Saïd Mohammedi

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Saïd Mohammedi
Image illustrative de l'article Saïd Mohammedi

Surnom Si Nacer (nom de guerre)
Naissance 27 décembre 1912
Aït Frah, Larbaâ Nath Irathen (Algérie)
Décès 5 décembre 1994 (à 82 ans)
Paris (France)
Origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Allégeance Légion des volontaires français contre le bolchevisme Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Abwehr Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Front de libération nationale, Armée de libération nationale Drapeau de l'Algérie Algérie
Arme Tankiste, Panzer
Grade Lieutenant
Années de service 1940 – 1944 fin
Conflits Russie, Balkans (Serbie, Grèce). Seconde Guerre mondiale (1940-1944)
Guerre d'Algérie (1954-1962)
Drapeau : Algérie Drapeau : France
Commandement Wilaya III Drapeau : Algérie

État-Major Général.(EMG) Drapeau : Algérie

Faits d'armes Opération Oiseau bleu (1955-1956)
Distinctions Colonel
Autres fonctions 1er colonel chef d'état major ALN

Député, 1962

Ministre des Anciens combattants et victimes de la guerre (moudjahidines), 1962

2e vice-président du Conseil 1963, jusqu'en 1965

Membre du Comité central et du Bureau politique du FLN, 1962

Sympathisant du FIS, 1989

Saïd Mohammedi, (connu aussi sous son nom de guerre Si Nacer), né le 27 décembre 1912 à Aït Frah, commune de Larbaâ Nath Irathen, en Algérie, et mort le 5 décembre 1994 à Paris, est un militaire et homme politique algérien. Il fut l'un des dirigeants de la Révolution algérienne, en tant que colonel de l'Armée de libération nationale (ALN) en Wilaya III durant la guerre d'indépendance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Ait Frah, près de Larbaa Nath Irathen (Kabylie en Algérie française à l'époque).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est d'abord aspirant de l'armée française. Il s'engage ensuite dans la Waffen-SS et la LVF et combat sur le front russe[1]. Après un séjour à Berlin, il reçut la croix de fer, et était un soldat exemplaire, il a été, à la fin 1944, en même temps que 5 autres compagnons d'armes, envoyé par l'Abwehr en mission de renseignement et sabotage en Algérie, mais il a été arrêté dans la région de Tébessa. Condamné aux travaux forcés et à l'emprisonnement à perpétuité. Libéré, après plusieurs remises de peine, au début de 1952, il est passé à la clandestinité.

De cet épisode, il gardera son Stahlhelm casque allemand et sa mitraillette qu'il avait confiés à des militants du nationalisme algérien avant son arrestation et qu'il portera dans le maquis.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Mohammedi Saïd avait été militant de l'Étoile nord-africaine, du PPA et du MTLD. Il avait pris contact avec la résistance dès sa sortie de prison en 1952. Il était en contact avec Krim Belkacem et d'autres responsables qui activaient dans la clandestinité. Effectivement sur le plan militaire, Krim avait sous la main un officier de la Wehrmacht.

En 1956, il assurera la sécurité et le bon déroulement tout en participant au congrès de la Soummam, à l'issue duquel il devient colonel, commandant de la Wilaya III et membre suppléant du CNRA.

En mai 1957, il organise le massacre de Melouza, bourg passé sous l'influence du Mouvement national algérien (MNA). Après avoir pris d'assaut le douar, tous les hommes du village (315) sont massacrés.

Connu pour ses discours mobilisateurs, il organisera avec succès les troupes et leur inculquera la rigueur et l'esprit militaire, rendant par cela la wilaya III la plus puissante et la mieux organisée des wilayas. Fait qui lui vaudra d'être choisi par ses pairs pour faire l'Académie des officiers supérieurs du Caire en vue d'être désigné le premier officier général de l'ALN, suite à cela il fut nommé par le GPRA chef d'État-Major. Il prit ainsi le commandement de l'ALN. Il dirige en avril 1958 le Comité d'Organisation Militaire (COM), installé à la frontière algéro-tunisienne (EMG) en octobre 1958. À son retour du Caire, Mohammedi Said est chef d'État Major. Après une première réorganisation il s'occupera du COM Est, qui regroupe les représentants des Wilaya l, II et III. Lors d'une deuxième réorganisation du COM, il est nommé ministre d'État du GPRA, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Il est élu membre du Bureau politique au Congrès de Tripoli. Il est chargé de l'Éducation et de la Santé publique. Député de Tizi Ouzou le 20 septembre 1962, il est nommé ministre des Anciens moudjahidines et des victimes de la guerre le 27 septembre dans le premier gouvernement formé par Ahmed Ben Bella. Le 16 mai 1963, il devient 2e vice-président du Conseil. Membre du Comité Central et du Bureau Politique du FLN le 24 avril 1964. Toujours député, il fut écarté par Ben Bella; il perd son poste ministériel lors du remaniement du 2 décembre 1964, suite à son opposition inlassable au système de dictature qui se mettait en place progressivement, il appelait à rendre la parole au peuple et à des élections libres.

En 1967, à la commémoration de la mort de Amirouche Aït Hamouda au village de Tassaft Ouguemoun, ce fut le dernier meeting qu'il fit, dénonçant la politique autocratique de Boumedienne. Il le désigna nommément comme un despote et un dictateur. Ce dernier l'assigna à résidence surveillée pendant 3 ans. En 1991, dans le documentaire Les années algériennes, le colonel Mohammedi Said assume et couvre ses soldats qui avaient pris part au Massacre de Melouza, contre les messalistes. À la fin de sa vie, il est sympathisant du Front islamique du salut (FIS), dans lequel il voyait un mouvement populaire capable de changer le régime en place. Il meurt le 5 décembre 1994 à Paris.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • L'islam porte en lui le socialisme, (Le Caire, Dar El Watani, Sd., 59 p (en français) et 52 p (en arabe).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rémi Kauffer et Roger Faligot, Le croissant et la croix gammée, Albin Michel, 1990, p.110

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens : E.N.A, P.P.A., M.T.L.D., 1926-1954, Paris, Harmattan,‎ 1985 (ISBN 9782296340930, présentation en ligne)
  • Jean-Louis Gérard, Dictionnaire historique et biographique de la guerre d'Algérie, Hélette, Curutchet,‎ 2000 (ISBN 978-2-912-93227-3)
  • Achour Cheurfi, La révolution algérienne, 1954-1962 : dictionnaire biographique, Alger, Casbah éditions,‎ 2004 (ISBN 978-9-961-64478-2)