Larbaâ Nath Irathen

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Larbaâ Nath Irathen est une ville du nord de l'Algérie située en Grande Kabylie, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Elle compte 29.000 habitants (2008) Le plus grand village de KabylieTaourirt Amokrane y est inclus, et 39km2 Culminant à une altitude de 927m.

La région environnante est connue pour ses paysages, la fabrication de poteries artisanales, la culture des cerises mais aussi, et surtout, pour sa tradition guerrière.

Sommaire

[modifier] Étymologie

Deux thèses s'affrontent pour être confrontées quant à l'origine de ce nom.

La première est, dit-on, liée à l'histoire de cette confédération qui se composait au départ de quatre tribus (rebâa n At Iraten) que sont les At Akerma, les At Irjen, les At Ousammer et les At Oumalou dont At Aggouacha faisait partie. Cette dernière faction s'est détachée pour constituer une tribu à part suite aux turbulences qui étaient nées des divergences entre les çofs existants dans la même tribu mère, celle d'At Oumalou. On prétend que cette scission remonte à l'époque de l'invasion hillalienne et son corolaire. D'ailleurs le nom d'At Aggouacha viendrait de celui des At Ouqacha qui étaient justement opposés aux envahisseurs arabes qu'ils combattirent sans succès, se résignant à la fin à se réfugier en montagne là où leurs ennemis ne pourraient jamais les atteindre pour les astreindre[1]. Le marché hebdomadaire instauré après que son déroulement fut décidé vers cette place centrale de choix à cause des troubles que connaissait la place d'Agouni Tberratt où il se déroulait le mercredi comme toujours.Il est peut-être utile de préciser que l'emplacement premier sur lequel se déroulait le marché confédératif chez les At Iraten, autrement Agouni Tberratt, se situe entre les actuelles agglomérations d'Aguemoun et d'Imaïnesren, non loin du suivant dénommé Souk Larbâa après qu'il fut connu sous le nom d'Agouni Tcharchourt (le plateau de la source)synthétisé après enquêtes sur le terrain.

La seconde thèse est la suivante : Son nom viendrait du terme d'origine arabe : al-ārbaā, أربع « quatre » inclus dans le langage kabyle d'où larbεa ), pour le quatrième jour de la semaine (mercredi) أربعاء, jour de marché, et d'appartenance et At Iraten, « des gens des At'Irathen », une grande confédération de tribus du Djurdjura faisant partie des Quinquegentiens et de même citée par le grand historien AbderrahmaneIbn Khaldoun dans ses œuvres sur l'histoire du Maghreb. Irathen (en Tamazight) signifie « les lions » (le lionceau se dit « izem » pl : izmawen*); par contre le lion a plusieurs appellations : iher (pl : ihran), ayrad (pl : ayraden), irat donnant le pluriel ira ou « iraten » : les lions.* De nos jours, non seulement on fait amalgame entre ces différentes appellations données au lion, mais il ne reste presque plus que izem pour désigner le grand félin, autrement le roi des animaux.

Nota: Il est important de souligner que nous retrouvons le nom Yarnaten figurant sur une carte intitulée : "Carte d’Algérie et les centres des tribus au VIIIe siècle de l’hégire". Cette tribu mentionnée sur la même carte-parchemin et située à mi-distance entre Ksar Boukhari et Boura Sahari. S'agit-il bien de la même qui, par glissement, comme c’est le cas pour plusieurs autres appellations du genre à travers la sphère nord-africaine, a pris une autre forme ou tournure ?

[modifier] Histoire

Il n'est pas aisé d'écrire l'histoire de cette contrée qui fait partie des plus remuantes confédérations du Djurdjura que l'histoire cite parmi les cinq tribus du mont Ferratus. Située sur un relief tourmenté et très accidenté, la confédération des At Iraten est située au nord de la chaîne montagneuse du Djurdjura, plutôt à ses avants-postes. Tous ses voisins, à l'image d'At Jennad, At Ouaguennoun au nord (en plaine), At Mahmoud, At Aissi, At Douala, à l'ouest, At Yanni, au sud-ouest, At Manguellat, au sud, At Fraoucen, à l'est, subissaient plus ou moins son influence pour avoir été solidaire quand se présente un danger extérieur. Tous les envahisseurs qui ont tenté s'installer dans le territoire proprement considéré kabyle ont en eu pour leur compte. Les belliqueux montagnards s'ils ne combattent pas soutiennent ceux des plaines dans leurs résistances et luttes par divers moyens et créneaux.

Les turcs qui se prévalaient des protecteurs 'musulmans' venus prendre soin de leurs frères en cette contrée nord-africaine connurent différentes fortunes. Seul le caïd turc Ali Khodja était parvenu à 'apprivoiser' un tant soit peu les Kabyles en créant des bordjs (fortins) qu'il a égrainé à des distances à peu près égales les unes des autres dans la plaine kabyle : nous citons Bordj Boghni, Bordj Sébaou, Bordj Ménaïel.. Mais jamais en montagne. Et justement, pour attirer afin de concurrencer l'économie des belliqueux il créa le marché du samedi, appelé Sebt El Khodja, dans l'actuelle cité de Tizi Ouzou. Un de ses successeurs, en la personne de Mohammed Ed-Debbah voulut réussir là où les autres ont échoué : soumettre coûte que coûte et par la force cette montagne insolente. Pour ce faire, il décida de commencer sa campagne aventurière à la tête de son armée, lui qui venait d'être élevé au grade de bey du Titteri à partir de 1750, par les At Iraten qu'il croyait connaître comme personne pour avoir été élève dans l'une de leur zaouia (école coranique qu'il fréquenta dès son jeune âge à Adeni). À peine s'était-il engouffré de quelques centaines de mètres, escaladant les escarpements du village d'Adeni, qu'il fut abattu par un commandos qui l'attendaient près de Tala n Semdha. Sa mort fut gardée secrète pendant quelques jours pour permettre à ses soldats, à qui on invoqua un malaise de leur chef, de se retirer dans la discipline. Mohammed Ed-Debbah (l'égorgeur ?) fut inhumé sur la route d'Alger, près de l'ex Rebeval (Si Mustapha). La maison de sa sépulture est de nos jours en ruines.

La seule puissance qui réussit à 'mater' At Iraten, avec eux tout le Djurdjura est la France coloniale. Plusieurs expéditions et incursions furent organisées et tentées sur la région. Seules les tribus de plaine furent vaincues et encore; à chaque fois, sous l'impulsion et les encouragements des montagnards, elles se déclaraient insoumises. 1854 a vu Randon, alors gouverneur général de l'Algérie, conduire en personne une armée vers le cœur du Djurdjura, passant par Boubhir, poursuivant Boubaghla réfugié chez les At Illilten. Cette expédition échoua lamentablement et les contingents des montagnards, sous l'impulsion de Lalla Fadhma n Soummeur pourchassèrent l'ennemi jusqu'aux limites de Tizi Ouzou.

Après avoir doté le centre colonial de Tizi Ouzou d'une garnison assez rassurante en 1855 et une fois la guerre de Crimée terminée, Randon, qui a reçu le feu vert de son gouvernement pour une expédition d'envergure sur le Djurdjura, réunit un arsenal jamais égalé dans l'histoire du pays. Cette fois-ci, il était décidé à en finir pour toujours avec les belliqueux repliés sur cette zone de montagnes, la dernière citadelle indépendante dans le nord du pays.
En mai 1857, trois division réunies des trois provinces de l'Algérie vinrent prendre positions en face des montagnes des At Iraten. L'attaque eut lieu le 24 mai, jour de l'Aïd El Fitr (fête de rupture du jeûne chez les Musulmans). Les At Iraten furent battus au bout de deux jours non sans avoir causé des pertes sensibles à l'assaillant doté d'un armement assez perfectionné pour l'époque et des effectifs gigantesques (35000 hommes de troupes sans compter les auxiliaires et les files de gueux qui suivaient pour achever la sale manœuvre destructrice de tout).
Le 28 mai, la place de Souk Larbâa fut livrée par les At Iraten à leurs vainqueurs. Icharîouène, village situé au voisinage de la place forte des At Iraten payera lui aussi les frais de la dépossession. Ses habitants, dont la famille du célèbre poète kabyle de tous les temps, Si Muh U M'Hand, seront déplacés, éparpillés dont le plus gros noyau s'installa au-dessus de l'actuel Tizi Rached, transposant le nom de leur cité sur celui de Tachraïhit, les propriétés expropriées à la famille du chef incontesté des At Iraten lors de cette résistance : Cheikh Seddik Arab que Randon pourchassait depuis les premiers moments de son gouvernorat. Néanmoins, en dépit des tourments qu'il lui causa, dans ses mémoires il dit de Cheikh Seddik, à juste titre, être 'la tête et le bras des Beni-Raten'. En vérité il l'est au-delà des frontières qu'il voulait imposer à son influence guerrière plus que religieuse , étant un homme qui a toujours prôné la résistance contre tout envahisseur quelle que soit sa provenance.

Le 14 juin, jour anniversaire du débarquement français dans la baie de Sidi Ferredj en 1830, au milieu de ses milliers de soldats triomphants sur les montagnards, dans une solennité des meilleurs jours pour une armée de conquête, dépose officiellement la première pierre, annonçant par là le départ des travaux de construction de la forteresse conçue suivant le système Vauban par le général du génie militaire, Chabaud-Latour, qui faisait partie du corps expéditionnaire. Le 24 juin, on suspend tous les travaux pour attaquer la position kabyle retranchée d'Icherriden et le 25 les At Yenni puis la marche irrésistible des trois divisions commandées par les généraux d'expérience : Renault, la première, de Mac-Mahon, la seconde, Jusuf, la troisième sans se soucier de ce que la population endurait depuis le départ des hostilités.
En 1858, Fort-Napoléon (la forteresse baptisée du nom de l'empereur) fut érigé par décret impérial en cercle englobant quasiment toute la montagne du nord du Djurdjura. C'est en 1873 que furent créées deux communes : l'une mixte de Fort National (à la chute du régime impérial et la proclamation de la république en septembre 1870, cette ville-garnison avait été rebaptisée) en ceignant une bonne partie du territoire des At Akerma et celui des At Ousammeur dans son intégralité). L'autre, dite de Plein exercice (P.E) va de Kouriet chez les At Sedka jusqu'à Ighallen et At Khelili (en partie chez les At Fraoucen).


Ath Iraten opposa une résistance farouche à la conquête de l'Algérie. Elle est la dernière région du nord de l'Algérie tombée aux mains des Français. Le maréchal Randon finit ainsi la conquête de la Kabylie. Un arc de triomphe fut d'ailleurs construit pour célébrer cette victoire difficilement obtenue (l'arc de triomphe est toujours visible aujourd'hui, il porte le millésime 1857).

Située sur les flancs du Djurdjura à l'est de Tizi Ouzou, idéalement perchée sur un piton rocheux, c'était le lieu stratégique pour construire un fort. C'est ainsi qu'en 1857, sous le régime de Napoléon III, lors de la conquête difficile de la Kabylie, le général Flattot de Chabaud-Latour décida de construire sur l'ancien village de Icharîwen où serait né le fameux poète berbère Si Mohand, un fort qu'il nomma le Fort-Napoléon et construisit une route pour le relier à la ville de Tizi Ouzou.

Par la suite, la ville s'agrandit et prit le nom de Fort-National sous la Troisième République enfin celui de Larbaâ Nath Irathen au moment de l'indépendance de l'Algérie.

Larbaâ Nath Irathen a signé des accords de coopération avec la ville de Saint-Denis en France. En juin 2001, lors du printemps noir, la ville est le lieu d'affrontements entre la population et les gendarmes, qui font onze morts et une dizaine de blessés.


[modifier] Personnages historiques de la région

[modifier] Jumelages

Saint-Denis, France

[modifier] Références

  1. synthétisé après enquêtes sur le terrain

[modifier] Voir aussi

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