Premier commando de la capitale

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Le Premier commando de la capitale (Primeiro Comando da Capital en portugais) ou PCC est une organisation mafieuse brésilienne, très puissante dans le milieu carcéral.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Le PCC est né le 31 août 1993 à la prison de Taubaté, dénommée Gros Piranha (Piranhão), située à 130 km de São Paulo, et considérée comme la plus sûre de l'État de São Paulo à l'époque. Le PCC a été créé lors d'un match de foot par huit détenus : Misael « Misa » Aparecido da Silva, Wander Eduardo « Cara Gorda » (Grosse tronche) Ferreira, Antônio Carlos Roberto da Paixão, Isaías « Esquisito » (Bizarre) Moreira do Nascimento, Ademar « Dafé » dos Santos, Antônio « Bicho Feio » (bête moche) Carlos dos Santos, César « Césinha » (Petit César) Augusto Roris da Silva et José « Geleião » (Grosse gelée) Márcio Felício. Commando Capitale était le nom qu'ils avaient donné à leur équipe de foot. L'acronyme PCC se réfère aussi à Parti du Crime. Il est aussi connu sous les chiffres « 15.3.3 » (ordre alphabétique des lettres formant le nom PCC).

Révolte de mai 2006[modifier | modifier le code]

Principales villes où se sont déroulés les 106 attentats en juillet 2006

En mai 2006, plusieurs centaines de détenus, considérés comme des chefs de gangs, allaient être transférés vers la prison de haute sécurité Presidente Venceslau à plus de 500 km de la capitale. Ayant été informé de ce transfert par un fonctionnaire corrompu du gouvernement de la province, le PCC lance une révolte dans l'ensemble des prisons de l'État de São Paulo, soit près de 150 000 détenus ainsi qu'une véritable guérilla urbaine dans le grand São Paulo avec des attaques contre des commissariats, des banques et des autobus et différents lieux publics qui feront plus de 150 morts. Ces émeutes ont mis en lumière le délabrement du système pénitentiaire brésilien avec plus de 350 000 détenus dans des établissements surpeuplés et violents avec une forte corruption du personnel pénitentiaire. Entre le 11 et le 15 juillet 2006, 106 attentats attribués au PCC ont été perpétrés contre des tribunaux, des supermarchés, des banques, des autobus et des commissariats[1].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Selon ses fondateurs, l'organisation fut créée pour combattre « l'oppression du système pénitentiaire » et venger les 111 morts du massacre de Carandiru du 2 octobre 1992, tués durant la brutale répression par la police militaire d'une révolte dans la plus grande prison du pays. En fait, elle s'est organisée et fonctionne comme une organisation criminelle. Avec pour mot d'ordre «Un pour tous, tous pour un», le PCC s'est rapidement apparenté à une mafia des prisons. Les membres sont recrutés et montent en grade en accomplissant des missions de confiance : crimes, trafics, extorsions, etc. Aujourd'hui, si l'administration pénitentiaire brésilienne ne lui reconnaît officiellement que 1 500 membres, le PCC compterait près de 20 000 membres selon d'anciens dirigeants du mouvement.

Pour se financer, le PCC a mis en place un système de « cotisations » : les « frères » emprisonnés payent chaque mois 50 réals (environ 18 euros), ceux qui sont déjà libérés, 500 réals. Le PCC contrôle le trafic de drogue dans les prisons, planifie des assassinats (à l'intérieur ou à l'extérieur des prisons) selon les besoins de la « cause ». Il peut opérer en quasi impunité dans les prisons en ayant organisé une corruption à grande échelle des gardiens. Les prisonniers auxquels il accorde sa protection paient souvent leur dette une fois libérés. Le PCC est aussi de plus en plus à l'origine d'actions criminelles hors des prisons à São Paulo et sa région.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Charlotte Rotman, La « guerre urbaine » reprend à São Paulo dans Libération du 15/04/2006 [lire en ligne]

Lien externe[modifier | modifier le code]