Los Zetas

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Los Zetas
Date de fondation 1999
Fondé par Arturo Guzmán Decena
Lieu Matamoros, Tamaulipas, Mexico
Territoire
Année active 1999-actuellement
Ethnies présentes Mexicaine
Nombre de membres 100 000 membres ( principalement Paramilitaires )
Activités criminelles
  • Trafic de stupéfiants :
  • Blanchiment d'argent
  • Extorsion
  • Meurtres
  • Enlèvement
  • Corruption de politiques
  • Piratage
  • Trafic d'armes
  • Trafic de passagers clandestins
  • Racket
  • Évasion fiscale
Alliés Cartel Beltrán Leyva, ESR, Cartel de Tijuana, Cartel de Juarez
Rivaux Cartel de Sinaloa, Cartel du Golfe, La Familia Michoacana

Los Zetas (« Les Z ») est une organisation criminelle mexicaine, créée à l'origine par le leader du cartel du Golfe, Osiel Cárdenas Guillen (en), afin de lui servir de bras armé. Elle est composée d'anciens militaires, dont des membres de l'unité d'élite Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales, et de policiers corrompus. Le cartel de Sinaloa a répliqué en créant Los Negros (organisation criminelle) (en).

Histoire[modifier | modifier le code]

Osiel Cárdenas Guillen (en) recrute à la fin des années 90 d'anciens militaires (en 2004, on estimait leur nombre à 40[1]), dont certains membres de l'unité d'élite Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales (GAFES), spécialisée en contre-insurrection et dans la lutte contre les narcotrafiquants[1]. Nombre de ces militaires ont reçu un entraînement à l'École des Amériques[2]. Le premier chef des Z, Arturo Guzmán Decena (en), est ainsi un ancien membre des GAFES.

Après l'arrestation d'Osiel Cárdenas en 2003, les Z prennent progressivement leur autonomie vis-à-vis du cartel du Golfe. Ils négocient un accord avec celui-ci et avec le cartel Beltran Leyva afin de prendre une part plus active dans le trafic de stupéfiants, jusqu'à se retourner contre le cartel du Golfe en février 2010, engageant une guerre meurtrière dans l'État frontalier du Tamaulipas, en particulier dans la région de Reynosa.

Le groupe est particulièrement actif autour de Nuevo Laredo, mais leur zone d'activité s'étend dans toute la région du Golfe du Mexique (États de Tamaulipas, Veracruz et de Tabasco[3]), y compris au Texas, situé en bordure du Tamaulipas. Ils sont aussi installés dans certaines zones côtières du Pacifique, notamment dans le Michoacán et le Guerrero[3]. Ils ont affronté des groupes rivaux pour le contrôle de territoires, notamment les Valencia dans le Bajío, les Arellano Félix (cartel de Tijuana) en Baja California ou les hommes de Joaquín Guzmán (cartel de Sinaloa) à Monterrey[3].

En 2005, les autorités américaines affirment qu'un groupe, dit des Zetitas (les « petits Z ») aurait créé son propre réseau de distribution de méthamphétamines allant jusqu'à l'Arkansas et le Tennessee[2]. L'Opération Solare (en), menée en 2008, montre que leur chef, Heriberto Lazcano-Lazcano, a vendu des stupéfiants à la 'Ndrangheta calabraise en collaboration avec le cartel du Golfe[4],[5].

Outre d'anciens militaires, le groupe comprend aujourd'hui des policiers corrompus ainsi, au moins depuis 2005, que d'anciens membres de l'unité d'élite guatémaltèque des Kaibiles[2]. Le massacre de mai 2011 dans le département guatémaltèque de Petén, perpétré par les Zetas, fut ainsi rapproché par Time au massacre des Dos Erres de 1982, perpétré par des unités kaibiles lors de la guerre civile[6].

Les Zetas emploient également des enfants-soldats[7]. La DEA considère ce groupe paramilitaire comme l'un des plus dangereux et sophistiqué du Mexique[7]. Structuré en différents groupes (Les Faucons, les Cobras, etc.), il possède des camps d'entraînement similaires à ceux du GAFES[8] et des armes de guerre (AK-47, MP5, lance-grenades, etc.) ainsi que des véhicules de la police fédérale préventive lui permettant de faire passer ses membres pour des agents fédéraux. Comme les frères Arellano Félix, ils sont aussi dotés de matériel d'écoutes téléphoniques.

Lors d'un raid en novembre 2008 dans la ville frontalière de Reynosa, au cours duquel le leader de la cellule texane, Jaime González Durán, est arrêté, les autorités découvrent 540 fusils, 165 grenades, 500 000 munitions et 14 bâtons de dynamite[9].

Au Texas, le gouverneur Rick Perry annonce en février 2009 un plan militaire, Operation Border Star Contingency Plan, qui viserait à protéger la frontière au cas où le Mexique s'« effondrerait ».

Outre le trafic de stupéfiants, le groupe est engagé dans des enlèvements, du racket, du blanchiment d'argent, du vol d'essence, etc. Il est organisé en cellules cloisonnées les unes entre les autres.

Au fil du temps, la plupart des membres d'origine ont été soit tués ou arrêtés. De nouvelles recrues ont comblé le vide laissé formant quelque chose qui ressemble aux Zetas d'origine. Mais cette nouvelle organisation serait loin d'être aussi efficace que les Zetas d'origine.

En 2013, les Zetas sont considérés comme le groupe criminel le plus violent du Mexique[10].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Novembre 2002 : Arturo Guzmán Decena (en), chef des Zetas, est tué et remplacé par Heriberto Lazcano.
  • Février 2004 : un groupe de Z organise une évasion dans une prison du Michoacán afin de libérer 25 de leurs camarades.
  • Juin 2005 : les Z assassinent le tout nouveau chef de la police de Nuevo Laredo, Alejandro Coello, à peine six heures après son investiture.
  • Mars 2006 : menaçant le successeur de Coello de semer la terreur dans le Nuevo Laredo, ils exigent sa démission. Celui-ci obtempère après avoir découvert trois cadavres calcinés dans la rue.
  • 4 décembre 2006 : les Z décapitent le fromager Raúl Farías Alejandres, membre de la famille de Juan Jose “The Grandfather” Farías, un responsable de la garde rurale qui serait lié au cartel de Milenio[11].
  • Février 2007 : des Z portant uniforme militaire massacrent 5 policiers et 2 fonctionnaires à Acapulco.
  • Avril 2007 : ils assassinent le chef de la police de Chilpancingo.
  • Mai 2007 : ils séquestrent, torturent et assassinent un capitaine de l'armée mexicaine, Jacinto Granada.
  • Juin 2007 : cambriolage de plusieurs casinos à Nuevo Leon, Veracruz, Coahuila et en Baja California.
  • Octobre 2008 : neuf soldats sont décapités dans le Nuevo León, meurtres attribués à une cellule des Zetas dirigée par l'ex-militaire Octavio Almanza Morales[12].
  • 7 novembre 2008 : arrestation de Jaime González Durán, chef de la cellule du Texas, à Reynosa (Tamaulipas).
  • 3 février 2009 : assassinat de Enrique Tello Quiñones, général à la retraite et tout juste nommé conseiller à la sécurité publique de Cancún, et de deux autres soldats. Les meurtres sont attribués à la cellule d'Octavio Almanza Morales. Celui-ci et six de ses hommes sont arrêtés le même mois. Par la même occasion, le directeur de la police de Cancún, Francisco Velasco Delgado, est démis de ses fonctions et arrêté, accusé d'avoir protégé cette cellule des Zetas[12].
  • Août 2009 : assassinat du chef de la police de Veracruz, Jesus Antonio Romero, de sa femme (également policier) et de ses quatre enfants (trois d'entre eux dans l'incendie de la maison) : les autorités soupçonnent les Z[7].
  • Juin 2010 : arrestation d'Hector Raul Luna, chef des Zetas à Nuevo León, à Monterrey.
  • Août 2010 : une Équatorienne blessée les accuse d'être à l'origine du massacre de 72 sans-papiers, assassinés le 24 août 2010 après avoir été enlevés par les Zetas[13]. Deux policiers enquêtant sur l'affaire ont été assassinés. Par la suite, sept suspects ont été arrêtés début septembre[14].
  • 17 janvier 2011 : arrestation de Flavio Mendez Santiago, un des fondateurs et présumé chef régional pour le sud du Mexique[15].
  • Septembre 2011 : le meurtre de deux blogueurs est attribué aux Z. Les corps sont retrouvés accompagnés d'un message d'avertissement aux blogs et sites spécialisés dans la dénonciation des crimes liés aux cartels[16].
  • 7 septembre 2012 : mort de Heriberto Lazcano lors d'un assaut de l'armée[17].
  • en juillet 2013, le nouveau chef du gang Miguel Angel Treviño est arrêté par la Marine de guerre[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Luis Astorgan, « Géopolitique des drogues au Mexique », Hérodote, 1/2004 (N°112), p. 49-65. DOI : 10.3917/her.112.0049.
  2. a, b et c Ginger Thompson, Mexico Fears Its Drug Traffickers Get Help From Guatemalans, New York Times, 30 septembre 2005
  3. a, b et c Alejandro Suverza, ‘Los Zetas’ se salen de control, El Universal, 12 janvier 2008
  4. 175 Alleged Gulf Cartel Members Arrested in Massive International Law Enforcement Operation, communiqué de la DEA du 17 septembre 2008
  5. Curt Anderson, Italia - 'Violencia' se escribe con ZETA: Los zetas toman el control por la forza. Nicola Gratteri, zar antimafia de Reggio Calabria, OffNews, 12 octobre 2008, Buenos Aires
  6. Guatemala's Kaibiles: A Notorious Commando Unit Wrapped Up in Central America's Drug War, Time, 14 juillet 2011.
  7. a, b et c Michael Ware, Los Zetas called Mexico's most dangerous drug cartel, CNN, 6 août 2009
  8. Los ‘Zetas’ por dentro; los entrenan en Coahuila, El Universal, 17 août 2008
  9. Marc Lacey, In Drug War, Mexico Fights Cartel and Itself, New York Times, 29 mars 2009
  10. a et b Arrestation du chef des Zetas, lefigaro.fr, 16 juillet 2013
  11. Georges Grayson, La Familia: Another Deadly Mexican Syndicate, Zimbio.com, 2009
  12. a et b Preso, el presunto asesino de general, El Universal, 12 février 2009
  13. Mexique : un rapt massif de clandestins démenti par le gouvernement, AFP sur Le Point, 22 décembre 2010
  14. Mexico Arrests 7 In Migrant Killings, Wall Street Journal, 9 septembre 2010
  15. « Mexique: arrestation d'un des fondateurs du cartel des "Zetas" », AFP,‎ 18 janvier 2010 (consulté le 28 janvier 2010)
  16. « La déclaration de guerre des narcotrafiquants aux internautes », Le Nouvel Observateur,‎ 16 septembre 2011 (lire en ligne).
  17. « Mexique : un baron de la drogue tué, son corps volé », Le Figaro,‎ 16 septembre 2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]