Marius de Buzon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marius de Buzon, né le à La Roque, commune de Bayon-sur-Gironde et mort le , à Alger, est un peintre français de l’école d'Alger d'ascendance espagnole (et descendant du peintre Francisco de Goya). Il est le cousin germain du peintre et décorateur bordelais Camille de Buzon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut à l’école des beaux-arts de Bordeaux, élève de Paul Quinsac, puis à l’École nationale des beaux-arts de Paris chez Fernand Cormon et Albert Maignan, proche de Suzanne Valadon et Maurice Denis, contemporain du Fauvisme il est dans la continuité ethnographique de Paul Gauguin. Il reçoit le prix Lefèvre Glaize Maguelonne en 1910, et une médaille au Salon des artistes français en 1911.

Il expose aussi au salon des Tuileries et au salon d’Automne, Galerie Charlet à Alger. Il obtient le prix Abd-el-Tif en 1913. Il est considéré comme l'un des membres les plus influents de l'"École d'Alger".

Il est mobilisé en 1914 en Macédoine, puis en 1915 en Kabylie où il passe une période de quinze mois dans la région de Michelet (Ain el Hammam) et Fort-National (Larbaâ Nath Irathen), qu'il parcourt à pieds ou à dos de mulet: "je découvrais des êtres, expliqua t-il ensuite, la végétation, l'atmosphère et le reste, afin de parvenir, par la magie de l'émotion, à transférer la couleur en matière vivante" (Marius de Buzon cité dans "L'Afrique du Nord Illustrée", Félix Gros, Noël 1928, page 8).

Médaille d'or hors concours au Salon des artistes français 1922 (pour Le marché kabyle et Le Retour du marché dont il peignit plusieurs répliques entre 1922 et 1926), et médaille de vermeil de la SPOF (Société des peintres oreintalistes français) également en 1922, il obtient le prix Rosa Bonheur en 1923 pour un "Portrait d' Enfant" et le Grand prix artistique de l’Algérie la même année. Le salon de la Société des Artistes Algériens et orientalistes lui décerne la bourse de voyage de la Compagnie des chemins de fer PLM en 1926, et, la bourse de voyage des chemins de fer algériens de l'État en 1930. Il enseignera à l'Académie algéroise "Arts" créée par Rafel Tona et André Figueras dans les années 1930.

Il expose également à l’exposition des Arts décoratifs en 1925 Le port de Bordeaux et les relations d’outre-mer (panneau de 8,10 × 3,14 m)commandé par l'État Français, au Palais Carnot, à Alger en décembre 1925, au salon de la Société des peintres orientalistes en 1922-1923-1933-1934-1935, à Roubaix en octobre 1928 à la Galerie Dujardin, à Prague en 1930 "Terrasses à Ghardaia" et "Fête de l'Aid Seghir", à l’Exposition coloniale de 1931 "Bain maures à Ghardaia", à la seconda mostra internazionale d'arte coloniale - Napoli ottobre 1934 gennaio 1935- "le boucher Kabyle", et à l’Exposition universelle de 1937, à Paris ; il est nommé président du Comité de patronage de la Villa Abd-el-Tif.

Max-Pol Fouchet dira de lui dans Algeria de 1939 : "L'éloge de M. de Buzon me parait inutile à faire. On connait l'art sérieux et puissant de ce peintre, mais il sait aussi libérer sur ses toiles une tendresse corotienne devant tel paysage français. Il n'en émeut que plus". Tandis que selon Victor Barrucand, "il a mis en évidence les lignes essentielles des paysages, sculptant à grand pans les vallées Kabyles". Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur.

Il est l’objet d’une rétrospective à la galerie Antinéa, à Paris en 1983, exposée également à la galerie d’Art Foresto, à Genève en 1984.

Il est considéré, et cité, comme le « chantre de la Kabylie » et l’un des fondateurs de l’École d'Alger (à la suite de Maxime Noire, et avec Léon Carré, Léon Cauvy, Paul Jouve). Il peint également paysages et types de la région de Bougie, du Mzab (où il est l'un des premiers peintres à pénétrer, après Étienne Dinet, avec Maurice Bouviolle), de Touggourt où il séjourne régulièrement après 1945 ("l'Heure blonde", 81x120, 1950), Témacine (1953), ainsi que à Sidi-Bou-Said, en Espagne et au Maroc à Casablanca-Rabat-Fes. Ses œuvres sont très recherchées par les collectionneurs comme représentant les scènes de la vie kabyle, paysages, scènes pastorales ; « il substitue à la notion d’identification ethnique, celle infiniment plus poétique d’allégorie » (Élisabeth Cazenave), tandis que en 1930 Pierre Angel écrivait de lui "Marius de Buzon a poursuivi sur ces rives africaines les rêves antiques de la mystique paienne". Marius de Buzon meurt fin novembre 1958 à Alger suivi par son fils Jean assassiné en 1962, et son petit- fils Jean-Frédéric, alors qu’ils essayaient de déménager et sauver l'atelier de leur père et grand-père.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

  • Fresques (en majorité "déplacées" au moment de l'indépendance et des événements d'Algérie), du palais d'été à Alger, palais des assemblées algériennes, préfecture d'Alger, chambre des députés (exposition internationale de Venise 1925), pavillon de la transfusion sanguine (Alger), foyer civique (1933-1934) à Alger (en collaboration avec [(Maurice Adrey), Armand Assus, Louis Fernez, Léon Carré, Paul Belmondo), salon des ambassadeurs au palais Bourbon à Paris (Le Mariage kabyle), palais de l'Athénée à Bordeaux, musée des beaux-arts d'Alger, lycée Saint-Augustin de Bône, Musée Bonnat de Bayonne, Archevêché d'Alger ("Canephores Kabyle", 1922), musée des beaux-arts de Bordeaux « Bucolique kabyle », Musée de Pau "Paysage d'Algérie" 1930, Musée de Rodez "Touggourt depuis la Terrasse de l'Hôtel Transatlantique" 1949, Musée Ahmed Zabana à Oran (ex Musée Demaeght), Musée National CIRTA de Constantine, Musée de la Légion d'Honneur (Portrait du Général Catroux), Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt "Cimetière à Rabat" et "le retour du Marché Kabyle" (daté 1923), Rotary Club de Fredericksburg (U.S.A.) "L'Arrivée des convois américains".
  • Illustration : timbre de 1955, 100 francs, Algérie, graveur Pierre Gandon (1899-1990) année 1954, (no 311 et 331 AlgeriePhilatélie.net), Albert Trustes "les Sirénéennes" NRF 1928 (avec Assus, Jean Launois, et Omar Ben Smaia).

Sources[modifier | modifier le code]

A.N. : F21/4181, F21/6728, F21/6913. Archives Meley, Archives familiales Mme Monceau-de-Buzon (et vente de l' "Atelier de Buzon" des 20 avril 2008 et 10 avril 2010, Saintes, Abbaye aux Dames, SVV Geoffroy-Bequet), et Archives du Ministère des Affaires Étrangères (et site BabelouedStory.com), archives du Musée des Beaux-Arts de Pau (lettre du 9 juin 1914 à M.Laffond), Bibliothèque Nationale de France fonds numerique Gallica.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tamaris, "Les Annales coloniales", 1922.
  • Berger-Vachon, "Alger étudiant" 10 février 1923 "Autour de l'exposition Marius de Buzon", et Le Massier, "L'Afrique latine", (les Arts à Alger) 1923
  • Le Monde colonial illustré, septembre 1925, "l'Algérie à l'Exposition des arts décoratifs et industriels modernes"
  • Jean Alazard : "Art et Décoration" , 1926, et,
  • "L'orient et la peinture française au XIXe siècle d'Eugène Delacroix à Auguste Renoir", librairie Plon, Paris, 1930,
  • L'Afrique du Nord Illustrée, Noël 1928,
  • "L'École Nord-Africaine dans l'Art Français Contemporain", Pierre Angel, Les œuvres représentatives 1931
  • "L'Algérie et les peintres orientalistes", Victor Barrucand, page 15, Éditions B.Arthaud, Grenoble, 1930, et Éditions du TELL, août 2003, Blida-Alger, ISBN 9961-773-08-X, du même auteur, La Dépêche algérienne février 1923
  • (it) Catalogo "il mostra internazionale d'arte coloniale Napoli 1934-XII-1935-XIII", Ila Editore, Roma, Fratelli Palombi, 1934
  • Catalogue des peintures et sculptures du Musée des Beaux Arts d'Alger 1938,
  • Algéria, 1939 (Max-Pol Fouchet)
  • Georges Martin "Les Peintres d'Algérie, Marius de Buzon" Éditions Fama Alger 1947
  • Algeria, Noël 1948, Louis Eugène Angeli "Les maîtres de la peinture algérienne, F. Marius de Buzon".
  • "Le Palais d'été, résidence du Gouverneur de l'Algérie" éditée par la direction de l'Intérieur et des Beaux-Arts du gouvernement général, Imprimerie officielle, mai 1951.
  • Algéria, décembre 1958 (L-E. Angeli)
  • Émile Dermenghem, "Le pays d'Abel", Gallimard, 1960, collection L'Espèce humaine no 18
  • Revue des Musées d'Aquitaine (Anne Monédière) 1980
  • L'Algérianiste, no 24, Marius de Buzon peintre de l'École d'Alger, décembre 1983
  • Lynne Thornton, Caroline Juler et Yves Thoraval "La Femme dans la peinture orientaliste", 1985 ACR Éditions, ISBN 2-86770-011-6.
  • Publication du Musée d'Aquitaine, 1986, Anne Monédière "Marius de Buzon l'évocation du rêve exotique".
  • "Art et Bourgeoisie: la Société des Amis des Arts de Bordeaux 1851-1939", D. Dussot, préface de B. Foucart, 1997 p. 198-200
  • "Dictionnaire des petits maîtres de la peinture (1820-1920)", de Pierre Chabannes et Gerald Schurr, Éditions de l'Amateur 2003, (ISBN 2-85917-378-1)
  • Élisabeth Cazenave "Les Artistes de l'Algérie, dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs, 1830-1962", Éditions Bernard Giovanangeli, 2001, (ISBN 2-909034-27-5), et (deuxième édition) Éditions de l'Onde, novembre 2010 (ISBN 978-2-916929-27-9). "L'Afrique du Nord révélée par les musées de province", même auteur, même éditeur, 2004, ISBN 2-909034-60-7, et Marius de Buzon 1879-1958
  • Stéphane Richemond, Les Salons des artistes coloniaux, Éditions de l'Amateur, 2003, ISBN 2-85917-395-1
  • Guerre d'Algérie Magazine, no 6, novembre-décembre 2002 : Marius de Buzon
  • (en) Roger Benjamin, Orientalist aesthetics, Art colonialism and French North Africa 1880-1930, première édition 1957, University of California Press Ltd, London, England, and Berkeley, deuxième édition 2003
  • Marion Vidal-Bue, "L'Algérie des Peintres 1830-1960", EDIF 2000, Paris Méditerranée, 2002, ISBN 2-84272-143-8,(page 216), et, "Alger et ses Peintres", Éditions Paris Méditerranée PARIS et ALGER , 2005, ISBN 2-84272-095-4, même auteur même éditeur "L'Algérie du Sud et ses peintres", 2003, ISBN 2-84272-175-6.
  • l'Echo de Bougie, novembre 2004, Bernard Salord-Gendre
  • Société des études camusiennes, bulletin no 82 OCTOBRE 2007, Jean-Pierre Benisti
  • catalogue SVV Geoffroy-Becquet, vente de "l'Atelier de Buzon", Saintes-Royan, avril 2008, et avril 2010, cabinet d'expertise Philippe Ravon, Saintes, et idem SVV Damien Leclere, Marseille 13 juillet 2011.
  • Centre culturel de Saint-Raphaël, "Albert Marquet et ses amis en Algérie", artistes et mécènes 1920-1947, 21 mars-2 août 2008, Édition Ville de Saint-Raphaël, ISBN 978-2-9517723-2-8 (page 66).
  • La société des peintres orientalistes 1889-1943, Pierre Sanchez et Stephane Richmond, 2008, Éditions Echelle de Jacob, 394 pages, ISBN 978-2-913224-73-5
  • Albert Camus et le monde de l'Art, Elizabeth Cazenave, avril 2009, association Abd el Tif, Éditions Atelier Fol'FER, ISBN 978-2-35791-003-4.
  • "La Méditerranée de Audisio", 2008, direction Guy Dugas, Éditions Manucius
  • Jean Lepage, "L'Orient Fantasmé", Paris et Narbonne mars 2011, Éditions Somogy, ISBN 978-2-7572-0461-0.