifier | modifier le code]

Maurice Kriegel-Valrimont était le père de la présidente du Haut conseil à l'intégration Blandine Kriegel, le beau-père du journaliste Alexandre Adler et le beau-frère de l'historienne Annie Kriegel.

Grand-Croix de la Légion d'honneur, il était aussi membre du comité d'honneur national de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR).

Maurice Kriegel-Valrimont a signé l'appel collectif de résistants de la première heure à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944. Ce texte enjoint notamment « les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. »

Il a été inhumé au cimetière du Montparnasse (10e division, en bordure de l'allée principale).

En septembre 2006, le Conseil de Paris décide, répondant au vœu des élus communistes visant à attribuer à une place ou une rue de Paris le nom de Maurice Kriegel-Valrimont, de donner son nom au square de Clignancourt, situé dans le 18e arrondissement, où il vécut au no 15. Le square Maurice-Kriegel-Valrimont est inauguré par Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 24 août 2007, en présence de nombreuses personnalités.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Mémoires rebelles, avec Olivier Biffaud, éd. Odile Jacob, 1999.
  • "Ils nous ont dit : vous êtes fous !", avec François Ruffin, éd. Fakir, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.humanite.fr/node/449478
  2. Éloge de l’engagement : Maurice Kriegel-Valrimont, 11 décembre 2008, rediffusion d'un reportage de François Ruffin du 2 mars 2006, sur la-bas.org, consulté le 14 décembre 2008.
  3. Olivier Biffaud, Mémoires rebelles, Éditions Odile Jacob, 288 pages.
  4. « Maurice Kriegel-Valrimont », Le Monde, 4 août 2006
  5. a et b Biographie de Maurice Kriegel-Valrimont sur le site de l'Assemblée nationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]